jeudi 2 février 2017

INTERVIEW DE BORN FROM LIE

Rappelez-vous, j'ai chroniqué, il y a quelques temps, le second opus de ces jeunes parisiens. Des questions avaient éclaté à la surface de mon esprit de guingois. Des questions dont certaines sont passées à la trappe parce que personne n'est aussi fou que moi pour les comprendre. Et que ce serait plus vers la métapsychologie que ce serait partie, domaine que peu d'entre vous doit comprendre (cela dit, ce sera toujours plus que moi). J'ai fait donc des questions auxquelles le groupe a pris le temps de répondre. Ça parle d'étiquettes, de migration, de choses sombres, d'écart mais pas que! Je vous laisse vous délecter avec le groupe qu'il est bien!

1- Bonjour à vous ! Comment allez-vous en ce froid janvier ? Commençons directement dans le
gras des questions : présentez donc Born From Lie. Sa vie, son oeuvre, sa raison, pourquoi,
comment qui et le prix de disneyland n’est-il pas prohibitif ? Pourquoi ce nom ?

Jérôme: Ca va bien merci!
Nous sommes quatre musiciens de la région parisienne, le groupe est né en 2014 suite au split de notre ancienne formation.
"Born from lie" est à la base le titre d'un de nos morceaux très autobiographique, lorsqu'on cherchait un nom, il s'est avéré que c'est celui qui a mis tout le monde d'accord.
"The promised land", sortit via le label Brennus music en juin est notre deuxième album.
Je ne savais pas qu'ils avaient augmenté les tarifs de Disneyland! Si c'est le cas c'est un scandale!

Niko : Je savais bien que Mickey n’était plus rock’n roll.. 

Pascal : pour disneyland pareil, un scandal !

2- Où pensez-vous vous situer musicalement et comment appréhendez-vous votre évolution ? Votre album ‘The promised land’ s’avère être à mi-chemin entre un rock consensuel et un metal assez agressif. Pourquoi avoir un tel écart musical au sein de la galette ? Êtes-vous d’accord si je vous dis que vous avez une vision de la musique qui vous est propre ?

Jérôme: Honnêtement, j'ai du mal à nous situer musicalement, même dans les différents papiers que l'on a eu sur l'album, on nous prête des styles très différents à chaque fois: rock alternatif, metal mélodique, hard rock, heavy metal... Du coup je ne sais pas du tout ou nous situer!
On écoute tous des choses assez différentes et il nous paraissait naturel de "varier " les plaisirs au sein de l'album. Personnellement parfois j'ai envie de jouer un gros riff metal et parfois du bon vieux rock'n roll!
Si tu penses qu'on a une vision de la musique qui nous est propre et bien on est est très honorés!

Niko : on reste heavy metal je pense.. alors heavy metal progressif peut être ?

David : L’une de nos chroniques parlait d’un style schizophrène, entre des parties très calmes et d’autres franchement agressives. Je trouve que c’est le terme qui nous définit le mieux.

Pascal : honnêtement je ne comprends pas trop le fait que l on nous qualifie de simplement rock. Que l’on est un style a part temps mieux et je pense que c'est une richesse, mais pour moi ça reste du metal, avec des influences diverses comme le heavy et le thrash ( nos influences principales), mais rock, je ne peux pas vous dire je n’en écoute pas ^^ lol.
Je suis le Richard Virenque de la musique, je fais du rock a l’insu de mon plein gré.

3- The promised land, malgré le coté musique super joyeuse, a une approche qui semble assez
sombre (renforcé par les passages assez post-metal). Ai-je bien compris que ce dont on parle touche à l’exil ? Pouvez-vous développer cet aspect que j’évoque ou me dire que, hahahahha, c’est cocasse, hahahahahaha, cocasse mais gênant car je me plante ?

Jérôme: Tu ne plantes pas du tout! No escape par exemple,raconte l'histoire d'un homme qui a quitté son pays sur un bateau en espérant trouver la "terre promise". J'ai écrit ce morceau en hommage aux migrants qui quittent leur pays et qui malgré les risques, gardent l'espoir de trouver une terre meilleure. Au vu des actualités, je ne conçois pas que l'album soit autrement que sombre.

Niko : l’album a des côtés sombres et a des relents schizophréniques (musique/voix), De cette manière, il colle aussi certainement bien avec notre époque.

Pascal : moi je ne vois pas beaucoup de rythmiques joyeuses dans cet album. Mais justement , les compos colle bien au concept !

4- L’une des forces de votre album est l’apparition de passages incluant du violon ou du saz.
Comment en êtes-vous venus à les incorporer ? La puissance émotive que dégage la sonorité de ces instruments est-elle la raison, en sus de la thématique choisie ?

Jérôme : L'idée du violon et du Saz sont venues une fois que les morceaux étaient composés.Pour illustrer No escape qui a des sonorités orientales, on recherchait un instrument qui pourrait renforcer le morceau, le Saz (luth turque) était l'instrument idéal pour ça! D'ailleurs depuis l'album je m'en suis acheté un!
Pour le violon c’était l'instrument parfait pour apporter la mélancolie et l'émotion dont les passages avaient besoin.

