dimanche 22 mai 2016

THE LOSTS

Après la réception du disque de ce groupe courageux (je veux voir et entendre une ola générale), une interview pour creuser un peu ce qu'est le groupe, son univers et d'autres choses s'imposait, histoire d'éclairer un peu le mystère de ces gens qui se sont perdus quelque part qui n'existe pas sur une carte. Et c'est cool car on y apprend des choses qui illumineront vos vie ou du moins, votre instant de lecture. Et soutenez les groupes! Réponses par le chanteur guitariste et qui joue aussi de la mandoline.


The Losts (Photo prise de leur facebook, issu d'un téléphone portable)
  1. Salutations à vous ! Comment allez-vous ? Bonne ambiance ? Préparés psychologiquement à cette interview ?
YGC : Salut Benoît ! Oh tu sais…. Vu les 3 mecs avec qui je traîne, être préparé psychologiquement relève d’une philosophie du quotidien.

  1. Comment s'est formé The losts. Comment ? Où ? Quand ? En diagonal ? Le tout en moins de 750 pages.
YGC : Au départ, c’est l’histoire d’un gars qui jouait de la clarinette, puis du piano jusqu’à ce qu’il découvre la musique en se mettant à la basse. Il y avait aussi celui qui hésitait entre avoir des cheveux longs clairsemés ou plus de cheveux du tout. Lui, il s’est installé à la batterie et ses problèmes se sont résolus. Enfin, il y a celui qui, enfant, en avait marre que son petit frère lui pique et lui casse toutes ses affaires… eux, ils se sont mis à la guitare…. Enfin, le premier… le second, lui, c’était par la force des choses. A piquer la gratte de son aîné, il fallait bien qu’il apprenne à en jouer ! Et puis par un tour de magie, c’est devenu The Losts… ça, c’était vers 2009/2010.

  1. D'où vient le nom ? Est-ce dû à une rencontre autour d'un GPS défaillant, d'une randonnée avec une carte de 1785 ou en perdus en plein milieu d'un supermarché ? Ou pire : perdu en plein milieu d'un GPS périmé au coeur d'une randonnée chez Darty ?
YGC : C'est un peu tout ça à la fois. Plus une histoire de vieux parchemin en papier toilette machonné trouvé dans le grenier de mon grand-père. Et aussi une histoire de cactus... et de baleine aussi...

  1. Bon, il y a un concept derrière The Losts. Pouvez-vous l'expliquer car je pense que ma théorie est foireuse (des types recalés au casting de la série Lost après s'être plantés de porte et avoir attendu aux toilettes leur tour…). Hmmm, je pense que votre concept doit être beaucoup plus profond…Peut-on y voir des liens avec des aspects de notre société déliquescente ? Au bout d'un système vidé ?
YGC : Tu vises assez juste. Enfin pas pour ta première théorie… en fait quand on s’est présenté pour la série Lost, le directeur de casting a complètement flippé…. On s’est fait jeter parce qu’on était trop beaux pour leurs attentes. T’y crois à ça ? (Depuis, j’ai appris que le mec s’était rasé le crâne… mais, moi, je ne trouve pas ça très ressemblant). En ce qui concerne ta seconde hypothèse, effectivement, le concept a une visée satirique relative à la décadence et la complexité noire de la nature humaine. Pour illustrer tout cela, nous utilisons l’histoire des Egarés (la majuscule est importante, c’est elle qui donne sens au « S » de The LostS), êtres nés de nulle-part, dans l’abandon le plus total, qui, cherchant à donner sens à leur vie, se rapprochent des civilisations humaines et tentent de s’y fondre. Seulement, par imitation, et dans leur naïveté la plus totale, ils n’absorbent que la plus profonde nature de l’Homme : une nature faite de tromperie, de machiavélisme, de déséquilibres divers, etc. Et de ce fait, la question restant en suspend est : qui de l’Homme ou de l’Egaré porte le véritable masque de l’imposture ? L’Egaré en plein mimétisme ou la bête humaine cachée derrière de belles apparences ? Avouons tout de même que nous n’avons pas une vision si noire de nos sociétés, nous croyons en l’être humain mais il faut aussi dire qu’il est source intarissable d’inspiration quand il s’agit de sa part de ténèbres.

  1. Ce concept vous est-il lié, d'une manière ou d'une autre, à vos existences et est donc une sorte d'exutoire pour canaliser vos pulsions/visions/colères/envies de coloriage (rayez la mention inutile) ? Est-il lié à une recherche d'un certain idéal ou d'un coté spirituel, par un certain rejet de ce que l'on peut nous imposer de force?
YGC : Euh... oui.

