dimanche 15 juillet 2018

TIME LURKER 'Time Lurker'

2017 LES ACTEURS DE L'OMBRE - Cd digipack qu'il est beau


Time Lurker est un one-man-band de Strasbourg, dont le gars multi-instrumentiste derrière est Mick, fondé en 2014. Il nous offre une véritable offrande que les amateurs de black atmosphérique doivent déjà posséder. Et je tiens vraiment à ce avis trancher.
Car oui, le black que je fréquente habituellement est plus dans la lignée des groupes joyeux et délicats comme Marduk, Impalene Nazarene et tout autre combo de black brutal ou mixant du black avec d'autres courants bourrins.
L'achat de ce disque s'est fait par la concordance de deux raisons: le label, les Acteurs de l'ombre ne font pas dans la diarrhée et l'aspect esthétique de l'illustration, qui déchire quand même!
Et après une première écoute convaincante, d'autres ont suivi, tout simplement pour capter toute l'essence de l'oeuvre et ses nombreux recoins et subtilités. Car oui, c'est vraiment très dense. Genre le plus profond de l'Amazonie, c'est un jardin anglais entretenu au millimètre en comparaison.
Les 7 titres (pour 49 minutes) qui composent cet album nous emmène avec eux dans un voyage où il y a clairement, outre des ambiances inhérentes au style, des aspects émotionnels assez accrocheurs, qui nous font tomber dans leur retors piège pour nous capter et ne plus nous lâcher, en même temps que ça distille le plaisir de multiples écoutes perdues dans le temps, même à longues distances les unes des autres.
Bien qu'habituellement le black atmosphérique soit du genre à me gonfler, des phases agressives et brutales parsèment les titres, pouvant être longs certes, mais très structurés et cohérents. Mick sait clairement y faire et possède un savoir faire indéniable. Les titres aux multiples aspects nous mènent vers des sphères que l'on ne penserait pas visitables par ce style ou que l'on n'aurait même pas penser à de telles existences. C'est une porte ouverte sur d'autres possibilités et les titres prennent parfois la voie vers des horizons s'éloignant vraiment des contrées black metal.
Lors des phases purement black, il est indéniable que certaines poutrent sévère, genre un poutre fucking à mamie, comme semble l'aimer mamie (et un doute sur sa santé mentale s'insinuer dans mon esprit...). Celles-ci visent alors une forme bestiale et rapide à laquelle il est important alors d'ajouter l'aspect vocaux.
Car une des forces qui régissent Time Lurker est la variété des chants. On y retrouve Mick mais aussi quatre autres chanteurs qui offrent un panel de chants allant du plaintif au chant hurlé dépressif et qui parfois, au détours d'un recoins sombres se rejoignent pour plonger l'auditeur dans une sorte d'enfer qui ne manque pas d'intérêts. Ce qui est quand même un poil bizarre si on le considère d'un point de vue pratique.
Et c'est cette alternance de phases agressives et d'autres, nettement posées, ciselées, auxquelles se joignent les atmosphères que distillent les titres ainsi que l'aspect émotionnel qui font de ce Time Lurker quelque chose de massif, où l'on peut survoler des sphères musicales venant d'ailleurs, comme sur Reborn où un passage très calme mais anxiogène collerait bien à un film de SF oppressant. Mick maîtrise vraiment son oeuvre, dont l'essence se capte lors des multiples écoutent, certains éléments apparaissant une fois que l'on a assimilé les autres éléments afin de pouvoir comprendre l'âme de Time Lurker.

GENOCIDAL TERROR / BUFFET FROID / GRINDER BUENO / ASSUR

2018 VLEESKLAK RECORDS - CD

On commence ce jour du saigneur avec un petit split d'un label belge qui nous offre 4 groupes qui envoient du lourd, avec tous l'atelier.
Genocidal Terror, groupe belge fondé en 2014 ouvre le bal, si je puis dire, avec trois titres bourrins, intenses et qui mixent joyeusement un grind débridé teinté de death avec des relents black, offrant ainsi un truc vraiment massif, pas malsain mais vraiment dans le brutal, même lorsque le groupe adopte un tempo plus lent, privilégiant une lourdeur écrasante toute aussi efficace que les phases grind sans limites, au son vraiment excellent, permettant d'avoir un impact de violence maximal.
Grinder bueno est un trio bordelais évoluant dans une veine noisecore limite expérimental qui enchaîne dans une folie concentrée. 15 titres nommés d'un numéro de # 104 à # 118 en moins de 6 minutes (5'43'')... C'est complètement barré, fou, avec du rapide de chez rapide et un petit coté gore qui est bien sympa avec leur base noisecore. C'est brutal, sans fioritures et malgré le style musical, le son est foutrement correct (dans les standards de la noise j'entend).
Buffet Froid enchaîne aussitôt derrière. Nous venant de Vesoul, laissant peu d'infos sur lui sur le ouaib, le groupe propose sur une piste 4 titres pour 7'10'' au son assez raw, sonnant live et nous propose un grindgore énervé, enrubanné de harsh, ayant du mordant et offrant néanmoins une identité au groupe, lui permettant de se détacher un peu du lot. Il y a parfois un coté rock'n'roll mais l'ensemble est dominé par une sphère harsh, lui donnant cette sonorité. A noter que les amateurs reconnaîtront aussi le titre 'Wasting away' de Nailbomb en reprise assez originale mais vraiment reconnaissable. Et d'où la longueur de la piste.
Assur, qui conclue le split avec 4 titres, est un one-man-band fondé en 2005 dont le type derrière est Brame Vleesklak, le gars derrière le label à l'origine du split. Les 4 titres font courts hélas car le bougre nois offre un grind vraiment furieux, renvoyant aux groupes très représentatifs du genre (Napalm death, Dead infection...), entretenant un coté engagé assumé, au travers d'une brutalité sans faille avec un chant qui évoque dans le lointain Gothic (pour ceux qui se rappelle de ce groupe parisien de grind / deathcore), le coté deathcore en moins mais grind très marqué, limite d'un grindrock à la Mucupurulent. Découverte excellente et intéressante.
Ce split est une tuerie, offrant ainsi 4 point de vue musicaux venant d'une même base et tous avec de sérieuses qualités.

dimanche 8 juillet 2018

ENJOY MY BITCH 'The story of a bitch'

2015 Grinder Cirujano records - CD

EMB est un duo de joyeux lurons mexicains aimant la musique vachement bien qu'elle est festive. Formé en 2004, le duo décide de sortir en 2015 cette compilation reprenant la démo de 'A bitch romance?' de 2010, celle de 2006 ('Bitch party') et celle de 2005, 'Here's my bitch'. Et cela nous offre une vue d'une partie de l'évolution du groupe, en marche arrière.
Au vu des infos ci-dessus, vous vous doutez bien que les deux gaillards ont un certain sens de l'humour, mixant anti-christianisme, sexe et autres déviances, qui sautent aux yeux à la lecture des titres, comme, au hasard: 'Misanthropic carnage', 'Marie funny clit play' ou encore 'Jesus comes ripping'. Du joyeux, du drôle, du lourd quoi!
EMB  nous offre donc un grind inspiré du goregrind dans lequel il injecte un coté électro avec des samples et un son qui renforce cet aspect, sans pour autant offrir une bizarrerie, tout en gardant un soupçon de death sale. Car le tout se tient foutrement bien. Et la voix nous renvoie vers des groupes comme Tumour (en moins lavabo bouché) ou plus généralement la scène gore mexicaine. Le duo a aussi sympathisé avec RoboDrill, qui est une boite à rythme, n'étant pas vraiment choquante dans le contexte musicale, bien au contraire.
Les 22 titres (qui offrent 54 minutes de félicité) ont des durées variables, aussi bien pour cause d'intro longues que parfois de titres plus longs, n'empêchant pas leurs titres plus courts d'être assez structurés. Ils vont jusqu'à instituer des breaks qui structure en deux parties des titres, comme si ils souhaitaient apporter des arguments à leur discours.
L'évolution à rebours nous offre une progression partant d'un grind proche du grind death, assez gore mais avec des titres plus longs et peut être du coup, moins percutant que ceux plus proche de notre année en cours, nettement axé goregrind, très explosif. Il n'en reste pas moins que la base était très accrocheuse, avec une vision déjà acquise sur le long terme du concept qu'ils ont développé, mixant gaiement des sujets qui, à première vue, sont loin de se recouper. Les influences d'origines du duo étant Anal Penetration et CUM, on comprend la voie choisie.
Ce qui est aussi intéressant est le son. Ce dernier n'est jamais mauvais, bien au contraire, donnant un maximum de détails sonore à l'auditeur (en tendant l'oreille ou avec un bon système sonore, on distingue même la basse). Certes, le son est assez dans les basses, limite grumeleux mais putain, ça colle bien au truc! Et ce son participe clairement à l'essence de EMB.
Et du coup, cette compilation permet de découvrir le groupe, sa folie assumée et de pouvoir nous ouvrir les portes vers la scène mexicaine (du moins, pour ceux qui n'en connaîtraient rien car celle-ci est très dense. Un disque à découvrir pour explorer la forêt derrière l'arbre.

samedi 7 juillet 2018

NEID; LIMBS; MOTHER BRAIN; TxSxB

Petit changement dans ma conception des chroniques. Je ferais des tirs groupés lorsque j'aurais des albums concis, histoire de faire plus long (et aussi pouvoir rattrapper si possible la pile physique et digitale à chroniquer...).
On commence donc cette idée avec 4 douceurs venant de divers endroits.

