jeudi 26 juillet 2018

BLACK ANGEL 'Black angel'

2011 Witchcraft Records - CD (réédition des cassettes démos)

Formé en 1993, ce groupe péruvien originellement, basé maintenant du coté du Brésil, avec une discographie longue comme une diarrhée de tourista (plus de 60 productions...), a lors de différentes époques, sorti des démos dont trois sont ici regroupées: celle de Corpus (2000), celle d'Occult eternal mystery (2002) et celle d'Excelso black arts (2005).
Bon, avec tous ces éléments (pochettes, titres...), vous devez bien vous doutez que Black Angel joue du... celui qui a dit heavy metal sort... du black metal, mais dans la catégorie énervé et malsain. Ce qui pourrait être cool en soi, genre cool mais super evil, black oblige. Mais il y a un truc qui coince un temps soit peu.
Les titres étant issus de démos ont un son certes point mauvais mais avec un petit souci, quelque chose qui est un peu chiant à la longue: le mixage des voix. Tous les instruments sont en premier plan, alors que les voix sont loin derrière. Sur un système audio bof ça passe mais beaucoup moins si celui-ci à une belle qualité sonore. A moins que le type ne chante loin du micro, ce qui pourrait être une explication. Complètement conne, mais une explication quand même.
Les guitares n'ont pas un son terribles mais à l'origine, ces démos étaient des cassettes et il y a pire qui existe, bien pire.
Leur black est rapide, très rapide et n'est pas vraiment trop recherche, privilégiant quand même la brutalité et la vitesse aux atmosphères (certains passages sont lents et très macabres), parce que, sûrement, ils ont décidé que ça devait buter. La batteur est donc généralement branché sur une prise électrique, alternant rythmes rapides et rythmes excités.
Mais parfois, le son devient franchement inquiétant sur certaines pistes, comme sur Apocalypse war II. Pas inquiétant pour un coté flippant, angoissant, inquiétant au niveau de la qualité sonore, le son devenant tellement pourri que l'on en vient à se demander si l'ingénieur/copain d'enregistrement/professionnel amateur n'était pas sourd. Ou bourré. En plus d'enregistrer dans les chiottes. Et ça devient dommage, car il y a quand même du potentiel intéressant mais c'en est frustrant, car ce coté pourri prend le dessus (et le chanteur faisait ses vocaux loin du micro, la tête dans la cuvette des chiottes...). Et ce son mauvais (même dégueulasse, soyons fous!) est concentré sur la démo Occult eternal mystery.
Et oui, car la troisième démo, Excelso black arts, offre un son nettement meilleure, plus que la première d'ailleurs,avec un meilleur équilibrage vocaux/musique, ainsi qu'un pas de géant dans la qualité sonore. Il y a un petit coté son live très sobre qui permet de pouvoir profiter vraiment de ce que propose le groupe et de mesurer, outre son potentiel, l'évolution du groupe sur ces 3 démos et ces cinq ans. Même si le groupe reste vraiment dans une veine brutale et rapide, il prend le temps d'amener des passages plus lents, très percutants, donnant de la densité, un peu absente dans les deux premières démos compilées. Mais cela nous donne aussi une vision d'un groupe qui tient une façon de faire mais qui n'hésite pas à évoluer. Et cette évolution marqué avec Excelso black arts est foutrement intéressante, si le groupe l'a suivi.


dimanche 22 juillet 2018

LAST SIGH 'Beneth the flesh, rotten'

