dimanche 18 mars 2018

CARMYN 'Sophomore'

2018 Autoproduction- CD Avec Ellie Promotion


Avec une voix gutturale, dire Carmyn pourrait faire death. Mais bon, en voyant la photo, vous vous doutez bien que ce ne sera pas le cas (sauf si... sauf si la dame cache bien son jeu...). Mais bon, comme c'est une honnête femme, elle ne le cache pas.
La dame, d'origine grecque, nous offre en offrande sa voix sur support physique. Et en même temps, une sorte de voyage temporel, ancré en 2018. Parce que oui, ça me fait vraiment cet effet. Je m'expliquerais plus loin.
Alors, là encore, on est loin de ce que j'écoute. Mais la dame nous offre 9 titres avec sa voix posée dessus et nous offre quelque chose quelque part entre Bon Jovi (le coté sirupeux), Bonnie Tyler et Pat Benatar (pour la voix) et tout ça, ça titille la fibre nostalgique des quadragénaires ou de ceux s'en rapprochant. Les autres, soit ça ne leur parle pas, soit ils ont une culture plus large.
Bon, les titres ne sont pas dans un registre soutenu mais offre une bonne voie pop rock, lorgnant vers les années 80, le son en bien plus riche. Point de titre vraiment catchy, ici Carmyn nous offre une vision posée de ce qu'elle est. Mais cela n'empêche pas les titres d'être réfléchis, la musique assez aboutie et le tout portant sa voix légèrement rauque (d'où cette impression entre Pat Benatar et Bonnie Tyler).
Ce qui marque aussi cet aspect nostalgique est l'utilisation des solos de guitare qui participent à ce voyage temporel pas cher, sans partir de chez toi. Pratique, avouons le.
Ce qui transpire pas mal dans l'ensemble, c'est une certaine mélancolie (mais là, pas d'aspect vraiment triste) qui touche toujours à cet aspect nostalgique. Je ne sais pas pourquoi mais c'est surement l'ensemble qui fait que ça prend et que l'on est capté par le disque (idéal d'ailleurs pour faire de la route).
La dame s'avère douée pour nous tenir, malgré le fait que les titres sont vraiment dans un tempo pépère (ce qui n'empêche pas de dégager une certaine énergie, ce qui est presque un paradoxe...). Cela dit, un titre comme 'Do me when you love me' est assez accrocheur, le coté rock y étant bien présent, sans non plus aller trop dedans. Un contraste subtil qui permet de mieux saisir la démarche de la dame et ce qu'elle est capable d'offrir, musicalement et vocalement.
Le dernier titre est une version Richard Clayderman du cinquième titre, 'Goodbye'. Oui, Clayderman car entièrement au piano, juste avec la voix de Carmyn. Dépouillé certes mais au moins, on peut vraiment porter son attention sur la voix (et accessoirement, admiré le jeu de Carmyn car c'est elle qui fait courir ses doigts sur l'voire des touches.
 On est vraiment loin du métal mais quelque part, il y a un lien ténu, peut-être dans l'essence même du disque, au cœur de ses entrailles ou tout simplement parce que Carmyn s'est fait plaisir et que ça vient du cœur. Et c'est peut-être là l'essentiel: savourer un disque, juste parce qu'il est différent mais fait avec l'âme. ceux qui sont ouverts d'esprit devraient tenter ce disque, ne serait que pour la voix assez accrocheuse de Carmyn.
Une très bonne surprise, qui offre une pause dans la barbarie environnante.

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