vendredi 28 décembre 2018

VISAVIS 'War machine'

2018 DECLICS PRODUCTIONS - CD DIGIPACK avec Ellie Promotion - sortie 18 janvier 2019



Bon, me voilà avec un groupe qui fait figure de dinosaure! En 1985, le groupe sort en effet sa première démo (haaaa... ça devient rare les démos...) et les revoici maintenant, avec cet album, pour continuer une histoire qui serait bien longue à résumer ici. Mais on a bien affaire à des vétérans.
War Machine est donc le nouvel album des Tullistes et œuvrant dans un power rock (première fois que je vois ou entends ce terme), au travers de 9 titres offrant 30 minutes de sonorités énergiques.
Concrètement, ça m'évoque une sorte de Motörhead croisé avec Bruce Springsteen, en plus calme, avec un coté posé genre 'on sait calmer le jeu quand il faut', peut-être à cause de la voix  de Régis... j'y reviendrais.
L'album s'ouvre sur un 'Hey Jack' bien pêchu, très rock'n'roll dans l'âme. Si on s'arrête juste à cet aspect, ce serait déjà pas mal au final. Mais comme ce sont de vieux briscards de la scène avec de l'expérience, il ne s'arrête pas à ce style musical et déploie un large panel se recoupant sous le terme de rock ou proche.
Et au détour de titres, il n'est pas étonnant d'être surpris par un coté blues rock ou même du rock sudiste, très chaleureux et renforçant le coté accrocheur de l'album. Quand on ne se retrouve pas avec une ligne de guitare et un harmonica nous offrant une évocation musicale assez improbable où Metallica aurait injecté des passages sudistes ('Mine tonight' et son intro déconcertante mais prenante).
Et le trio sait y faire, à nous mener en balade dans leur monde musical où  se côtoient des registres que je ne fréquente pas souvent, permettant ainsi une approche accrocheuse et intelligente.
Et c'est sûrement ça qui fait que leur album est accrocheur (en plus d'avoir la chance d'être à des lieues de mes goûts musicaux), cette capacité à synthétiser un rock aux multiples facettes, sachant offrir aussi bien des plages de quiétudes que des passages plus soutenus, mais le tout en subtilités.
Parce que le groupe va assez large dans les registres mais restant très cohérent dans l'ensemble tout en allant ici dans un rock psychédélique, là dans un blues rock, tout en assurant des passages rock purs et durs, à la rythmique en béton ('So special').
Musicalement, c'est donc du rock. Mais avec le son qui va avec, assez massif et une basse audible, bien pêchue, audible de bout en bout. Bonne production qui met en valeur le jeu des musiciens en même temps que cela ouvre une porte sur leur univers.
J'évoquais tout à l'heure un accouplement entre Motörhead et Bruce Springsteen, par le chanteur Régis. En effet, même si sur des passages il va vers des tonalités plus personnelles (ou plutôt où il se plait à aller), le timbre de voix est à mis chemin de Lemmy et Bruce, offrant une voix puissante mais chaleureuse, faisant ressentir ce fameux coté rock sudiste parfois.
Découverte pour moi d'un vieux groupe qui en impose avec un nouvel album où les gars se font plaisir et nous offre un bon album de rock, dans le sens large du terme. Les fans devraient être à fond!

dimanche 16 décembre 2018

MAPS AND FOILS ' #1'

2017 MAPS AND FOILS - Cd digipack




Maps and Foils est un jeune groupe formé en novembre 2016 sous forme de duo venant de moult horizons musicaux avant de devenir un quatuor en février de cette année, après la sortie de leur premier album (celui qui nous intéresse) en septembre 2017. Résumé succinct qui ne donne pas trop la teneur musicale dudit album.
D'entrée de jeu, on comprend que ça va relativement chier et pas mal déboîter. Mais pas façon bourrine car de nombreuses subtilités se font jour. Sur une base clairement post hardcore mêlée de metal, ce que propose le groupe (en se rappelant que cet album est le fruit d'un duo) est assez recherché et porte des ambiances très éthérées et des atmosphères assez prenantes.
Les dix titres constituants l'album sont à la fois différents pour avoir leur propre essence tout en étant cohérent dans le tout, tout en offrant un spectre assez large musicalement, bien qu'il reste dans la sphère metal et hardcore / post-hardcore. Les titres oscillent ainsi de morceaux courts qui poutrent mamie ( 'Le bruit qui retentit en enfer', 2'47'') à d'autres plus complexes et subtiles, flirtant avec des choses assez poétiques (à l'écoute ça se comprend), logiquement plus longues ('Le tombeur de cordes' et ses 7'47'').
Quand le groupe ressent le besoin de défoncer ce qu'il y a devant, il y va assez directement, avec un mélange efficace de metal (un assez bouillonnant) et un post-hardcore assez énervé, offrant une base relativement abrasive. Ces phases ne sont pas obligatoirement la colonne vertébrale des titres car certains vont plus aller vers un metal très atmosphérique et éthéré, comme le titre 'La tristesse de Déméter', oscillant entre cette base assez rugueuse et des passages à la limite du metal, un peu dans l'idée de groupe qui s'en éloignent sans le renier nécessairement. Mais Maps and foils reste inscrit dans ce registre, livrant un éventail très addictif dans leur façon de construire leurs morceaux. Et bordel, certains sont vraiment excellents.
Si des titres sont faits pour envoyer le pâté, la terrine et le couvercle de celle-ci, d'autres sont plus là pour pondérer la musique et l'enrichir, au travers de phases très travaillées, nous emmenant vers d'autres contrées métallique tout en subtilité, parfois très posée, parfois plus tourmentée mais sans tomber dans une facilité d'un simple contraste de rythme qui n'aurait pas de sens au final.  Utilisant moult idées, comme des dissonances ou des rythmes lourds et assez déstructurés.
Le groupe chante aussi en français, permettant au groupe d'avoir des textes assez recherché collant parfaitement à la musique des morceaux, alternant un chant clair avec un chant crié, donnant de l'épaisseur aux morceaux qui sont déjà assez dense. L'esprit qui se dégage de cet ensemble musique et chant assez assez mélancolique, mais sans cet aspect désespéré qui aurait pu poindre. Leur mélancolie lorgne vers des choses assez positives, où tout n'est pas perdu.
Même si un titre comme 'La tristesse de Déméter' me laisse un peu indifférent, d'autres ne laisse pas indifférents et m'ont emmené dans leur univers, que ce soit par leur puissance brute ou par un ensemble très subtil de parties mélancoliques éthérées, de phases de montée en puissance, de contrastes bienvenu auquel on ne s'attend pas. Et c'est dans les titres un peu plus dense que l'on retrouve ce quelque chose qui fait dire dire, que bordel, ils sont bons ces p'tits gars (bon peut-être sont-ils plus grands que moi...). 'Le tombeur de Cordes' est l'exemple parfait de ce que je veux dire, avec le morceau en deux parties différentes mais cohérentes, restant dans la lignée du contenu de l'album mais avec sa propre vie.
Et c'est ça qui est intéressant justement chez le groupe, cette facilité d'avoir des titres assez rentre-dedans en opposition à d'autres offrant des phases de ce genre mais en prenant soin d'offrir une réflexion à l'écoute de la musique. En plus d'avoir des titres qui se gravent directement dans la mémoire, par la mélodie efficace et un coté puissant. Ceux qui aiment les groupes aux multiples facettes devraient y trouver leur compte.