2011 LAST SIGH - CD


Le Brésil et son folklore local... last Sigh nous vient de là-bas, avec cet unique album après une démo en 2007, le groupe ayant splité en 2013. Tristesse et kleenex.
Cet unique album est assez percutant, offrant un hardcore teinté de death mélodique (mais rassurez-vous, le hardcore domine et dans une forme assez piquante, pour ne pas dire brutale). Et l'album est foutrement intéressant, avec une structure assez particulière.
L'album se découpe en trois parties distinctes, évoquant des états de conscience / biologique.
La phase de l'éveil, 'Awaken', comprend quatre titres explorant ce mélange musical par le prisme d'un hardcore dominant. L'impression d'une préparation à quelque chose de plus dur est présente, renforcé par les titres y allant crescendo vers une sphère plus cruelle. Il y a une analyse nette qui est faite, concise et brutale, renforcé par le son très caractéristique où les basses sont mises en avant.
La seconde partie, 'Hearken' prend une voie où le death se mêle plus au hardcore, avec trois titres qui ont une approche résolument différentes de la partie précédente. Même si le hardcore est toujours présent, une dominante death s'élève, forçant à écouter quelque chose qui n'est peut être pas si agréable que ça à entendre, même si un humour s'immisce brièvement ('One day as Gary Coleman'). Le combat est le même: il est prévu que ça va chier ou partir en couille. Et cette idée est celle qui est confirmée dans la dernière partie.
'Perish' est ses quatre titres clôturent le disque. Le death est plus en retrait, au profit d'un hardcore plus brutal, distillant des breaks brutaux très douloureux aux cervicales. La tonalité des ces titres diffère un peu des 7 précédents, amenant l'auditeur au fait que, bah oui, c'est foutu et qu'il faut l'accepter. Et ce n'est pas gai du tout car l'ambiance des titres, dans leur essence est très death. On est fragile, on est rien puis oublié. On est à la fois loin et près du death dans les thèmes, suivant l'angle choisi.
La voix est très typée hardcore. Agressive, elle ne quitte pas un seul instant ce style, laissant la musique être le lien entre les deux styles dominant. Et qui nous offre un putain de disque, sous forme d'une réflexion hardcore/death percutante. Dommage que le groupe ne soit plus.

HICKS KINISON 'Devour their hearts'

2015 Hicks Kinison - réédition du vinyle en CD


Projet formé en 2013, ce groupe rassemble, pèle-mêle, du Napalm death, du Brujeria ou encore du Deathfall, porté par une voix féminine de toute beauté nous menant vers les rivages musicaux du métal gothique symphonique pop. Ou pas. En fait, ou pas.
Ce CD est la réédition du vinyle du même nom, paru initialement en 2015, nous permettant de découvrir ce projet loin, mais alors loin de la connerie musicale que j'ai écrit juste au-dessus. Mixant grind et hardcore, ce disque ne fait pas dans la dentelle mais n'est pas non plus pied au plancher de bout en bout, le groupe privilégiant des phases hardcore brutales bien lourdes, balançant des breaks super violents comme ça, histoire de te calmer parce que franchement, ça commence à bien faire de sauter partout.
Et le tout est porté par la voix délicatement rocailleuse et agressive d'une dame (Sofia Magalhaes) qui ajoute sa touche pour bien te ruiner les cervicales . On pense directeement à Napalm death avec le premier titre 'Néovas', très typé et caractéristique, ouvrant la porte d'une violence à découvrir.
Les 12 titres égrenant 32 minutes de bonheur concentrent surtout une dominante hardcore, assez lente où il est privilégié à une brutalité décérébrée une violence constructive et continue où surnage parfois les cotés rugueux et abrasives grind sous forme de rares fulgurances bien violentes. Voire par des voies étonnantes, comme sur 'Night goat' où Sofia pose une voix très agréable, claire en contrastes avec des phases plus dures, agressives. Ce titre dénote complètement avec le reste de l'album, amenant un esprit assez malsain, en opposition totale avec le reste.
Le titre suivant ('This life is lie') est à contrepoint de son prédécesseur, repartant sur l'essence même de l'album, avec un titre où la fusion hardcore et grind est plus marqué, allant au bord de la rupture vers une brutalité aveugle, sans pourtant jamais franchir le pas, gardant une approche pour le moins contenue.
L'album est toujours sur ce fil du rasoir, brutal mais sans tomber dans la facilité, amenant ainsi une certaine interrogation sur le sens de notre société, tout en maltraitant nos pauvres cervicales.
Le son qui domine vraiment dans les titres est celui de Napalm death. On sait qui tient la basse et ça s'entend. Car oui, ça évoque Napalm death mais ça reste aussi avec sa propre essence, pour offrir une voie brutale à leur exutoire. Car même si le grind est présent, distillé dans la masse et que domine une voie hardcore, cela n'en reste pas une vision différente de ce mélange que l'on peut écouter fréquemment. La violence se fait par différents biais, dont certains sont très subtiles. Une bonne découverte, distribuée en concert gracieusement.

CONVOCATION 'Scars across'

2018 Everlasting Spew Records - CD

                      Convocation - Scars Across
Une convocation, c'est une invitation à un événement pouvant être chiant, à caractère plus ou moins obligatoire. ici, il s'agit d'une autre définition car il s'agit d'un groupe finlandais fondé en 2013 et qui nous offre son premier pavé (oui, c'est le mot, pavé) lourd comme une charge de mammouths arthritiques. Le groupe est un duo, composé de Ll et Mn, en symbiose, pour nous proposer un doom death très doom death, privilégiant la lourdeur maximale sur une durée conséquente. Le genre d'album idéal pour une soirée où ça risque d'être chiant et morne, car au moins, on sera directement dans l'ambiance type soirée funéraire.
L'album est composé de 4 longs titres, offrant un moment de félicité glauque de 51 minutes, idéal pour les âmes en peine (néanmoins fortes psychologiquement car sinon elles pourraient faire les connes...), le fashion goth qui s'ignore ou encore le type qui ne sait pas vraiment ce qu'il fout là mais y reste quand même. On met de coté les amateurs éclairés du style, qui eux ont d'autres raisons d'écouter et d'approuver (ou pas).
Les dès sont jeter dès le premier titre 'Disposed' (pour indiquer que tu dois disposer de beaucoup de temps mort?) faisant son quart d'heure, au tempo lent (bon parfois il y a une excitation fugace de l'encéphalogramme qui devient un poil moins lent), dégageant beaucoup de noirceur (plus qu'une mine de charbon), avec une joie de vivre dont on ignore la destination, puisque pouf!, plus là. Le rythme est un peu dans l'esprit d'une course de limace, la bave en moins, le coté poisseux en plus mais avec beaucoup de travail sur l'émotionnel quand même. Le chant est typé doom death pur et dur, un peu dans la lignée de ce qu'il se faisait dans les années 90, mais en quand même moins festif et plus plaintif. Oui, c'est donc long, vraiment lourd. Mais ça passe quand même, le coté travaillé du malaise étant indéniable.
Les autres titres confortent bien ces aspects, non sans développer d'autres facettes accrocheuses car cohérentes dans ce que le duo propose musicalement. Ils sont intègrent dans leur démarche, gardant cet esprit très sombre, assez malsain parfois (sans non plus tomber dans le piège de la facilité du macabre à deux roupies) mais toujours avec dans l'âme de leur musique ce coté émotionnel, maîtrisé, utilisant différents leviers pour se faire, que ce soit un clavier (parfois avec un sentiment de Richard Clayderman mais en mieux et plus triste ('Scars across')), une ligne mélodique (car oui, c'est indéniablement mélodique). Et toujours cet gestion du timing avec des titres longs mais dont un coté chiant à craindre n'est point là, même si parfois, les chœurs apparaissant pourraient le faire croire mais grâce à une habile pirouette, hop, malsain et cohérent!
Alors oui, ceux qui apprécient les cotés entraînants passeront leur chemin sauf si ils aiment être tiré par la main vers une tombe ouverte ou un caveau. Voire une nécropole. Pourquoi pas. Chacun son truc.
Les autres pourront apprécier les facettes disséminées que recèle l'album, excellent exemple du style musical auquel le duo semble dévoué.
Le son est excellent, rien à y jeter, bien au contraire. Le duo prend soin de chaque élément, qu'il soit à sa place et surtout, de qualité, pour offrir un voyage musical vraiment à part, que les amateurs de doom death chiadé apprécieront.

dimanche 15 juillet 2018

TIME LURKER 'Time Lurker'

