mardi 25 septembre 2018

FAST BLACK ATTACK



FAST BLACK ATTACK au Kjbi (le Crès) les 21 et 22 septembre 2018


En cet fin d'été, le Kjbi a décidé de faire les choses en grand pour lui dire au revoir et bien finir cette saison chaude comme une braise. Il a donc été programmer un festival qui a envoyé le pâté, la cassolette, la cuisinière et le four avec dans la gueule des personnes ayant fait le déplacement. Et avec l'affiche proposé, ça en valait le détour, puisqu'il y en avait pour tous les goûts.
Vendredi 21 septembre: il fait chaud dehors (puis ce sera à l'intérieur) et un public clairsemé.
A 20h15 pétante, F.A.S.P. commence son show. Il s'agit d'un duo de harshnoise, style qui est ma limite et me passe loin (pour vous situer: la distance entre ton PC et la frontière la plus proche) au-dessus de la tête. Il y en a qui ont écouté, d'autres étaient dehors. C'était donc un set de duo harshnoise avec triturage de potards. Voilà. Les amateurs du genre devraient y jeter une oreille si ils ne connaissent point.
SKULLSTORM enchaîne derrière. Et là, c'est pas la même. Je me retrouve en zone plus conventionnelle. Le quatuor montpelliérain offre un crust hardcore. On retrouve du coup plus de monde devant la scène, sans doute plus sensible à ce que propose le groupe. C'est assez brut, énergique et très accrocheur, avec des titres puissant et qui donnent envie de remuer. Et ça va à l'essentiel: défourailler. Une bonne découverte pour moi.
Puis les grenoblois de SATAN prennent la place. Et là aussi, ils ne sont pas venus pour rire ou faire du tourisme (quoique... on peut joindre les deux...) ni de la figuration. Satan, pour ceux qui ne connaîtraient point, propose un punk débridé mélangé à du black. Le résultat est forcément explosif et le set du combo est assez bestial. Le groupe balance tout, dans le but de simplement faire comprendre que l'on est pas ici pour faire de la dentelle, assis au coin d'un feu de bois. Le coté black colle parfaitement avec la chaleur dans la salle. Sans doute aussi la monde devant la scène qui chauffe (le monde, pas la scène).
BRUTAL BLUES prend la place de Satan. Le duo nous vient tout droit de Norvège. Il balance sans le moindre avertissement un flot de grind bourrin, sans temps mort. Ca va vite, ça doit aller vite et ça ira vite. C'est assez intense et le groupe offre ainsi une continuité dans la montée en puissance de la folie et de la violence tout au long de la soirée. Certes que deux, mais putain, bien énervé. Devant la scène, il y a un regroupement de plus de 2 personnes (entre 2 et 150, plus dans une fourchette raisonnable) et quelques excités aussi. C'est bon enfant, comme pour les autres groupes.
Enfin, le clou de la soirée, venant de tout là-bas, de l'autre coté de la Terre, plus exactement du Japon et exactement de Tokyo. SETE STAR SEPT est là et le duo va livrer un set complètement fou, ultra intense de 20 minutes environ, à vu de nez et sans montre. Et on est pas déçu de la prestation schizophrénique de Kae (la bassiste, complètement possédée) ni de Kiyasu, qui derrière sa batterie assure aussi le show. C'est barré, violent, ça va vite. Leur nutscore (pour moi, c'est du putain de grind qui déchire) fait mouche. Sans doute le concert le plus barré du festival (mais pas le plus barré du duo) où la folie a fusionné avec la musique pour accoucher d'un moment dingue!

Un premier soir complètement fou, au regret de peu de personnes étant venues.

Samedi 22 septembre 2018: en arrivant, il y a plus de monde et plus de vent que la veille. Coïncidence (j'ai un doute...)? Dans la salle ça a ressemblé à une guerre, en plus joviale et moins démembrements.
MUTILATION OF MIND ouvre les hostilités de ce second soir, plus resserré musicalement. MOM est de Montpellier et le trio (car ils sont 3). J'y découvre un autre groupe de Max (Zoldier Noiz, All Borders Kill...). Le set est certes court mais putain, c'est bon. Un death grind qui n'est pas là pour faire de la figuration. Premier concert ce soir là et le groupe est carré. Leur death grind est brutal, agressive, oserai-je abrasive (ou n'ose-je pas?). Bonne découverte et claque pour commencer la soirée!
P.O.R.C prend la suite et on ne change pas la recette. Les Pontoisiens ne font pas dans la tendresse et balance leur brutal death teinté de grind sans fioriture, ni temps mort, dans la bonne humeur, en pensant à s'hydrater (un conseil médical lorsqu'il fait chaud) au rhum (ça fait vacances). Même si c'est bon enfant, le set est carré et leur musique s'avère très intense et est idéal pour laminer la salle qui s'excite drôlement. Grosse claque, la légende dit vrai: le groupe butte! Le trio a de sacrées cartouches en réserves.
VLAAR enchaîne à leur suite. On change de registre et on se retrouve avec cinq personnes dont deux dames. Une sur scène (la bassiste) et la seconde au chant, dans la salle, chant répartis avec un des gars, offrant un ensemble de voix intéressant et accrocheur. Le groupe propose un crust mélodique qui fait mouche, porté par des mélodies assez mélancoliques sans oublier néanmoins une hargne et une contestation lié au genre. Mais putain, ça fait mouche, entre la voix écorchée du gars et celle qui agressive de la dame. Le groupe offre lui aussi un set qui est efficace, même entre un groupe de brutal death grind et de grind.
La soirée est avancé et arrive les derniers furieux de la soirée. WARFUCK, ce duo délicat et sensible prend position. Et ça va être la grosse guerre, genre les autres guerres, c'est du pipi de chat. Ha oui, Warfuck, pour ceux qui ne connaîtraient pas, c'est du gros grind bien agressive. C'est ultra intense, violent de telle manière que même la censure se cache. Pas de temps mort, le duo envoie et débite à fond, pour ne pas laisser de répit aux furieux dans la salle. Du blast, rien que du blast et de la violence. Et peut-être un bisou à la fin.

Le Kjbi a fait très fort avec ce festival pointu pour les furieux! Chapeau bas! Et fallait vraiment y être.



P.O.R.C. 'Eléments de stupidité '

2017 P.O.R.C - Démo #1 en cd


P.O.R.C. est l'acronyme sympathique pour Putrefaction of rotting corpses, un sympathique groupe de 3 jeunes (plein d'avenir) comme l'aime la bienséance, formé en 2015 à Pontoise (sur une carte de la France sur le ouaib, c'est un pixel à coté de Paris) qui a donc cette première démo dévoilée ici même.
Une introduction éducative sur comment faire disparaître un corps avec des porcs précède 5 titres tous plus enjoués les uns que les autres. Bon, concrètement, c'est un poil plus compliqué que ça.
Donc on a 6 titres totalisant les 10' 27''. Cet indice annonce que déjà, soit c'est chelou, soit ça bourrine. Coup de chance, ça bourrine!
PORC (flemme de retaper les points...) balance, comme ça, sans prévenir, un brutal death dérapant vers le grind, sans la moindre honte. Et pour la plus grande joie de l'auditeur. Ce qui connaissent le groupe savent ce qu'il en est. C'est une forme de barbarie musicale décomplexée et foutrement bien efficace. Mais par contre, mensonge! Aucun élèments de stupidité à l'horizon... Moyen de faire le buzz avec un titre ça, tssss...
Les cinq titres suivant l'introduction (portant d'ailleurs, ô hasard incroyable, ce nom) entretiennent un point commun avec la voix. Gros son donc grosse voix, bien gutturale, dans des compos qui défouraillent sévère (mamie en a péter son déambulateur), allant à l'essentiel: te niquer ta race (ou pour faire plus politiquement correct, appliquer une série de coup de pied dans ton séant). Même si les titres sont relativement courts, il n'en sont pas moins assez dense, car le trio joue la carte de la variété, jusque dans les paroles (français, anglais, espagnol... mais chaque titre reste sur la langue. Hein. Ne soyons pas cons au point de s'attendre à une langue par mot ou tous les 3 mots...).
La voix est bien gutturale, très agressive et se fait aider par un chœur tout aussi enragé. PORC n'a pas laissé une trace pour faire de la figuration, on en est loin. Alors oui, ça butte intelligemment l'audit(rice)eur (suivant le sexe ou la vision personnelle de l'individu).
Le son est au top, bien massif, bien gras, bien bourrin, ce qui me revoie à ma question: comment des groupes peuvent sortir des démos au son pourrave quand des groupes comme PORC montre que c'est totalement faisable un son de furieux?
Alors ceux qui souhaitent acquérir cette démo, ça risque d'être chaud. Parce qu'il semble qu'elle soit en train de devenir une introuvable. Si vous la trouvez, acquérez la!

jeudi 20 septembre 2018

CUNT PUS INGURGITATOR 'Impulse to fuck a headless whore'

2013 Emocaust Records - CD

Commencer cette chronique sans évoquer Bob Macabre, ce serait vous balancer un truc totalement obscure sans point de repères. Bob Macabre est un américain vivant à New Alexandria, en Pennsylvania, pratiquant le metal depuis longtemps au sens large et ayant environ 2141400 projets différents, dont certains sont bien marrants (Short bus retard...), capable de passer d'un objet fort sérieux au truc le plus absurde qui soit, avec un son variable suivant le projet et depuis 2017, plus souvent sous son nom Bob Macabre, en plus de son label Macabre Masterminds records, créé en 2004. Ainsi il n'est étonnant de voir du black metal (Occulticus par exemple, version true black virulent) avec du heavy thrash avec Heavy Metal aggression (sous son nom) mais toujours avec une touche gore quelque part... Et une vision personnelle de la musique. Et ce qui fait de lui un bon candidat pour la série des 'Le cas'. Et de fouiner dans ma collection pour en ressortir les quelques disques du sieur pour un pe
Ceci étant planter, voic l'heure d'explorer les entrailles de cet album qui regroupe aussi la démo 'Slicing a corpses vagina'. Bon entre la cover et les titres, les amateurs de poésie risquent de ne pas s'attarder, les amateurs de viandes, de rester et les furieux acquérir quelques objets du sieur.
Impulse to fuck a headless whore, c'est un maëstrom de brutalité non stop. C'est un tabassage en règle de 32 minutes, qui se répartit en 52 délicates raclées. Et c'est un mixe de goregrind hyper dégueux avec de la harsh, saupoudré de folie. Et qui va vite, très vite, offrant parfois un panorama sonore proche de ce que pourrait être l'environnement sonore de l'enfer.
Alors oui, évidemment, le son n'est pas le top de ce que l'on pourrait espérer mais il est très correct, voir bon, pour le registre dans lequel évolue cet objet pour le moins radicale. Les 52 titres ne sont pas très différents entre eux certes, mais ils ont au moins des durées variables (de 0'15'' à 2'23'', presque progressif ça, non?) qui permettent de bien rouer de coups l'auditeur que tu es (ou pas si tu es une auditrice).
Mais ce qui ressort surtout de la chose, c'est la folie qui règne parmi les méandres numériques du disque. Et c'est cette folie qui fait que l'on peut adhérer (ou pas), en plus de pouvoir comprendre quand même la musique proposé, même si le son peut repousser au début les plus délicats des fans de trucs dégueux, en plus d'exploser les conventions musicales établies.


mercredi 19 septembre 2018

Le cas DEMOGOROTH SATANUM

Avec la série des 'Le cas', j'aborderais des groupes découvert par accident ou en quêtant un peu au hasard sur le ouaibeu. Quelque soit le style, tant que ça me plaise et que le groupe soit assez peu connu. Ben oui, faire un 'Le cas' Marduk ou Metallica ou Gojira n'a pas le moindre intérêt pour moi, ces groupes n'ayant pas besoin de se faire connaître... Alors on ira fouiller dans les recoins de l'underground. Bon, ce premier cas ne sera sûrement pas le mieux décortiqué ni le plus galère à chercher des infos.