  1. Quel est l'avancée (ou les avancées) majeure(s) du concept entre votre premier Ep et l'album « …of shades & deadlands » ? Et plus personnellement, cela s'est-il traduit chez vous par un quelconque changement ou confirmation de choix ?
YGC : Beaucoup de titres de l’album ont été écrits durant les mêmes sessions de composition que ceux de l’EP. Le concept était donc déjà pensé dans sa continuité. L’EP traite essentiellement de la genèse des Egarés, l’album renvoie à leur avènement parmi les êtres humains et leur décadence (tableau que Stan W. Decker a complétement su représenter pour la cover). Les 2 disques se renvoient la balle également. « Mister The Fake » sur l’EP évoque la question finale de l’imposture alors que « Genesis – Livre III » ou « … Of shades & Deadlands » sur l’album reviennent sur les prémices. Mais attention, les textes ne sont pas narratifs pour autant, il s’agit surtout de descriptions, d’états, de situations qui peuvent également être interprétés de manière décontextualisée. Et puis, notre travail de groupe s’appuie avant tout sur la musique, le concept est l’enrobage, il n’est pas là pour influencer notre manière de composer.

  1. Et vos proches, comment voient-ils ce concept musical ? Quel accueil ont-ils vis-à-vis de celui-ci et de votre musique ? Ont-ils peurs? En rient-ils (jaune) ? Ou de bien grands soutiens ?
YGC : Je ne suis pas certain que nos proches aient tous bien saisi le concept sous-jacent... mais ils ont l'air contents alors on prend ça pour un grand soutien ! Quant à la musique, on peut entendre ce genre de choses, chez moi, entre mes filles : « Tu veux écouter Baby Metal (jeunes mes filles, je précise), Ritchie Blackmore, The Losts ou Star Wars ? »... ça en dit long sur l'adhésion...

  1. Et lors de concerts, développez-vous une certaine scénographie liée au concept ou non, vous êtes des warriors : l'ancienne, direct dans la gueule ? Pouvez-vous décrire un peu l'ambiance/atmosphère qui s'y distille ?
YGC : On tente effectivement de construire du visuel également sur scène, à base de masques, d'éléments de décor... et puis on aime aussi revenir de temps en temps aux fondamentaux avec des concerts plus garage en essayant toujours de communiquer au mieux avec le public... dans tous les cas, on reste des Warriors ! Virgin Steele, c'est un peu un modèle !
  1. Est-ce facile de jongler entre The Losts et vos activités (travail et autres passions éventuelles) ? Des hobbys fascinants ? Des métiers palpitants (accessoiriste chez Lada, encolleur de timbres, dessinateur industriel de briques…) ?
YGC : Il faut effectivement savoir compiler... parfois, on aimerait aller plus loin mais le croisement de nos 4 agendas n'est pas toujours évident... On a tous, à un moment précis, nos indisponibilités mais comme DGC le disait si bien il y a peu : on arrive à comprendre les priorités de chacun , qu'elles soient familiales ou professionnelles, et avancer sans qu'aucun de nous ne se sente sous pression.... Après, c'est sûr que le boulot de tarteur de fesses est chronophage ! Au delà de ça, nous avons des femmes qui nous épaulent à fond... et même des enfants qui participent à nos projets !

  1. Quels sont vos centres d'intérêts hors musique ? Et se retrouvent-ils dans The Losts, car une part de vous-même est ce ou ces centres d'intérêts (ciné, littérature, sculpture de confettis, le mambo depuis le 14è siècle, l'architecture romane…) ? Le groupe n'est-il pas en fait une part de vousmême ?
YGC : Le groupe est complètement une part de nous-mêmes... c'est pour cette raison qu'on n'y parle de choses pas jolies jolies... cela dit, on devrait parler aussi du directeur de casting de la série Lost, lui il était vraiment laid ! En ce qui concerne mes centres d'intérêts hors musicaux, j'aime beaucoup me pencher sur ce que l'Homme est capable de créer, les arts bien sûr, mais aussi ce qu'il est capable de susciter dans ses interactions avec autrui et ça, c'est tout ce dont parle The Losts... dans une version où on raye le positif bien sûr !

  1. Musicalement, quels sont vos goûts (des choses vraiment bizarres genre un mix Bobby Lapointe/André Rieu/Justin Biber) ? Plus conventionnel ? Des conseils de groupes pas connus qu'ils sont vachement bien sauf ……………………. (parce lui non, c'est naze…) ?
YGC : Nous ce qui nous fait kiffer, c'est les vibes qui te font bouger ton boule ! L'éclectro-salsa du démon, par exemple ! Et aussi un peu de Metal mais pas trop parce que c'est un peu violent tout de même... du Heavy (forcément), du Hard, du Black, du Doom, du Thrash, du Rock aussi, des musiques de films, du classique, etc. En ce qui concerne les découvertes, nous attachons une grande importance à notre appartenance à une communauté locale de metalleux alors je conseillerais de se tourner vers tous les groupes que nous citons dans le livret de « … Of Shades & Deadlands » (c'est vendeur ça les mecs ! Vous allez voir, les lecteurs vont se ruer sur notre CD)... et avec ça, en plus, tu couvres un large panel de styles ! Au delà, sur le plan national, s'il y a bien un groupe à découvrir, de mon point de vue, c'est Sanctuaire que j'aime à décrire comme les princes du Dark Heavy français. Et pour ce qui est vachement naze, je vous déconseille... mince... comment il s'appelle... je sais plus... de toute façon, c'est vachement naze ! Par contre, ton mix avant-gardiste, là, il me botte bien. T'as un skeud ?