2017 LES ACTEURS DE L'OMBRE - Cd digipack qu'il est beau


Time Lurker est un one-man-band de Strasbourg, dont le gars multi-instrumentiste derrière est Mick, fondé en 2014. Il nous offre une véritable offrande que les amateurs de black atmosphérique doivent déjà posséder. Et je tiens vraiment à ce avis trancher.
Car oui, le black que je fréquente habituellement est plus dans la lignée des groupes joyeux et délicats comme Marduk, Impalene Nazarene et tout autre combo de black brutal ou mixant du black avec d'autres courants bourrins.
L'achat de ce disque s'est fait par la concordance de deux raisons: le label, les Acteurs de l'ombre ne font pas dans la diarrhée et l'aspect esthétique de l'illustration, qui déchire quand même!
Et après une première écoute convaincante, d'autres ont suivi, tout simplement pour capter toute l'essence de l'oeuvre et ses nombreux recoins et subtilités. Car oui, c'est vraiment très dense. Genre le plus profond de l'Amazonie, c'est un jardin anglais entretenu au millimètre en comparaison.
Les 7 titres (pour 49 minutes) qui composent cet album nous emmène avec eux dans un voyage où il y a clairement, outre des ambiances inhérentes au style, des aspects émotionnels assez accrocheurs, qui nous font tomber dans leur retors piège pour nous capter et ne plus nous lâcher, en même temps que ça distille le plaisir de multiples écoutes perdues dans le temps, même à longues distances les unes des autres.
Bien qu'habituellement le black atmosphérique soit du genre à me gonfler, des phases agressives et brutales parsèment les titres, pouvant être longs certes, mais très structurés et cohérents. Mick sait clairement y faire et possède un savoir faire indéniable. Les titres aux multiples aspects nous mènent vers des sphères que l'on ne penserait pas visitables par ce style ou que l'on n'aurait même pas penser à de telles existences. C'est une porte ouverte sur d'autres possibilités et les titres prennent parfois la voie vers des horizons s'éloignant vraiment des contrées black metal.
Lors des phases purement black, il est indéniable que certaines poutrent sévère, genre un poutre fucking à mamie, comme semble l'aimer mamie (et un doute sur sa santé mentale s'insinuer dans mon esprit...). Celles-ci visent alors une forme bestiale et rapide à laquelle il est important alors d'ajouter l'aspect vocaux.
Car une des forces qui régissent Time Lurker est la variété des chants. On y retrouve Mick mais aussi quatre autres chanteurs qui offrent un panel de chants allant du plaintif au chant hurlé dépressif et qui parfois, au détours d'un recoins sombres se rejoignent pour plonger l'auditeur dans une sorte d'enfer qui ne manque pas d'intérêts. Ce qui est quand même un poil bizarre si on le considère d'un point de vue pratique.
Et c'est cette alternance de phases agressives et d'autres, nettement posées, ciselées, auxquelles se joignent les atmosphères que distillent les titres ainsi que l'aspect émotionnel qui font de ce Time Lurker quelque chose de massif, où l'on peut survoler des sphères musicales venant d'ailleurs, comme sur Reborn où un passage très calme mais anxiogène collerait bien à un film de SF oppressant. Mick maîtrise vraiment son oeuvre, dont l'essence se capte lors des multiples écoutent, certains éléments apparaissant une fois que l'on a assimilé les autres éléments afin de pouvoir comprendre l'âme de Time Lurker.