                        

On commence donc avec les cinq gars de DEMOGOROTH SATANUM, un groupe sud africain de la province de Gauteng, là où se situe Johannesburg, la capitale, que j'ai pu découvrir via un reportage sur le Gorofest (un festival de metal au Mozambique dont s'occupe un certain Goro, depuis 2007) et un suivi du groupe. Et le groupe est originiare de Soweto, un quartier noir devenant plus 'populaire' à notre époque mais avec des poches d'habitations proche du bidonville où la vie n'est pas si simple. Et c'est là, dans un contexte proche du pourri (genre même le no futur punk est cool à coté). Gangs, trafic de drogues, meurtres, viols... joie de vivre au raz du sol. Avec une petite moyenne de 57 meurtres par jour en Afrique du Sud (plus marqué dans les township comme, justement Soweto). Ajoutons un taux de chômage explosant les plafonds, avec 27% et une crise économique qui plonge le pays dans la récession. Et pour compléter le tableau, le christianisme y est très implanter et impose une façon de vivre. Sans oublier l'histoire avec l'Apartheid et une sorte de guerre xénophobe qui sévit actuellement, pour finaliser le tableau. Même les ultra dépressifs refuseraient d'y vivre. Bref. Donc pas si populaire au final (ceux qui le kiffent chez les riches... un truc m'échappe...).
Et dans ce contexte, certains ont décidé de pouvoir sortir quelque chose de positif de ce marécage social. Et c'est le cas de Brian Mngabi, alias Thronumgoroth Diabolus Antikristus, guitariste et fondateur de Demogoroth Satanum. Et aussi avec une grosse paire de couille car faire du black metal dans un contexte religieux assez contraignant, en étant noir et en pissant sur les conventions en plus... Et ce terreau est un contexte idéal pour ce groupe.
Mais en plus, en étant productif quand même. Car entre la formation en 2009 et 2018, il y a quelques enregistrement:
- flesh viaticum to a dying god, 2010. Démo 2 titres
- True black, 2012. Ep 8 titres
- Kingdom ov hell, 2014. Single
- Becoming, 2018. Ep 4 titres
Le groupe évolue dans un black metal pas très sain. L'évolution est sensible entre les Ep (impossible de chopper la démo), aussi bien dans la musique que dans la qualité sonore. Le groupe passe d'un black metal agressif mais de facture assez classique à une forme plus travaillée, lorgnant vers des passages plus atmosphériques mais restant diablement agressifs, même au travers d'un tempo plus lourd, pour se démonter les cervicales.
On a plus de lignes mélodiques, qui se superposent à un mur massif de guitare typique du black. Le rendu fonctionne bougrement bien.
La voix aussi devient plus black, évoquant vaguement celle de Dany de Craddle, peut être du à l'enregistrement, assez raw mais sans être immonde. Ils posent un son underground, sale mais très audible, renvoyant un peu au black du début des années 90. Et ça marche super bien. Le son renvoie plus à un son de cathédrale, donnant un coté un peu blasphématoire aux titres. Certes peu de moyens, mais bien géré!
Les thématique du combo tournent autour de trois axes, découlant de leur lieu de vie. La religion est une cible du groupe, refusant la vision imposée du christianisme. Joie de vivre au programme aussi en attaquant, outre les travers religieux, des aspects moins spirituel et plus concrets, explorant l'histoire et l'oppression (l'apartheid et tout ça...), thème collant bien aussi au black.
Becoming est aussi un tour de force, le batteur d'origine ayant quitté le groupe en 2016 et le poste est repris par Belgaroth, alors guitariste du groupe et ce changement est aussi du sang neuf pour la composition de Demogoroth Satanum, avec des tempos comme dit plus haut plus lourds, pour mieux se niquer les cervicales. Le groupe ne cherche pas nécessairement la rapidité mais une efficacité et une violence contrôlées en usant des biais différents.
Et Demogoroth Satanum est aussi un peu l'arbre qui cache la forêt, Thronumgoroth Diabolus Antikristus œuvrant aussi dans d'autres groupes: Demigod SA et Shrine ov Belial, deux autres projets de black metal à l'approche différente:  Shrine ov Belial ( 1 ep et deux split) est un projet solo de black dépressif atmosphérique assez poisseux où il aborde la souffrance, la dépression et le coté spirituel, selon son point de vue. Demigod SA explore les mêmes thèmes, avec un black plus rapide et abrassif, nettement plus occulte dans la forme (ne serait-ce que le chant). Et laisse entrevoir un putain de potentiel et un besoin d'exutoire pour notre charmant personnage.
Je parlais d'arbres qui cache la forêt car il est certain que d'autres groupes de black doivent émerger dans ce coin, en plus des autres groupes foulant déjà le sol de l'état, pas nécessairement présent dans les entrailles des sites (Boargasm, Hexe, Vermin, Vomit cake...).

Interview MONOLYTH

Groupe basé sur Paris maintenant, avec une moitié picarde (et du coup, des mots mystiques inclus dans le texte..) qui propose un death mélodique de très bonne facture, avec un second album chroniqué quelques jours plutôt ( A bitter end / A brave new world) et que je recommande, Monolyth a répondu à mes questions (parfois chelou, je sais) dans la bonne humeur et y livre des secrets immémoriaux (ou pas, c'est selon) mais beaucoup d'infos intéressantes concernant le groupe et leur album, le tout dans la bonne humeur! Un groupe thérapeutique même... Ils le font bien et c'est ça qui est cool! Et en plus, comme ils sont vraiment cool, ils ont mis de la couleur! Merci à eux! Bonne lecture!
Photos live par Steph (en date du 8 septembre), Monolyth sur les marches par Lykh'arts et Alban Jimenez, studio bleu marine pour la photo du groupe en intérieur.





1- Salutation à vous, ô nos membres de Monolyth. Comment allez-vous ? La pêche ? Bon, question bateau traditionnelle : présentez nous donc la grande histoire de Monolyth, si possible avec force et détails, en moins de 6 pages ?

Amaury : Il était une fois Monolyth, un groupe né en 2006 dans la petite ville de Beauvais, dans l’Oise. Vouant un culte à la musique death-metal d’appellation Scandinave rigoureusement contrôlée, tel que In Flames, Soilwork ou Dark Tranquillity, ses musiciens se sont rapidement amusés à repomper leurs références pour proposer 2 démos en 2006 puis un 1er album en 2007. Celui-ci, appelé “Catch The Sun”, leur donna les occasions et les excuses à un bon nombre de concerts tous plus surexcités les uns que les autres. Mus d’une énergie et d’une insatiable envie de divertir le plus grand nombre par tous les moyens possibles, ils devinrent rapidement la curiosité musicale locale. Un second album fut mis alors en chantier, mais tout n’était pas rose dans l’univers de ces musiciens. S’en suivit une longue période où le line-up ne sût rester stable. Tant et si bien qu’en 2011, le groupe se sépara, offrant les quelques titres déjà écrits sous forme d’un EP posthume appelé “The Forwarder”.
Alors qu’on croyait l’histoire terminée, le chanteur Amaury qui vivait reclus, hors de tout échange avec le monde extérieur, comprit que son seul moyen de se refaire des amis était de reformer Monolyth. En 2012, Julien (guitare) prit part à l’aventure et ensemble ils finirent de reformer le groupe. Les divers méfaits live reprirent, leur permettant de participer à quelques événements marquants, comme le tremplin Headbang Contest, ou la 1ere partie du groupe appelé Gojira. A cette période, les influences se diversifiaient, piochant dans le prog, le djent, ou le thrash, les nouvelles compositions s’accumulaient, mais le line-up n’en finissait pas de changer. Repliés sur leur tandem, Amaury et Julien entreprirent de mener à bien deux projets titanesques : finir de composer le deuxième album de Monolyth avant que celui-ci dépasse les records de retard tenus par Guns N’ Roses et Tool, mais aussi trouver des musiciens qui auraient assez de patience et de masochisme pour les supporter durablement. C’est ainsi qu’en 2015 arriva Batt (erie) Batt : lol puis en 2016 Fafa (basse) et Tristan (guitare). Ensemble, aguerris par ce line-up mi-picard, mi-parisien, ils partirent conquérir des territoires exotiques, la Belgique, l’Allemagne, la Suisse, partagèrent la route et la scène avec de nombreux groupes tel que T.A.N.K, Onslaught, No Return, Mors Principium Est, Deus Ex Machina… et vinrent enfin à bout de ce deuxième album nommé “Désiré”… ah non “A Bitter End / A Brave New World”, pardon !
Animés de grandes ambitions, ils s’assurèrent le soutien de partenaires affutés, Ellie Promotion et Season of Mist, afin de ne laisser aucune porte fermée et d’écrire la suite de leur histoire en lettres capitales !!!
Et ce n’est pas la fin … euh j’espère que c’est pas trop long ? (rires)

Batt : Voilà, pareil.

Julien : Pas mieux...


2- Monolyth, quand on découvre le nom, on n’est pas à faire directement le lien avec le style dans lequel vous évoluez (Ça évoquerait plus du sludge ou du doom/doomcore massif, non?). Pourquoi ce choix de nom ? Est-ce pour préparer un peu l’auditeur au coté massif des rythmiques ? Comment en êtes vous arrivés à ce résultat (outre force de sueur, persévérance, abnégation et toussa toussa…) ? Ne serait-ce pas un cri d’amour caché à un film, genre 2001, l’odyssée de l’espace, avec justement cette séquence du monolithe dominant la plaine ? Ou pas du tout, j’ai joué, j’ai perdu, c’est pas de chance, bien essayé ?

Fafa : Perso j'avais voté pour Grocaillou.

Amaury : Oh tu vas être déçu par la vraie histoire (rires). En 2006, la première démo prête, des propositions de concerts en attente, on n’avait toujours pas trouvé de nom. On avait une chanson qui s’appelait “monolith”. En s’imaginant un immense bloc de pierre mystérieux, mystique, solide et imposant, on a trouvé ça vraiment cool... On a mis un “Y” pour le rendre encore plus cool et ça s’est fait comme ça... Et on a pu commencer les concerts ! (rires)

Batt : Si on essayait de justifier les noms de tous les groupes…. j’en ai quelques uns qui me viennent, là.

Julien : Note que si on ralentit le tempo de l’album de DEUX FOIS ET DEMI, et qu’on le joue à l’envers, on arrive à peu de choses près à la durée de “2001 l’Odyssée de l’Espace”, donc on ne peut pas dire que tu te plantes tant que ça...



3- A bitter End/ A brave new world bute sévère, on est sûrement d’accord.
a) Et si vous nous racontiez un peu ce qui se cache derrière ces chansons, pleines de bruits et de fureur ? Quel est le concept ou plutôt thème fil rouge qui se dissimule habilement sous les mélopées énergiques proposées à notre audition ?
b) Et pourquoi donc cette étrangeté des titres doubles dont le doublon est entre parenthèses ? La parenthèse serait elle autre chose qu’enchantée (ok, je sors…) ? Plus sérieusement, j’ai une impression que c’est plus une opposition ressenti physique/psychologique (mouais, écris comme ça, ce n’est point explicite…). Disons plutôt un éclairage d’un aspect plus introspectif (bien mieux ça, hein?).

Amaury : Le concept est arrivé sans qu’on cherche à le créer. J’ai écrit sur un thème ultra récurrent, à savoir les relations humaines et leurs complications, les conflits, et les remises en question collectives et personnelles qui en résultent. C’était à un point qu’on a fini par s’en servir pour organiser les titres en un fil conducteur. On a fait en sorte que le fil se termine de façon positive et constructive. Comme ça j’ai fait ma thérapie, ça m’a économisé des mois à parler allongé sur un divan, et j’ai pu écluser le sujet pour me dire que je n’y reviendrai plus.
Et pour les titres doubles … Voir ça comme un éclairage ? Oui carrément ! Chaque sous-titre entre parenthèses est simplement extrait d’une strophe de sa chanson, pour tenter de résumer son histoire. J’avais envie de donner une piste aux personnes qui écoutaient l’album sur le thème de chaque chanson. Et pourquoi pas, de piquer la curiosité de ceux qui n’avaient pas envie de s’intéresser aux textes et de les faire changer d’avis ! Ouais en gros ce sont les best of punchlines des chansons ! (rires)

4- N’auriez-vous pas intégré dans l’album une dimension plus spirituelle, au niveau de l’approche pour les textes ? D’ailleurs, est-ce Amaury qui est derrière les paroles ou est-ce plus un résultat collégiale, explorant ces recoins particuliers ?

Fafa : C'est du 100% Amaury, cet album est un peu (beaucoup) sa thérapie, son exutoire, et l’essentiel est que ça se finit bien sur cet album :)

Amaury : Oui ça finit bien, sur l’album mais pas que, et c’est tout ce qui compte !



5- Tiens, comme on parle de toi Amaury, ton chant est assez caractéristique, lorsque tu pars sur la voix agressive (d’ailleurs le chant clair est accrocheur aussi et tu as une transition de chant entre voix clair et voix plus typée très efficace). Comment en es-tu arrivé à ce choix ? Es-tu né avec cette voix (et donc à l’école, pas trop la terreur de la part des enseignants) ? Quelles sont tes influences (je pense pouvoir bannir de mes possibilités Jacques Brel…) et comment en es-tu arrivé à ce stade ?

Amaury : J’ai passé 3 ans à écrire les textes de cet album pour me soigner, donc je ne vais pas revenir sur les traumatismes passés (rires). Mais sinon, j’ai pris des cours de chant, et je cherche toujours à me sortir de ma zone de confort... quitte à passer un moment à chanter un refrain comme une casserole avant qu’il ne sorte correctement (rires). Mes chanteurs préférés, Devin Townsend, Bjorn Strid de Soilwork en premiers. J’aime leur versatilité. Ensuite je pourrais citer Corey Taylor (Slipknot / Stone Sour), Rob Flynn (Machine Head), Peter Dolving (The Haunted), Chester Bennington (Linkin Park) … ils ont tous un truc en commun, ce sont des super mélodistes qui laissent une part importante à l’émotionnel ! Ils savent pondre des refrains qui te squattent le cerveau à l’insu de ton plein gré et c’est ce que je voudrais arriver à faire.



6- a) La voix sans la musique, ce serait une sorte d'a cappella à un, donc zarbe… Comment s’est passé le processus de création, incluant donc le chant ? Quelles sont les influences de chacun (et chacune, n’oublions pas qu’il y a une dame à la basse) ? Venez-vous tous d’une sphère metal ou non, en fait ---------- vient du milieu salsa pop à voix aphone (concept là-aussi bizarre) ?
b) D’ailleurs, plus je l’entend, plus je me dis que ‘A bitter end’ est une excellente synthèse de l’alchimie musicale que vous offrez, tout en étant quand même assez différent du reste. Comment est né ce titre, qui est proche de la balade, mais pas trop, quand même, faut pas déconner ? Etait-il prévu à la base ou est-il apparu plus tard, devenant une sorte de révélation ?
c) Peut-on considérer que A bitter end / A Brave New World est en fait en deux parties, même si musicalement ressemblante, sont très différentes d’un point de vue approche du thème ?
d) Une question plus pour Fafa. Passer de chanteuse (un peu de développement sur cet aspect si possible?) à bassiste, c’est un cheminement naturel chez toi, un besoin de pouvoir s’exprimer de diverses façons ? Même question que je pose généralement dans ce cas : comment en es-tu arrivée à intégrer un groupe essentiellement masculin (bon si tu me parles de business ça pourrait briser des illusions perdues…) ?
e) Batt, batteur de ton état, une question me taraude le peu de neurones actifs… tes parties les plus rapides me font me demander ton secret… branché sur du 220 ? Plus sérieusement, combien de temps travailles-tu la batterie par semaine et quelles sont tes références ?
f) Est-ce simple de pouvoir donner un style à la musique que l’on crée ?

Fafa :
6-a) Quand je suis arrivée dans le groupe, l'album était déjà écrit du coup, hormis sur certaines parties que j'ai joué à ma convenance, je n'ai rien touché pour ne pas dénaturer la création. Sinon, pour le coup l'univers du death mélodique me correspond bien, même si je viens aussi de la sphère blues rock et que des sons beaucoup plus agressifs me vont très bien aussi.

Amaury : Julien et moi avons écrit l’album en tandem, parce qu’on était les seuls qui restaient à l’époque. En général, on écrit la musique d’abord. Et puis quand on a terminé je planche sur le chant. On se connaît depuis longtemps, bien avant qu’on joue ensemble dans ce groupe, et on sait qu’on a énormément d’influences communes… En fait, non, je dirais plutôt que Julien est un passionné de metal en général, et du coup il aime tellement de groupes que ceux que je pourrais citer en références sont forcément dedans !
Mais quand Batt, Tristan et Fafa sont arrivés, on tenté au maximum de les laisser mettre leur patte sur ce qui avait déjà été écrit, histoire qu’ils s’y sentent quand même chez eux !
Perso, j’ai eu des périodes, des phases, où je n’écoutais presque qu’un genre… j’ai commencé avec le crossover de Suicidal tendencies, Biohazard, Pro-Pain... puis j’ai suivi le mouvement neometal, Korn, Deftones en tête, comme tout le monde je crois lol... réouvert aux gros moins énervés, Muse, Placebo, Coldplay... ensuite je suis tombé dans le melodeath de In Flames, Soilwork, etc… et je suis un vrai fanatique de Devin Townsend depuis son groupe Strapping Young Lad jusqu’à ces projets plus récents...

Batt : Pour ma part, j’ai grandi avec le néo-metal et le thrash et en parallèle je me suis essayé au post-punk-new-wave-electro avec le groupe du frangin pendant plus de 10 ans…...Mais comme les parties instru étaient déjà écrites, ça ne ressent pas sur cet album ^^

Julien : En ce qui concerne le Metal, je suis un touche à tout. J’en écoute depuis un peu plus de 20 ans maintenant (ça nous rajeunit pas ma bonne dame !), et je me suis essayé à tous les styles. Il y en a auxquels je n’arriverai jamais à adhérer ou dans lesquels je ne me reconnais plus, mais tout ça m’a permis de me constituer une base de données et donc une base d’influences potentielles assez conséquente.
Pour la composition, la plupart des riffs ou mélodies que j’écris me viennent à des moments où je n’ai pas ma guitare à proximité, genre sous la douche ou ce genre de trucs. Je suis là, et d’un coup quelque chose se forme dans ma tête, et je me force à le répéter en boucle jusqu’à ce que je puisse le noter quelque part et voir si je peux en faire quelque chose.
C’est pas forcément la manière la plus sereine de composer, mais ça a donné 3 titres sur l’album ! (rires)

6-b) Batt : Avec tout le recul que j’ai sur ces compositions et celle-ci en particulier, je la trouve tout à fait à sa place. Inspirée, volontairement ou non, du groupe Engel, qui est acoquiné à In Flames. In Flames faisant partie des références que l’on aime citer ;)

Amaury : ça faisait longtemps que je voulais qu’on compose un titre de ce genre. Parce que j’ai toujours voulu qu’on fasse les choses les plus variées possible. Mais c’est vrai qu’on n’aurait pas eu un aussi bon contexte pour placer ce genre de morceau avant cet album. La base est assez ancienne, mais on a l’a finie récemment, avec la participation de Tristan. C’est lui qui a écrit toute la partie instrumentale de la 2e moitié, lui donnant une tournure plus prog, moins bête ballade… On l’adore !

c) Amaury : Oui ! complètement ! L’album est vraiment bipolaire. Le fil conducteur décrit tout à l’heure fait une vraie descente, de la colère jusqu'au spleen sur les 6 premières chansons. Puis le mood s’inverse. Il remonte sur les 6 suivantes pour terminer sur quelque chose de fort, de positif et d’affirmé. Si tu nous dis que ça transpire des chansons à ce point tout en restant cohérent d’un bout à l’autre, c’est un su-per-compliment ! Merci ! :)

d) Alors en fait je suis plutôt passée de bassiste à chanteuse. Vu que mon second groupe est arrivé plus tard que mon arrivée dans Monolyth. C'est plus difficile pour moi de chanter sur scène que de jouer de la basse, au chant t'es putain d’à poil! Mais j'adore pratiquer les 2. Mais à la base je suis plutôt une chanteuse de salle de bain que son mec a poussé au cul pour intégrer différents projets où j ai pu pousser la chansonnette. Aujourd’hui je pense avoir intégré les 2 groupes qu il me fallait et qui réunissent des styles musicaux que j'affectionne particulièrement.
Comment je suis parvenue à intégrer un groupe essentiellement masculin? Qui vous dit que ce sont des hommes ? Ahah je déconne, Je sais pas tu préfères la bière blonde ou ambrée? On s'en fait une?

6 - e) Batt : Haha, on a tous nos secrets. Le mien ça a été tout simplement la bienveillance des collègues de Monolyth, à mon entrée dans ce groupe alors que je stagnais pas mal depuis 10 ans.
Contrairement à certains zicos odieux croisés par le passé, eux ils s'émerveillaient du moindre de mes progrès. Ça a été un moteur ouffissime pour moi et je me suis sorti les doigts du ***. Ensuite, il faut se donner des défis personnels (t’as déjà lu Naruto? Bah pareil mais en plus terre-à-terre). Ajoute à cela les rencontres avec des batteurs talentueux et tout aussi sympas et tu l’as ta motivation.
J’insiste là-dessus, en batterie, le mental prédomine tout.
Du coup, entre mon boulot à plein-temps, mon mini-moi de 2 ans, ma créa de jeux-vidéos (coucou Triton !), mes boulots en graphisme et illustrations, mes hobbys, je m’entraîne en moyenne 2h par semaine. C’est peu mais j’ai investi dans du super matos qui donne envie (coucou Roland !)

Amaury : Voilà tu sais pourquoi on les aime autant tous les deux !

f) Amaury : Quand on compose, entre nous, on parle plus en terme d’infuences, de références (un groupe, une chanson précise) que de style, mais c’est vrai que ça revient au même. On aime écrire des chansons différentes les unes des autres, donc on se fait très souvent un cahier des charges, dès le départ, et on s’efforce de maintenir un cap. Le but est de donner une singularité à chacune.



7- Tiens, puisque l’on parle de titres et tout et tout, comment en êtes vous arrivés à nommer ainsi votre album, A bitter end/ A brave new world ? Parce que quand même, choisir un nom pour un album, ce doit être chaud, non ?

Amaury : En fait, à partir du moment où on a eu l’idée du fil conducteur, c’est devenu évident ! C’est une expression qui résume la dualité “fin/recommencement”. On a fait en sorte que les 2 chansons qui servent de charnières aux 2 moitiés de l’album aient chacune la bonne partie du titre, histoire d’aller jusqu’au bout du truc…
En fait, ça a été très simple, mais on l’a remis en cause des tonnes de fois (rires)
On a souvent eu des gens extérieurs qui nous disaient que ce n’était un titre trop compliqué à retenir, que ça n’avait pas de sens, ou que ça faisait trop prétentieux, intello, pfff etc... Et quand on a arrêté de les écouter, on a arrêté de douter et on l’a gardé définitivement (rires)


8- Hier (le 6 septembre 2018), vous avez balancé sur un célèbre site de partage de vidéo nommé youtube une vidéo de Betrayed again. C’est cool, ça permet de découvrir le groupe, en mode animé, et surtout, de pouvoir faire un focus sur un des titres de l’album. Le clip me plait bien, simple et efficace, tout en permettant de ressentir le potentiel défonce en concert du groupe, une vidéo parlant plus que juste de la musique. C’est carré, propre, efficace et on vous découvre. Quoi de mieux ? Pourquoi ce titre ? A-t-il une importance par rapport aux autres ou hasard d’un jeu de dés ?

Fafa: On a trouvé que le refrain était bien entêtant, et que le morceau réunissait plutôt bien les ambiances de l'album en général.

Batt : C’est ça. A l’époque, on hésitait entre 3 titres pour une vidéo. La mélodie du refrain de Betrayed Again est arrivée, on a choisi.



9- A Margoth PDF, on aime bien les polémiques (miteuses). Alors voici une question polémique : quelle est la différence entre le bon death mélo et le mauvais death mélo ?

Fafa: Dans le bon death melo le groupe, il monte sur scène et il envoie, ouais il envoie...Dans le mauvais death mélo le groupe, il monte sur scène, et bon, il envoie…

Batt : Hop hop, je sais que vous me voyez venir mais allons-y molo sur la blague, svp.
Je ne peux pas vous laisser dire ça.
Dans le bon death melo le groupe, il monte sur scène et il envoie de ouf, là on est d’accord...mais dans le mauvais death mélo le groupe, franchement… bah il monte sur scène et il envoie, quoi...

Amaury : Je serais pas aussi tranché que vous les gens… Pour moi le bon groupe de melodeath, il monte sur scène et il envoie quoi ! Alors que le mauvais groupe de melodeath, il monte sur scène et il envoie… mais c’est pas un bon groupe de melodeath. Enfin voilà je pense qu’on peut pas s’y tromper !

Julien : Et là le mec il lui dit “j’suis emmerdé parce que j’ai laissé tomber mes lunettes dans la Loire !”
Ah merde, c’était pas ce sketch ?

10- L’artwork est juste superbe ! Qui est derrière et comment a-t-il perçu votre univers pour en restituer une vision artistique ? Est-ce du pur art manuel ou l’artiste a eu recours à des logiciels (dont je ne saurais foutre rien faire) ? Quel a été votre réaction en le découvrant ? Est-ce voulu que justement, l’illustration ne donne pas trop d’indices concernant Monolyth (du moins, pour ceux qui le découvriront) ?



Fafa : L’artiste c’est Flow de Chromatorium, et on ne le remerciera jamais assez pour tout le boulot qu’il a donné, et pour avoir supporté nos (mes) exigences (rires)
Il ne nous a pas détaillé ses techniques de travail, et c’est bien, ça donne un petit côté magicien, dans son cas il te fait apparaître une belle image qui illustre totalement de façon métaphorique l’album, donc c’est parfait.
Il nous a donné la possibilité d’avancer avec lui au fur et à mesure de la création, du coup on n’a jamais été, complètement, surpris, mais quand on s’est dit “ça y est on y est”, nous étions totalement séduits par les images.


11- A côté de Monolyth, que faites-vous donc ? Des métiers passionnants (ou pas, un peu comme le mien), des hobbys fascinants (lustreurs de coléoptères de combat, collectionneur de lentilles, fascination pour le chiffre 3 et son utilisation impossible dans l’informatique quantique…) ? Quels sont vos goûts personnels en matière de littératures, cinéma ou autre (ben oui, on ne sait jamais… un fan de coloriage…) ? Et niveau musique, des choses surprenantes ?

Fafa : Je me passionne pour plein de choses, et je suis vraiment pour l’épanouissement personnel, du coup, malgré les études que j’ai pu faire (architecture d’intérieur), j’ai pris la décision d’avoir un boulot alimentaire non chronophage qui puisse me permettre d’avoir pas mal de temps de débloqué afin de m’investir dans tout un tas de projets, d’abord la musique, la vidéo (j’ai été à la création du Metal Versus Tournament et Music League), le sport, la bidouille, du genre peinture, dessin, création de bijoux etc...Bref, j’aimerais que les journées fassent 48h00.
Pour mes goûts personnels en terme de littérature / cinéma, je suis une grande fan de tout ce qui est anticipation / dystopies en SF. Et en musique hormis le metal j’adore tout ce qui est dark country, blues.