samedi 15 décembre 2018

PRUNGK 'A new beginning'

2018 PRUNGK - Cd digipack

Prungk (Ho, ce nom à prononcer la bouche pleine!!) est né en janvier 2017 de la rencontre de 4 musiciens venant d'horizons musicaux différents (death, black, punk, rock...) et qui se sont dit que, tiens, si on faisait de la musique en se foutant complètement des règles consensuelles. De concerts en prise de sauce, le groupe décide de faire un premier album sorti en septembre 2018 et que voici ici même en séquence de décorticage.
Alors, si on peut retenir un aspect primordial de cet album, c'est que lui donner une étiquette, faut oublier. C'est mort. Parce que les titres se branlent complètement du registre musical ou des règles établies. On passe vite d'un genre ou d'un style à un autre, sans vraiment de prévenance, offrant des titres vraiment atypiques parfois, dans leur structure, parfois déstabilisant. Et du coup, une chronique en écoutant peu de fois cet album n'était pas concevable, loin de là. Il est important d'avoir une ouverture d'esprit, bien que le groupe aide bien aussi à aller plus loin dans la quête de ceux qui recherche de l'inhabituel.
Volant du punk traditionnel au rock'n'roll pour bifurquer vers le reggae puis , hop, direction relents métal extrême, les titres offrent un large panel musical. A ma première écoute, j'ai franchement été déstabilisé, me demandant un peu où allait le groupe et l'esprit qu'il voulait y injecter. En plusieurs écoutes, ça saute aux oreilles: exploser les barrières musicales, se faire plaisir et offrir une vision de la musique différente.
Et c'est assez sympa voire attachant d'avoir des titres où l'essence de base de celui-ci commence par un rock'n'roll sentant celui des années 50 pour osciller plus tard avec un registre plus typé, plus abrasif mais sans trahir l'essence de base.
Ce qui domine néanmoins dans l'album est le punk, celui des origines, aussi bien que les plans musicaux que dans l'état d'esprit gravé sur la rondelle. Mais auquel le groupe à prit soin de mêler d'autres choses.
Même si des titres me parlent moins (bon, ok, un titre qui me parlerait impliquerait que j'ai un gros problème mental), l'album n'en reste pas moins agréable, du fait de phases ou de transitions que le groupe va offrir, sans que l'on si attende vraiment (bon, on ne le voit même pas venir...). Si certaines me semblent pas trop réussies (c'est quand même relatif, car ça tient de mes goûts personnels et que le groupe est encore jeune dans sa formation, offrant ainsi un potentiel), beaucoup sont bien pensées voire excellentes, car offrant des registres différents où le groupe a saisit les éléments qui font les passerelles (comme sur 'Auto génocide' passant d'un punk à une fin assez radical de métal, avec des plans totalement différents mais le tout bien amené).
Et le groupe nous balade de style en genre, partant d'un rock typé sudiste ('Mt coffee wants me dead!') vers des relents plus punk ou des breaks improbables. 'Fucking bastards' lui nous offre une base punk rock parsemés de pulsions death, tout en contraste avec justement le coté joyeux du punk rock, tout en injectant des éléments venant d'un autre univers musical.
Et c'est ça que j'apprécie justement: Prungk s'en tape des règles et offre ainsi une vision musicale qui en explosant les codes, tout en nous menant vers des titres hybrides dont certains, clairement déstabilisants, peuvent décontenancer quand d'autres sont justes un hymne à la musique, sans plus de prise de tête.
Et c'est sympa de passer de style en style, parfois avec brio, évitant l'ennui et se faisant se demander ce qu'ils ont trouvé comme idée saugrenue qui le fait.
Le son de l('album n'est pas le top du genre mais celui-ci colle bien à ce que propose le groupe et que, putain, la basse n'est pas oubliée, loin de là. Aucun élément de la musique ne se perd au fond de la production, assez chaleureuse.
Le groupe chante en français et en anglais, ne se prenant pas la tête ou alors en ayant un aspect nettement engagé. Pour un premier album d'un jeune groupe qui décide de briser le règles, je trouve ça vraiment pas mal, car des facettes de l'album sont très accrocheuses, avec cette idée qu'a le groupe de la conception de la musique. Et en évoluant, il est clair que ça va offrir une musique atypique mais certainement accrocheuse! Merci à PK de m'avoir contacté pour me proposer son album.

jeudi 13 décembre 2018

Interview de UNDER THE BLACK SHORES

L’image contient peut-être : nuit et texte

Groupe parisien formé en 2016, qui explose mamie avec son déambulateur, nous a offert un excellent Ep Emergence, chaudron de violence et de brutalité efficace, faisant le choix de ne pas choisir entre deathcore et djent mais les deux et qui a soulevé des interrogations de mon coté. Ni une, ni deux et même pas trois, le groupe a accepté de répondre à mes questions que même Bernard Pivot envie. (Photos venant du facebook du groupe)


1- Salutation à vous ! Comment allez-vous en ce riant dimanche ? Bon, on va commencer calmement et simplement en résumant l’histoire de Under The Black Shores (le défi : en trois mots… sinon avec plein de mots, ce sera plus facile).


