dimanche 22 octobre 2017

WOLF REPORT : BLAZING WAR MACHINE

CHAOS NUCLÉAIRE






C'est en 2006 que Blazing War Machine incorpora la scène du métal extrême, armés de leur métal symphonique et industriel, passant de Deathstars à Fear Factory et de Rammstein jusqu'à Dimmu Borgir. Durant leurs voyages à travers l'Europe, le groupe a semé le chaos aux côtés de comparses destructeurs comme Arch Enemy, Debauchery, ETHS, Abigail, Gojira, etc... Et en 208, le groupe montra une belle prouesse de l'extrême sur la scène mythique du Hellfest, conquérant le coeur de nombreux métalleux présents à ce festival. Cette fois-ci, ils sont revenus pour faire valser la scène montpelliéraine, plus précisément à  l'Antirouille et c'est sans hésitation que je m'y suis rendu pour y délivrer un live report personnel sur mes gros coups de coeur de leur set list infernale. Petit big up personnel avant de commencer, je peux vous assurer que tous les membres du groupe sont des crèmes, j'ai pu discuter avec eux et quel plaisir ce fut, un grand merci tout particulier et personnel également à Irina (chant), Izakar (guitares et choeur) et Franky (batterie), vous gérez les amis, you rock my friends, thank you so much for everything !

Lorsque l'intro DESTRUCTION PROCESS 2.0 commence, la couleur est annoncée : l'ambiance est sombre, glauque avec une sensation de chaos imminent, plaisant à souhait tout cela. Puis ça commence avec RIGOR MORTIS, premier coup de coeur de ce début de concert, où les membres montrent bien leurs marques ! En particulier le légendaire batteur Franky Costanza : il frappe ses toms avec un talent naturel et si puissant que s'en est dévastateur, sa rage et sa hargne de vouloir faire vriller nos âmes se manifeste à merveille à travers ses enchaînements de blasts infernaux, accompagnés des riffs bourrins et rythmiques de Fab à la guitare, ce dernier maîtrisant son manche comme l'on manipule une buster sword, du grand art ! 

S'enchaînent alors ensuite NATURE OF WAR et POLARITY sur lesquelles je suis tombé sous le charme du chant de Irina, véritable maîtresse de cérémonie.. Qui a dit qu'une fille ne pouvait pas faire de métal ? Allez vous faire foutre ! Belle et sans pitié, Irina nous délivre un chant guttural mixé avec un growl brutal qui fait asseoir le diable pour qu'il prenne des notes, une prestance absolument inégalée comme je n'en n'avais jamais vu et je vois dans ses yeux qu'elle est la même à qui j'ai parlé avant le concert mais avec une touche de Hel, déesse nordique de la mort et de la destruction ! Puis deux roquettes nous arrivent en pleine gueule, MANU MILITARY et GUIDED, avant la prochaine plaie.

Cette plaie, c'est ce cher Izakar, guitariste et choeur, qui nous l'annonce et je l'attendais avec impatience : LIQUID CHAOS. Ce morceau fut pour moi la pièce-maîtresse de ce concert, Izakar manipule sa guitare et son chant comme un Space Marine tronçonnant avec rage et haine un monstre, c'est un colosse à lui seul sur ce morceau et rien n'arrête non plus son coéquipier Adam qui groove de façon ultra-bourrine sa basse, faisant trembler les murs de la salle !

Sur les deux derniers morceaux de la fin, CHARMING FACE et SWAMP, Phil montre davantage sa place au sein du groupe et y laisse sa marque : son doigté du clavier fait qu'il est le maître absolu de l'ambiance sombre et chaotique qui règne dans la musique de Blazing War Machine, il est l'âme et du groupe pour moi car les sons émanant de son clavier de l'enfer nous rappelle Mustis de Dimmu Borgir, j'ai l'impression que j'ai trouvé le successeur de dernier. Durant tout le concert, c'est Phil qui a su maintenir l'atmosphère lourde et pesante du concert avec l'aide de ses frères et soeur d'armes !

Le concert se termine, c'est avec émotion et joie intense que je remercie le groupe pour ce concert magnifique, et lorsque je vois Irina je ne peux m'empêcher de la serrer dans mes bras, tellement son chant m'a comblé et c'est avec surprise et bien plus d'émotion que je vois qu'elle m'accueille à bras ouvert, heureuse de voir que le concert m'a énormément plu ! J'ai été au concert d'un groupe où chaque membre est très chaleureux et patient, toujours de bonne humeur et qui ose se mêler au public. Je les admire à la fois pour leur musique et pour cet état d'esprit que beaucoup de groupes prenant le melon semblent oublier aujourd'hui : l'ouverture d'esprit

See you in hell ! 


T H O R W A L D

dimanche 10 septembre 2017

WOLF REPORT LIVE : My Secret Safe + Right To The Void + Théia




Une ôde au Métal..


Mon absence s'est faite longue, je le reconnais. Puis les enfers sont venus me chercher mercredi 6 septembre avec un putain d'incendie, mais je suis toujours là et je suis sorti de ce qu'il reste de ma tanière pour m'aérer et vous faire ce petit live report sur un concert qui a eu lieu à la maison-mère de Montpellier : le Black Sheep. Le combo ? C'était Metalcore et Death Mélo avec My Secret Safe, Right To The Void (RTTV et vous excuserez ma flemmardise dans cet article) et Théia, inconnu de mes radars lupiens avant, connu depuis ce soir-là. Autant vous dire que j'avais déjà vu RTTV en live avant mais les deux autres groupes, jamais. Ben je peux vous assurer que j'ai pris une claque monumentale à ce concert, mais vraiment.

C'est donc Théia qui ouvre le bal. L'intro nous laisse dans une ambiance mélancolique et méchante comme si la nature avait décidé de faire venir l'hiver en avance, puis ça commence. Je vous préviens d'avance, je ne prends que les morceaux qui m'ont le plus marqué et avec Théia, ce fut Alter Ego, Vertige et Les Violons Ivres qui m'ont fait bien planer. On a l'impression de lire du Beaudelaire après un shoot d'héroïne, tellement la mélancolie et la ténacité des riffs se font entendre, la batterie martèle comme si elle écrasait des asphodèles dans une prairie, la basse groove comme si des bulles de cyanure éclataient au visage du public. J'aime beaucoup cette ambiance sombre, triste et violente, c'est du métalcore progressif, méchant, et bien dosé. Concernant le chanteur, il assure : son chant est déterminé à nous conter ses vers et rimes dans une dépression et une colère sans nom. J'adhère et applaudit bien fort à la fin de leur set. Bravo les gars, vous avez su me faire planer !

Les choses sérieuses arrivent avec les papas du death mélo gardois, mais ce que j'ai en face de moi, c'est un parrain de la brutalité, un mastodonte sans pitié ni compassion, deux mots pour les faibles. Guillaume et sa bande nous envoie un boulet de canon dans la gueule nommé "Through The Graves" : les riffs des guitares sont aiguisés comme des haches de guerre et ne font pas dans la dentelle, donnant le ton aux nombreux mosh pits et pogos dans la fosse. Sur "The One...", on peut imaginer le bassiste et le batteur sur un tank russe, tant la puissance des grooves et des blast sont écrasants, donnant du peps au chanteur. J'ai devant moi un nouveau RTTV : du vrai death mélo qui a évolué et qui a su faire comprendre le sens de ce mot qui est "Impartial", impartial dans sa composition musicale, dans son rythme, dans sa frénésie, dans son état d'esprit, c'est ça le nouveau RTTV et c'est un monstre qui a un avenir bien plus grand que ce que l'on peut imaginer pour moi. Je prends une dernière dérouillée avec "This Is Our Time" où le groupe demande une dernière fois au public de foutre le bordel et c'est ce qui se passe : un circle pit se forme alors, tel un maelström et engloutit tout le monde dans un vortex de violence et de chaos, mais c'est jouissif. Belle prestation, belle musique, un son neuf, RTTV est bel et bien de retour.

Les favoris, les chouchous de la soirée font enfin leur entrée sur scène : My Secret Safe ! C'est une première pour moi et je suis pas du tout déçu : Ben, le chanteur, est un véritable maître de cérémonie, je n'ai jamais vu un mec aussi proche du public, aussi dynamique, aussi énergique, il est la voix du groupe. "Lost Paradise" est un diamant en live, Thomas tricote ses riffs comme un s'il venait de prendre un rail de poudre noire, tant il sait s'y prendre avec, rien ne l'arrête ! Sur "Storytelling", ce putain de bon groover de Roch montre qu'un bassiste ne fait pas que branler son manche dans un groupe : il est l'essence même de ce bolide qu'est MSS, bien entendu il le fait escorté d'un compagnon de choix : Dav. Ce dernier n'est pas au commande d'une simple batterie, c'est une artillerie lourde qui fait trembler la terre, notamment sur "Can't Go Back", tous ses blasts qu'il enchaîne sont des obus de gros calibre et il ne fait pas de quartiers, n'épargne personne. Puis vient la fin, mais pas n'importe quelle fin, celle d'une soirée mémorable avec du beau monde et des protagonistes excellents, et MSS boucle le cours de tuerie avec ce morceau légendaire : "Revocation". Dès qu'il est joué, le groupe devient un centrale électrique survoltée à lui seul et c'est une ambiance conviviale qui se fait dans l'apocalypse la plus totale !

Je repars de ce concert avec des étoiles dans les yeux, ces 3 groupes m'ont fait passer une soirée purement magique et le public en est très fier aussi, je ne sais pas quoi dire pour boucler ce live report alors je remercie ces 3 groupes qui ont su faire de cette soirée une ôde au Métal, car tout le monde a sa place sur scène et dans l'histoire.

Voilà, à bientôt !