Pascal : je trouve aussi que c 'est une force ^^ ; l 'idée est bien sur venue de Jérôme mais on s 'est bien trouvé de ce coté la, car j’aime beaucoup les influences orientales dans le metal comme Orphaned land et Myrath et étant moi même un féru d 'histoire du moyen orient .
Et comme tu le dis si bien ça convient parfaitement au concept de l album car les pays sinistrés qui fournissent le plus de réfugiés sont bien sur les pays bombardés du moyen orient

5- Le chant et certaines structures de vos morceaux me font penser à Inepsys, un groupe de metal progressif. Hasard, coïncidence ou non, il y a un fan, c’est assumé et de toute façon, vous faites ce que vous voulez, z’êtes des warriors ?

Jérôme:Tu dis car leur chanteur s'appelle aussi Jérôme? ( je crois qu'ils ont changé maintenant d'ailleurs) NdB : Tout à fait, ils ont un nouveau chanteur.
Plus sérieusement, je connais Inepsys car ils sont comme nous chez Brennus music mais il me semble qu'ils sont bien plus progressifs que nous!


6- Le coté metal qui se dégage vraiment fait penser à du post metal. Est-ce aussi assumé ou c’est un hasard qui collait bien à l’univers des morceaux et au besoin d’extirper ce coté sombre de vos êtres (ça pète bien cette formulation…) ? Et est-ce en devenir de développer ce coté quelque peu
agressif ?

Jérôme:J'avoue ne pas me poser la question du style lorsque je compose! Quand je disais que chacun y voit un style différent, toi tu y vois du post metal!
David de par l'énergie de son jeu a su apporter l'énergie dont avaient besoin les morceaux et du coup ses influences sont très importantes dans notre musique.

David : C’est vrai qu’on a pris un côté beaucoup plus agressif pour cet album. Le jeu à la double pédale a un impact évident sur cette sensation de violence. J’essaye de la placer à des moments opportun pour apporter des contrastes dans les compositions. On va approfondir cet aspect pour le prochain EP…

Pascal : serait ce a cause de mon grand age, mais j ai bien peur de ne pas savoir ce qu 'est le post metal . Sûrement que j en écoute à l insu de mon plein gré encore une fois. (NdB : je te conseille Lessen ‘A redemptive decay’ pour t’en faire une bonne idée!)



7- Quelles sont vos goûts musicaux et rejaillissent-ils sur vos compositions ? Quelles identités
musicales vous définies?

Jérôme: Je suis fan de hard rock, de thrash old scool, de metal mélodique, de rock'n roll... Si je dois citer des influences majeures je dirai Megadeth et Iron Maiden pour leur sens du riff et de la mélodie.

Pascal : moi j ai commencé a écouter du métal avec le heavy et le thrash. J aime beaucoup le heavy progressive, melodique. Le death metal melodique aussi.
Sinon hors metal j’écoute du jazz oriental.

David : J’ai envie de citer des groupes comme Gojira et Machine Head qui sont mes principales sources d’inspiration. Ce sont des batteurs qui expérimentent beaucoup et qui donnent une véritable identité à leur groupe.



8- Quel est le public que vous voyez le plus ? Celui attiré par le rock, un plus metal ou tout simplement, un brassage ?

Jérôme: Je pense qu'on attire plus du public aimant du rock que du métal extrême en tous cas! Mais j'ai l'impression que dans l ensemble c'est un brassage.

Niko : notre public est un beau mélange des influences rock ; en nous voyant en concert, certains n’avaient pas imaginer qu’on pouvait être qualifié de metal ou heavy metal.

Pascal : venez et on vous dira qui vous êtes.



9- Vous sentez vous un peu comme l’était Therapy : trop metal pour les fans de rock et trop rock pour les fans de metal ?

Jérôme: Très bonne question! Forcèment on se sent un peu à l'écart de la scène actuelle mais on fait la musique que l'on aime avant tout et on n’a pas du tout envie d'en changer pour plaire ou mieux entrer dans un moule!
On se pose même souvent la question quand on a des propositions pour jouer avec tel ou tel groupe: est ce que leur public sera intéressé par notre musique?

David : C’est vrai que la diversité de nos compositions ne nous permet pas d’être rangés dans une catégorie bien spécifique. J’ai plutôt envie de voir ça comme l’opportunité de réunir un public multifacette !



10- Que faites-vous en marge du groupe ? Arrivez-vous à bien gérer boulot et musique ?

Jérôme: étant intermittent j'alterne des périodes très occupées à du temps libre ce qui me permet d'avoir la chance de me consacrer à la musique.

Niko : j’ai ma société ; cela me permet de gérer mon temps et de l’adapter aux « urgences musicales » !

pascal : je suis fonctionnaire dans l’enseignement supérieur. C 'est à dire que je laisse le boulot au boulot et suis frais et dispo pour la musique et la famille !



11- Merci à vous d’avoir pris le temps de répondre à ces quelques questions à la volée. C’est à vous de conclure !


Jérôme: Merci à toi, comme je le dis souvent: venez nous voir sur scène! En plus on pourra boire des coups ensemble après le concert!

Niko : venez tenter l’expérience, vous ne serez pas déçus et ça ne fait pas mal.

Pascal : Merci et bon courage aussi a vous pour la suite et merci pour ce que vous faites pour la scène française


David: merci à toi.

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