  1. Quels regards portez-vous sur la scène actuelle (métal et assimilés) ? Vu vos âges, quelle évolution avez-vous pu voir ?
YGC : Personnellement j'ai un avis très tranché sur l'évolution musicale. La notion de production a pris une ampleur telle que, parfois, j'ai le sentiment qu'elle balaie tout le reste... le reste qui me paraît pourtant l'essentiel : la démarche de composition, l'ambiance générale, l'âme d'un groupe. De ce fait, je trouve que la musique, et plus spécifiquement le Metal, est devenue une grande course à celui qui aura le plus gros son, les instruments les plus lissés, le rendu le plus moderne et parfait... jusqu'à te demander s'il s'agit du musicien ou de l'ordinateur qui se trouve aux commandes et jusqu'à ce que, au final, tu te retrouves avec un disque qui sonne comme celui que tu as écouté juste avant, qui sonnait déjà comme celui que tu avais écouté juste avant, qui sonnait comme.... Tu vois, je prends bien plus de plaisir à l'écoute d'un groupe underground au son pas forcément nickel qu'à l'écoute d'un groupe à la prod monstrueuse mais sans personnalité. On joue du Metal bordel, c'est censé être une musique vivante, pas trop propre sur elle... Du point de vue de l'interprétation aussi, les musiciens sont entrés en compétition. C'est à celui qui jouera le plus vite, le plus lourd, avec le plus de breaks de batterie à la demi-seconde possible.... je trouve ça lassant, je préfère m'enfermer à la cave à écouter cette scène, heureusement fourmillante, qui aime à perpétuer d'anciennes valeurs !

  1. J'ai ouïe dire que vous envisagiez un featuring avec Maitre Gim's. Ce ne sera pas trop compliqué à lui faire chanter des paroles qui ne font pas saigner les oreilles ? Et le duo avec Laurent Voulzy, c'en est où ? C'est un truc bidon, c'est ça ? On m'a menti (Quoi ? Deux fois ? Diantre…) ?
YGC : Euh non, c'est juste le téléphone arabe qui a ripé. En fait, on prépare un single avec Laurent Gims, un gars qu'on a rencontré au Delaware.

  1. Avec quels groupes ou artistes (de par sa vision ou autre) aimeriez-vous collaborez musicalement ? Voir explorer un aspect caressé dans The Losts ?
YGC : En tant que fan, je dirais bien sûr des gens comme Snowy Shaw, ou issus de la team King Diamond/Mercyful Fate.... Ce qui m'intéresserait beaucoup, ce serait de bosser avec des gens qui ont le sens du théâtre sur scène. Andre Matos aussi de part la richesse musicale qu'il dégage. Ensuite, comme évoqué plus haut, il y a cet attachement à notre scène locale et collaborer avec les musiciens qui en sont issus représente quelque chose d'important également à nos yeux... c'est le message que nous avons voulu transmettre à travers le bonus présent sur l'album !

  1. Quels sont les projets pour vous ? Des surprises ? Un live sur mon balcon ?
YGC : Ce qu'on aimerait bien, après la série de concerts prévus pour promouvoir « … Of Shades & Deadlands », ce serait simplement se poser un peu pour composer, monter progressivement le prochain album. Tu peux pas savoir comme ça fait longtemps qu'on ne s'est pas juste posés pour mettre des idées à plat. Et puis des dates ailleurs, on pense à de nouveaux territoires de conquête, un clip peut-être, qui sait, avec des dames à moitié nues dans une poissonnerie.... Pour le live sur le balcon, y a barbeuc avec ?

  1. Merci à vous d'avoir répondu à ces quelques questions ! C'est à vous de conclure ! Lâchez vous !!

YGC : Ah non, ne dis surtout pas ça.... tu ne sais pas à quel point l'atmosphère est infectée quand l'un de nous se lâche ! Grand merci Benoît, pour tout l'intérêt que tu nous as porté. Je te ferai des accras de morue quand on viendra jouer sur ton balcon, après le clip! Petit message au public : Continuez à acheter nos CDs, on n'a pas encore assez pour partir aux Bahamas. Sérieusement, au plaisir de se retrouver autour d'une bière lors de nos concerts, vous êtes tous des boss ! Vous êtes tous invités sur le balcon de Benoît ! 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire