dimanche 17 juin 2018

GRIND MILITIA 'Normandie attack'

2004 Inhuman Homicide Records - CD

Ce disque incroyable nous narre une part de l'histoire de la scène grind entre 1999 et 2004 dans la Manche (d'où le fameux numéro 50) au travers de la réédition de 3 démos (Camembert en 2004, Le tracteur rouge en 1999 et le chant des morts en 2001) et 3 titres jamais diffusé (un peu comme l'album posthume de Mickael Jackson... mais en plus cool/fun).
Bon alors oui, certains pourraient pointer le son un peu old school du truc. Mais bon, malgré le manque de moyen, le son est nettement plus que correct.
D'un angle de vue plus concret, on a affaire à du grind vraiment engagé, avec des messages forts et parfois très vindicatifs. Enfin si l'abstinence, le fromage et d'autres thèmes sont considérés comme engagés au coté de trucs évoqués comme légaliser le cannibalisme (grande cause nationale 2019).
Bon il est clair que ça ne fait pas dans la dentelle et que le trio apprécie la vélocité, le bordel et la violence sonore (d'ailleurs avec ces mots, vous pouvez former un des projets qui existent encore).
La Normandie est aussi dans les gènes des titres, que ce soit au détour des titres, des intros ou des thèmes, mais de façon concise, avec 29 minutes pour... ha tiens, coïncidence, 29 titres! Quel hasard bien fait.
Il faut bien l'avouer que même si de premier point de vue c'est assez drôle, mine de rien, les gus ont abordés des thèmes pour le moins sérieux, sous un angle décalé certes, mais assez percutant (et vu la base musicale, ça ne peut que l'être.
Et ce skeud montre aussi les débuts d'explorations et d'expérimentations que l'on retrouve dans divers groupes ou projets bien actuels de deux frères (urgl, Bordel sonore, Randy x Marsh...), comme l'approche particulière, sonant black, du titre Le chant des morts. Mais pas que. Car ceux qui connaissent les groupes / projets des frangins entendront les bases déjà existantes avec Grind Militia 50. Mais aussi des éléments qui parodie des groupes ou styles à la mode alors. Un certain esprit Gronibard (pour les moins habitués du style) flotte sur les titres, bien que l'humour omniprésent cache néanmoins, comme déjà dit, des choses plus sérieuses.
D'ailleurs, selon Wikistrike, Grind Militia 50 avait un projet pour le moins obscure de domination globale et totale de 3 villages dans la Manche. L'histoire n'a retenue que... ben non, elle n'a rien retenue, si ce n'est ce témoignage sonore plein de fougue et de jeunesse.
Et c'est intéressant de se replonger dans un disque qui renvoie à une part de l'histoire du grind, quand même inscrite dans son époque. Car mine de rien, ça éclaire un peu sur l'évolution du style est des gars et permet de capter, pour les novices qui s'y plongent, des éléments de l'âme du genre.
Un disque qui est un support indubitable d'un fragment d'histoire musicale.


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