NEID 'Noise treatment' 2017 Splitrick records


                                          Résultat de recherche d'images pour "neid grind"
Neid est un charmant groupe italien, formé en 2007, avec pas mal de productions à leur actif, toutes gracieusement disponible gratuitement sur leur bandcamp. On a ici un concentré de 6 titres de grind ultra rentre dedans, bien énervé et qui ne vise que l'efficacité. Ici, les cinq furieux balancent en à peine plus de 7 minutes leur hargne, par ce court ep qui me les fait découvrir. Ils ne font clairement pas de la figuration et donne une furieuse envie de tout péter!
Ca envoie du très lourd, parfois avec un petit coté crust, juste pour le fun, collant bien au reste. Le son est super massif et très bon, permettant de savourer la colère non contenu du chanteur. Je conseille!!!

LIMBS 'Rancid rage' 2012 LIMBS

                                           Limbs : Rancid Rage
Hop, on change de continent, avec les joyeux drilles de Limbs. Joyeux mais aussi énervés! Venant d'Oakland aux USA, le groupe balance un petit brûlot de grind là aussi efficace, en 9 petites minutes, pour un total de 10 titres. Là aussi, on fait dans l'expéditif, avec un son plus sale (sans que ce soit un son pourri ou mauvais), avec une basse qui s'entend vraiment (ça, c'est cool!!) que Neid mais avec un coté death plus marqué, histoire de rappeler un peu les bases. Le chant est assez typé et le type au micro semble vivre à fond le truc. C'est de l'énervé assumé là encore, une découverte aussi mais là, je ne sais plus trop comment. Qu'importe, là aussi ça donne envie de se pencher sur le combo.

MOTHER BRAIN ' Rise and grind' 2014 Mother brain

                                           Mother Brain - Rise and Grind
Mother Brain est un trio basé à Long Island, à New York. Il évolue dans une vision du grindcore assez sauvage, bon d'accord, complètement débridé. Cet ep de 8 titres se rapproche des 12 minutes, avec une approche par nécessairement pied au plancher, le duo amenant parfois des break assez lourd, très brefs, qui signent un contraste violent avec eux et les parties les plus débridées (Ceux qui connaissent le groupe savent de quoi je parle...). Les titres sont assez courts, à l'exception de 'sweat it out' qui clôture cet ep avec un titre qui cristallise l'esprit des Mothers Brains en une mutation sonore de 3'14''.
Le son est excellent, bien dense et intense.
Les trois gaillard se répartissent le chant, ce qui offre une variété assez étoffé de celui-ci, avec parfois une impression de chœurs (mais version grind, hein, faut pas déconner!). Je ne peux que conseiller aussi ce groupe à ceux qui ne le connaissent pas.

THE SONNY BONO 'Ruagne' 2016 TSB

                                            
TSB est un condensé de violence venant d'Italie, dans une forme qui est plus un concept musical qu'un groupe. 4 titres pour à peine plus de sept minutes, dans un registre noisecore / power violence. Dans le genre, c'est très extrême, sans pour autant proposer quelque chose de brouillon, tenant compte du style de base, la noisecore.
C'est très intense, vraiment extrême, un exutoire assumé pour sans doute s'éviter une schizophrénie. Le chant est essentiellement hurlé, accentuant un malaise que distille les 4 titres proposés. On est loin du festif, une colère renfrognée pointant son nez. Bonne découverte là aussi, dans un registre que je fréquente plus rarement.
 

dimanche 17 juin 2018

SYNTH ATTACK 'Harsh is back'

2018 Darktunes - CD digipack


Me voilà face à quelque chose de pour le moins incongrus. Si dans le registre on est loin du métal, car le duo œuvrant dans un registre dark electro mélanger à de l'industrial et d'autres trucs étranges parfois, comme la harsh tek. Cela donne 10 titres très dansants pour les amateurs (moins pour moi, plus dubitatif) et 7 remix de titres précédents ou de titres de l'album (comprend qui veut le concept. Envoyez moi une explication).
J'aurais pu mettre ce disque parmi les J'ai écouté et le péter directement, sans concession. Mais. Il y a un mais. Car mine de rien, même si on est loin du métal, il y a un coté assez sombre qui existe dans la musique et recèle ici et là des éléments assez intéressants dans la construction des morceaux. Ajoutons à cela de véritables paroles agressives, loin des niaiseries habituelles liée au style grand public, des thèmes assez inhabituels là aussi...
La voix aussi est intéressante, que l'on pourrait entendre dans un groupe de black tendance dark. Même si la base des titres, au niveau rythmique est assez pépère, certains se détachent du lot, amenant une certaine violence où, pour rentrer dedans, faut être quand même bien motivé. Ou amateurs. Car on est loin de ce l'on pourrait s'attendre, comme par exemple ce que propose Atari Teenage Riot, bien plus agressif et proche du métal, dans la forme et l'esprit, avec leur digital hardcore.
Car ST peut clairement se rapprocher des trucs black expérimentales les plus pétés du casque, même si il y a quand même un monde entre les deux. Ce qui fait que l'on écoute quand même la chose (outre des éléments qui s'extirpent au fil d'écoutes différentes), c'est le coté limite hypnotique des beats (ben oui, que dire d'autres?) et cette impression que le coté sombre n'est pas là uniquement pour le style mais semble une composante (exutoire?) du duo.
Pour les explorateurs ouverts d'esprit et les curieux.

BBARPAPPA BUTCHERY / SPLADENDEHONDEN / MORGANE DESBEET

2007 Inhuman Homicide Records - CD

Un split des familles qui replongent aussi l'auditeurs dans le temps... Av titresec trois visages du grind différents.
Le premier est Bbarpappa Butchery et son grind qui part en sucette, allant même vers des trucs hiphop vachement engagé (Gangbang entre JB et les dealers de la 6T). Le son est très correct et surtout ça oscille entre goregrind, grind plus consensuel et du gros délire. Mais dans la sphère cyber.
Et oui, ici point de batteur mais une boite à rythmes exploitée sauvagement, repoussant les limites de l'esclavagisme mais avec de véritables variations donnant de la densité aux titres de ce one man band complètement pété du casque (vive la folie!!).
Les 12 titres que nous offre BB sont très rafraîchissants, bourrés d'humour (même si derrière, mine de rien, il y a des thèmes qui interpellent...) et allant même visiter d'autres styles, comme le black metal (Flop l'agrosatanique). Comme dit dans ma chronique de Grind Militia 50, ce que l'on retrouve ici était déjà en partie présent dans GM50. Même si cela reste du cybergrind underground, cela n'empêche pas un niveau de qualité (très net sur les productions plus récentes).
Spladendehonden, des Pays Bas (si je ne m'abuse) enchaîne sans transitions avec 23 titres orienté crsut grindcore. Ca va vite, c'est brutale et le mélange des deux styles permet au groupe d'aller dans des directions assez différentes, tout en étant concis dans le propos, le titre le plus long faisant 2'23'' est étant leur titre progressif diront nous. Il y a un coté punk très présent aussi, découlant du coté crust mais un punk plus dans une veine hardcore. Les titres sont catchy à morts, efficaces, avec un son qu'il est cool à entendre. Certains vont vraiment vite, sans concession et recherche un maximum de brutalité!
Morgane Desbeet cloture ce split avec sensibilité et délicatesse, mettant un terme à la violence des deux précédents groupes. Non, je déconne! Faut pas être naïf non plus! Mais on finit dans la frustration totale à cause d'un son vraiment déplorable, limite merdique, chose que je ne comprends pas à notre époque. Bon, ok, le style peut faire que l'on opte pour un son crasseux mais là c'est limite inaudible. Alors, impossible de savoir d'où ça vient (ce qui pourrait être la conséquence du truc proposé...?). Ensuite, outre le son vraiment pas bon du tout, celui-ci est faiblard comme un vieillard famélique en phase terminal d'un cancer digestif généralisé au reste du corps. ici on a donc une sorte de harsh noise, style que je ne comprend pas vraiment ou vraiment pas, c'est comme vous voulez mais avec de la hardtek. Ouais. 9 titres, dont certains vraiment longs et casse burnes (9'50''!!!!!). Pour les amateurs du genre.

GRIND MILITIA 'Normandie attack'

2004 Inhuman Homicide Records - CD

Ce disque incroyable nous narre une part de l'histoire de la scène grind entre 1999 et 2004 dans la Manche (d'où le fameux numéro 50) au travers de la réédition de 3 démos (Camembert en 2004, Le tracteur rouge en 1999 et le chant des morts en 2001) et 3 titres jamais diffusé (un peu comme l'album posthume de Mickael Jackson... mais en plus cool/fun).
Bon alors oui, certains pourraient pointer le son un peu old school du truc. Mais bon, malgré le manque de moyen, le son est nettement plus que correct.
D'un angle de vue plus concret, on a affaire à du grind vraiment engagé, avec des messages forts et parfois très vindicatifs. Enfin si l'abstinence, le fromage et d'autres thèmes sont considérés comme engagés au coté de trucs évoqués comme légaliser le cannibalisme (grande cause nationale 2019).
Bon il est clair que ça ne fait pas dans la dentelle et que le trio apprécie la vélocité, le bordel et la violence sonore (d'ailleurs avec ces mots, vous pouvez former un des projets qui existent encore).
La Normandie est aussi dans les gènes des titres, que ce soit au détour des titres, des intros ou des thèmes, mais de façon concise, avec 29 minutes pour... ha tiens, coïncidence, 29 titres! Quel hasard bien fait.
Il faut bien l'avouer que même si de premier point de vue c'est assez drôle, mine de rien, les gus ont abordés des thèmes pour le moins sérieux, sous un angle décalé certes, mais assez percutant (et vu la base musicale, ça ne peut que l'être.
Et ce skeud montre aussi les débuts d'explorations et d'expérimentations que l'on retrouve dans divers groupes ou projets bien actuels de deux frères (urgl, Bordel sonore, Randy x Marsh...), comme l'approche particulière, sonant black, du titre Le chant des morts. Mais pas que. Car ceux qui connaissent les groupes / projets des frangins entendront les bases déjà existantes avec Grind Militia 50. Mais aussi des éléments qui parodie des groupes ou styles à la mode alors. Un certain esprit Gronibard (pour les moins habitués du style) flotte sur les titres, bien que l'humour omniprésent cache néanmoins, comme déjà dit, des choses plus sérieuses.
D'ailleurs, selon Wikistrike, Grind Militia 50 avait un projet pour le moins obscure de domination globale et totale de 3 villages dans la Manche. L'histoire n'a retenue que... ben non, elle n'a rien retenue, si ce n'est ce témoignage sonore plein de fougue et de jeunesse.
Et c'est intéressant de se replonger dans un disque qui renvoie à une part de l'histoire du grind, quand même inscrite dans son époque. Car mine de rien, ça éclaire un peu sur l'évolution du style est des gars et permet de capter, pour les novices qui s'y plongent, des éléments de l'âme du genre.
Un disque qui est un support indubitable d'un fragment d'histoire musicale.


lundi 21 mai 2018

VIOLENT MISERY - BLATTE - CIPOTOK - SUBARACHNOID SEPARATION

2017 INHUMAN HOMICIDE RECORDS - CD



On change de rythme mais pas vraiment de style avec ce split merveilleux, plein de fougue et de  fureur. Et là, on va faire des chiffres qui vont faire genre stats et tout: 4 groupes, 18 titres, 31 minutes. Voilà. Ca claque non?
Violent Misery, ces 5 gars les cheveux dans le vent, qui nous viennent de Strasbourg et propose, au travers des 7 titres qui leur sont alloués un grind furieux, très rapide, au chant principal hystérique et au second guttural. C'est très accrocheur, très rapide et avec un titre de 1'30'' qui représente le plus long proposé, on ne peut pas évoquer l'ennui.
Blatte, c'est un one man band de Paris qui est déjà passé ici même, avec un premier jet très accrocheur. Seulement 3 titres mais avec 7 minutes à eux seuls, on a de la densité. Blatte, c'est un grind très agressif, très structuré, qui lui aussi poutre mais de façon plus appuyer. Comme avec son premier rejet 'The first blattephemy', on retrouve ce qui est la marque du gars, à savoir un joyeux mixage de métal extrême dont le grind est la colonne vertébrale. Ca blaste sévère, passant du gore au screamo puis au black (dans les multiples aspérités musicales que l'on peut capter), toujours en se foutant joyeusement des barrières musicales. Cool!!
Cipotok, nous emmène en voyage, en Asie du sud est. En Indonésie exactement, terres des groupes vraiment barrés et barbares. Et coup de chance, ils en sont! 5 titres pour Cipotok, dont une intro qui s'ouvre sur 4 titres festifs, tournant autour des dépravations sexuelles et de la vie nocturnes, à mi-chemin du goregrind (musique) et du brutal death (la voix, assez marquante et une partie de la structure musicale). Le premier titre, bien que d'essence goregrind est plus dans un registre hybride des deux courants pré-cités, du fait, entre autre des 4 minutes. Les autres titres sont plus concis mais toujours dans cette étrange balance pas désagréables.
Subarachnoid Separation nous vient de Russie et conclut ce split avec trois titres sentant bon le folklore russe et la dégueulasserie brute. Un gros grindgore au son assez raw et aux vocaux dignes de Tumour, en moins lavabo et plus cafetière. Ca bourrine sec, avec un son de guitare loin derrière la batterie mais quand même audible. Ca va vite et pour la note finale, nous offre une reprise de Gut 'Guntshredder', avec 27 secondes de joie.
Un split qui permet de découvrir, approfondir ou poser une colle (Subarachnoid Separation...) avec un pèle-mêle de grind très festif!


THE GRINDFUL DEAD 'I spit on your god ... an actn of revenge'

2017 INHUMAN HOMICIDE RECORDS - CD

Nous venant du Brésil, plus précisément de Brasilia (la capitale, note culturelle inutile), faisant référence aux Grateful Dead, ce quatuor sympathique nous offre une offrande sonore grindesque qu'elle est bien.
Faisant dans l'expéditif (28 minutes pour 31 titres, intro incluse offerte), on comprend vite que c'est assez dans l'urgence. Mais pas que. Car au dos du livret, de subtiles indices nous donnent de braves infos malgré eux: 'fuck religion, fuck music, fuck you'. Et là, on est en mesure de ce dire que ce n'est pas très bien gentil, dans le monde des bisounours.
Les titres, expéditifs, ne sont pas nécessairement pied au plancher (mais sans non plus être gnangnan, faut pas déconner)  mais développent dans leur essence un coté punk, bien que certains s'en éloignent un poil vers quelque chose de plus déstructuré dans le barré. Il y a aussi un coté grind rock que l'on retrouve dans la voix, un peu comme du coté de Mucupurulent. Et cet aspect donne une identité indéniable à T.G.D.
Il est clair aussi, avec tout ça, que le groupe explore le second degré, au vu des titres ou même des paroles parfois assez concises. Moqueries, déconnade et une certaine forme de critique avec par exemples 'My venom T-shirt', 'Hobo with no love lost' ou encore 'Facebooker' (au hasard, comme ça!).
Et cela donne un album tranquille (bon, en restant dans le grind quand même, faut relativiser un peu), qui s'écoute bien, quand il ne nous colle pas un sourire en coin, à la limite même la pêche, un jour gris ou si tu vis à Paris (pollution grise, temps gris, pluie grise (là j'ai un doute), métro gris...) où ça illuminera ta journée.

samedi 12 mai 2018

Hatred Dusk Blinded By Hate

Ah, voilà une kro' que j'attendais avec grande impatience!!! Celle de l'excellent groupe Hatred Dusk et de mon super pote Phil!!! Donc, le combo est composé de Phil au chant, Nico à la gratte avec K-Kan, Jahno à la basse et Tripp derrière les fûts. Le groupe existe depuis 1989 sous le nom de Babies Thrash, pour finalement changer de nom pour opter pour Hatred Dusk, et avouons le, c'est bien plus sympa comme nom (m'enfin c'est mon avis personnel, après, tu es libre, lecteuse ( faudrait que j'invente des mots qu'existe pas dans le dico!!! ) et lecteur ). Suite aux trois demos sorties en 1991: "Hatred Dusk" et 1992 : " Dreadful visions of the unknown", "Brutal Day" en 1993, il à donc fallut attendre 25 ans pour que nos copains reviennent et nous en foutent pleins la gueule avec leur excellent Death Thrash, et on en redemande!!!!
Voici donc enfin le EP ( pour un peu plus de 9 minutes) tant attendu!!! Blinded By Hate, et là, on ne rigole plus, car ces gars là, ceux sont pas des p'tits jeunots avec des boutons pleins la tronche qui se prenne pour des metalleux grâce aux rangers et aux hellfest qu'on gentiment payé papa et maman... Là, on a à faire à des mecs, des vrais, avec des couilles et des poils tout autour!!! Du Death Thrash qui arrache!!!!