T H O R W A L D

mardi 15 août 2017

MOSHPIG '... my world keeps turning'

2017 MOSHPIG - CD digipack cartonné

Nouvel album du trio grind crust local! Un petit clip à l'arrache ici:
https://youtu.be/ZGzu2vyIzu4
Et de la folie, on enchaîne encore dans la folie avec le trio déchainé qui sent bon le sud! Le groupe balance 21 titres (plus un délire sonore*) pour un petit quart d'heure d'intensité maximale!! Le premierr titre annonce la couleur: Fast as zombies est rapide, rageur et furieux! La direction est donné! Les titres sont concis, non dénué d'humour là aussi, propice à la bonne humeur en se foutant sur la gueule. Car oui, ça dépote mais ça donne envie de bouger ou, à minima, te péter les cervicales. Alors, même si les titres s'avère relativement courts (mention spéciale au titre KTSMM, un condensé de concision 😆. Ça part cash aux baguette pour avoir la pêche! ), il n'en demeure pas moins que le trio s'évertuent à offrir des titres parfois assez épais, du fait de la rapidité et de, parfois, comme ça, paf, je te met du n'importe quoi mais qui le fait. On choppe des clins d'oeil à d'autres styles ou groupes, très ponctuels mais putain d'efficace (Blind and lost par exemple). Le groupe offre de la bonne humeur par un registre violent.
Mat, au chant, n'est pas en reste, avec un registre sur ce coup très percutant, auquel les deux frères ajoutent des chœurs. Le chant est assumé agressif et ça ne peut être QUE ce chant, un autre ne collerait pas à la vision musicale du groupe.
Certains pourraient objecter qu'avec des titres aussi concis dans ce registre, c'est forcément répétitif voir rébarbatif (scandale!!!). Alors, soyons clair: faut arrêter la drogue (ou s'y mettre si tu cherches une excuse). Car l'un des points forts du groupe, malgré ce coté concis et cette limitation des instruments. Le groupe offre des titres certes axés dans un style mais ayant suffisamment de personnalité pour exister seul. Ha! Tu ne la voyais pas venir celle-là, hein! Et puis, on s'en fout parce que, tout simplement, c'est du tout bon!
L'ensemble de la détonation sonore est ultra jouissive car on peut avoir une partie de la folie de ce qu'est le groupe en live et ça fout la pêche! Il devrait être imposer aux suicidaires même!
Niveau production, il y a un coté live qui est très accrocheurs, qui rend bien ce coté brut de décoffrage et prenant aux tripes. Rien de brouillon, loin de là, tout est clairement audible, au-delà du mur de la déflagration sonore. Alors oui, 15 minutes, c'est court. Trop court. Alors, il suffit de remettre en lecture!
* le dernier titre est très en décalage! Hahaha!

PORNOPETROSJAN / KYST 'FR UA FASTFOODSPLIT'

2017 INHUMAN HOMICIDE RECORDS - CD

Ben tiens, on enchaîne, comme ça, sans transition avec du hautement improbable, avec ce split qui est aussi fou que complètement en marge, surtout par le premier groupe/projet/truc sonore.
Donc le premier qui ouvre la rondelle magique c'est PORNOPETROSJAN, un combo/groupe/projet/truc sonore ukrainien.Et qui nous offre six titres dans un registre de base grind/porn un truc très à part car très expérimental, avec des passages typés jazz, rock'n'roll, stoner... et des titres qui sont, dans le domaine, longs. Hop, un lien, pour te faire une vague idée (parce cette fois, il va loin dans le délire):
https://youtu.be/sBoJzJtNUec
Sur les 6 titres, 3 explosent les 4 minutes large, un gros feet fucking aux règles. Et permet au gars derrière de partir dans des délires franchement très aériens parfois! Et ce mélange étonnant prend bien, apportant une sacré dose d'oxygène! C'est complètement barge et à part mais qu'importe, ça le fait vraiment bien et il assume (tout en assurant sévère!!). Les vocaux sont peu présent et foutrement gores, dans la lignée de ceux de Tumour, ce qui n'est pas gênant pour les amateurs avertis.
Et on se prend au jeu de suivre le rythme qui a un coté rock'n'roll par piquets des asticots hannetons.
La production, quand à elle, il faut bien l'avouer, il y a apporté un soin très particulier. Le son est très bon, permet de profiter des pérégrinations musicales du gars. Excellent!
Kyst arrive ensuite. Et là, ça devient de la folie pure, un truc bien tordu, bien fun! Pour avoir une idée, aller sur la page de Kyst sur facebook.
Kyst est un one man band né en 2012, un projet raw grindcore complètement azimuté, à l'humour assumé dans les titres ou dans le développement des morceaux tournant au pire autour des 2'30''. Et ici, les 13 titres semblent développer un concept sur les chats. Ouais. Tu as bien lu. Les chats. Mais sous un angle très décalé, sans la moindre prise de tête, là n'est pas le but. Son seul but est de se faire plaisir et de s'amuser. Et aussi de se livrer à une sorte d'expérimentation hasardeuse complètement braque qui me fait bien marré.
Les vocaux ne sont là qu'un support de plus pour la folie de la musique et un exutoire assumé, lui aussi.
Evidemment, le son n'est pas le point le plus important, celui-ci étant volontairement saturé pour délivrer une impression grumeleuse qui colle bien au truc. Un split de grind freaks pour des grind freaks qui s'assument!!

SUBLIME CADAVERIC DECOMPOSITION 'Raping Angels in Hell'

2017 ANIMATE RECORDS - CD Digipack Sortie en septembre 2017

Le nouvel album des parisiens de SCD, formé en 1996 (putain, 21 ans déjà!!!) est arrivé! Et il faut bien l'avouer, celui-ci fait très, mais alors, très mal! Un véritable album de malades pour des malades! Un thérapie par la violence! Le groupe, dans le cadre du Mosh fest 3 en mai dernier, nous avait fait la surprise de jouer, dans la moitié du set, la moitié du nouvel album. En live, c'est clair que cela a été furieux!! (https://youtu.be/pb797kRby5I , pour vous faire une idée de la furie!)
Et là, ô joie immense, voici l'objet de bien des envies (surtout en ce qui me concerne, lorsque le groupe était passé en 2013, avec l'info que le groupe bossait sur ce nouvel album, avec un retour à l'esprit gore, après leur précédent opus de 2011, lui aussi excellent. Alors me direz-vous (ou pas, c'est selon en fait...)?
Et bien, la réponse se fait en 43 minutes et 12 arguments clairement imparables! Je ne parlerais pas de la production ou du son, qui sont juste irréprochables et bien puissant, dégageant brutalement l'énergie (nucléaire?) enfermée (magiquement?) sur cette rondelle de plastique qui transpire la brutalité! Bon, si un peu quand même: celle-ci est nickelle et vraiment puissante, sans non plus noyer un éléments au milieu des autres. Un juste milieu qui permet de profiter de toutes les subtilités que le groupe à glisser dans cet album. Je vous ai dit que c'est un album de malades?
Dès le premier titre, Sabbth nights (The impure reptile) donne le ton: violence, technicité et surtout, le groupe se fait plaisir! Le chant entame directement le morceau, qui passe sans la moindre fioriture! C'est très intense, très direct! Le groupe, dans une base death grind, injecte d'autres éléments, se faisant clairement plaisir. Et on retrouve du coup cet esprit sur tous les titres.
Et le mélange se veut juste une tuerie: on retrouve des éléments aussi divers que des lignes black metal ou presque deathcore, mais toujours en touches subtiles, sans que ce soit trop. car là est le secret: le dosage millimétré pour bien te détruire le crane lorsque ta tête se déboîtera de ton coup pour s'éclater contre un mur (car tu te seras un poil trop agité... Tssss, petit maladroit!). Ce mélange de style, dans la structure, me direz-vous, d'autres l'on fait avant. Et le font. Certes, c'est vrai. Mais là, le groupe attaque la chose par un angle différents, réussissant à créer une sorte d'alliage musicale qui n'offre pas de rugosités sur lesquelles on pourrait tiquer (tac).
Certains titres prennent le temps d'explorer un peu le temps et leur univers musical, toujours en restant dans la brutalité efficace. Mais il y a aussi deux titres nettement plus concis, comme Spark of Being, dans un esprit gore grind.
Et oui, car c'est aussi ça que signe cet album: un retour du porno gore, au travers des vocaux. Car Seb aussi se fait plaisir, avec une variété de vocaux, lui permettant tout simplement de s'éclater! Il n'hésite pas le moins du monde à basculer dans différents registres, sans prévenir, apportant un impact plus important encore aux morceaux. L'intensité des morceaux vient donc de cette combinaison alchimique entre techniques musicales et vocaux chirurgicaux. Et cela créer des ambiances de titres, auxquelles des breaks très intenses donnent une dimension particulière. Comme le prouve Ruddy Sleep (the remains), avec sa rythmique presque industrielle, toujours dans cet esprit death/gore grind, permettant au groupe de viré dans des passages rapides en subtilités.
Dans cet album, tout va vite, même dans des passages plus 'relaxes', qui ne sont qu'un leurre subtile pour mieux dépoter derrière! Et putain, ça le fait vraiment! L'auditeur est pris dès le début dans la toile musicale tendue par le groupe. Et il n'y a rien auquel on peut résister. Et le coup de grâce est asséné avec le magistrale titre éponyme Raping angels in hell, qui est un véritable condensé d'intensité et de ce que l'on retrouve dans l'album. Le titre est encore plus dense que les autres, retrouvant des lignes black metal par petites touches, offrant une autre dimension à la brutalité du groupe, surtout en arrivant à le fusionner avec leur vision du gore grind. Des breaks sont là pour bien marquer le coup, créer de véritables parties indissociables des autres. Et la ligne mélodique qui domine dans ce titre est un véritable piège, gravant le titre complet dans ta tête, pour ton karaoké mental personnel.
Et c'est aussi une des force de cet album, en plus de ce qui est déjà cité. C'est même une force du groupe de faire des titres qui se grave dans ton esprit (une preuve? Duty, le premier titre de l'album  Sheep'n'Guns. Te restera en tête!)
Et cet album n'a strictement rien à jeter dedans ou à dire 'Ha oui mais là, c'est bof...'. Clairement pas. Et comme toujours, Seb signe aussi l'artwork de l'objet qui est superbe et très soigné, offrant au son une imagerie qui lui colle parfaitement, dans la continuité de ce retour à l'esprit porno gore mixé à ce death grind de malade. C'est clairement un album incontournable que tout fan d'extrême se doit de posséder et qui entre dans le panthéon du genre. Six ans entre Sheep'n'guns et ce brûlot qu'est Raping Angels in hell, signant un retour de l'esprit porno gore au service de SCD et putain, ça valait vraiment le coup d'attendre. Car on a là leur album le plus abouti, alors que le groupe s'est lâché! Juste parfait.

CANNIBE / BBARBAPAPPA BUTCHERY

2017 INHUMAN HOMICIDE RECORDS - CD

Aller, on commence gaiement ce jour de chronique avec de l'underground, comme je l'aime et en prime, dans la veine grind/cyber/gore, ce qui est très festif!
Un magnifique split du label parisien de Yoann (Salut Yoann!!) qui fait la part belle à l'underground, dans sa forme la plus large.
Le split commence par les italiens complètement cramés (et dans le bon sens!!!) de CANNIBE. Hop, j'ai pas trouvé mieux qu'un bout de live pour vous faire une bonne idée:
 https://youtu.be/UAkP7NNGaWE 
Comme vous pouvez admirer le détail de la musique si délicate, les deux italiens évoluent dans un registre très cool, le gore grind. Sur ce split, on a une boite à rythme, ce qui n'est pas en choix bien gênant, la folie dominant bien le truc!
Les 6 titres qui leur sont dédiés ne sont pas nécessairement pied au plancher, ni expéditifs. En effets, certains tournent autour de 2'30'' / 3'15'', ce qui laisse un peu de place à une certaine variations de tempos, ponctuellement. Oui, parce que c'est quand même du gore grind bourrin. Pas de place pour les délicatesses, ici ça va à fond, histoire de bien te décalquer la face. Papy aime bien, ça relance son pacemaker qu'il dit. Des samples servent d'intros sur certains titres, courtes quand même parfois face à la durée du titre. Certains pourraient reprocher une certaine redondance mais il y a bien assez de variété pour éviter pareille récrimination.
Musicalement, on sait que ça bourrine bien. Mais le son me demanderez-vous peut-être (surtout toi et toi...)? Et bien, il est plus que correct, et dégage bien ce qu'il faut, gore et puissance! Et avec la discographie du groupe (formé en 2004), il y a vraiment du matériel à écouter!
Et voilà le cas BBARBAPPAPA BUTCHERY. Hop, un lien pour vous donner une idée du projet:
https://youtu.be/UAkP7NNGaWE
14 titres orientés cybergore grind, dans un esprit complètement taré, bien fun et pas prise de tête. Derrière, on retrouve Yoarghhh (pilier et activiste très active de la scène) avec en guest un autre ami, Pigy Perv sur Delta.. India.. Echo, Increase tension et Definitively inimical. Pour ceux qui ont cliqué ou copié le lien, vous savez à quoi vous attendre. Du cyber gore grind, bien allumé, sauf que là, les titres font dans l'expéditif.
Et ce, dès l'intro qui sonne un peu black metal, histoire d'être bien en décalage! Et s’enchaînent ensuite les titres, qui vont vite, font efficaces et sans chercher à être chiant. On comprend bien les paroles parfois, très simples: blablabla, par exemple. Pas de vrai paroles, ici, ce qui prime, c'est le fun qui déboîte mamie (la perverse!!!). Le son est aussi plus que très correct, toujours en ayant en tête le registre exploré par le projet ravagé.
Un split clairement cool, qui fout la patate et qu'il est conseillé d'avoir, pour les amateurs ou les aficionados de l'extrême!

dimanche 6 août 2017

DYING FETUS ' Wrong one to fuck with'

Relapse records 2017 - CD fourreau pour la censure

Ha, voici un bien bon brûlot très concentré à la bien belle pochette, pleine de bruits et de fureur! L'un des groupes vétérans du grind death nous revient avec un album vraiment, mais alors vraiment intense et technique. Et c'est simple, il fait mal. Ça va vite, très vite, non sans se laisser aller régulièrement à des breaks brise nuque ou des parties parfois plus lourdes, toujours empreintes de violence vraiment hargneuse.
Et c'est un véritable périple qui attend l'auditeur car les 11 titres prennent vraiment le temps de se déployer (comprenez exploser à la gueule de l'auditeur) pendant presque une heure, qui s'avère à la fois courte et intense mais longue dans les subtilités (si, il y en a...) que distille le groupe dans ses compos.
Et oui, car là on a vraiment un mixe entre le death, dans sa forme la plus brutale et du grind, que l'on retrouve par touches fulgurantes, intensifiant des titres déjà très intenses de base. Ici par question de délicatesse, on laisse ça aux groupes de pop et aux émos (c'est mort ça, non?)!
Il est impossible de rester sans réactions face à de tels titres. Soit tu jubiles, tu remues, soit tu es mort. Et dans ce cas, je ne comprend pas comment tu peux lire cette chronique...
Les morceaux sont foutrement bien prenant, sans que l'un ne ressemble à un autre, la technique ne les empêchant pas de se faire plaisir dans des solos de furieux, des breaks impromptus bien violents ou encore des changements de rythme très particuliers, offrant un aspect parfois haché de celui-ci, correspond foutrement bien avec le titre sur lequel ça arrive (un peu comme sur 'Reveling the abyss'.
Dying Fetus n'a plus rien à prouver et montre bien qu'ils sont encore là, non pas dans la cour des grands mais dans celle des Maîtres du genre.
Ils ne prennent pas de pincettes (plutôt des hallebardes à mon avis...) pour asséner  leur vision de la musique et déployer leur univers, bien à eux, qui ressemble à un exutoire de fous furieux armés lâchés dans une mégapole démunie.
Comme je le disais, on ne voit pas l'album passer, malgré des titres parfois long en matière de temps, grâce à l'expérience du groupe et leur dextérité. De prime abord, ça peut paraître être un véritable obstacle au novice mais si il prend le temps de se pencher sur ce groupe, il découvrira de nombreuses subtilités qui demandent vraiment plusieurs écoutes, la violence des morceaux offrant une cache parfaite pour celles-ci.

HUMAN ERROR/PSYKOANALYYSI

TRISMUS RECORDS 2014 - CD digipack


Et hop, on revient à Human Error avec ce split tout en finesse, associé au groupe Psykoanalyysi, un groupe finlandais.
Pour Human Error, on a droit a 12 titres de grind, dont des relents punk hardcore s'extirpent un peu du terreau ('can you see' est un bon exemple) offert par certains. Globalement, ben ça va vite, c'est concis et c'est vraiment efficace. Ce groupe est à mettre dans la catégorie des groupes engagés et enragés, de fort bien belle manière! Avec ce précipité de violence, ils revendiquent la liberté pour tous, en mettant les armes là où ça fait mal. Le son est très bon, offrant aux titres le moyen de lâcher toute leur puissance. La partie concernant Human Error nous offre donc un brûlot de violence vindicative en environ 16 minutes sur les 28 du split. Ils ne sont pas là pour déconner ou faire de la dentelle!
Psykoanalyysi, groupe finlandais, à les préférences de mamie. Je ne sais pas pourquoi mais je crois que c'est parce sa table n'a que quatre chaises et que c'est un trio de hardcore punk, qui rappelle les jeunes années à mamie.
Musicalement, ils n'ont rien à envier à Human Error, ayant une approche différente mais, ô putain de merde, ça envoie aussi sévère! Les titres sont vraiment courts, eux aussi très intense, avec un chant punk hardcore à la tonalité très particulière. 11 titres jubilatoire en finlandais, ultra efficace et qui me font dire que je ne comprend pas le finlandais mais je m'en fout, je suis de tout cœur avec eux. Bref, c'est du tout bon.
Un excellent split qui est là pour mettre la pêche et être un putain de bon défouloir!!