Salut à toi ! On va très bien, en espérant que toi aussi. UTBS, c’est l’histoire d’un mix de deathcore djent aux extensions diverses et variées, ainsi que d’un line up créé fin 2016 qui n’a pas arrêté de changer pour trouver sa formation finale en décembre 2017. Il y a eu depuis un EP de sorti, plusieurs clips mis en ligne et du travail acharné qui n’est pas prêt de s’arrêter.

2- a)- Pourquoi avoir choisi ce nom de groupe ? Quel est le sens caché derrière ?                    b)- Ne peut-on pas voir un lien avec une connotation sociétale ? Serait-ce un moyen de contestations, en plus d’un exutoire pour vous ?                                                                        c)- Et quel cheminement vous a mené à ce mélange de deathcore, de djent, black et d’autres éléments musicaux différents ?
Pour le nom, c’est en même temps une connotation sociétale et une référence, un clin d’œil aux français d’Hypo5e, avec leur album « Shores of the Abstract Line ». On s’est formés pas très longtemps après sa sortie, et cet album a délivré le déclic de l’idée d’UTBS. Une musique qui se permet de voyager sans avoir peur de quitter une case, qui prend des risques et qui se contrefout des codes présents. C’est notamment ce concept qui nous a amené à créer la musique que l’on fait. La base Deathcore/Djent est proéminente dans notre musique et ce mélange s’est fait tout naturellement, après avoir constaté qu’on était principalement entouré de que du deathcore/que du djent ultra typé, il y avait donc une grosse frustration à ce que ces deux genres ne se mélangent pas pour créer une musique brute de coffre, sans pincettes, et en même temps technique, réfléchie, et riche en influences.

3- Vous avez sorti votre premier Ep (Emergence) en courant d’année. Bon, on va pas se mentir, il est très abouti. Comment vous est venu l’idée de cet objet ? A-t-il une thématique en lien avec le nom du groupe ou un fil rouge le long des 5 titres ?

Emergence est ce que son nom indique. C’est un concentré en 5 titres de tout ce que l’on a à proposer au public, que l’on a amené dans un milieu surchargé afin qu’il prenne sa place et impose son éclectisme. Il n’y a pas de fil rouge au long des morceaux, en revanche il y a une idée et un message comme cité ci-dessus. Avec UTBS, on fait ce que l’on veut, on ne cherche pas à faire plaisir par tel ou tel code car l’on créé les nôtres, et on encourage n’importe quelle personne souhaitant créer quelque chose à faire de même.

                     Emergence

4- La musique que vous proposez est très complexe, même si de prime abord c’est fait pour dérouiller l’auditeur (dans le respect de la musique). Mais en allant plus loin et en plusieurs écoutes, des éléments apparaissent, enrichissant et densifiant la musique. Donc :
a)- Comment en êtes-vous venu a intégrer des éléments aussi différents que des éléments venant du jazz, de la techno ou encore des passages évoquant le heavy metal (dans un solo) avec une base à la fois brutal et déjà bien complexe (le djent…) ?
b)- D’ailleurs, comment en arrive-t-on à mêler deathcore et djent (à la base, c’est déjà compliqué…), de façon consciente et affirmée? Une envie de technique brutale ?
c)- Et est-ce facile, avec cette base, de concilier à la fois vos envies, vos influences et vos visions ?

C’est une excellente question. Le processus de composition de l’EP a pris à peu près un an, ça sera donc difficile de raconter en détail son déroulement. Ce qu’on peut cependant te dire, c’est que le maître mot chez nous est le challenge constant. Que ce soit pour écrire la musique, les paroles, les placements vocaux, les arrangements etc, on a toujours fait attention à se placer une barre d’exigence personnelle afin de ne jamais rester sur nos acquis.
L’intégration de différents éléments s’est faite plutôt naturellement à vrai dire, les influences que l’on tire de partout nous permettent de nous amuser avec notre contenu et de le retourner dans tous les sens pour trouver la manière de sonner qui nous plaira. Et typiquement, pour prendre par exemple le passage jazz que tu mentionnes, il est tout simplement venu d’un « eh les gars, et si on faisait ça » lancé par un des membres lors de la composition de ce morceau. Le fait de ne pas s’imposer de barrières, et d’être confiant dans l’idée d’aller jusqu’au bout du délire te permet d’ouvrir la pensée et l’interprétation personnelle de ce que tu veux ressentir en écoutant cette musique, et donc d’en être satisfait. Tout cela construit une confiance et une expérience qui te permet d’aller toujours plus loin dans le raisonnement et le processus de création. Le prochain album sera donc tout naturellement un cran au-dessus de ce qu’on a fait jusqu’à présent, et cette envie véritable de technique brutale que tu mentionnes sera d’autant plus marquée et en même temps subtile de par les éléments qui l’entoureront.

L’image contient peut-être : 5 personnes, personnes debout

5- Même si des breaks parsèment Emergence, ceux-ci restent bien imbriqués dans la violence qui explose aux oreilles des auditeurs, même si des passages peuvent paraître plus calmes (c’est tout relatif).
a)- Pourquoi ce choix de la violence et de la brutalité non stop ? Pourquoi tant de haine ? Est-ce compliqué d’arriver à ce résultat, sans tomber dans une brutalité complètement en perte de contrôle ?
b) Et cet ensemble donne différents niveau d’écoutes. Pourquoi ce choix justement ? Est-ce un moyen d’emmener l’auditeur à une réflexion voire une introspection ?

Le choix de la brutalité non-stop est ce dans quoi on a tous grandi. Un défouloir que l’on veut créer après avoir été inspirés par les plus grands qui nous offraient ce moment exutoire, un concentré de baffes qui te font souffler un bon coup à la fin. A notre avis, ce n’est pas difficile d’arriver à ce résultat, et tomber dans une brutalité en perte de contrôle n’est pas une mauvaise chose du tout. Y rester, s’y installer, la laisser tout contrôler, là ça devient problématique, car tu retombes dans une zone de confort qui ne permettra pas de jouer avec cette brutalité, c’est elle qui se mettra à mener la danse dans une valse qui n’évolue pas. D’où les plusieurs niveaux d’écoute.
L’art est une chose que chacun interprète à sa manière. Comme c’est entièrement subjectif, on essaye donc de donner à l’auditeur plusieurs clés pour qu’il se promène dans nos sons et y cherche ce qu’il veut y chercher / se laisser emmener sur un terrain nouveau. S’il souhaite rester sur un plan, du breakdown et du djent, aucun problème. S’il souhaite aller chercher le détail qui a été mis au fond de l’oreille pour ajouter un petit truc à la musique dans sa composition, aucun problème. Le message restera le même, et s’il amène à cette réflexion/introspection dont tu parles, tant mieux pour l’auditeur, on ne dit pas dans quel sens aller.