1er morceau ( intro)  : "Welcome To....". On commence gentiment, une ambiance assez apaisante, les deux guitares se mêlent et s'entremêlent, la voix de Phil semble sortir d'une tombe, le ton est annoncé..

2ème morceau : et paaaaaaf direct dans ta gueule, les guitares bien thrash commence direct pour l'excellent titre " Blinded By Hate"!!!! Le chant de Phil est bien plus Death oldschool, on ne peut s'empêcher de se briser la nuque tant c'est bon!!!!!! tu tape du pied, tu fume ton gros pétard accompagné d'une bonne bouteille de bourbon, et tout le groupe déclame "Blinded By Hate"!!!! On se croirait sur les routes de l'enfer, les cheveux au vent, sur une bécane enflammée, entourée de succubes toutes aussi sexy les unes que les autres!!! ça Thrash sévère, 4 minutes et pas une seconde à se faire chier!!! La basse et la batterie parfaitement placées, donne encore plus de crédibilité au morceau!!!Rare sont les groupes qui me plaisent autant ces derniers...

3 ème morceau: "Darkness", un gros côté Nuclear Assault dans les riffs, un p'tit solo bien sympathique et la voix oldschool de Phil fait son apparition. On se croirait à la bonne vieille époque du Death Metal ( pas les 3/4 des merdes actuelles, mais le vrai le seul l'unique!!!!!), toujours avec ces parties très thrashy!!!! Un peu de calme, la mélodie semble vouloir calmer la colère de notre frontman et des zikos qui semblent ne pas vouloir se calmer pour autant!!! Un autre bon vieux solo " à la Metallica, toujours oldschool hein! ils vont pas faire du deathcore de merde non mais oh!!!), et on repart sur la route du diable, on a chaud au cul tant les flammes brûles le peu d'espoir qui nous reste car la haine du combo est clairement palpable!!!! Bref, 9 minutes, c'est court ok, mais putain ce EP te donnera la patate pour sûr!!!! Une grosse grosse grossse tuerie!!!!

Si jamais tu es tenté par  ce superbe EP, je te le recommande très chaudement, n'hésite pas à contacter Phil Dubreuil de ma part sur FB, si tu veux écouter avant d'acheter ( pas nécessaire, crois moi c'est juste indispensable dans toutes discographies du bon metalleux ), tu peux aller là : https://hatreddusk.bandcamp.com, y'a les demos de 92 et 93  ;) , tu peux aller sur le site du groupe qui est plutôt complet : https://hatreddusk.wordpress.com.

dimanche 6 mai 2018

Sinon j'ai écouté...




Ce genre d'article serait un condensé rapide et succinct d'albums écoutés qui ne m'ont pas plu, ou marqué ou qui demande une approche volontaire ou tout autre raison.

On commence pour cette première avec:

SIX FEET UNDER 'Torment'

Six Feet Under - Torment
Version courte: c'est de la merde.

Version évoluée: Alors ça faisait un siècle que je n'avais point acquis un Six feet Under. Je me suis dit, naïvement, qu'ils ont dû revenir à du lourd, du bon, du dur. C'eut été un jeu télé, je perdais.
C'est un ensemble de titres musicalement à l'encéphalogramme plat. Du death bien mort, lénifiant et sans la moindre rugosité. On se fait chier grave. Le pire est quand même Barnes qui livre un chant linéaire, proche parfois de la récitation, comme à l'école. A oublier.

KZOHH '26'

KZOHH - 26

Groupe ukrainien fondé en 2014, Kzohh nous livre avec 26 un album conceptuel de deux longs titres (38 minutes à eux deux) qui sont les coordonnées GPS de la centrale de Tchernobyl pour le premier (51°23'20"N,30°6'38"E) et celle du de Dyatlov pass (oui, l'endroit en Russie d'un massacre...). Dark ambient atmospheric black qui met du temps à se développer. Loin d'être mauvais, bien au contraire, le groupe amène vraiment une ambiance sombre, avec des passages black marqués. Mais c'est trop long pour moi. J'ai du écouté chaque morceaux en plusieurs fois et voilà. Pas plus d'accroche que ça.

LEVANIA 'The day I left apart'

Levania - The Day I Left Apart
Un Ep du groupe Italien Levania qui officie dans le gothic metal. Bon, là, je dois bien avoué que ça me passe bien au-dessus, tellement je trouve ça chiant. Pas autant que Six Feet Under mais quand même pas mal. Pour les amateurs de gothic metal qui semble bien foutu.

MONADS 'IVIIV'

Monads - IVIIV

Monads nous offre un premier album de 4 titres pour 50 minutes. De funeral doom. Chose que je teste pour la première fois. Honnêtement, ici ça dégage quand même une certaine énergie, même si le rythme est forcément lent et les titres longs. C'est vraiment pas mal foutu mais faut se donner la peine de rentrer dedans. Perso je persiste car il y a quelque chose dans leur musique qui accrocheuse. Il est probable que j'y reviendrais dans une chronique plus longue, car là, il y a vraiment quelque chose que je dois capter.


ROME IN MONOCHROME 'Away from light'

Résultat de recherche d'images pour "Rome in monochrome"

R.I.M nous livre un album de huit titres puisant dans le doom, le shoegaze, le slowcore, avec un relent peut être black. C'est très mélodique, très prenant, très sombre, très mélancolique mais très chiant sur la longueur. Pour les amateurs qui apprécie ce type de groupe.

Полинове Поле 'On the edge of the abyss'



Groupe ukrainien de gothic metal à chanteuse avec voix masculine gutturale sonnant doom death. Ce n'est pas mauvais en soi, c'est même plus accrocheur que Levania, en ayant une approche plus brutale. Mais des passages rappellent vraiment que c'est du gothic metal qui parfois peut avoir un coté un peu emmerdant. Cela demandera beaucoup d'écoutes pour arriver à entrer dans le truc, de la persévérance et l'amour du gothic metal pouvant être chiant et redondant.


PSYCHOID 'Thrash impact'

2018 Music Records - CD digipack


Psychoid... drôle de nom direz-vous peut-être. Groupe formé en 2008 (ha oui, quand même, 10 ans!), de Melun (pas de blague, désolé) Mais musicalement, ce n'est pas drôle. Quoi que... en liant le titre de l'album avec la musique, c'est exactement ça: on se prend en pleine gueule du thrash sans concession. Mais pas un thrash actuel, pouvant être léché et tout (maintenant que j'y pense, l'image mentale que ça engendre est étrange...). Non, ici c'est un  thrash à l'ancienne, un thrash à l'arrache dirais-je, sentant la bonne grosse urgence.
Les 9 titres qui distillent 35 minutes de ce thrash jouissif sont magiques: dès le début, on adhère à la chose, sans la moindre résistance possible. Il n'y a qu'a écouter simplement le début du titre 'Anarchy' qui nous capte de suite pour ne plus nous lâcher avant la fin de l'album.
C'est assez cru musicalement, avec une batterie vraiment percutante et une guitare agressive, sans oublier la basse, bien présente aussi. Mais le parpaing sur le gâteau, c'est la voix (rocailleuse et agressive) de Thomas qui nous prend par la main et nous balance violemment dans le mur du temps pour retourner dans les années 90, quand le thrash avait à peine ce nom. Et on pense direct à tout ces vieux groupes efficaces (existant encore pour beaucoup, certains dans la décadence musicale affligeante...) qui ont pu vous bercer de leur mélopées absolument pas suaves.
Thrash impact est à l'image de leur pochette: ligoté à un camion fou qui fonce sur un mur. Car c'est exactement ça que dégage l'album. Ça fait mal et tu sens bien que ce n'est que le début. Et putain, que c'est efficace!
Cette symbiose musicale gravée sur la rondelle est une urgence absolue d'une certaine idée de débauche musicale. Et ce, jusqu'à la fin de l'album.
Point de temps mort. Les quelques moments un peu plus 'relaxe' ne sont là que pour mieux te maraver la gueule juste après. Et ce, avec un certain sens de l'humour qui permet d'offrir une vision acerbe de notre société au travers de leur texte (ben oui, du thrash qui évoquerait la pollinisation des saxifrages au nord du Canada, ce serait quelque peu bizarre...).
Et tout ça fait que l'album se marque au fer rouge très facilement dans la tête et on se prend a avoir soudainement un titre de l'album qui arrive comme ça, pfuit, sans que tu t'y attendes. Et vu le contenu efficace de l'oeuvre décrite ici, c'est normal. On ne peut qu'applaudir à deux mains et surtout ce procurer l'objet.