VIDEOTOPSIE n°19

Sortie en mai 2017



Un peu de lecture maintenant! Cela fout fera du bien et vous cultivera dans un domaine très pointu, que David Didelot gère totalement et en est un érudit!
Concrètement, ce zine est une mine d'infos sur le cinéma de genre, axé années 60/70, bis, avec la culture autour et un coté musicale qui varie du hardrock au thrash*, selon les numéros.
Et c'est vraiment une masse à lire, préparez vous à un long périple culturel à chaque fois, celui-ci ne faisant pas exception.
Que ce soit les entretiens ou les dossiers, chaque élément est fouillé, très pointu, regorgeant d'informations et de d'anecdotes directement avec les intervenants des œuvres autopsiées. Car c'est exactement cela le concept de ce zine: une autopsie complète d'une oeuvre. 
Et on retrouve cet esprit érudit jusque dans les reviews de films, allant explorer les détails qui apportent un éclairage et une connaissance pointu de l'oeuvre éviscérée en détail.
Les 154 pages qui composent ce numéro sont vraiment travaillées, que ce soit du coté informations mais aussi dans la composition ou la mise en page, en plus d'un papier de qualité. L'équipe qui apporte son aide à David est aussi composée de gens de savoir.
Et quand on lit les numéros, on prend la mesure de l'ampleur du travail nécessaire pour offrir un tel fanzine, qui est dans ce domaine une référence.
ici, le gros des sujets concernent un retour sur la série des Amityville mais en explorant, outre les suites, les liens et autres qui jalonne à la fois la série mais aussi les films exploitant le filon. un dossier sur Frank de Felita, explorant son oeuvre et des liens autour, une interview de Bernard Rose, aux questions pertinentes et là encore, fouillées, amenant ainsi des réponses très riches, celle avec Alan Perez, un dossier sur Necrophagia (excusez du peu!), des reviews en pagaille de films dont certains me sont inconnu (et du coup, faut les traquer), les livres à lire (autour de la thématique du fanzine...). Oui, c'est très dense. Mais ce n'est pas chiant non plus. Les différents intervenants (des rédacteurs aux interviewés, en passant par les explorateurs du genre) ayant un angle de vue évitant de ce faire chier, parfois avec un brin d'humour ici et là, offrant une impression de décontraction éducative.
Et c'est là aussi un des secrets de ce fanzine! Sans doute même une partie de son Essence, ce partage d'un savoir et d'une passion intacte, cet amour d'un univers cinématographique boudé souvent par les grands médias, relégué au rang de sous-culture alors que non,c'est clairement une Culture mais étant d'un angle différent du point de vue du 'grand publique' et bien, ça gêne.
Si il y a bien un zine pour en apprendre sur le cinéma bis, c'est clairement celui-ci, offrant un Himalaya de savoir, avec les 18 autres numéros, dont certains reviennent au besoin finir l'exploration de thème (blackploitation et autre).
C'est clairement un travail de fou, chronophage et méticuleux mais putain, quel travail: c'est vraiment pointu sans être barbant, écrit sans prise de tête. Là où c'est hélas triste, ce numéro sera sans doute l'un des derniers de David mais qui semble préparer un chant du cygne qui sera plus un festival des feux d'artifices. Merci David!

* et sûr qu'il y a d'autres genres aussi...

BODYSNATCH 'Universe of gory tales'

Risng Nemesis Records 2009 - CD

Il a fait bien chaud dernièrement par ici, au sud. Alors, un peu de fraîcheur en provennance de Suisse ne peut que faire du bien, non? Du genre du brutal death d'un trio bien dégueulasse, bien gore? Et bien si c'est votre rêve le plus cher, je vous l'offre ici même! Bande de veinard(e)s!
Cet Ep de 2009 nous offre une fenêtre ouverte sur un univers flippant de dégueulasseries. d'emblée, le son est énorme, très percutant, avec une voix d'ogre intense.
C'est fidèle, dans l'ensemble, au registre, très gustatif (ou pas). Mais même si le tout est assez rapide, le tour de force du groupe est d'avoir des passages lourds aux guitares avec une batterie très rapide, donnant une impression de décalage qui s'avère tout bonnement jouissif. Et quand ça part dans le vraiment rapide, ben... mamie fume toujours des oreilles. Ça ne rigole pas et ça fait mal et, cons que l'on est (ou pervers?), on aime ça!
Les titres, même si ils peuvent pêcher (dans un lac? Ok, je sors... ha ben non, c'est moi qui écrit...) par un coté légère ressemblance parfois n'en sont pas moins individuels entre eux (hop, sujet bac philo 2018).
Les trois titres sont longs, de l'ordre des 6 minutes, permettant au groupe d'explorer justement ce coté rythmique très particulier, à la fois très saccadé et puissant. Alors oui, trois titres, ça fait court. Mais ceux là permettent d'entrevoir que le groupe ne fait pas dans la demi mesure et a un putain de gros potentiel!

RESTOS HUMANOS sans titre

INTO THE RAVECORPSORATION 2017 - Cassette limité à l'Europe

Restos humanos est un groupe de grind death deux tiers colombien et un tiers Italien. Point de mystère, ce groupe envoie vraiment du lourd, sur album ou en live (il faut voir cette énergie de malade lâchée en direct!!). Ce nouvel album sans titre ne faut pas classe à part. Les huit titres répartis de façon équitable sur les deux faces, malgré un son volontairement un peu grumeleux s'avèrent être autant de titres qui défoncent, offrant un véritablement carnage sonore, succédant parfois après des intros dégageant une atmosphère macabre ou malsaine, ne surpassant nullement celle qui fait office de premier titre, la sinistre 'Incipit della morte'. Mais toujours ce mot d'ordre de tout détruire, comme le prouve directement 'Aquel aquel ojo' et son précipité de violence débridée. Oui, ça fait mal!! Et c'est ça qui est bon!!
Les titres sont très puissants, vindicatifs et ne n'ont pas peur d'aller loin. Alors oui, la cassette passe vraiment vite, en environ 23 minutes. La plupart des titres oscillent entre 1'30'' et 2''30, à l’exception de 'Creaturas desde la Selva' et du long et fascinant 'Black sunday' sur lequel je vais m'attarder un instant.
Ce titre, après une intro pas très festive débute sur un registre doom death lancinant, au chant très marqué où la violence n'est pas dans le rythme (si ce n'est peut-être dans les cymbales...) mais dans ce coté doom death, très martial dans le rythme imposé. Une sorte de vision de cauchemar auditif que le groupe dévoile ici un aspect intéressant, très différents des autres titres clairement rentre-dedans et vas-y que je t'enfonce le pick-up dans ta gueule.
Un excellent album à posséder, quelque soit le support que tu choisis (mais un support physique pour soutenir le groupe, hein. Sinon, tu crains.).

HUMAN 'Bloody history Bloody today"

HUMAN ERROR 2011 - Cassette grise argenté très sympa

Human Error... Ceux qui ne connaissent pas ce groupe hongrois de grind ultra rentre-dedans, je ne peux rien pour vous, sauf vous dire d'y poser une oreille.
Ici, on a le droit à 22 titres concentrés sur une seule face, visant l'essentiel: déboîter sa race (ou mémé, c'est selon...)! Donc point de mystère.
Les titres viennent de divers enregistrements, datant de 2010 et 2011, dont seul 'Szürke beton, szines képek' est un titre inédit. Deux reprises sont dissimulé dans les pistes, 'Police bastard' de Doom et 'Robbanj fel te negédes vilag' de Marina revue (excusez la faute avec l'absence d'accent sur le a de vilag...).
Point de temps mort, les titres filent vite et bien, avec un son très correct (compte tenu que c'est une cassette, pour ceux qui n'écoutent que des CDs ou pire, du mp3)... qui ajoute un coté à l'arrache qui s'avère excellent.
C'est clairement une bonne entrée en matière pour découvrir un groupe qui sort d'une scène très prolixe, ne reniant pas ses origines et proposant toujours un grind ultra efficace et carré!

dimanche 16 juillet 2017

GOATWHORE 'Vengefull ascension'

2017 Metal Blade Records - CD digipack


On change directement de registre avec des gars de la Nouvelle Orléans nous offrant un véritable concentré de colère. Et pas de blues, ni de cajun festif (si ça existe...). Non. Point de ça. Ici, on a le droit à un black death très incisif, avec un coté rock'n'roll pas piqué des hannetons!
En 10 titres le groupe te met à genoux (sauf si tu n'en as pas, là, du coup, je ne sais pas quoi dire...), avec un album tout en finesse et en raclage de restes.
Le groupe n'hésite pas à poser des tempos nettement plus lents, en contraste avec les parties suintants un black assez sombre, aux ambiances assez macabres, aidé en cela par deux chants qui renforcent cette impression.
Alors oui, effectivement, il ressort quand même aux écoutes un aspect mélodique qui pourrait clairement gâcher tout (moi le premier, habituellement, ça m'irrite les nerfs...). Mais là, le groupe imbrique vraiment ces aspects malsains, macabres et ces parties tantôt plus mélodiques, tantôt plus rapides, tout en gardant en tête de garder un aspect agressif (et pas nécessairement en passant uniquement par la violence pure).
La rondelle n'est qu'une offrande d'efficacité sans vraiment de concessions, visant la douleur et un certain énervement vis-à-vis de la religion.
Le groupe prend le temps de poser des titres pour développer un univers sombre où le futur de Terminator 2 est un vrai paradis en comparaison. On retrouve cette agressivité dont je parlais à travers cet univers aux ambiances pas vraiment festives, que les voix, dont une vraiment éraillée ajoute à ce coté pas youpi du tout. Ici, on est loin du pays des bisounours.
Vengefull ascension fait mal, même si cette douleur ne se fait pas par le biais habituelle d'un tempo pied au plancher mais plutôt par un coté insidieux qui ressort nettement. Si vous aimez le malsain, le malaise et le macabre, alors penchezz vous sur cet album.