6- Erratic s’ouvre par un monologue, avant une intro très heavy speed associé. D’où vient cet extrait de discours (c’est cela, non?) et qui en est l’auteur ? Est-ce une façon d’introduire à la fois le Ep dans son intégralité et d’ouvrir une thématique plus particulière vis à vis du titre ?

Cette intro vient d’un discours de Kennedy trouvée sur Youtube, on ne saura plus te dire lequel car ça fait un moment qu’il a été placé là. Il se trouve qu’on l’avait récupéré pour meubler en attendant de mettre quelque chose d’autre lors de la composition des maquettes, et finalement qu’il nous plaisait dans son élocution comme dans ses paroles, on l’a donc laissé là. Pour le coup, il n’y pas vraiment de thématique reliée.


7- La colère qui éclate tout le long de l’Ep puise-telle sa force dans les méandres nauséabonds d’une société moribonde ? Ou non, c’est juste cool de faire un exutoire violant, mais avec un message intelligent (faut pas déconner non plus, hein!) ?

La colère mise dans cet EP est une colère qui nous est tous personnelle, donc bien évidemment qu’elle reflète les problèmes et injustices qui nous entourent. Certains cassent des trucs, d’autres s’isolent du monde extérieur, d’autres encore s’insultent dans des sections commentaires Facebook contre d’autre gens qu’ils ne verront jamais en vrai. Nous, on fait de la musique, et on utilise cette rage et ce sentiment d’étouffement pour en créer quelque chose en sortie qui reflète nos vies.

8- Les deux chants sont eux-aussi assez complexes dans leur imbrication. Est-ce facile d’arriver à une cohésion et à se repartir les paroles ? Est-ce facile de s’approprier des textes qui ne sont pas nécessairement ceux que l’on a écrit sois-même ?

C’est assez compliqué d’avoir le recul nécessaire à cette question. La particularité de Stan et Nico, nos deux chanteurs, est qu’ils ont chanté ensemble depuis maintenant plusieurs années dans des formations précédentes. Ils ne font en fait qu’un dans le processus d’écriture, les textes sont partagés, leurs placements sont complémentaires et aucun des deux ne travaille dans son coin pour le présenter ensuite à l’autre. L’ensemble est donc naturel et fruit d’une double matière grise, en plus du feeling et de l’inspiration au moment opportun.

L’image contient peut-être : une personne ou plus, personnes sur scène, personnes debout et nuit
9- Paris ne serait-il pas la source de votre colère (en plus de nombreuses autres origines, tout aussi méchantes) ?

Pas spécialement non, on est sur une scène très riche et Paris nous offre la possibilité de nous créer un réseau et de nous entourer de gens supers pour travailler sur le projet et nous professionnaliser.

10- Quels sont vos influences personnelles et qui suintent sûrement au travers de la musique que vous proposez ?

Avec 5 gars dans l’équipe, on a un panel ultra large d’influences qui nous permettent de nous amuser sans se poser de questions. Du deathcore old school au moderne, en passant par le djent, le prog, le hardcore, la soul, le black à une dose légère ou même le reggae, c’est la diversité qui fait ce que l’on est. Et d’autres influences arriveront au fil des années, on est encore jeunes y a de la marge !

11- D’ailleurs tout ça me fait penser à une chose : que pensent vos proches de votre musique ? La comprennent-ils (du moins dans l’esprit) ou certains sont-ils plus récalcitrant voire suspicieux de vous, vous regardant d’un air douteux et méfiant ? Et quels sont ceux qui sont le plus grand support (ou même si peu concerné peuvent soumettre des points de vue détachés utiles) ?

Ce qui ressort majoritairement chez nos proches, c’est la musique est bien les voix on comprend rien (rires). Mais à côté de ça, chacun à leur échelle personnelle, ils comprennent l’idée et l’émotion transmise et nous supportent énormément, il n’y a vraiment pas de méfiance ni de croix sorties par des grands parents un peu trop pieux. Certains parents musiciens ou avec un esprit de manager nous sont d’une aide précieuse, pour donner leur avis sur de l’organisation ou donner un recul et une autre approche à la musique sur des compositions en cours d’écriture. C’est une aide que l’on ne refusera jamais, 30 ans de métier ont énormément plus de valeur que 5 gars un peu énervés.

12- UTBS s’est formé en 2016 et cet Ep en 2018. Quel regard portez-vous sur ce petit chemin parcouru ?

Ça va faire cliché, mais le petit chemin parait tellement grand. On est passés de quelques idées mises à plat dans une chambre à un produit écoutable par plein de gens dans le monde, et ces gens nous font des retours et nous supportent sur ce qu’on a sorti, c’est la meilleure des récompenses ! Mais ce n’est que le début, on ne s’arrête pas là et si tout se passe bien le chemin ne devrait que devenir de plus en plus long et bien fourni.

L’image contient peut-être : 1 personne, sur scène, joue d’un instrument de musique et nuit

13- Etant sur Paris, à quelle scène musicale vous sentez-vous intégrés (j’en reste à une certaines spécialisations mais encore larges, comme la scène death, grind, hardcore ou autre) ou vous vous en tapez, car UTBS est plus un melting pot qui a sa place partout ? Et oui, c’est une question chiante...

Le doigt dans le mille. UTBS se greffe absolument où tu veux. Pour te donner l’exemple, notre premier concert s’est déroulé avec une scène entièrement metalcore/deathcore. Le deuxième, on s’est retrouvés en ouverture de trois groupes de grind, on était sincèrement les plus gentils de la soirée en termes de son. Et pourtant, ça n’a choqué personne sur une date comme sur l’autre, et c’est ce qui nous plait. On peut jouer partout, on ne se sent pas intégrés ni forcés à rejoindre une scène en particulier, et c’est très bien comme ça.

