dimanche 19 août 2018

DISTURBANCE PROJECT 'Grita mientras puedas'

2014 HECATOMBE RECORDS - Lp



Groupe espagnol formé en 2003, il y a certainement des personnes parmi vous qui connaissent ce groupe. Cet album nous offre une joie de vivre et de la tendresse (à grands coups de merlin dans la face) au travers de 25 titres (pour 20 minutes) d'un grind féroce et très énervé.
Après une courte intro toute en finesse, le groupe balance la sauce directement, avec la saucière, les couteaux, les machines, les tables et tout ce qui traîne autour dans la pièce.
Et ça ne rigole pas. C'est très violent, foutrement remonté et certainement dans une voie engagée mais comme je ne pipe pas un mot d'espagnol, je ne peux qu'estimer ça par rapport à la transparence de divers mots.
Pas de temps mort, pas de fioritures.c'est bourrin, intense, violent etc'est bon putain! Le groupe fait dans l'expéditif jouissif, offrant un véritable mur de violence (ou comment survivre à un bombardement de parpaings avec un parapluie Hello Kitty), sans jamais changé d'un iota (et non d'un Yoda, ça ne voudrait rien dire...) le ton résolument brutal.
Brutal et efficace. L'album est vraiment intense, intensité que l'on retrouve même dans le son car la basse est très audible, offrant un net uppercut de Godzilla en plus. Alors en contre argument on pourrait parler d'une redondance des titres mais en tendant bien l'oreille, hop, argument de merde.
Disturbance Project projette clairement sa haine d'une société abjecte, d'une façon concise et compréhensible, même si on ne pige pas trop les paroles car on sent que ça chie sévère! On a pas le temps de reprendre son souffle. Le groupe nous laisse sur la brèche durant tout l'album, nous offrant un putain d'exutoire qui est le leur par essence. Ça c'est du partage, non! Si tu ne connais point ce groupe et que tu es amateurs de grind, qu'attends-tu alors? Fonce!

PUTRESCENCE 'Voiding upon the pulverized'

2016 FAT ASS RECORDS - Lp


Putrescence... Groupe canadien formé par deux frères en 2003 et qui a splité en 2016, coïncidant avec cette ultime oeuvre sonore. Onzième offrande et cinquième album du combo, qui clôture ainsi une histoire de 13 ans. On est donc loin de faire une chro mais une sorte d'épitaphe sur leur ultime effort.
11 titres composent cet album, death de bout en bout, avec quelques saillies ici et là plus grind ascendant gore (sans les vocaux du style). Ce qui est assez logique, puisque l'on retrouve cet esprit dans les titres qui suintent les tripes, le sang et l'horreur ('Squeeze and squirt until your eyes water', 'Shh'd before anal decapitation'...). Ici, point de sensibilité (hormis pour un death burné).
Le groupe offrait un death agressif, assez abrasif sur cet album, dans une atmosphère assez glauque, foutrement efficace. On pourrait leur reprocher une absence de joie de vivre avec la pochette et leur musique mais à l'écoute, bien que ce soit du death (vraiment bourrin), c'est foutrement des gens qui savent ce qu'ils veulent jouer. Et que c'en est festif au final.
Et ça fait vraiment une impression de tirs à boulets rouges sur cibles humaines. Consentantes ou pas, on s'en fout parce que le résultat est bien là: une efficacité directe, avec des compositions denses alternant parfois des moments plus tranquilles on va dire (mais loin d'une ballade bucolique, faut pas déconner). Et au détour d'un point virulent peut surgir des rapides notes une fulgurance grind, très brève, nous envoyant encore plus violemment dans les cordes (et hop, plusieurs analogies du sport de glisser en une fois). Et oui, puisque pour 11 titres, on dépasse à peine les 24 minutes. Un sentiment d'urgence draine les sillons du vinyle.
Et on découvre ainsi un album très abouti, foutrement bon. Et malgré des titres vraiment courts qui pourraient en faire du grind, ils ont quand même choisit une certaine difficulté en restant sur le fil du rasoir de bout en bout. Un esprit grind, une forme death. Pas death grind mais pas non plus que du death gratuit. Une sorte de compromis cool mais qui marque la fin d'un groupe.

SUICIDEFORCE

2018 INHUMAN HOMICIDE RECORDS - Démo CD


Haaaaa, l'Italie et son folklore local... En voici un bon exemple, avec ce genre quatuor qui nous arrose d'une démo de 11 titres, tous de grâce et de félicité. Bon, ici il faut chercher, vu le nom vers des registres loin de Lacuna Coil et autres groupes dans la même veine mais plutôt glisser vers, le doute ne vous ai pas permis, le grind et autres.
En l'occurrence, les 11 titres qui buttent sévère, nous emmène dans un voyage merveilleux entre grind et powerviolence, registres un poil énervés, on en coviendra tous. Et ici, il est abordé des thématiques avec de véritables paroles mais alors, putain, qu'il est énervé le chanteur (Sporko). C'est très rapide, sans empêcher cette variation entre grind et powerviolence, vraiment imbriqué l'un dans l'autre.
Les titres sont de courts à très courts (1'36' et 0'47) exception de final cut, qui culmine à un poil plus de 3 minutes et qui va arpenter d'autres rivages mais sans jamais renier la base musicale.
Le groupe ne lésine pas sur la violence car honnêtement, avec un nom comme ça, faire de la pop goth, ce serait étrange...
Les italiens m'évoquent pas mal les vétérans de la powerviolence italienne, les maîtres du genre, Cripple batards, à la différence que ces derniers sont énervés depuis... houlà... 1988. Suicideforce prend donc un départ intéressant avec ce parallèle point dégueux.
Le son de la démo, bien qu'un peut sale, n'en est pas moins accrocheur, participant aussi à ce qui fait que l'on accroche à ce qu'ils proposent (sauf si ce registre vous passe loin au-dessus de la tête...). Et nous propose vraiment quelque chose de carré, qui n'a pas a rougir de comparaison et que l'on sent vraiment honnête dans la démarche. Ha, vous ai-je dit que ça buttait sévère?

BABYPIG

2018 Inhuman Homicide Records - CD


A ne pas confondre avec les douteux Babybel, qui n'ont aucun rapport avec la musique. Babypig... Ou la découverte de la poésie indonésienne, dans une lignée genre Gutalax ou Rompeprop. Le quatuor (oui, ils sont 4 jeunes dans le vent (ou la mousson, ça dépend de la saison...)) propose donc 6 titres culminant dans la durée à la pointe folle d'une minute et trente six secondes (hop, chiffres en lettres), très, mais alors très goregrind avec une magnifique voix de cochon qui couine à ne plus savoir qu'en faire. Les titres, très drôles mais dégueulasse quand même n'ont de titre que pour se repérer car il n'y a pas de paroles (sauf si vous comprenez le cochon, ce qui force le respect mais un doute persiste sur un sens quelconque). Bon, certes il n'y a que 6 titres dont un est une reprise de Cipotok, autre groupe indonésien qui traîne aussi dans ma CDthèque. Mais attention, ça ne veut pas dire que malgré cela, ce soit pied au plancher non stop. Car le groupe joue justement sur cet aspect, un contraste marqué entre rapidité et passage plus lourd et lent.
Alors oui, un peu moins de 8 minutes peut paraître un poil court - et ça l'est effectivement. Mais au moins, on a un peu la découverte d'un groupe qui ne se prend pas la tête, très festif dans le genre (et dans le fond, comme beaucoup de groupes indonésiens (oui, même ceux qui le sont moins. C'est dimanche après tout). Le son est aussi très bon, ce qui ne gâche rien du coup et nous offre quand même une belle tarte dans la gueule.

mardi 7 août 2018

WOES 'The coldest place is within myself'

2018 Godbox records - CD

                                        
Woesrai-je le faire? Ha, ben oui, je l'ai fait. Jeu de mot pourri casé. Haaaaa, Woes... Combo danois de Copenhague, d'obédience hardcore auquel le groupe mêle punk tendance crust et black moderne, offrant une musique vraiment massive On va dire Blackened hardcore. Genre gros truc.
Et ce mélange détonnant permet au groupe formé en 2015 (ils sont cinq bonhommes, tous de fougueux énervés) de proposé des titres vraiment très variés, où les teintes musicales peuvent s'affirmer vers un style plus particulier, tous en gardant l'esprit hardcore en tête. Il s'agit de leur premier album, qui du coup, marque vraiment de sa présence.
Les huit titres de cet opus offre donc une sacrée vitrine de ce que font les gaillards. Et même si des passages sont à la limite du bourrin, ils restent surtout sur ce fil du rasoir, sans jamais tomber dans une certaine facilité. Il peut distiller une brève ambiance avant de basculer dans un section très carrée, où l'agressivité est répartie entre les chants et la musique.
Et ce mélange est vraiment efficace. Car le groupe offre sur cette base assez moderne deux chants, vraiment différents l'un de l'autre. L'un est nettement hardcore, opposé au second très typé black. Et dans les passages où les deux se côtoient, le groupe installe une sorte de dualité qui marche vraiment.
L'album démarre de façon impromptu avec de la guitare sèche, genre les jeux interdits mais en plus moderne, ne nous préparant pas vraiment à ce qui déboule à la minute qui arrive: ce fameux mélange qui prend direct aux tripes.
Au-delà de tous ça, le groupe prend vraiment soin de concocter une mixture musicale très riche où justement le mélange permet de partir dans des voies différentes, ce qui offre, même dans un registre comme le leur, une certaine dynamique et évite la redondance qui pourrait être à craindre, n'hésitant point à offrir des passages parfois très lents, limite atmosphérique, opposé à d'autres plus lourds. Ce qui est sur, c'est que les cervicales vont prendre cher. Sans compter la présence de clavier qui offrent, lors de leur présence, une dimension quasi astrale.
C'est nerveux, rageux, ça a la hargne et ça pue la sueur énervée. Et c'est bien fait. Avec un son qu'il est bien. Que demander de plus pour un premier tir?

dimanche 5 août 2018

POSTMORTEM 'Velando la cabeza'

2017 Viscera Records - CD 

Postmortem... ici, on se trouve non pas face à un des groupes européens ou du français mais en face de celui de la Colombie, pays spécialisé dans... la drogue, selon les médias télévisuels. mais bon, je m'en tape de la drogue. Ce qui m'intéresse dans ce cas est le groupe et cet album.
On a affaire à un trio qui a fondu (une famille?) le groupe en 2002. Et voici leur troisième méfait ici même.
10 titres, 21 minutes. On fait dans l'urgence expéditive ici! Et c'est cool! Pour les amateurs d'Epica et Evanescence, vous pouvez continuer la route (sauf si curieux). Car ici, oui monsieur, oui madame, on a un brutal death grind super violent, super énervé, super sonique (par le hérisson bleu...).
D'entrée, ce qui marque dans le son, bien que celui-ci soit un peu raw dira-t-on, c'est la basse, très audible. Et là, on applaudit, parce que le bassiste est un bourrin, au même titre que les autres.
ici, point de fioriture mais du concret, du brutal et de la violence que ce soit sur la rapidité ou des moshs parts, des breaks à décrocher ta tête ou des phases à te jeter sur les murs. Le chant est ultra guttural, très énervé aussi, avec des titres assez concis, qui respirent la folie et la violence. D'un bout à l'autre du disque, pas de moments de mous, pas d'instant pour se poser. Non, ici c'est une apocalypse de violence pendant 21 minutes où reprendre son souffle entre les 10 titres n'est pas un concept possible.
Il y a une certaine bizarrerie dans le son, avec une production qui varie un peu, comme si les titres avaient eu différents ingénieurs. Bon, en soit, on s'en tape, car ce n'est pas gênant et le groupe bute sévère! L'ai-je déjà dis?
Rattacher leur death grind à un groupe est impossible, on ne peut que le rattacher à cette forme barbare que les pays d'Amérique du sud et centrale arrivent à pondre, comme si les difficultés de la vie pouvaient être condensées dans un disque. Ce qui semble le cas d'ailleurs...
Postmortem ne perd pas de temps, va à l'essentiel mais en choisissant la veine brutale et sans concessions. Le groupe ne prend pas de pincettes et livre un véritable assaut à nos cerveaux, histoire de nous coller un grand sourire béat sur la gueule.

BURSA LAMB 'Lambdroid's vengeance'

2014 Coyote Records - CD

Voici le groupe du domaine de la folie, de la fête et aussi de saison car il fait chaud, mais genre très chaud (37 à l'ombre quoi...) et que ce groupe nous vient d'Athènes, en Grèce, un pays où il fait aussi très chaud. Voilà.
Et on a ainsi un album à mettre dans la catégorie 'concept chelou' mais foutrement bien foutu. Le duo (car oui, ils sont deux) balance un brutal death d'excellente facture, bien bourrin, explorant une thématique, comment dire, bien personnelle. Tournant autour des moutons et de la destruction de l'humanité par une espèce de moutons droïdes de l'espace via une invasion en règle, détournant des codes du christianisme (en gros, hein, parce que c'est vraiment barré. Y'en a ce sont les porcs ou les poulets, eux, ce sont les moutons. Va comprendre...).
Les gaillards nous balancent ainsi 10 titres dont un ultimatum en guise d'intro, qui nous plonge direct dans le délire. Mais dès le premier vrai titre, finit de rire. La musique est carrée et bute sévère, genre tu te fais rosser par une horde d'éléphant en rut, sexuellement attirés par toi.
Le death version brutal que propose le duo est super efficace et va à l'essentiel, non sans aller ici et là se promener vers des rivages flirtant avec des styles très voisins, comme le slamming ou la face gore. Il est parsemé de break assénant au détour d'une normalisation rapide un rythme soudainement plus lent, plus poisseux ou alors un break à te décrocher les cervicales (et la tête). Le duo assume clairement sa vision du death, qui est vraiment très bonne.
Les titres sont variés, du fait que le duo ne se prend pas la tête à vouloir faire du linéaire (ou alors, il se prend la tête pour proposer de la variation?). Les titres défilent, comme un tir en rafale mais de bazooka. De ci de là, on a des évocations de groupes par le jeu du groupe ou des structures (Malevolent Creation par exemple sur 'Why I kill you'). Et bien que le concept, en première lecture peut prêter à sourire, le fond absolument pas. Et la forme, en seconde lecture, et nettement plus proche d'une critique religieuse et sociétale.
La musique est très massive, au niveau de la production, avec un soin pour les instruments (et la basse, putain, elle claque!!! Voilà!!).
Le groupe finit son album par un titre joué deux fois, le même, sur deux pistes différentes. Barré jusqu'au bout mais complètement jouissif.