LEBOWSKII 'Liquidators'

2017 MUSIC RECORDS - CD digipack


Lebowskii, à ne pas confondre avec le beau ski (ce qui n'a absolument rien à voir...) est un quatuor nantais qui offre à nos chastes oreilles un premier Ep sorti en début d'année de 5 titres, plantant le décor musical dans le thrash.
Cela nous donne donc 30 minutes de thrash qui n'est pas que du thrash en fait, car dans leurs veines coulent d'autres choses. Car oui, leur thrash m'a demandé un peu d'investissement pour rentrer vraiment dedans (pas qu'il soit désagréable, loin de là) mais la forme proposé prend une forme hybride thrash parfois très lourd, limite poisseux, exhalant une certaine odeur de sludge, rendant ainsi la musique plus difficile d'accès, disons que la première écoute laisse une impression d'égarement, de venir spolier nos repères et nous perdre au milieu d'un monde assez déconcertant. A la seconde écoute et aux autres suivantes, on capte bien où ils veulent nous mener, de fort belle manière.
Rassurez vous, les racines thrash sont très fières et nobles, aucun doute possible sur ça. Cette part d'ADN musicale est indéniable et assez efficace. On reconnait clairement le style (guidé de plus par le chant qui n'est pas sans évoquer Slayer - notons qu'il y a bien pire...). Leur thrash n'est pas très rapide. ici, ne cherche pas de la célérité mais plus une forme plus posée où le percutant n'est pas à la vitesse mais justement à cette hybridation qui s'avère attachante.
Là où c'est assez étrange au début (enfin étrange... plutôt déstabilisant, genre "Hein? quoi que donc?"), ce sont ces relents que l'on sent, fragment de l'ADN de Lebowskii. Et plus on se l'approprie, plus on comprend qu'ils donnent une certaines lourdeur aux morceaux car du sludge suinte des titres. Alors oui, évidemment, ça ne prend pas le pas un instant sur les racines même de leur musique, ce serait au final trop facile. Et nettement moins intéressant. Car c'est cette synthèse qui fait mouche et qui nous capte finalement, laissant lentement se dévoiler les pans de ces Liquidators.
Car le groupe n'est pas là pour rire ou faire de la dentelle ou encore des biscuits (cela dit, c'est peut-être un de leur hobby - les biscuits nantais....) mais offrir une forme efficace et un peu inhabituelle de thrash. Et quand ça donne une impression, lors de premières écoutes qu'il faut aller plus loin et ce sans frustrations, c'est du tout bon. Et la persévérance paie.
Le son est massif, ce qui renforce et l'impact et cette impression d'hybride qui parfois s'énerve brièvement en rentrant dans une charge concrète. A écouter absolument.

samedi 28 avril 2018

Groupe de gore grind africain recherche de l'aide pour jouer de la guitare et de la batterie afin de sortir notre premiere demo. PS: urgent, apres 45 ans de carriere nous avons rien sorti....

African brutal homicide of anti religious depravity
Groupe de gore grind Camerounais non voyant recherche un guitariste et un batteur afin d'enregistrer notre première démo🤘🤘🤘🤘🤘 🍺🍺🍺🍺🍺🤘🤘🤘🤘 total support africain metal!!!!!

lundi 23 avril 2018

KYST, SMEGMA, DETOXED et JACKDEVIL

Le 20 avril 2018, au Kjbi, Le Crès

Ça fait un sacré moment que je n'eus point fait de ragot de concert. Et bien, tiens, en voici un.

Ce vendredi soir là, si l'ennui vous guettait, tel un sombre et sournois traître, il y avait un lieu où aller se dégourdir les pattes tout en se délectant de sonorités diverses: le Kjbi.
Grosse soirée ce soir-là, non pas avec un, ni deux et encore moins trois mais QUATRE groupes, de styles assez divers. Une affiche intéressante quand même, faut le dire, c'est important, hein, qu'on le dise. Et aussi le son, excellent où l'on a la joie d'entendre jusqu'au claquet de la basse.
Et à 20 heures, ce fut KYST (alors, petite précision qui a son importance: ce n'est pas (hélas) le one man band goregrind si festif) pour l'acronyme Kill Your Society Today, groupe breton venant de Lorient, à moitié féminin (1 guitariste, 1 chanteuse, 1 bassiste et 1 batteur) œuvrant dans un registre calme au regard des autres groupes présents ce soir là. Le groupe délivre un punk rock de bonne facture, plaisant, avec une touche rock pas dégueux pour un sou (ni même pour deux ou trois sous), entraînant et donnant de sa bonne humeur aux personnes s'étant déplacées quand même (et on était point nombreux, tant pis pour ceux qui ont raté un truc ici...). Le groupe est porté par le bassiste déconneur et surtout Adélie, avec une voix qui tranche, très féminine mais assez accrocheuse avec des petites rugosités pas dégueulasse, offrant une voix un peu rauque.
Le groupe assure quand même pour une ouverture d'hostilités décentes, offrant lors des phases vraiment punk rock une bonne surprise avec les vocaux en chœur de Marie. Et d'offrir aussi dans le concert de l'hydromel au public (pour la mise en scène) et un titre pas prise de tête, comme le reste de titres d'ailleurs. Très sympathique pour commencer!
On change de matos, de groupe et de style, en allant direct dans la barbarie et la brutalité avec SMEGMA de Pau. Et là, c'est n'est plus de la rigolade. Ça commence comme un direct au foie, mais avec une voiture, puis ça ressemble tout simplement à un défilé de rouleaux compresseur paradant au 14 juillet, qui te passe dessus. Le quatuor (oui, ils sont 4, du coup...) balance comme ça, sans prévenir, un death brutal, incisif et foutrement violent. Même si le set est court et dans la bonne humeur, le groupe assène une vision extrême du death avec efficacité et beaucoup de dextérité. Ça va vite, ça fait mal et c'est très puissant. Smegma n'est clairement pas là pour faire de la figuration et participe au grand concours de "qui c'est qui va te faire morfler?"
De bout en bout, le groupe offre une leçon de brutalité, doté d'un chanteur à la voix gutturale qui semble monter du pubis en se perdant dans le ventre, le groupe puisant sa brutalité dans des influences diverses qu'il régurgite violemment. C'est carré, c'est direct et ce, sans la moindre fioriture. Et bim, ça fait très mal, avec des parties fulgurantes. Durant leur set, il semble y avoir eut pas mal de cassure de cervicales. Jouissif!
DETOXED, les locaux de Montpellier prennent la suite. Eux aussi sont en forme et balance sans plus attendre leur thrash moderne, offrant un set énergique. Fidèles à eux-même, leur set est carré, assez brutal dans le registre. La différence musicale entre eux et Smegma permet de se reposer un peu (comprenez: les cervicales sont mieux traitées). L'alchimie du groupe est toujours présente, bien palpable. Alors oui, on aime ou pas ce que propose Detoxed (perso, j'aime bien) mais il faut avouer que le groupe sait tenir une scène, quelle que soit sa taille. Le combo nous offre en conclusion du set 'Root' de Sepultura et la tuerie de Nailbomb 'Wasting away', pure moment de violence.
La tête d'affiche arrive enfin sur scène. Ils viennent de loin, le groupe nous venant du Brésil, de Sao Luis (à vous de trouver où c'est sur une carte du Brésil!!! Le moment interactif!!). JACKDEVIL. Un quatuor autour d'une moyenne d'âge de 25 ans, formé en 2010 et fort d'une démo, d'un ep, de deux albums et d'une compilation. Rien que ça. On fait un bon dans le passé direct dès que le groupe montent sur scène: le look de deux de ses membres vient des années 80, avec les pantalons en spandex. Perso, un sourire en coin me saisit, faut avouer que c'est assez marrant. Puis le groupe commence à jouer. Et là, fini de rire, enfin, sourire. Car le groupe balance un speed thrash incisif, rapide. Mais un speed thrash tel qu'il était avant que le terme de thrash soit mis sur cette musique. Il se définissent comme les démons du thrash, on ne peut qu'être en accord avec eux. Le groupe déploie une énergie de dingue, associé à une bonne humeur: ils sont heureux d'être là et de jouer leur musique.
Ça va vite, c'est intense, le groupe ne laisse pas de temps mort. Pas de concession ici! Impossible. Eux aussi ne sont pas là pour faire de la figuration. La voix du chanteur Daniel Azevedo participe aussi nettement à l'ambiance que dégage les titres: c'est un des éléments qui nous emmène au confins des années 80, à l'émergence du thrash. Evoquant le satanisme, l'occultisme, il n'est pas possible que le groupe puisse offrir autre chose. C'est dans l'esprit des premiers Sepultura, des premiers relents thrash, d'une forme de bestialité primale. Le set est une tuerie, qui permet de conclure la soirée très agréable de fort belle manière.