14- Habituellement, je demande aux groupes quels sont les groupes qu’ils peuvent conseillez sur la scène locale (au sens large). Ben là, je vais plutôt vous demandez ceux qui vous passent largement au-dessus de la tête (sans que ce soit nécessairement de mauvais groupes mais que c’est juste que vous ne rentrez pas dedans, malgré votre bonne volonté) . Tiens, là aussi c’est chiant...

Il n’y en a pas qui nous passent au-dessus sur la scène locale, sincèrement, car on est personne pour juger d’une qualité musicale ou le potentiel artistique. En revanche, sur les groupes de renommée internationale il y en a sans souci, et ce vis-à-vis de cette renommée mise à côté de la musique délivrée. Thy Art Is Murder c’est typiquement notre meilleur exemple, les gars ne se sont jamais challengés depuis trois albums, et pourtant continuent de grandir et de remplir des salles de plus en plus grosses. On remet pas en question leur qualité musicale et de production, étant dans l’esprit de constamment se challenger et de monter la barre d’exigence, leur contenu ne nous parle plus depuis quelques années.

L’image contient peut-être : 5 personnes, personnes debout

15- En marge de UTBS, que faites-vous pour faire bouillir la marmite ou payer vos factures ? Et avez-vous des passions incroyables, c’est dingue, on en a pas idée ? D’autres projets musicaux (dont un fameux projet de deafcore et un autre de slam accordéon, vraiment déstabilisant) ?

On bosse tous dans des milieux différents. Nico est boucher, Stan est dans le bâtiment, Val dans l’informatique, Max est régisseur de salle de théâtre et Félix musicien intermittent dans d’autres projets (Stephane Boget, Noolysis… ) ou pour de l'événementiel.

16- Quels sont les projets à venir pour UTBS ?

On en a plein dans les fourneaux ! Des nouveaux clips sont en préparation, ainsi qu’un nouveau single qui sortira courant 2019. L’album est aussi en préparation et le moment venu, on se mettra à démarcher des labels pour éventuellement se faire signer et pousser le projet encore plus loin.

17- Merci d’avoir prit le temps de répondre à ces quelques questions ! Je vous laisse la joie de conclure comme vous le souhaitez !


Merci à toi surtout, pour ton intérêt ainsi que pour toutes ces questions qui ne manquent pas de précision !
Que dire de plus, restez ouverts, allez voir des concerts, soutenez la scène locale et alimentez votre curiosité ! Quand le taf et la passion sont au rendez-vous pas la peine de se prendre trop au sérieux pour pondre du contenu travaillé et personnel, suivez vos envies.
Au plaisir de se croiser sur des dates pour taper la discute !

dimanche 9 décembre 2018

Interview de BLEEDSKIN



Bleedskin est un jeune groupe belge de furieux plein  d'avenir. Fort d'un premier Ep 'The rotten one' qui envoie le pâté et la boucherie avec, le groupe offre un death brut et assez violent. Et comme il a été évoqué une interview avec celui qui s'occupe du groupe en Belgique, autant en profité et essayer d'en savoir plus sur Bleedskin. Merci au groupe d'avoir prit le temps de répondre! (Merci au booker belge pour les photos!!)



1- Bonjour à bous, nobles troubadours de Bleedskin ! Comment allez-vous en ce gris jeudi ? Prêt pour des questions qui pourraient être chiantes ? Bon, commençons par une question récurrente : présentez, dans un esprit jovial et guilleret Bleedskin, en évitant le format encyclopédique (quoique, ce pourrait être marrant...) !

Bleedskin est un groupe de death metal formé en 2016 par Céline (guitare) et Rémy (basse). Peu de temps après leur formation, je les ai rejoins premièrement au chant puis par la suite je me suis mis également à la guitare lead. Il y a quelques mois, éprouvant des difficultés à chanter et jouer de la guitare en même temps sans faire d’erreurs, j’ai demandé à Benjamin qu’il rejoigne le groupe et prenne ma place comme guitariste lead.
Ces derniers mois, nous désespérons de trouver un batteur en nous saoulant dans la cave de Céline.


2- Bleedskin… Quels mystères se cachent derrière ce nom dégageant un coté mystique (après une bonne centaine de cigarettes qui font rire) ? Le choix du nom est-il venu comme on joue aux cartes ou est-il plus un aboutissement d’une progression intellectuelle, résultante d’un acte ayant son importance pour le groupe ?

Le nom du groupe est un peu venu par hasard. Chacun balançait des mots qui pourraient aller ensemble puis, involontairement, l’ancien batteur (Tom) et Céline ont eu la même idée chacun de leur côté et « Bleedskin » en est ressorti. Pas plus compliqué que ça, il n’y a aucune recherche !


3- Vous êtes assez jeunes, plein d’avenir (des scoops à lâcher?), aussi bien en terme d’années de vie que dans l’existence même du groupe, formé en 2016. Alors du coup, ça va être une question à tiroirs celle-ci, concernant pas mal votre Ep.
a)- Vous avez déjà un premier Ep à votre actif (The rotten one), très marqué death années 90 (et la première moitié de cette décennie fantastique). Pourquoi le choix de cette forme de death, à l’opposé des ‘modes’ actuelles du death ? Est-ce par amour du genre ? Une façon de se démarquer ? Parce que vous êtes des rebelles ? Ou c’est venu naturellement, du fait des goûts de chacun en plus d’autres choses fascinantes ?
b)- C’est vrai ?
c)- The rotten One est votre premier Ep. Le choix du titre semble indiqué que ce ne sera pas le seul (et que ça va chier), non ? Y-a-t-il une trame derrière ou est-ce juste des titres pour faire connaître Bleedskin, son death et un peu son œuvre aussi, on ne va pas se mentir ?
d)- A l’écoute, on a un death à la limite du brutal death (je ne ferais pas l’affront de demander les influences, il suffit d’écouter le disque) dont on sent quand même un amour de cannibal corpse dans certaines lignes de guitares (et il y a bien pire en référence…). Cette façon d’être sur le fil du rasoir entre death et brutal death, est-ce un choix réfléchi, quelque chose de naturel ou non, en fait ça s’est fait comme ça ?
e)- Est-ce facile de mettre en concret une musique qui cristallise du death de deux obédiences différentes, tout en restant cohérent et sans tomber dans la facilité (ou le confort, c’est vous qui voyez!) de l’un ou l’autre ? Sans être un peu frustrant ?