HYPNOTIC DRIVE 'Full throttle'

2017 Hypnotic Drive - Avec Ellie Promotion- CD digipack

Outre une bien belle voiture le devant de l'objet, le contenu devrait combler les amateurs de mélanges appréciables, qui ici nous mène dans un voyage à travers les routes poussiéreuses et écrasées de soleil des déserts américains.
Concrètement, le groupe s'y prend de la plus simple (et du coup, efficace) manière, en manipulant un stoner bien gras, aidé par le chant assez râpeux du chanteur (et qui colle bien à la musique). Les 9 offrandes que font les 4 gaillards au dieu de l'asphalte s'avèrent être de très bonne facture, sachant que le stoner n'est pas un genre que je côtoie souvent ou qui m'attire tel un papillon suicidaire va se coller à une lampe à insectes.
Ce qui ressort d'office, ce sont les riffs bien gras, suintants la lourdeur que nous balance le groupe, dès le début et ce, sans nous prévenir auparavant.
Les titres sont très riches en eux-même, en plus d'être différents et évitant une certaine redondance qui pourrait nous gâcher la vie heu non, l'écoute.
Il est vrai qu'au début de mes écoutes, j'ai un peu buté sur la chose. Puis j'ai été pris dans le sillage du groupe, aidé par cette voix qui devient familière, pour un disque qui nous inviterait à manger du kilomètre.
Certains titres sont nettement plus pêchus que d'autres, qui à l'inverse laisse la rugosité prendre le dessus, offrant un contraste et un univers bien à eux. Complètement incapable de citer des références aux amateurs de stoner, hormis Karma to Burn, qui semblent être un point d’intérêt du groupe, le reste, hahahaha, je ne sais pas. En tout cas, il y a du lourd dedans, et pas que dans la musique et ce sans être péjoratif.
Comme je le disais quelques lignes plus haut, j'ai eut un peu de mal au début. Mais au final, une fois pris au jeu, j'ai trouvé dommage que le disque ne soit pas plus long (oui, bon, il y a quand même presque 40 minutes à savourer, sois en conduisant ou alors avec un bon bourbon à la main). Et l'on n'hésite pas à refaire une seconde écoute. Puis une troisième, car les morceaux sont denses et recèlent mille détails demandant clairement un long temps pour tous les capter. Car le groupe varie les plaisirs, entre tempos lent, presque hypnotiques parfois et d'autres, vraiment plus énervés (dans un registre stoner hein, ne mélangeons pas non plus tout...). Le son aussi participe à la magie de la chose, à la fois gras, rugueux, avec un coté propre aux années 70, renforçant clairement l'impression d'être emmené en voyage. Ce qui est certain en tous les cas, c'est l'adhésion obligatoire de tout fan de stoner à ce groupe et l'achat obligatoire pour soutenir le groupe.

dimanche 2 juillet 2017

TREPANATOR

Une fois Deep Vein sclérosé (hahahahaha, humour médical) est venu le temps de Trepanator qui nous a offert déjà une démo ici même (http://margothpdf.blogspot.com/2016/11/trepanator-mutant-birth.html). Et il germa dans ma tête, bien content de cette démo qui poutre d'en savoir plus et de partager les sages paroles de Trepanator. Et donc, voici pour vous l'interview ici même, bien dense et sans photo car il y a bien de la lecture! Merci à Trepanator!


1- Bonjour à vous ! Comment allez-vous en ce guilleret moi de février qui va mourir et précéder un mois de mars douteux ? Bon, commençons de façon factuelle : contez nous la grande histoire de Trepanator, celle pleine de bruits et de fureur !

G : Salut à toi ! Ben ça va bien, on a bien traîné pour répondre, du coup on est fin juin, mais juillet s'annonce peut être tout aussi douteux, voir pas du tout. On a formé Trepanator avec Cyril (le batteur) quand Deep Vein a cessé d'être, en 2012 si je raconte pas de conneries, histoire de continuer à faire du death metal. On a pas mal passé de temps à jouer d'abord à 2, puis on a été rejoint par Wortan (guitare, ex-Angmar, Mantras, Abducius), ensuite par son frangin Ogmor (basse, Bottle Doom Lazy Band, Mantras, Abdicius) et finalement par Steph (chant, Iris Somnium). Niveau enregistrements on a sorti un EP autoproduit « Mutant Birth », qu'on peut trouver via notre bandcamp, un split qui devait sortir prochainement avec les copains de Fall Of Seraph (death metal, Chevanceaux) et on bosse sur un album.

2- Parlons du mystère entourant le nom du groupe. Trepanator. C’est quand même fort de choisir un nom, qui dans l’acte fait bien death mais rappelle pourtant la période thrash de groupes en ‘Or’, comme Profanator, Megazetor, Annihilator, Kreator, Agressor… Est-ce voulu ? Est-ce un clin d’oeil mais quand même, vous jouez du violent ? Est un accident, sorti lors d’une soirée scrabble arrosé de banga et que vous trouviez que ça sonnait bien ? Pas du tout ça ? Un peu de tout ça ?

G : C'est en effet fort mystérieux. Oui c'est en partie un clin d'oeil à toute la plétore de groupes de thrash en -or (il y a d'ailleurs un groupe de thrash brésilien qui s'appelle Trepanator). Pour respecter le protocole on aurait du s'appeler Trepanation, mais bon. C'est aussi un clin d'oeil à un nanard de Norbert Moutier, avec des acteurs à l'accent marseillais qui sont censés être ricain, ça vaut le coup d'y jeter un ou deux yeux!

3a- Votre death est très ciselé, un peu comme de l’ail (clin d’oeil aux cuisiniers qui liront peut être – ou pas), alternant des passages sacrément rapides avec d’autres nettement plus posés, aux solos plein de tendres sensibilité. Aviez-vous l’idée de faire ainsi ou est-ce venu naturellement, du fait de vos connaissances approfondi du 5è mouvement de la quatrième partie de la symphonie presque achevée de Strading Vladinisk ?
3b- Plus sérieusement ?
3c- Mutant birth, votre Ep, est-il là pour fêter et montrer la naissance d’un mutant musical et que ça va chier? Juste pour montrer que maintenant ça suffit et ça va chier ? Est issu d’une longue démarche de réflexion intérieure et de montrer que putain, ça va chier ?
3d- Comment définiriez-vous ce que vous jouer (genre un nom qui claque. Ben oui, death c’est tellement lambda…) ?

G :
a) Absolument !
b) Difficile de répondre à ça, en gros la composition dans Trepanator fonctionne comme ça : j'écris les riffs de gratte et les 2èmes grattes que je verrais bien, soit seuls soit par « groupe » de riffs, une fois une ébauche de morceau faite je fais écouter à Cyril, on vire les riffs un peu nazes, du coup en rajoute d'autres et on refait une structure. Ensuite Wortan ajoute des harmonies, Ogmor fait sa basse et on rajoute le chant en dernier. Au final ça peut donner des morceaux qui alternent parties lentes et rapides. C'est pas vraiment une volonté de casser le rythme ou d'alterner en permanence, c'est juste le résultat du processus de composition, si on a mis une partie rapide à tel endroit c'est qu'on trouvait que c'était trop mou du cul sans, en gros.
c) oui
d) Pour nous on fait du death metal, je pense que ça correspond bien.

4- Y’a t-il des fans de fantasy dans le groupe ou du Seigneur de anneaux ? Hein ? Gran ? Ogmor ? Quels sont les origines du choix de ces bien mystérieux et intrigants pseudonymes ?

G : Ce sont malheureusement nos réels prénoms.
W: On parlera de la misère social que ça engendre dans une prochaine interview si tu veux !

5- Quel est le mot caché derrière les picots qui tiennent le CD ? Pour le lire, il faut péter ces putains de picots de merde et je n’ai pas envie. Et d’après mes recherches doctorales et un large sondage auprès d’un échantillonnage représentatif de la population de 1 personne, la frustration étant à son comble, pouvez-vous révéler ce secret ?

G : Si tu regardes bien, tu vas trouver tout seul.

W: Indice, ça figure déjà ailleurs sur la pochette.

C : Indice : il y a un rapport avec Erik von Däniken,

6- Je pense que les paroles parlent de choses comme la bienséance dans une soirée mondaine lors d’un gigantesque gangbang ou comment découper proprement avec la fourchette et le couteau adéquates sa victime. En fait, non. Je suis sûr que vous avez mieux en paroles. Plus sérieusement, qu’abordez-vous dans les paroles et qui est donc ce Bottleben (un gars bien… il y a Ben dedans…) ? Ne seriez-vous pas en fait qu’une bande de potes un peu dégueux dans leur conversation et qui on l’envie de partager ces conversations ?

G : Pour être honnête je ne sais pas de quoi parlent les paroles, je vais laisser les autres répondre. Bottleben c'est le chanteur de The Bottle Doom Lazy Band, il a écrit certains de nos textes.

W: On est bien une bande de potes un peux dégueux, mais pas dans nos conversations.

C : Bben c'est un vieux poteau, on échangeait déjà des textes entre Deep Vein et TBDLBand à l'époque.... Les paroles traitent du chaos, de mort, d’altération de la réalité, du nihilisme vu par le prisme déformant de la transsubstantiation, de tranches de vie, de points de vues anti-religieux et anarcho-libertariens....rien de très original.

7- Que pensent vos proches de Trepanator ? Un soutien indéniable ? Une phobie du groupe ? Un soutien certain mais ils ne comprennent pas les tenants de l’aboutissant ?

C : Ils nous soutiennent du fond du cœur.

W : Ma mamie aime bien, ça me suffit.

G : Nos proches adorent tous Trepanator.

8- Que faites-vous à coté du groupe ? D’autres projets ? Des métiers fascinants (comme déboulonneur de panzer, chauffagiste en fluide glacial…) ? Pas trop compliqué de pouvoir assembler le tout ?

G : On a tous d'autres groupes en parallèle, Cyril et moi jouont aussi dans The Last Tomb (thrash), Cyril joue aussi dans Rotten (death old school) Ogmor et Wortan jouent ensemble dans Mantras (stoner psyché) et Abducius (black metal), Ogmor dans The Bottle Doom Lazy Band (doom) et Valuatir (Black metal à tendance Pagan, mais Pagan véner, pas Pagan musette) et moi dans Klootzak (heavy/thrash).
W: En plus de la Zic, je brasse de la bière avec mon frère (Ogmor), c'est bien raccord avec le metal.

C : C'est effectivement un peu compliqué à concilier, il s'agit ici de conserver de la détermination et une sorte de résilience afin d'assouvir une passion encrée profondément. C'est d'autant plus dur et irrémédiable avec les années.