dimanche 22 avril 2018

WarKult The Wrong Mood

WarKult The Wrong Mood  demo 2017
Voici donc la troisième demo de WarKult, “The Wrong Mood”. WarKult est un groupe de Death Black Thrash Metal Normand, et plus précisément, de Dieppe. Le combo a vu le jour en 2002 et donna naissance à leur premier méfait « The New Becoming » en 2004. En 2009, le groupe donna vie à « Kult Of Disorder », puis EDFDAB2012 » en 2012. 2017, voit la sortie du EP « The Wrong Mood » autoproduit (limitée à 200 exemplaires) avec l’aide de Nico aka Loopy guitariste compositeur chez les copains de Noein. Début 2018, la scène s’offre à WarKult grâce au 106 (SMAC de Rouen) et ainsi commence s’exprimer sur une scène professionnelle. Entre temps la horde a pu fouler la scène du Festival des Arts Bourrins en Normandie en 2009 et 2012, et participer au Rouen Hardest Fest en 2016.
Comme indiqué dans la bio du groupe, « outre la musique, la philosophie des textes est teintée d’anarchisme et d’esprit critique sur des thèmes de société et religieux », ce qui n’est pas à déplaire chez Margoth J Les principales influences du groupes sont très variées car elles passent aussi bien par Machine Head que Fear Factory, ou même Behemoth ou Emperor. WarKult est donc composé de Bertrand Pesquet aka Berdoune au chant, Antoine Berger aka Touni à la guitare, Guillaume Delarue aka Franssoax à la basse et de Pierre Effler aka Lord Anonymous à la batterie.  
« The Wrong Mood » est donc composée de 5 titres pour 21 minutes. WarKult tape sur la démocratie et la bêtise du peuple en usant d’une personnification différente à chaque couplet, la politique, les golden boy, et les écolos bobos qui font des photos écolos en hélicoptère.
Passons aux choses sérieuses, voilà le premier morceau arrivé « Punishment Of Life », et paf, on donne directement dans le bon gros Thrash qui tache, et je dirai même pour ce groupe, qui arrache !!!!! 3 minutes au compteur, pas une seconde d’accalmie, celui-ci évoque la revanche du musicien discret sur les poseurs, et les « m’as-tu vu » que la scène Metal draine régulièrement. Le chant de Bertrand est tantôt Thrash, tantôt Death voir Black pâr moment, mais ce premier titre est une grosse tuerie du Thrash Metal !!!
Et hop, on passe au second morceau : « Border Line ». On commence avec un gros riff bien Thrash, le batteur martèle ses fûts comme un sauvage, la basse semble vouloir faire trembler la terre et le chant de Berdoune tantôt Thrash, tantôt Black Death, le groove se fait sentir dans ce morceau, on sent la passion des zikos et surtout l’intelligence de produire un style bien différent et qui, pour ma part m'en fout pleins la gueule!!! 3minutes et 43  secondes à jouer au volume maximum, et le cataclysme ne sera pas loin, la horde Warkult est un véritable char d’assaut qui ne laissera rien sur son passage!!!! Au passage, les textes traitent de l'humour "borderline" ( on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde quoi ) de moins en moins toléré par une société orientée sur la pensée unique ( à mort bfm!!!!!!) et la fameuse "liberté d'expression".. Bref passionnant!!!! 
Hop, morceau 3 : "Millions Of Millions" qui traite de ceux qui meurent pour les guerres des élites depuis bien trop longtemps... Clairement orienté Death 90's, on commence tout doucement, mais Warkult n'ont pas fini de gueuler leur rage contre ce système où les dirigeants se foutent ouvertement de nos gueules et tuent le monde petit à petit. Ce morceau est absolument génialissime!!! Quelques chants légèrement plus clairs, avec un p'tit côté cybernétique vraiment très bien placé. Autant dire que les musiciens s'y donnent à coeur joie et que perso, cette demo rentre directement dans mon top 10!!!! Le batteur semble être tel un robot derrière ses fûts, une frappe puissante et parfaitement maîtrisée!! Les lignes de basses vrombissantes, les riffs de guitare, bref, 4 minutes de pure bonheur et un voyage dans les années 90, si Warkult était présent lors de ces années, on aurait pu facilement les classer comme OVNI comme pour Carnival In Coal à l'époque ;) 
Allez zou, avant dernier morceau: "War To Gods". Rien que le titre me fait bander comme un âne, faisons la guerre au vilain hippie barbu qui chlingue!!!  On vas causer obscurantisme religieux sous toutes ses formes, et autant dire qu'en 5 minutes 30, la horde a bien des choses à dire!!!! Un morceau clairement accès Black Death Metal, ils n'ont absolument pas à rougir!!! Ça martèle, le bigre, il doit avoir des bras bioniques, le bassiste toujours prêt à faire fasse aux religieux semble dresser le torse en avant prêt à se battre, le chant est clairement brutal du début à la fin et les guitaristes nous offres encore une fois des riffs implacables!!! Ce titre reste pour moi le plus facile d'approche pour un fan "lambda" de sauvagerie, mais il est clairement excellent!!!
On finit ici avec "Black Jack". On va causer des " réacs de canapé" juste bons à râler devant leur tv, mais qui ne bougent pas leur cul pour changer le monde! 3 minutes et 51 secondes, on démarre lentement, le batteur et la basse font leur apparitions, Berdoune alterne chant hurlé et calme, l'ambiance guerrière s'installe petit à petit. Les mecs, il est temps d'arrêter de croire toutes les conneries balancées sur vos écrans, on doit mettre fin à la désinformation et Warkult sont les guerriers qui vont changer le monde!!!! Un pure chant Black Metal semble vouloir faire bouger ces putains de "réacs", puis on ralenti afin de mieux faire rentrer les véritables informations dans la caboche des neuneus, on répète haut et fort que toi aussi qui lit cette chronique, arrête d'agir en mouton et bouge!!!!

Si comme moi, cette demo te botte, tu peux les retrouver sur fesse de bouc, mais aussi sur le site officiel https://www.warkult.fr.  Je te promet un moment de pure brutalité et un groupe à suivre de très très prêt!!!!!

jeudi 19 avril 2018

SEPOLCRO 'Undead abyss'

2018 Sepolcro - Démo 2018


Nous voici avec un groupe italien qui ne renie pas ses illustres influenceurs, niveau ambiance. Le trio qui nous intéresse ici nous offre une démo pas piqué des hannetons (ou des vers?) de 3 titres. Ils nous balance, comme ça, sans vraiment prévenir (enfin, si, il y a le dessin de la pochette...) un death très sombre, poisseux et vraiment très malsain. Car ils apprécient des œuvres comme celles de Lovecraft et des trucs cool, comme le necronomicon et tout ce qui gravite autour, nous renvoyant indirectement vers le film de genre transalpin (Fulci, Romero, Matteï... des trucs sympas quoi!).
Les trois titres couvrent juste 10 minutes mais putain, que c'est bien foutu. Le groupe a choisi un death old school, pas trop rapide (enfin, c'est moins rapide que du brutal death ou du grind mais il y a quand même une certaine rapidité. On est pas dans un doom death non plus...) mais avec une certaine lourdeur, un coté massif indéniable. Il faut se pencher du coté d'Incantation, d'Immolation, Broken Hope... et tout ça, pour appréhender ce que propose le groupe.
Le coté malsain y règne en maître (ce qui serait étrange si ce fut joyeux et festif...), aidé en ça pas le son, à la fois pesant et chaleureux quand même, où chaque instrument est bien audible (putain, la basse!!!). Et le chant aussi est vraiment intéressant, partagé entre la gentille Simone (guitare) et le taquin Hannes (batterie). L'ensemble des deux voix (alors dire laquelle est Simone... Pffff, pas facile le défi...) donne vraiment une ambiance glauque, vraiment poisseuse. D'ailleurs les voix me ont penser aussi à Mortician, car le chant n'est pas brutal par sa forme mais par son fond, privilégiant lui aussi la lourdeur.
Musicalement, comme déjà dit, on a un death qui lorgne vraiment vers le vieux death, celui qui est une sorte de culte pour certains, qui va bien au-delà d'une simple envie d'en découdre (et de faire saigner tes oreilles). Car certaines phases sont vraiment violentes, que ce soit pas un break ultra lourd et malsain ou par une fulgurante accélération pour te faire perdre, définitivement, tes cervicales.
Le son est volontairement grave, collant au concept du groupe et nous enfonçant dans leur univers macabre. Et tout ça, à la première écoute, ça marque vraiment. Car ainsi le groupe sort clairement du lot, allant à contre courant de la 'mode' actuelle dans le death, sans que cela enlève de la violence à leur offrande sonore. Excellente découverte, que je recommande vraiment aux fans de death ou à ceux qui aiment ce qui est malsain, dans la débauche sonore.

mardi 17 avril 2018

DENY 'Paradise parasite'

2018 CRAMADA - Ep digital - Sortie le 27 avril 2018


                                       

Retour des suédois chauds brûlants en silence depuis 2000, avec un Ep de huit titres qu'il est bien, qu'il est cool, qu'il est bon, qu'il est buyant. Ici, rien qu'au nom et à la pochette, forte attrayante pour l'amateur de barbarie qui sommeille sûrement en toi, tu te doutes que ce ne sera point affaire de metal ultra symphonique aux titres longs comme... comme... comme un file d'attente pour l'ouverture d'un magasin Apple.
Non, point de ça ici, on en est foutrement loin. Et c'est tant mieux.
Sous une basse assez présente (c'est cool), le groupe balance donc huit petits brûlots juste jouissifs, dans une veine punk hardcore avec de très bons relents crust. Le coté hardcore se retrouve dans le chant essentiellement, très marqué, presque scandé parfois, qui tend vers un chant nettement plus crust par moment. Quand il n'y a pas un court passage qui nous évoque Sick off it all (il y a nettement pire, non?).
Et ce putain de coté brut, c'est
Pas de mystère, les titres sont ultra concis (entre 1'18'' et 2'22''), vont à l'essentiel et le font très bien, tout en dégageant une énergie brute de malades. Coté engagements, les titres parlent d'eux-même et ne sont pas là pour faire de la dentelle. Pas plus que Deny s'emmerde avec les fioritures inutiles. Ici, on est dans une certaine urgence bienvenue qui fait plaisir.
Le son est très massif, percutant et aussi, comme je l'ai dit au début, on entend bien la basse, ce qui donne clairement une profondeur au son. Et putain, l'ensemble se tient au béton armé. Bon alors oui, il y a un petit hic: il n'y a que huit titres, ce qui s'avère assez frustrant. Qu'importe, on appuie sur 'répète' ou on le met en boucle.
Bonne découverte qui envoie le bois, le bûcheron et la scierie, directement dans la gueule!

mercredi 11 avril 2018

Interview WARKULT

Haaaaa, la Normandie, ses vaches au beurre, ses près d'herbe verte au beurre, ses villages au beurre, ses pommiers au calva au beurre, ses pluies enrichies de beurre et de calva, ses bords de mer sentant bon l'iode au beurre... et ses groupes, multitudes de partout (mais pas tous au beurre, faut pas déconner non plus...). WARKULT en est, doit sentir le beurre chaud et le calva (ou pas...) et surtout balance la sauce, la saucière et la cuisinière avec, directement dans ta face. Les voici, après un super Ep nommé The wrong Mood, un petit brûlot au beurre de 5 titres plein de vigueur, avec une interview riche en émotion et autre.



1- Bonjour à vous, gens guillerets, ménestrels excités ! Comment allez-vous ? Allez, présentez simplement Warkult, avec des schémas, des chiffres et des tableaux (les gens aiment les tableaux).

Salut à vous, joyeux drilles de Margoth PDF ! Warkult se compose de 5 personnes à l’heure actuelle : Bertrand (aka Berdoune) au chant depuis 2002, Guillaume (aka Guigui) à la basse depuis 2010, Pierre (aka Emynona Ruengies) à la batterie depuis 2006, et Romain et Sacha que nous venons tout juste d’intégrer à la guitare depuis mars 2018, c’est donc tout frais. On cherche encore leurs surnoms… ;-)
Beaucoup de guitaristes se sont succédés ces derniers temps dans Warkult. Nous avions Touni avec nous depuis 2009 mais il est parti vers Limoges… Il continue de proposer des compositions que nous intégrons dans notre set. Seb également, qui a été guitariste avec nous de 2008 jusqu’à 2017, et qui a apporté des compos qui ont forgé l’identité musicale actuelle du groupe. Léon et Antoine ont aussi été un renfort non négligeable sur scène.
Nous jouons du metal extrême oscillant entre le thrash, le death et le black, sur des tempi rapides et avec de nombreux breaks.

2- Warkult… quels mystères se cachent derrière ce nom ? Est-ce pour dire que les guerres ça craint (heu… ne serait-ce pas alors warsuck le nom?) ? Plutôt une approche genre ‘la guerre putain, la guerre’ !!? Ou non, c’est beaucoup plus subtil, comme le montre le tableau n°5 de votre présentation en power-point ? Ne serait pas aussi un clin d’œil à un groupe ou une scène musicale, renvoyant par la thématique à un culte guerrier ?

Warkult est le culte de « la guerre aux cultes de la guerre », à savoir l’obscurantisme sous toutes ses formes, qu’elles soient religieuses, étatiques ou culturelles. C’est en 2001 que les « Pères Fondateurs » ont choisi ce nom après avoir évolué un temps en tant que Berserk.
Nous avions songé ces dernières années à changer de nom afin de recréer une identité neuve et plus moderne ; nous avons eu quelques passages sur scène sous le nom poétique de Nacht Butcher (et on va laisser les linguistes faire tranquillement leur boulot pour traduire ce que ça veut dire… Indice : allemand et anglais… vous allez voir c’est subtil ^^ ) puis finalement, après le départ de Seb, nous avons repris notre identité primaire, à savoir Warkult. On commençait à en avoir marre de se présenter comme « Nacht Butcher… tu sais, on s’appelait Warkult avant... mais si, tu connais ! »
Bref Warkult, c’est notre identité profonde et c’est comme ça que les normands nous connaissent.

                     

3- Vous jouez clairement du metal extrême. Ça va dans tous les sens (Tant que ça déboîte… me dit mamie). Il me semble que votre approche, c’est un peu ‘on s’en fout du style. Tant que ça bute...’. Vous avez connu une certaine valse de guitaristes, aux influences diverses, qui est une des origines de cet écart entre différents styles (ceux qui cherchent : black, thrash et death) mais il semble pointer, insidieusement, autre chose, quelque chose de plus complexe… Quoi qu’est-ce donc ?

Comme tu le pressens, on s’en fiche un peu du style tant que ça envoie, et le plus important : que c’est bien exécuté. Il y a majoritairement deux influences dans notre EP : celle de Seb, plus thrash et rythmique, et celle de Touni, plutôt death et harmonique. On laisse les longueurs de coté, on coupe, on fait du « direct et efficace » avec peu de fioritures. Pourtant c’est loin d’être simple, chaque riff a une voire plusieurs variantes et plusieurs harmonisations possibles. C’est rempli de petits détails rythmiques et les structures sont plus complexes qu’un simple refrain/couplet. On ne cherche pas la difficulté ni à faire du metal technique, mais on aime bien des titres bien travaillés, non linéaires et percutants.

4- Vers quoi souhaitez-vous vraiment allez (la direction musicale, pas nord, sud ou est… ni un lieu défini (et surtout pas un lieu commun)… hum, je m’égare…) ? Tendez-vous vers une bestialité contenue sauf des fois, on lâche la bride et hop, en roue libre ? Une veine plus death ou un mix blackened death thrash ? Ou non, vous préparez les gens à autre chose… de plus vicieux (bande de pervers!) ?

Ce qui nous intéresse, c’est une musique brutale, travaillée et maîtrisée sur le plan technique sans en mettre plein la vue non plus. Des titres assez courts afin que le public ne se lasse pas lors de nos sets, des ambiances différentes d’un titre à l’autre avec des identités marquées. Ce qui fait un de nos attraits, c’est la variété de jeu que nous apportons. On passe par beaucoup de registres musicaux et en concert ça donne un set où le titre N+1 ne ressemble pas au titre N.
Nous travaillons notre style principalement avec les influences de chacun. Lorsque nous recrutons un musicien, il apporte sa signature stylistique avec lui et nous l’intégrons. Warkult est un peu un navire qui évolue au gré du vent, mais quoi qu’il se passe, le vent soufflera toujours fort !

                   




5- Sous des textes assez cinglants vous tapez sur les travers de notre société et du milieu musical qui nous plaît (du moins, dans votre ep The wrong mood que se doivent d’acquérir les gens… va falloir faire des prêts…). Est-ce finalement plus ça le concept de Warkult : secouer les consciences brutalement ?

Warkult est assez revendicatif sur ce plan-là, sans être particulièrement engagé non plus. Disons que nous sommes critiques avec l’image du monde telle qu’elle nous est renvoyée. Secouer les consciences à une époque où peu de gens réfléchissent par eux-même est peine perdue, donc nous n’espérons pas élever les consciences simplement avec nos textes, cela serait présomptueux. Non, nous parlons de ce qui nous intéresse, de ce que nous observons, de ce qui nous atteint dans notre monde.
C’est assez curieux d’ailleurs, d’observer que de plus en plus de groupes - de tous styles d’ailleurs - dénoncent le monde dans lequel nous vivons, et qu’il devient de pire en pire car nos consciences s’engluent dans un réactivisme primaire et instinctif de bas niveau. Plus nous avons des outils pour communiquer, plus nous communiquons mal et sur des futilités. C’est étrange, mais nous pensons que ce qui intéresse le plus le genre humain, c’est « du pain et des jeux ». Réfléchir est une option pour beaucoup de personnes.

6- Quelles sont les influences qui sont en circulation dans le groupe ? Y’en a t-il une ou deux douteuses (voir même honteuses que vous allez révéler mais ça restera entre nous, sur le blog) ? Certaines sont-elles l’origine de la colère et l’agressivité dans le chant de Bertrand ? D’ailleurs, quelles sont ses influences ( je pense que je peux faire une croix sur Bernard Minet…) ?

Le spectre de nos écoutes est large. Metal en tout genre, de toutes époques, de la musique classique, de l’électro, dubstep, de la variété… Des influences majeures sur notre jeu, notre style ? Death, Machine Head, Behemoth, Emperor, Marduk, Kreator, Immolation, Morbid Angel...

7- Qu’est-ce qui vous énerve dans la vie de tous les jours ? Est-ce que ça peut déborder (sûrement…) sur votre musique ?

Les gens qui racontent n’importe quoi sans vérifier, sans réfléchir à la cohérence de leurs arguments, qui sont persuadés d’avoir raison et qui, en plus de cela, cherchent à te le démontrer avec des arguments foireux.
Les réseaux sociaux et la cohorte de conneries qu’ils véhiculent.
L’individualisme rampant de la société dite « civilisée ».
Les inégalités flagrantes, le fait qu’on veuille tout changer mais que rien ne change.
Le monde des écrans, qui nous impose son mode de pensée et sa philosophie de plus en plus crasse, mais dont chacun se délecte.
Le manque de culture et d’éducation, l’irrespect, la violence pour dire « Ta gueule j’ai raison » alors que non.
La mise en scène individuelle, la mise en valeur de chacun sur Internet, on n’existe que pour se regarder dans un miroir, c’est bien triste…

Oui, tout cela nous énerve, nous atteint, nous fait réfléchir et nous influence dans notre musique, nos paroles.

8- Pourquoi (oui, une question courte et chiante en même temps par moment, c’est bien…) ?

Pourquoi pas ?
Réponse : NON.

9- Quels groupes gravitent autour de Dieppe et qui serait bon de connaître ? Existe-t-il une scène locale qu’elle est bien (ou qu’elle pue, c’est aussi une possibilité) ? Il y a moult groupes normands qui défouraillent. Pensez-vous que ce sont nos origines (oui, je suis un normand pur beurre) ? Pensez-vous que le courant musical que je souhaite lancer, le deaf metal, aurait du succès ?

On va citer quelques copains avec lesquels on se croise régulièrement… SubstanS, Noein, DCA, Dry My Tears, Stabwound, Skies May Ignite, Prophecy Of Apocalype, Evolution Zero, Meline, Eyestral… La scène normande fourmille de bons groupes actifs ! Le deaf metal… tu dis cela par rapport à la prononciation bizarre des normands ? Ou tu as une autre idée derrière la tête (ou ailleurs ? )

10- a) Êtes-vous pour ou contre l’euthanasie des hot-dogs avant cuisson ? Peut-être
    - b) En êtes-vous certain ? P’têt ben qu’oui.
    - c) Et oserai-je évoquer le sujet sulfureux et polémique des kebabs ? P’têt ben qu’non.

11- Pourquoi être aussi agressifs dans votre propos musical ? Ne serait-ce pas un moyen d’attirer à vous de l’attention ? Peut-on espérer un jour un featuring avec Calogero (je voulais proposer Johnny Hallyday mais c’est trop tard…) ? Quel(s) artiste(s) vous insupporte(nt) ?

L’agressivité musicale est à l’opposé des personnes que nous sommes : calmes et posés, et pas agressifs justement. C’est peut-être un exutoire, une façon d’exprimer tout ce qui ne peut pas être dit au quotidien, une façon d’évacuer la rage qui nous anime parfois. On pourrait faire du sport, mais on préfère créer et partager : ça s’appelle la musique, et le metal plus particulièrement se prête bien à cet état d’esprit. Pour ceux qui nous insupportent, il suffit de jeter une oreille sur les grandes audiences populaires de Youtube et autres vecteurs modernes d’inculture, et tout est dit.

12- Que pensent votre famille et votre entourage de vos talents de ménestrels ? Sont-ils fascinés, fans ou plutôt prêt à remonter le temps pour vous dénoncer à l’inquisition ? Sont-ils plutôt des personnes avec des regards différents amenant des avis éclairés sur ce que vous pourriez proposer ?

Les avis sont très variés dans nos entourages. Nous avons des proches qui se sentent concernés et qui s’intéressent, et d’autres qui ignorent complètement ce que nous faisons. Nous ne nous sentons pas particulièrement investis de la mission d’aller convaincre nos familles. Nous préférons convaincre notre public, c’est plus objectif quand ce sont des metalleux qui disent qu’ils nous apprécient que quand ce sont nos mamans (même si on aime bien quand même, en fait ! )


13- Quels sont vos métiers et passions dans la vie (outre Warkult, bien évidemment…) ? Des amateurs de Bingo, de bongo, du Congo, de café Malongo… ? Des collectionneurs de pièces de puzzles ?

La lecture, les séries, les sorties en famille, la fiesta tous ensemble, faire du bricolage dans nos maisons (sauf Guigui il n’aime pas), aller en boite bourrés, aller regarder passer les trains (« à huit heures je vous ramènerai » celui qui comprend celle-là est un champion…), la cuisine à l’ail, les jeux vidéos, LA RACLETTE !!!, discuter et refaire le monde au bar, zoner devant le PC en s’emmerdant, poser du placo… Bref, la vie ! Nos métiers ? Eh bien on évolue dans le milieu scolaire… Ca inspire aussi, ça, tiens...

14- Est-ce facile de pouvoir concilier le tout ? Avez-vous des opportunités de faire des dates vers nos voisins belges (ça me paraît le pays le plus proche, accessible avec un bon véhicule équipé d’un moteur et de roues) ?

Rien n’est jamais simple, surtout avec un métier et des familles (parfois recomposées ! ) à gérer. Il faut s’organiser. Pour l’instant les dates se font attendre. Mais si on a une opportunité, on tente toujours de dégager des créneaux ! On est prêts à aller un peu partout pourvu que ce soit des dates intéressantes. On en a un peu marre des petits bars (bien sympas au demeurant, ce n’est pas une critique) dans lequel on n’a pas de place et où on joue sur un timbre-poste avec un système son apocalyptique.

15- On arrive bientôt à la période des festivals. Entre le Hellfest, le Sylak fest, Moshfest (lui, il est cool), Motocultor, Download… que pensez-vous de cette prolifération de festivals et avez-vous l’impression que certains partent vraiment en couille (sans citer de noms…) ? Trop de festivals tue le festival ? Finalement, rien ne vaut-il un petit festival pépère underground (coucou le Moshfest!!) ?

Sur les festivals, les avis divergent. Certains aiment bien les grandes structures, ce sont des occasions particulières de rencontrer du monde, de voir énormément de groupe connus - voire mythiques - mais c’est parfois un peu l’usine. Un petit festival local est toujours sympa, on est quasiment entre potes… C’est sur cette formule-là qu’on aimerait évoluer désormais, sur des petits festivals d’été en France et Belgique.

16- Abordant ce thème ici même, on est sûrement d’accord qu’il y a des personnes allant à ces festivals (je pense aux grands festivals) dont on se demande la raison de leur présence (tourisme ? GPS défaillant ? Pari perdu ?…). Ce qui nous amène à parler du problème récurrent des poseurs… Perso, c’est le genre de personne qui me gave, et un peu creuse dans ses propos car généralement ne maîtrisant rien dans ce qu’elle est sensé aimé (musicalement je parle). Et vous, qu’en est-il de votre opinion ? N’avez-vous pas une méthode efficace pour les faire disparaître (insecticide, lancés de cd de Jul, arrosage avec dissolvant… ?

Des poseurs, il y en a toujours eu. Certains sont même devenus des musiciens intéressants et reconnus par la suite ! Un jeune qui ne connaît pas grand-chose peut facilement passer pour un poseur au moment où il commence à s’intéresser, tout le monde n’a pas forcément la même approche de la musique. Ce n’est pas cela que nous dénonçons.
Mais un gars qui va s’arc-bouter sur un style extrême sans chercher à le comprendre, juste par esprit de contradiction par rapport à son entourage mais qui ne n’y entend rien, il passera vite à autre chose. Les gens qui veulent juste se la jouer en se disant « Ouech t’as vu, je suis trop genre metal lol », il suffit de les ignorer et le tour est joué. Ca leur passera avec le temps.
Après il y a aussi un public de curieux ouverts d’esprit, un public d’amateurs de festoches, du moment que ça fait la fête et que ça s’ambiance... On peut comprendre que des gens cherchent un état d’esprit positif et sympathique même sans rien comprendre à la musique.

17- Merci à vous d’avoir accepté de jouer le jeu de répondre à mes questions, dans la pertinence n’est pas à douter (ou bien si en fait…). C’est à vous de conclure cette interview !

Nous remercions sincèrement Margoth PDF pour sa bonne humeur et sa sympathie, et aussi pour l’intérêt que vous portez à Warkult. Merci à vous pour partager toutes vos découvertes et nous espérons un jour vous rencontrer sur scène ou dans un bar !
Enjoy !