Pour le style de ce premier EP, nous n’avons pas vraiment cherché à faire quelque chose en particulier. Au début de la formation, le groupe ne savait pas encore quelle direction prendre et s’influençait beaucoup du old school death et thrash.
Le titre « The Rotten One » ne fait pas référence à une première édition qui serait suivie d’un « The Rotten Two » ou que sais-je, c’est un titre parmi les autres qui servent à faire découvrir le groupe (bien que cet EP ne soit pas à 100% représentatif de ce que nous sommes, étant en pleine évolution).
L’évolution vers quelque chose de plus brutal s’est faite naturellement, bien que ces derniers temps. Il y a vraiment une volonté d’aller vers le brutal death.
Sortir de la facilité est assez compliqué. Parfois on pense tenir un truc, puis on se dit « nan, c’est quand même un peu trop simple ? Ça manque de quelque chose ». Ensuite, on laisse chacun réfléchir au morceau en composition pour voir ce qu’il pourrait y apporter.


4- Les thèmes qui sont abordés dans les titres sont liés aux thèmes consensuels du genre. Est-ce si simple que ça d’écrire des titres qui évoquent des choses aussi joyeuses que les tueurs en série, la torture ou la dépravation des chaires (par hasard) ? Avez-vous une vision à plus long terme vers des thématiques moins explorer dans le death et qui sont peut-être un intérêt personnel pour vous (l’écologie, l’espace, la science, l’histoire ou encore les origamis dans la tradition japonaise de l’ère Heian (mais là, j’ai comme un gros doute…)) et qui serait peut-être intéressantes à explorer ? Ou non, justement, ces thématiques récurrentes dégueulasses, c’est bien mieux car c’est un excellent exutoire ?

Les thématiques abordées dans les paroles sont en effet bien à l’image du genre, on n’a pas cherché à innover de ce côté-là. Cependant, ces derniers temps je lie d’une certaine façon mes problèmes/ mon histoire personnelle à cette boucherie, comme un exutoire.

           

5- La pochette aussi est assez atypique, par rapport aux pochettes habituelles. Elle renvoie vers ce death évoqué et des groupes comme Sepultura (période Mordid Visions) ou Sadistik Exekution (à cause du squelette en bas à gauche qui semble faire un doigt…) (et à Despondency qui évoquait un peu la même chose sur leurs premiers méfaits). Ne serait-ce pas en même temps un cri d’amour et un hommage à cette période finalement ? Ne seriez-vous pas, en réalité, des amateurs éclairés du genre (ce qui change de ‘fans’ de métal qui se la pète en concert et qui ne connaissent que 3 groupes… y’a des coups de pelle qui se perdent, j’vous jure…) ?

Le style de l’artwork de la pochette de « The Rotten One » est effectivement un petit clin d’œil à notre amour pour les fondateurs du genre, pour tous ces vieux sans qui notre musique ne serait pas.

6- Certaines de vos influences transpirent dans la musique que vous distillez. Pourriez-vous parler un peu des influences cachées, de ces groupes que l’on peut aimer et qui sont moins connus et qui pourtant, bordel de dieu, ça envoie le pâté, la terrine et le hachoir en même temps ?

Pour les influences, on ne va pas se cacher, Cannibal Corpse et Slayer sont probablement les plus importantes dans la création des compos du groupe. Ensuite, ça se diversifie en fonction des goûts de chacun. De Six Feet Under à Trivium, de Dying Fetus à Kraanium en passant par Arch Enemy,… Il y en a tellement, on pourrait en parler pendant des heures.


7- La scène extrême en Belgique à de nobles et connus représentants portant haut les couleurs de la fureur (au hasard : Aborted, Agathocles, Ancient rite, Enthroned, Leng t’che…). J’ai bien conscience que la vision française de la Belgique est biaisée (ne serait-ce que par les différences structurelles de nos pays respectifs). Est-ce facile de se faire connaître dans un chaudron où sa grouille autant ? Existe-t-il une forme d’entraide ou c’est plus compliqué que ça, car il y a aussi l’aspect de la langue qui ajoute une complication ?

Et bien c’est très simple, en Belgique c’est la merde. C’est très compliqué de se faire aider, si ce n’est que par quelques passionnés qui font ça par plaisir. Il faut savoir se faire remarquer en dehors de notre pays si on veut espérer « décoller ».

8- Une question rien que pour Céline. La présence féminine se développe dans la scène (de façon globale) mais pas encore de manière vraiment significative (et on ne parlera des concerts...) Comment vois-tu le rapport aux femmes dans la scène et quels retours as-tu au fait que tu joues dans un groupe ? Quelle est ta vision de la situation ? Trouves-tu que oui, ça s’améliore mais pas assez ou non, ça reste trop marginal ?


Je trouve ça justement intéressant de voir de plus en plus de femmes sur scène car, on ne va pas se mentir, le metal est majoritairement composé d’hommes que ce soit sur scène ou dans le public. Etant donné que je suis une fille dans un groupe de death, les gens me reconnaissent plus facilement ou me demande si c’est bien moi « la fille dans BleedSkin ? » et ensuite ils me disent soit que c’est cool ou qu’ils nous ont déjà vu en concert, ….
Je suis de temps en temps mal à l’aise quand on me reconnaît moi alors que le reste du groupe est juste à côté haha mais sinon, ça me fait toujours plaisir parce que je n’ai jamais eu de retours négatifs sur le fait d’être une fille dans un groupe, au contraire !
On voit effectivement plus de filles dans des groupes de métal du style symphonique, folk, … mais ça reste assez rare dans le death.


9- Que faites-vous en marge du groupe ? Des métiers ou études fascinants ? Pas trop compliqué de gérer les deux fronts (sans compter la vie privée…) ?

Céline est toujours aux études (éduc spécialisé), les autres travaillent (rien de bien passionnant ici). C’est parfois compliqué car il faut s’organiser en fonction des horaires de tous qui peuvent parfois être variables en fonction des semaines.