9- Quels sont vos goûts musicaux, littéraires et cinématographiques ? Se reflètent-ils dans Trepanator ? L’un de vous a-t-il des goûts honteux que les autres vont vite balancer, un peu comme dans la presse people mais qu’au fond, c’est pas honteux car c’est très pointu et dénote d’un certain élitisme peu accessible au commun des mortels ? Ou c’est juste pour m’embrouiller, avec mes questions que même le journal Le Monde m’envie (mais pas les inrocks, qui ne captent rien...)?

G: La mort, on aime tout ce qui est la mort mec. Sinon j'écoute principalement du metal, j'aime beaucoup des groupes comme Coroner, Death, Vektor, Martyr, avec des gratteux qui arrachent bien ou sinon des trucs un peu plus posés. Je suis pas sûr que tout ça se reflète dans Trepanator.

W: Pour ma part, j'aime tout ce qui est bien. Donc toute une chié de groupe dans un paquet de style, Black, death, thrash, post rock, classique, rap, trip hop, electro, jazz, stoner, blues...

10- Que pensez-vous de la Seine ? Elle est craspec, hein ? Vous ne voyez pas le rapport, hein ? Et quels regards ou sentiments avez-vous sur la scène métal (on va se cantonner sur l’underground foisonnant) ? Et que pensez-vous de la mentalité qui est apparu dans le public (cette sorte de dédain des groupes pas connus ou le snobisme des premières parties, le mépris et les idées de merde qui se développent…) ? N’est-elle pas une aberration par rapport à ce qu’est censé représenter le métal ? Comment voyez-vous l’évolution de celle-ci ?

G: Je ne sais pas, je ne connais pas assez la Seine, on est de Poitiers, nous c'est le Clain. Pour la scène métal, on s'en fout, on joue partout qu'elle soit en bois, métal ou plastique peu importe, même sur la terre. Sinon je ne sais pas ce qui est censé représenter le métal, sûrement un marteau et une enclume, non ? Autrement on a la chance d'avoir une scène locale qui se bouge bien le cul, avec des gars comme Hilde son asso Anthems Of Steel qui organisent de bons concerts underground à Bressuire et à Poitiers, sinon je vais avoir du mal à te donner un avis sur le reste de la scène française, vu que je la connais pas très bien, on est loin d'avoir joué partout en France, pour l'instant on a généralement été assez bien accueillis, malgré quelques plan bien moisis...

C : Entre les groupes modernes sans âme et un mouvement rétro métal pas tout le temps bien inspiré on est pas gâtés. Il y a eu et il y a encore de très bon groupes, rares, à mon avis, dans l'UG français, mais la plupart passent à la trappe ou tombent dans l'oubli (Carmina, Affliction Gate, Mercyless, Massacra ….) et c'est peut être aussi bien comme ça …. Internet et l'enregistrement numérique avec les outils informatiques arrangent rien à l'affaire. Tout un tas de blaireaux te sortent des galettes surproduites, avec une batterie recalée, des riffs copiés collés, un son de bulldozer en plastique... tout en se faisant encenser par des webzines tenus par des trous du cul ego-centrés en mal de reconnaissance, et possédant une culture métal douteuse. Suffit de s'bouger aux concerts en France et à l’étranger et de fouiller les distros adéquates (ce que je fait depuis un bail...) pour se faire une idée. A mon sens c'est un peu similaire en Espagne et en Italie, tandis qu'à l'est et au nord c'est bien plus riche et inscrit dans la culture des différents pays. La scène d’Améique du sud est mortelle aussi (Escarnium etc...), on fait bien pale figure en face......, en Turquie y'a du bon death aussi avec des groupes comme Engulfed ou Burial Invocation par exemple....Enfin y'a la scène ricaine qui continue à produire de bon trucs, Morfin, Rude, Scorched etc....

11- Quels sont vos projets et les espoirs que vous portez pour 2017 ? Des dates ? Un album qui cartonne, vous ramassez des millions et prenez une retraite bien méritée ? Tourner, poutrer un max et vous faire plaisir en jouant pour le plaisir des amateurs avertis ?

G: On espère pouvoir ouvrir un salon de massage thaïlandais ou un magasin pour vendre des accessoires de tuning, un truc classe, qu'a la cotte tu vois. Pour les dates... On ouvrira sûrement cet hiver car il fait trop chaud sinon et on a pas de local encore.

C : Rien à branler de la thune, on est pas du style ambitieux carriéristes comme on en rencontre d'ailleurs de plus en plus, ça fait plus de 20 ans que je joue donc pour moi, tant que ça continue comme ça, c'est bien....répéter, sortir un album après le split, trouver quelques dates, continuer à organiser quelques concert, boire des bières ….. amen.

12- Merci à vous d’avoir pris le temps de répondre à mes questions qui, quelque fois, ont pu légèrement tordues. Le dernier mot est à vous !

G: D'accord !

C : Pour le moins atypiques.....merci à toi.

dimanche 4 juin 2017

IMMOLATION ' Atonement'

NUCLEAR BLAST 2017 - Superbe cd digipack

Hop, sans la moindre introduction ou quelconque transition, on va parler du nouvel album des incontournables IMMOLATION. Alors, d'entrée, comme ça, à froid, fans d'Epica, Nightwish et autres, ça risque de vous nettoyer les oreilles. Je dis ça, je ne dis rien. C'est juste pour vous prévenir, on ne sait jamais.
Ce groupe fait parti des vétérans de la scène death metal. Formé en 1986, ce groupe est donc âgé de 31 ans. Ha, ça calme, hein!?
12 titres (dont le dernier est un bonus de la version digipack) constitue l'offrande donnée à nos oreilles averties, pour presque 50 minutes de bonheur. Du moins, pour les amateurs de death.

Dès le premier titre, The distorting light, le ton est donné: ça va faire très mal. Le son, à l'image de leur death, est très massif, dégageant un coté très sombre, évoquant un peu du dark dans ce qu'il a de plus malsain. D'ailleurs, c'est ce que l'on ressent aussi à l'écoute: ce coté malsain, distillant un malaise presque palpable. Et c'est le lien qui ficelle l'album.
Musicalement, leur death est technique et il fait vraiment mal. Pas nécessairement bourrin de bout en bout, des passages plus posés (enfin par rapport aux autres parties hein, on ne parle pas de pop ici...) mais sachant, quand c'est utile voire essentiel, devenir franchement bourrin. Et quand ça le devient, avec ce coté sombre, ça prend une voie très intense et ne fais pas dans la dentelle (d'où vous voulez, parce qu'on s'en fout, ils ne font pas de dentelle que je viens de dire... suivez un peu, bande de coquin(e)s).
Et on se prend au jeu de suivre, comme des cons ou des amateurs avertis (c'est selon les points de vue) les rythmiques (parfois foutrement alambiquées) avec notre corps (ben oui, il y a moult possibilités de suivre un tempo, non?). Un exemple de mon propos? Ben écoutez donc Fostering the divide, aux passages parfois hypnotiques et martiaux ou l'énervé Rise the heretics, tout en virulence, même dans ces parties plus 'relaxantes'.
Et jusqu'au bout de l'album, il n'y a rien qui contredit ces arguments. Bien au contraire. Le groupe utilise son savoir faire pour créer des émotions noires, des ambiances glauques. Et le tout, en sachant quand bien te défoncer, le tout sans vraiment prévenir. Et ils ne mentent pas, cette recette étant la base de l'essence qu'est Immolation.
Destructive currents offre lui un coté surprenant. Car on y retrouve un riff thrash pur et dur qui sert de liant au morceau. Et ce riff est exactement le même que celui qui est l'essence de Reptenless de Slayer. Sauf que son utilisation va varier dans le morceau, histoire de bien nous laminer. Ceux qui pourrait penser à un pompage, sachant que les deux albums ont des sorties proches, oubliez cet argument. C'est juste un riff excellent que deux groupes de styles différents ont trouvé et qui, dans chacun des cas, s'avère efficace, le malaise en plus chez Immolation.
Le titre bonus, nommé Immolation est juste un putain de cadeau aux fans: il s'agit du premier titre de la démo de 1988, réenregistrée pour l'occasion et qui montre que déjà, aux débuts du groupe, tout était déjà là, bien que peaufiné par le temps. C'est clairement le morceau le plus rapide, un petit morceau d'histoire en somme.
L'artwork du digipack est à tomber. Il s'agit de l'artiste Rob Kimura, qui outre la cover couleur sublime, a créer dans le packaging d'autres oeuvres, elles en échelles de gris, collant parfaitement à l'ensemble. Un travail magnifique à signaler. Bref, c'est un album incontournable du death, que tout bon amateur de ce style devrait avoir dans sa cdthèque.

samedi 3 juin 2017

PRIMAL AGE

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Comme cela faisait longtemps qu'il n'y avait pas eu d'interview. Rassurez-vous, cela va se faire plus souvent, juste me laisser le temps (après tout, plus c'est long plus c'est bon, selon le dicton populaire...). Et du coup, en attendant une autre interview à venir, ce sont les normands de Primal Age qui ont joué le jeu, histoire d'éclairer un peu ce groupe et aussi pour la sortie de leur Ep A silent wound. Et c'est avec courage et rapidité que xDimitrix (basse) a répondu à mes quelques questions! Enjoy!


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1- Bonjour à vous, ô nobles membres de Primal Age ! Comment allez-vous ? Bon, on va commencer par une succincte présentation du groupe, pour ceux et celles qui ne vous connaîtraient pas.

OK, PxA 2017 c'est Didier au chant, Ben et Flo aux grattes, Mehdi à la batterie, et moi (Dimitri) à la basse. On tourne depuis 22 ans pendant lesquels on a joué dans 12 pays et sur 3 continents, 3 MCDs, 2 full albums, des centaines de concerts avec notamment le Helfest, Sonisphere, Hell on Earth, Paris Xtreme fest, Free Edge... sur lesquels on a eu la chance de jouer avec tous les groupes (presque tous) que l'on adore.