GENOCIDAL TERROR / BUFFET FROID / GRINDER BUENO / ASSUR

2018 VLEESKLAK RECORDS - CD

On commence ce jour du saigneur avec un petit split d'un label belge qui nous offre 4 groupes qui envoient du lourd, avec tous l'atelier.
Genocidal Terror, groupe belge fondé en 2014 ouvre le bal, si je puis dire, avec trois titres bourrins, intenses et qui mixent joyeusement un grind débridé teinté de death avec des relents black, offrant ainsi un truc vraiment massif, pas malsain mais vraiment dans le brutal, même lorsque le groupe adopte un tempo plus lent, privilégiant une lourdeur écrasante toute aussi efficace que les phases grind sans limites, au son vraiment excellent, permettant d'avoir un impact de violence maximal.
Grinder bueno est un trio bordelais évoluant dans une veine noisecore limite expérimental qui enchaîne dans une folie concentrée. 15 titres nommés d'un numéro de # 104 à # 118 en moins de 6 minutes (5'43'')... C'est complètement barré, fou, avec du rapide de chez rapide et un petit coté gore qui est bien sympa avec leur base noisecore. C'est brutal, sans fioritures et malgré le style musical, le son est foutrement correct (dans les standards de la noise j'entend).
Buffet Froid enchaîne aussitôt derrière. Nous venant de Vesoul, laissant peu d'infos sur lui sur le ouaib, le groupe propose sur une piste 4 titres pour 7'10'' au son assez raw, sonnant live et nous propose un grindgore énervé, enrubanné de harsh, ayant du mordant et offrant néanmoins une identité au groupe, lui permettant de se détacher un peu du lot. Il y a parfois un coté rock'n'roll mais l'ensemble est dominé par une sphère harsh, lui donnant cette sonorité. A noter que les amateurs reconnaîtront aussi le titre 'Wasting away' de Nailbomb en reprise assez originale mais vraiment reconnaissable. Et d'où la longueur de la piste.
Assur, qui conclue le split avec 4 titres, est un one-man-band fondé en 2005 dont le type derrière est Brame Vleesklak, le gars derrière le label à l'origine du split. Les 4 titres font courts hélas car le bougre nois offre un grind vraiment furieux, renvoyant aux groupes très représentatifs du genre (Napalm death, Dead infection...), entretenant un coté engagé assumé, au travers d'une brutalité sans faille avec un chant qui évoque dans le lointain Gothic (pour ceux qui se rappelle de ce groupe parisien de grind / deathcore), le coté deathcore en moins mais grind très marqué, limite d'un grindrock à la Mucupurulent. Découverte excellente et intéressante.
Ce split est une tuerie, offrant ainsi 4 point de vue musicaux venant d'une même base et tous avec de sérieuses qualités.

dimanche 8 juillet 2018

ENJOY MY BITCH 'The story of a bitch'

2015 Grinder Cirujano records - CD

EMB est un duo de joyeux lurons mexicains aimant la musique vachement bien qu'elle est festive. Formé en 2004, le duo décide de sortir en 2015 cette compilation reprenant la démo de 'A bitch romance?' de 2010, celle de 2006 ('Bitch party') et celle de 2005, 'Here's my bitch'. Et cela nous offre une vue d'une partie de l'évolution du groupe, en marche arrière.
Au vu des infos ci-dessus, vous vous doutez bien que les deux gaillards ont un certain sens de l'humour, mixant anti-christianisme, sexe et autres déviances, qui sautent aux yeux à la lecture des titres, comme, au hasard: 'Misanthropic carnage', 'Marie funny clit play' ou encore 'Jesus comes ripping'. Du joyeux, du drôle, du lourd quoi!
EMB  nous offre donc un grind inspiré du goregrind dans lequel il injecte un coté électro avec des samples et un son qui renforce cet aspect, sans pour autant offrir une bizarrerie, tout en gardant un soupçon de death sale. Car le tout se tient foutrement bien. Et la voix nous renvoie vers des groupes comme Tumour (en moins lavabo bouché) ou plus généralement la scène gore mexicaine. Le duo a aussi sympathisé avec RoboDrill, qui est une boite à rythme, n'étant pas vraiment choquante dans le contexte musicale, bien au contraire.
Les 22 titres (qui offrent 54 minutes de félicité) ont des durées variables, aussi bien pour cause d'intro longues que parfois de titres plus longs, n'empêchant pas leurs titres plus courts d'être assez structurés. Ils vont jusqu'à instituer des breaks qui structure en deux parties des titres, comme si ils souhaitaient apporter des arguments à leur discours.
L'évolution à rebours nous offre une progression partant d'un grind proche du grind death, assez gore mais avec des titres plus longs et peut être du coup, moins percutant que ceux plus proche de notre année en cours, nettement axé goregrind, très explosif. Il n'en reste pas moins que la base était très accrocheuse, avec une vision déjà acquise sur le long terme du concept qu'ils ont développé, mixant gaiement des sujets qui, à première vue, sont loin de se recouper. Les influences d'origines du duo étant Anal Penetration et CUM, on comprend la voie choisie.
Ce qui est aussi intéressant est le son. Ce dernier n'est jamais mauvais, bien au contraire, donnant un maximum de détails sonore à l'auditeur (en tendant l'oreille ou avec un bon système sonore, on distingue même la basse). Certes, le son est assez dans les basses, limite grumeleux mais putain, ça colle bien au truc! Et ce son participe clairement à l'essence de EMB.
Et du coup, cette compilation permet de découvrir le groupe, sa folie assumée et de pouvoir nous ouvrir les portes vers la scène mexicaine (du moins, pour ceux qui n'en connaîtraient rien car celle-ci est très dense. Un disque à découvrir pour explorer la forêt derrière l'arbre.

samedi 7 juillet 2018

NEID; LIMBS; MOTHER BRAIN; TxSxB

Petit changement dans ma conception des chroniques. Je ferais des tirs groupés lorsque j'aurais des albums concis, histoire de faire plus long (et aussi pouvoir rattrapper si possible la pile physique et digitale à chroniquer...).
On commence donc cette idée avec 4 douceurs venant de divers endroits.

NEID 'Noise treatment' 2017 Splitrick records


                                          Résultat de recherche d'images pour "neid grind"
Neid est un charmant groupe italien, formé en 2007, avec pas mal de productions à leur actif, toutes gracieusement disponible gratuitement sur leur bandcamp. On a ici un concentré de 6 titres de grind ultra rentre dedans, bien énervé et qui ne vise que l'efficacité. Ici, les cinq furieux balancent en à peine plus de 7 minutes leur hargne, par ce court ep qui me les fait découvrir. Ils ne font clairement pas de la figuration et donne une furieuse envie de tout péter!
Ca envoie du très lourd, parfois avec un petit coté crust, juste pour le fun, collant bien au reste. Le son est super massif et très bon, permettant de savourer la colère non contenu du chanteur. Je conseille!!!

LIMBS 'Rancid rage' 2012 LIMBS

                                           Limbs : Rancid Rage
Hop, on change de continent, avec les joyeux drilles de Limbs. Joyeux mais aussi énervés! Venant d'Oakland aux USA, le groupe balance un petit brûlot de grind là aussi efficace, en 9 petites minutes, pour un total de 10 titres. Là aussi, on fait dans l'expéditif, avec un son plus sale (sans que ce soit un son pourri ou mauvais), avec une basse qui s'entend vraiment (ça, c'est cool!!) que Neid mais avec un coté death plus marqué, histoire de rappeler un peu les bases. Le chant est assez typé et le type au micro semble vivre à fond le truc. C'est de l'énervé assumé là encore, une découverte aussi mais là, je ne sais plus trop comment. Qu'importe, là aussi ça donne envie de se pencher sur le combo.

MOTHER BRAIN ' Rise and grind' 2014 Mother brain

                                           Mother Brain - Rise and Grind
Mother Brain est un trio basé à Long Island, à New York. Il évolue dans une vision du grindcore assez sauvage, bon d'accord, complètement débridé. Cet ep de 8 titres se rapproche des 12 minutes, avec une approche par nécessairement pied au plancher, le duo amenant parfois des break assez lourd, très brefs, qui signent un contraste violent avec eux et les parties les plus débridées (Ceux qui connaissent le groupe savent de quoi je parle...). Les titres sont assez courts, à l'exception de 'sweat it out' qui clôture cet ep avec un titre qui cristallise l'esprit des Mothers Brains en une mutation sonore de 3'14''.
Le son est excellent, bien dense et intense.
Les trois gaillard se répartissent le chant, ce qui offre une variété assez étoffé de celui-ci, avec parfois une impression de chœurs (mais version grind, hein, faut pas déconner!). Je ne peux que conseiller aussi ce groupe à ceux qui ne le connaissent pas.

THE SONNY BONO 'Ruagne' 2016 TSB

                                            
TSB est un condensé de violence venant d'Italie, dans une forme qui est plus un concept musical qu'un groupe. 4 titres pour à peine plus de sept minutes, dans un registre noisecore / power violence. Dans le genre, c'est très extrême, sans pour autant proposer quelque chose de brouillon, tenant compte du style de base, la noisecore.
C'est très intense, vraiment extrême, un exutoire assumé pour sans doute s'éviter une schizophrénie. Le chant est essentiellement hurlé, accentuant un malaise que distille les 4 titres proposés. On est loin du festif, une colère renfrognée pointant son nez. Bonne découverte là aussi, dans un registre que je fréquente plus rarement.