10- Comment vos proches et amis voient-ils Bleedskin et votre musique ? Ont-ils peurs, genre ‘Oh mon dieu, ils sont fous ! Vite, appelle le diacre, chérie !’ (oui, dans mon esprit, c’est comme ça…) ou non, en fait, ils sont un bon regard en marge qui aide à progresser ? Ou autre ?

On a le soutien de la plupart de nos proches. Certains n’aiment pas spécialement, mais ils nous soutiennent malgré ça pour faire plaisir. Le père de Céline est probablement celui qui montre la plus grosse forme de soutien ; il se veut être le booker du groupe.

11- Et d’un point de vue personnel, quels sont vos goûts, en matière culturelle, en plus de la musique (cinéma, littérature, passions…) ? Avez-vous des choses étonnantes à dévoiler, qui me feront dire ‘Ah oui, quand même...’ mais sans tricher ? Des hobbys étranges (collectionner des morceaux de confettis, fabriquer des briquets en coton…) ?

Logan : Si ce n’est que ma collection de porte-clés ou mon amour de la couture, je suis principalement dans la musique. J’ai également fait toutes mes études en art, ce qui représente une grosse partie de ma personnalité également.

Benjamin : pour ma part, j’ai grandi avec la musique, ayant commencé très jeune, c’est à peu près la seule chose que j’ai connus, par après je me suis un peu intéressé aux jeux videos et la culture qu’il y avait autour, même si j’ai un peu abandonné tout ça aujourd’hui, et sinon je suis un grand fan de nouvelles technologies, j’adore essayer tous ces gadgets, qu’ils aient un rapport avec la musique ou non.. et sinon, mais je pense que c’est le cas de beaucoup dans la scène.. la passion de la bière bien sûr !

Céline : J’ai eu l’occasion de faire plusieurs sports étant plus jeune. Aujourd’hui, je consacre beaucoup de temps à la musique et au groupe mais rien ne m’empêche de temps en temps de jouer à des jeux vidéos.

Rémy : J’adore le cinéma ! En particulier les thrillers. C’est bien simple, tapez sur Google « top 1000 films thrillers », je les ai tous vus ! Je suis également un grand fan des chefs-d’œuvre de Tarantino.


12- Quels groupes conseilleriez-vous à écouter pour découvrir un truc de folie ? Et quel(s) groupe(s) vaut-il mieux éviter parce que franchement, hein, entre nous… ?

Pour Benjamin, sans réfléchir Trivium pour ceux qui ne connaîtraient pas (honte à eux), et sinon pour parler d’une scène plus death (voir deathcore) thy art is murder ou whitechapel.
En ce qui me concerne, difficile de conseiller « quelques groupe » dans le vide car ça dépend des goûts de chacun. Je pourrais vous dire Parasitic Ejaculation, Archspire ou encore Negator par exemple, mais ils sont tous très différents et tout le monde n’apprécierait pas leurs douces mélodies.

13- Merci à vous d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. C’est à vous de conclure ! Faites-vous plaisir !

De rien frr, au plaisir !
Hey mercè !


samedi 1 décembre 2018

Interview GOD SYNDROME





GOD SYNDROME est un groupe russe venant de Sibérie, de la ville de Samara, dans l'extrême sud de la région. Proposant un death mélodique avec des aspects très extrêmes, en échangeant avec le groupe, on a trouvé que ce serait cool une interview pour faire la lumière sur ce groupe. Barrière de langue oblige, celle-ci est en anglais. Pavel s'y est consacré et nous livre des informations intéressantes. Merci à lui du temps prit et de la rapidité de réponse.
Résultat de recherche d'images pour "logo god syndrome"Si vous êtes moyen (ou pire) en anglais, faites péter un dico, faire venir un pote traducteur ou essayer un traducteur. Ou tout autre moyen probable ou improbable.


L’image contient peut-être : 4 personnes, personnes debout, chaussures et intérieur


  1. Hello ! How are you ? Present us your band, God Syndrome, in a short story.

Hi! My name’s Pavel. I am vocalist, and together we are God Syndrome band from Russia. We play death metal on the verge of melodic death. We started in 2011.

  1. How does God Syndrome is born ? Who was the first of thinking to make God Syndrome alive ?

Until 2011 we had been playing in different bands, even in some common projects and we’ve been friends for a long time. The band was born at the moment when two guitar players – Sergey and Vitaly decided to cooperate. Afterwards, Alexander Krut joined the band as a drummer, and Dmitry took the bass player’s place. Vitaly left the band in 2017 and from that moment we continue to play as a quartet.

  1. Why did you do that choice of your name ? What is the symbolized behind the name of your band ?

At first, the band was called “Hatesway”, and the band’s lineup changed multiple times, but after all the current band members got together, we all decided to choose another name. Maybe it was a track title actually, but we liked it and we decided to choose it as our new name. We were just reflecting on this, and for us God Syndrome is a definition of the deepest egoism, dishonesty, and a total Machiavellian lust for power. Just take it as a diagnosis or a stigma of caste of the “chosen ones”.

  1. Usually as we know that the Russian’s bands have a particular musical gender that for you in Russia is absolutely normal.You ,at the opposite have choose a mix between Sweedish Death , Polish brutal death . Is that a way for you to dismaguish from Russian’s metal bands ?

Well, I think, if we would be trying to reach for something “original”, “distinguishing” or something like that, at the end of the day our music would have sucked. So many bands are telling nowadays that they are so original and ingenious, but to be honest, the usually play shitty music. Only the few truly find something that no one had heard before, but it’s always a result of a natural creative process. We just wanted to play some melodeath and we had no task to “distinguish” ourselves from other bands on the Russian scene. But we knew what we should do to reach this –do everything well and You’ll get noticed anyway.

  1. What are the themes that you approach in the tracks?Is that a link with the symbolized of God Syndrome?Is that a way to express yourself with the way that you live in Russia ?(censorship…) ?

Of course, the lyrics are connected with the band’s name, as long as it is our basic concept. But that does not mean, that we are restrained by this idea. We try to touch many different themes, and it is facilitated by fact, that there is more than one lyricist in the band – Sergei and Dmitry also offer their lyrics. One may write more or less lyrics, but it doesn’t really matter. Religion, philosophy, psychology, mythology, politics and social life – all of this brings us an inexhaustible source for creation. And these are the things that are understood by any reflective person on Earth.