2- Depuis 1993, vous distiller un mélange détonnant de Hardcore metal. Avec la forme de 2017, quelle évolution y voyez-vous ? Partagez-vous l’impression d’une intensité de plus en plus marquée ? Comment percevez-vous cette évolution au regard de vos vies ?

Depuis nos débuts on a vu pas mal de nouvelles vagues arriver sans jamais céder à la tentation de les surfer, car on fait vraiment la musique qu'on ressent depuis nos débuts tant qu'on a la chance de trouver un public. Elle évolue forcément et heureusement car on n'aime pas refaire les mêmes morceaux. Ce qui a beaucoup évolué, c'est la qualité des prods ; aujourd'hui si tu n'arrives pas avec un gros son tu te fais laminer, avant avec des prods en carton tu t'en sortais)).

3- Votre nouveau Ep, A silent wound, comme à chacune de vos productions, marque une évolution par rapport à la précédente, toujours dans une optique d’intensité croissante. Quelle est la genèse de celui-ci ?

Il marque une transition particulière dans la mesure où on a connu le départ de Johann à la gratte qui a joué 10 ans avec nous, et que Ben et Flo sont venus le remplacer. C'est aussi pour cette raison qu'on a opté pour un format court, faute de temps et pour leur laisser prendre leurs marques. Un vieil ami du groupe (Sylvain de Seekers of the Truth) est venu prêter main forte à la composition, avec toute son expérience et s connaissance parfaite de notre son. Pour la prod on est également resté en terrain connu en re travaillant avec Thomas Tibéri, et un master de Chris Zeuss Harris( Sepultura, Hatebreed, Rob Zombie... ). On a pris beaucoup de plaisir, tout en se rassurant avec la nouvelle formation, la mayo a bien pris et on est repartis de l'avant, avec beaucoup d'envie et de projets.

4- Vous êtes depuis vos débuts engagés dans ce que l’on va nommer l’univers du véganisme (et ce que ça implique), l’écologie et les thèmes proches qui y sont liés. Ressentez-vous le passage du message (ou du moins, toucher les consciences) et quelles évolutions voyez-vous aussi par rapport à vos débuts ? Y-a-t-il une partie plus importante plus réceptive à ce message (je parle de façon globale car le domaine est vaste, on en conviendra) ? Et qu’est-ce qui vous pousse à cette persévérance (dont je ne me plains pas et qui force le respect) ?

Cela a énormément progressé et on s'en réjouit, enfin façon de parler car cela signifie que la situation est gravissime. On avait la sensation de s'adresser à un microcosme quand on a débuté, alors qu'aujourd'hui on a de nombreux retours, de personnes qui viennent en discuter après les concerts. On s'attache à avoir un discours positif et constructif par rapport à ça, car il est facile de rebuter les gens quand on attaque frontalement comme on a pu le faire il y a 20 ans. 

5- Quels thèmes abordent vos trois titres de A silent wound ? Y abordez-vous un domaine peut défricher auparavant ? Pourrait-il être une continuité dans un fil rouge commencé depuis vos débuts, au final ?

On a toujours ces thèmes en perspective mais que l'on aborde par différents biais. On a un morceau qui parle de la déforestation, un autre qui traite des "faussaires de la science" et un autre des lobbys pharmatico chimico industriels et leurs soutiens politiques et bancaires. 

6- Malgré la durée des titres qui dépasse les 3 minutes, ceux-ci passent très vite. Est-ce volontaire de rendre un poil frustrant la chose, histoire de faire baver encore plus l’auditeur ?

Non on n'a pas encore ce genre de perversité). Comme je te disais on fait ce qu'on ressent, si un titre doit faire 5 min il le fera, s'il doit durer 3 min c'est la même. L'important pour nous était de faire un bon album, et on est plus que satisfaits du résultat, et visiblement avec les chroniques qui sortent on a fait mouche, donc tout est OK. 

7- Le dernier titre est très à part. To Jeff est clairement un hommage à Jeff Hanneman. Représentait-il une influence pour vous ? Quel est le secret mystique qui se cache derrière ce titre qui est aussi une sorte de blind test du fan ?

Oui c'est une grosse influence pour nous, on est tous fans de Slayer. Jeff Hanneman est responsable des riffs les plus mythiques du metal et on a voulu faire un assemblage cohérent de certains d'entres eux. On a invité Julien Benighted et Koba Loyal to the Grave avec lequel on a joué à Tokyo pour ce morceau qui a une saveur particulière. 

8- On peut clairement vous mettre dans la grande famille du metal extrême. Dans l’esprit, vous offrez des ponts vers le grindcore et dans une certaine mesure, la powerviolence, de part, entre autre, votre engagement et votre intégrité. Votre évolution musicale pourrait elle un jour vous mener à la frontière ténue entre ces différents genres ? Quels sont vos regards et opinions sur ces scènes assez spécifiques ?

C'est franchement pas important, on ne s'attache pas à savoir dans quelle catégorie on va être classés quand on compose, tant que ça pète à nos oreilles, c'est tout ce qui compte. Sur certaines affiches de concerts on a tantôt vu : Primal Age (Hardcore), (Brutal Death), (Trash), (Metalcore)... alors on fait ce qu'on aime sans se soucier de l'étiquette qui va être posée sur la galette. Mais sur ce qu'on commence à composer pour la suite... il semblerait que ça reste du brutal)

9- Quels sont vos regards sur le hardcore metal depuis les débuts du style ? Quels groupes vous ont marqués, dans ce style et dans d’autres (on a tous des groupes qui nous ont marqué qui sont parfois loin du style nous fascinant) ?

Nos influences vont de Slayer à Hatebreed, en passant par Madball, Napalm Death, Sepultura, Morning Again, Arkangel... Le hardcore metal a la chance de passer les époques par rapport à certaines vagues qui retombent vite. C'est une des raisons qui nous ont fait passer de la scène purement hardcore à des shows plus metal dans lequel on se retrouve davantage. 

10- Que pensez-vous de cette montée du véganisme que l’on peut qualifié d’intégrisme ? Ne serait-ce pas une erreur de la part de ceux qui sont dans un mouvement radicale pour faire passer le message, au lieu d’avoir une disposition plutôt à échanger, moyen plus efficace et plus riche, pour faire avancer les choses ? Parfois, dans le cadre des tournées, n’est-ce pas un peu compliqué (oui, je sens que c’est un euphémisme) ? Y-a-t-il des pays plus réceptifs que d’autres, du fait de la culture ?

Comme je te disais plus haut, on a commis des erreurs à nos débuts avec un discours seulement accusateur qui ne nous semble pas productif. Il m'est arrivé de me prendre la tête avec des vegans (depuis 3 mois des fois lol) qui connaissent tout et sont dans le jugement et l'excès. J'en ai juste rien à foutre de ces mecs et trace mon chemin en fonction de mes convictions. Je laisse ceux qui font une compétition du véganisme de coté, se permettant de dire qu'un végétarien est une merde qui tue autant qu'un carniste... A mon sens ils font beaucoup de mal à cette cause car il vont rebuter beaucoup de monde. Il me semble plus intéressant de faire évoluer les consciences de masse que d'avoir un groupuscule vegan 100% irréprochable. Si l'ensemble de la population diminue déjà sa consommation de viande, cela fait des millions d'animaux sauvés. Tout ce qui va dans ce sens est une bonne chose et quand on laisse les gens prendre conscience de l'exploitation animale, ils sont amenés à évoluer, alors que si on les rebute dès leur arrivés ils peuvent décrocher directement.

11- Quels groupes pouvez-vous conseillez sur la région d’Evreux ? Je n’en connais que peu, alors qu’il doit y en avoir pas mal… Existe-il des labels, structures ou associations qui se bougent pour la scène metal/hardcore ?

Sur Evreux... on ne peut pas dire qu'il y ait grand chose de structuré dans ce domaine. Il y a bien sûr des groupes, mais on ne peut pas parler de plaque tournante du metal)) 

12- Du haut de votre expérience et carrière, quel est votre regard sur la scène actuelle et tout ceux qui essaient de la faire vivre et de la soutenir à leur façon ? L’évolution est-elle favorable ou trouvez-vous que c’est plus compliqué ?

Il y a du bon et du moins bon comme souvent. On constate une multitude d'assos qui organisent des fests et malheureusement peut-être trop parfois car beaucoup se plantent. On a vu dans des petites villes 4 ou 5 assos qui se tirent la bourre, et chacune organise son fest qui finit déficitaire. Sur ce genre de ville où le potentiel en public reste limité, il faudrait pouvoir se regrouper pour organiser 1 ou 2 événements viables. Une des difficultés que l'on constate est le manque de structures intermédiaires, où on va passer directement du café concert à la grosse salle de spectacle qui reste peu accessible à ces groupes de musiques extrêmes. 

13- Quels sont vos projets pour Primal Age ? Festivals et vacances ? Pas trop compliqué de conciliez vies privée / professionnelle et Primal Age ? Votre plus grands soutien n’est-il pas en fait vos familles / proches ?

Oh que oui c'est très compliqué de tout concilier, ça relève de l'exploit et il faut une grosse dose de passion pour continuer à avancer. Mais on a cette envie et donc plein de projets avec 2 perspectives de tournées lointaines, un album et d'ici là (car on se projette sur 3 ans), des tas de concerts pour prendre et donner du plaisir.

14- Merci à vous d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. Je vous laisse le plaisir de boucler cette interview !


mardi 30 mai 2017

BLISTERHEAD 'Border control'

2017 CRAMADA records - CD dispo depuis le 19 mai 2017

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Blisterhead... un autre groupe suédois, donnant aussi une offrande via le punk rock. ici, on a un Ep très concis (10 minutes pour 4 titres), carrément catchy et accrocheur! Pourquoi? Je ne sais pas, je demanderais à mamie. Néanmoins cela tient aussi bien des riffs que du son qui semble venir des années 60, vers le début. Du coup, mélanger à leur punk rock, dans la lignée de The offsprings, pour vous situer, le résultat est très percutant et remuant. Qui plus est, le groupe nous offre des titres en anglais, vachement plus facile à capter que le suédois, en ce qui me concerne!
Les 4 titres passent hélas trop vite et c'est frustrant comme une actrice porno sans orifice (ho la belle comparaison de merde...). L'énergie est bien présente, avec un coté 'je te fous la banane!!', à l'aide de riffs efficaces et de rythmiques bien soutenu pour le style. Le chant n'est pas en reste, plus agressif à mon sens que celui de Mähälium. Alors oui, on va dire que la Suède et le punk rock, globalement, c'est un peu étrange. Et voici donc un deuxième exemple que, ben non en fait, ça le fait (et sur qu'il y a des formations étranges de punk black, de punk rock black ou de death punk...).
Alors oui, c'est vrai que j'accroche plus avec ce groupe, du fait de cette approche très directe et plus incisive et de ce son très caractéristique que développe le groupe. Très bonne découverte pour moi, merci au label de m'avoir envoyer ça comme ça. Les gars, on va discuter ensemble!

MÄHÄLIUM 'Nâr verkligheten golvar dig'

2017 CRAMADA records - CD dispo depuis le 26 mai 2017

              
Groupe suédois de punk rock formé en 1998 et silencieux depuis 2001, le groupe revient avec ce nouvel album qui participe au concours du titre le plus imprononçable de l'année. Chantant dans la langue nationale de ce beau pays plus connu pour le black ou le death, il est vrai que, à moins de maîtriser cette langue, on ne capte pas un mot de ce qui est dit, ce qui s'avère un peu couillon, mais bon, on ne va pas se plaindre!
12 titres pour un peu plus de 34 minutes diffuse un punk rock à l'ancienne, plus marqué par le punk dans le chant et les chœurs, non sans renier ce coté rock dans les structures des morceaux. Morceaux qui sont dans l'ensemble relativement courts, évitant l'écueil d'un ennui quelconque, en dessous de 3 minutes.
Alors oui, cela pose un petit inconvénient, celui qui dessert un peu les titres, une certaine impression de ressemblance parfois entre tout ça. Argument qui se reçoit mais que le groupe essaie de détourner par la gnaque que dégage l'essentiel des titres. Et qui fait assez court au final, parfois semblant plus pop punk dans l'approche.
Néanmoins, des titres ressortent clairement du disque et valent le détour, comme l'excellent Under ditt skinn, à l'accroche très rock et permettant au chant d'être plus modulé et donc plus riche, avec une durée de plus de 3'30''.
L'autre titre s'avérant aussi très bon, toujours dans cette veine rock/punk, très positif dans sa musique, est le titre qui clôture l'album, au nom qui fait gagner au scrabble, Nâr verkligheten golvar dig, dégageant une ambiance très marquée, à travers principalement deux grosses parties, dont la seconde dégage une certaine mélancolie et pourrait être un titre collant à un film noir, à l'ambiance bien poisseuse.
Alors effectivement, moi, je ne connaissais point ce groupe et le label me permet de découvrir celui-ci, ainsi que le suivant dans la prochaine chronique. Les influences de Mähälium, globalement je n'en sais rien, car dans ma cdthèques, en punk rock, c'est limité à The Offsprings et quelques autres comme Dirty Wheels. A vous d'écouter pour vous faire une idée si vous connaissez plus ce style (Bad brains, No Fx, Green day...).
La production est très propre, dégageant ce que l'on attend de ce style: de l'énergie. Et c'est pas mal déjà tout ça!

lundi 8 mai 2017

PRIMAL AGE 'A silent wound'

2017 Primal Age - CD

Primal age, groupe ébroïcien (Evreux, dans l'Eure, pour ceux et celles qui ne sauraient pas - minute culturelle) qui, depuis 1993, distille un hardcore metal sans vraiment de concession, nous revient avec cet Ep de 4 titres qui s'avère, une fois encore, très intense.
Dans le détail, il y a trois titres qui sont du Primal age pur jus. évoluant musicalement depuis leur début, offrant à chaque fois de nouvelles facettes. Les titres sont vraiment très rapides, très intenses, toujours dans une lignée de la cause animale, de l'écologie, la surconsommation... qui sont leurs thématiques jamais reniées, apportant une éducation via une forme musicale.
Whistelblowers pose les bases de ce que seront les titres pur jus: une déflagration hardcore metal très direct, parfois allant vers une forme plus radicale par instant. Le chant de Didier est plus que jamais agressif, restant dans le fond hardcore mais avec un timbre plus rugueux. Musicalement, c'est très typé hardcore dans les rythmiques. On retrouve ce coté saccadé du style mais enrichi de diverses influences venant de divers courant du metal (et pas de courant mou du genou). Le mélange s'avère à la fois lourd et rapide, restant toujours percutant. Les chœurs renforcent encore plus cette notion de violence hardcore, ce coté sans concession.
Les deux autres titres sont dans la même lignée, brutale et efficace. Le groupe maîtrise son sujet dans le fond et la forme, apportant une dimension musicale supplémentaire par une densité presque palpable. On ressent la hargne et la colère face à une société assez abjecte dans sa nature. Les titres ne laissent pas de temps morts, impossible de décrocher un instant, le groupe captant chaque parcelle du cerveau.
La production est juste monstrueuse, comme à leur habitude, prenant soin d'offrir certes de la violence mais de qualité et audible.
Le dernier titre, To Jeff, est un très bel hommage à Jeff Hanneman, au travers d'un morceau reprenant des éléments de diverses chansons de Slayer, de Angel of death à Raining blood. Et qui force le respect.
Un Ep indispensable à tous fans de hardcore digne de ce nom!


CUT UP 'Wherever they may rot'

2017 METAL BLADE - CD digipack

Hop, on passe du suicide du passé au groupe qui s'assume pleinement. Dès les premières notes, c'est carré, direct et intense. Pas de concession et ça vise le carnage. Cut up déploie un death violent à la voix d'ogre sur les 11 titres de son offrandes à nos oreilles attentives. Et ça va vraiment vite, sans vraiment prendre le temps de poser de quelconques passages plus cool. Ils n'en ont rien à foutre de notre sensibilité et putain, ça fait du bien!
Les vocaux offrent parfois des relents très nauséabonds, m'évoquant les démons du film du même nom (celui de Lamberto Bava). Ici, comme dans le film, c'est réservé à ceux qui ont des tripes et pas aux effarouchés de toutes zones. C'est un véritable déferlement de violence, un album fait pour s'auto-démembrer. C'est très bourrin mais néanmoins très structuré, leur violence étant clairement maîtrisée.
J'avoue que j'ai menti plus haut. Il y a quelques petits moments où le groupe ralenti légèrement le tempo, juste pour rendre un malaise palpable, avant de revenir en force et rendre par opposition la violence plus intense.
Les thèmes sont dans la lignée de leur musique: meurtre et autres festivités (ce serait bizarre un groupe de death évoquant la floraison des cerisiers au Japon...).
Et c'est cela le fil rouge de l'album, cette violence exploitée par différents biais, juste pour mieux te démonter les neurones. Du courts et très intense 'Necrophagic madness' ou 'by hatred bound' au très structuré (et sans doute le plus complexe) 'Raped by the blade' (et de la poésie en plus!!!), Cut up ne prend pas de pincettes, en déployant un savoir faire certain. Le groupe joue vite et bien, se faisant plaisir et nous faisant aussi plaisir.
La production est juste nickelle, avec un petit coté un peu grumeleux dans le son, un coté sale volontaire, collant parfaitement à la déferlante du disque. Un album excellent, à conseiller.


SUICIDE SILENCE 'ST'

NUCLEAR BLAST 2017 - CD


J'eus découvert Suicide Silence par un heureux hasard, prenant une claque monumentale, au travers d'un deathcore bien intense, parfois proche du grind. Donc, voyant ce nouvel album (et gardant en tête le décès du précédent chanteur), je me suis dit, "tiens, je vais me faire plaisir." Et en 9 titres, on a une idée claire de ce que l'on écoute.
Deftones nous offre un album très sombre, dans la lignée des précédent. C'est bien fichu et c'est du Deftones pur jus, un poil plus metalcore que le précédent. Leur metal est très sombre, énervé et s'attache à des thèmes pas très joyeux.
Bon, ok, je me trompe de groupe. Deftones et Suicide Silence, c'est très différent, me direz-vous. Ha oui? Tu es sûr(e)? L'album est sympa, pass de problème. Mais il n'y a plus rien a voir avec le deathcore et la rage bien violente des précédents albums que j'ai pu avoir en main. Avec un album portant pour titre le nom du groupe, c'est clairement un changement de style qui est acté, au profit d'une sorte de metalcore qui lorgne vraiment vers ce qu'offre Deftones. C'est très surprenant, décevant un peu mais cela reste néanmoins pas mal. C'est très sombre, sans le moindre doute, très torturé, jusque dans le chant. Pour les amateurs du genre, à savoir un  metalcore assez conventionnel avec un soupçon de Deftones, ça devrait le faire. Pour les autres, dont je fais partie, c'est moins sûr, voire pas gagné du tout. C'est un virage sec, qui demandera plusieurs écoutes car il y a quand même des choses très accrocheuses qui suintent de cet album, notamment au travers du chant et des ambiances parfois sinistres. Une nouvelle ère s'ouvre pour Suicide mais je ne sais pas si je serais de ceux qui suivront. Ou par accident.