  1. How does your music has developped since your beginnings in 2011? Have you decided to be more brutal since your beginnings ?


If You can find our very first demo tracks, You’ll hear absolutely Swedish melodeath tone. But death metal can be so different, and we love all the best that the genre’s development gave us, so after the band was formed and the first experiments in search of our own style were made we had approached the debut album recording with a clear understanding that we won’t stick to only one death metal school. We always present our music as a symbiosis of the Swedish, Polish and American death metal, and it is (in our opinion) most precise definition of the music we play. We were influenced by so many bands, and our listeners prove it by their feedback. We observe the opinions of our listeners and we notice that people sharing their impression usually name the bands with which our music brings associations. And the list of such bands is constantly growing that gives us confidence that we are on the right way. What would You say to a guy who says that he has heard a band from Russia that sounds like Behemoth, Vader, Arch Enemy, Hypocrisy, Kataklysm, Hate, Decapitated, Dimmu Borgir, and vocalist reminds of Deicide, Septic Flesh, Graveworm and even Obituary? You would say: “No way, man, go get some cold shower, ahahaha”. Friends, let’s not forget that these genre borders are such a thin lines, and if a band uses a classical thrash metal riff, You can already associate it with a dozen of thrash metal acts.:) By the way, write us on Facebook, what does God Syndrome remind to You? It would be interesting to know.

  1. You live in Samara at the South of Siberia . Is it easy for the band ? Does it exists many bands in Samara ? Is that very different from bands coming from Moscow ?

Well, You now get a 2 out of 5 (it’s a lowest mark in Russian educational system) for geography Samara is an industrial city, 9th by population out of 1113 cities in Russia, and it is situated in central Russia. Not so far from Moscow – only 13 hours by car. And Siberia is far away from us, as well as Southern Russia, where people from Samara travel to have a seaside vacation (2 days driving by car). There aren’t many metal bands in Samara. Guys from the IRV band are active and we had shared the stage with them several times. A lot of stoner, punk and groove bands, but en masse there’s no huge scene and everything is pretty messed up. And it usually doesn’t depend of a region. There are lots of bands in Moscow, but very few of them are good. On the other hand You can surprisingly find an awesome band somewhere in Siberia.

  1. If there’s tell us about them?Is it esay for a Russian band to be knew outside the Russia ? Have you ever turned in Europe ? I mean France ? Spain ? Italy ? UK ? Geographicaly for God Syndrome is that easy to be in contact with the nearest countries ?

We can get exposure with the help of the internet. That’s why we try to promote our Facebook and Instagram. We hadn’t toured in Europe before but we hope that next year we’ll make it. We plan to find a booking agency in Europe to see what they can offer. We are ready to go, but there’s only a financial issue. Most promoters just offer to buy a slot in a tour with a famous headliner, but we do not earn our living by music and it’s not that easy for us to pay 6-8 thousand euros only to pay for the slot. We’ll keep searching for promoters, that would consider our band worth inviting and help us with organizing tour, and we’ll show how extreme metal is made in Russia.

  1. How does your friends and family have reacted with God Syndrome’s music ? Does they hate you or at the opposite they are your biggest fans ?

Many of our friends support us – they visit our concerts and buy merchandise and cds. I wish I could say that our families support us too, but unfortunately I can’t. Actually, they just put up with the fact that we play in a band and we don’t want to give it up.

  1. Is that easy to reconcile God Syndrome with your jobs (I mean that in Europe we allways thinks that living in Russia is strict because of the dictatorship )? What are you doing in life ?

I work on a cardboard factory. Sergey is a sound engineer, he makes advertisement clips, audio performances, creates sounds for video games. Dmitry is an inhouse lawyer, Alexander is a building materials salesman. Once my colleagues found out that I was going with my band to play gigs in nearby countries – Kazakhstan and Kyrgyzstan. They invited me in the office and told me that I will be fired and they will report to Putin personally. Ahahaha, just a joke Actually, my boss unexpectedly gave me some money as a help. Nobody even understands, what is “death metal”, but usually colleagues show interest and even visit our concerts. Dictatorship in Russia? Didn’t heard about this.

  1. Does God Syndrome is a way to express yourself? How do you perceive your country ?
God Syndrome is our labor of love. That’s something that every man should have. We have families and day jobs, but day job is only a way to earn living and take care of the family. Maybe every musician dream of earning their living by music. We all have different views on Russia and life on Russia. I personally love Russia, because it’s my motherland. But many people here can just spit into my face and show their hatred. Those who say that Russia is the greatest place on earth are wrong. Those who say that Russia is miserable and has nothing good for life – are wrong too. We all are adult and every man should understand that everything has it’s pros and contras. Recently I had a conversation with a fourteen year old lad from Iran. He told me that he loves Arch Enemy and heavy metal, but metal is prohibited in Iran. People there aren’t allowed to play metal, to listen to metal, to wear bands t’shirts… Does he obliged to hate his country for this? But he doesn’t. And tell me, where in the world the people who hate their own country gain respect?

  1. What are your influences and your personnal tastes ? Does it influenced you in your music ?

I’ve already mentioned the influences before. It’s mostly death metal and other extreme metal. We also love old-school stuff like classic hard rock and heavy metal. Dmitry loves Motorhead, Sergey besides Slayer, Kreator and Vader also likes Serge Tankian and former SOAD guitar player’s band Scars on Broadway. Krut loves old Sepultura, Slayer, old-school death metal, street punk. Right now I’m listening to some kind of a chill-out stuff))) I also love something atmospheric like ambient, new age, dungeon synth and black metal.

  1. We are French. Could you tell us a band that you recommend to discover ?

A few days ago a band from Siberia (from the city of Krasnoyarsk) came to Samara. They are really killer band. They had a day-off after the gig, so we invited them to our studio. We had a great time, talking about music and drinking some beer. You should definitely check them out and give them a listen. Their name is Ultar.

  1. Thanks a lot to you God Syndrome !!! The last words are for you !! Say everything you wants !
Thank You for the interest to Russian bands! Thank You for supporting God Syndrome. Invite us for a gig and we’ll burn the European stages down with our death metal!