Batt : à l’instar de ma collègue rythmique, une “salle de l’esprit et du temps” me ferait beaucoup de bien, parfois.
Comme je l’ai dit plus haut, je suis toujours sur plusieurs projets à la fois (musique, dessin, digital painting, créa de jeux, et j’en oublie).
Dans la zic, j’aime tout ce qui est constitué d’une bonne basse-batterie qui te retourne le bide. Quand Korn ont sorti leurs singles avec Skrillex, par exemple, j’étais refait.
Et sinon je passe ma vie sur Deviantart, si quelqu’un veut tout savoir sur moi, il mate ma galerie des favoris ^^

Amaury : Oui, si vous avez des plans pour tricher avec la pendule, je suis preneur ! Rien d’extra-ordinaire de mon côté, je m’épanouis dans Monolyth et ça me suffit. Et heureusement ! S’il me venait l’envie de monter un autre projet musical, je ne sais pas dans quelle dimension je devrais vivre pour avoir le temps de m’y consacrer (rires). Et quand j’ai envie d’un break, je végète devant mes mangas, ma console ou mon pc…

Julien : Je passe ma vie à supprimer des trains, donc je ne suis pas sûr qu’on puisse parler de passion… Sinon j’aime les animaux, les oeuvres de Stephen King, Edgar Allan Poe, HP Lovecraft et tous les tocards qui s’en sont inspiré (mais que j’adore !), et je suis également Netflixovore.

Tristan : Je suis Ébéniste de formation mais j’ai fais tellement d’autres travails. Manutentionnaire, agent d’exploitation forestière jusqu’à gardien de prison (oui oui). Aujourd’hui je travail comme agent de piste dans le fret aérien. A côté de ça musicalement je n’ai que Monolyth. Pour le reste j’aime beaucoup les jeux vidéo, le sport, le cinéma et la littérature. Je suis également passionné d’histoire.

12- Quel regard avez-vous sur Monolyth depuis que vous vous êtes rencontrés pour y redonner vie ? Connaissez-vous ainsi le secret de la vie ?

Fafa: 42

Batt : Pas évidente ta question, j’y réfléchis et on en reparle dans la prochaine ITW.

Amaury : Je suis le seul rescapé du line-up d’origine. Et je ne remercierai jamais trop chaque personne qui en fait partie actuellement ! Grâce à eux, on fait des dates de fou, on vient de sortir un putain d’album, on a plein de projets, et surtout on est tous toujours partants pour toutes les occases … Oh ! Et ils me supportent ! Ce groupe et les gens qui sont dedans, c’est mon poumon.

Julien : J’aurais bien ajouté un truc, maid il mr fair chialze, je vous plis les toiches…
Plus sérieusement, j’ai un peu de mal à réaliser le chemin qu’on a parcouru en 6 ans, et encore moins sur ces 2 dernières années, qui ont été vraiment chargées en émotions !
Du plan foireux à la date de malade, on est toujours là, et on a toujours envie d’en découdre, et c’est jouissif !

13- Merci à vous d’avoir pris le temps de lire mes questions et surtout, d’y répondre. Le dernier mot est pour vous. Lâchez-vous !

Fafa: Nous sommes mercredi 12 septembre 2018, il est exactement 10h00 et je vais aller me faire un thé pomme cannelle.

Batt : Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit, sed do eiusmod tempor incididunt ut labore et dolore magna aliqua.

Amaury : cherche utilitaire, bon état et pas trop cher, pour transporter 5 personnes et matériel de musique, envoyez vos propositions à karette@monolyth.fr, merci !

Julien : Êtes-vous le cerbère de la porte ?

mardi 18 septembre 2018

SOZE 'Eskalerande Masspsykos'

2018 SOZE - EP digital - Septembre 2018

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Soze... en recevant leur mail m'invitant à découvrir leur univers, mes yeux ont foiré et lu Sosh. Et je ne comprenais pas pourquoi (et comment) Bouygues venait me faire chier avec un forfait dont je me branle totalement. Et avec un lien. Puis mes yeux se sont éveillés à la vie.
Et du coup, j'ai téléchargé avec leur aimable demande le Ep susmentionné en haut et jeter une puis plusieurs oreilles dessus.
Soze est un groupe de Suède, basé à Mariestad (quelque part dans la vaste contrée). Eskalerande Masspsykos est un premier tir direct, après une démo en juin 2017 de 2 titres.
Chanté dans leur délicate langue natale, cet Ep fait mal. Oui, simplement mal. Même si il y a un coté metal, on ressent franchement la hargne qui découle du crust suintant par tous les pores de cet Ep.
Et bordel, que c'est efficace. C'est très direct, relativement abrasive et il est de bon goût d'oublier la moindre idée de tendresse, parce que Soze l'envoie (la sauce... jeu de mot pourri...).
Certes il n'y a que quatre titres, tapant entre 2 minutes et 4'30''. Et les titres plus longs permettent au groupe de pouvoir s'exprimer par divers prismes de subtilités, sans non plus tomber dans la niaiserie qui pue.
A musique énergique (pour ne pas dire agressive), chant brutal, à base de slogan scandé et de rage contrôlée, allant parfois vers un chant proche du death. Pas l'ombre d'un instant de déconnade ici, c'est fait pour botter des culs en règle. L'esprit de Driller killer semble planer sur le chant. Mais avec un coté punk moins marqué, plus dans le courant mentionné quelques mots avant.
On est vite pris par la hargne que dégage le groupe et on plonge joyeusement dans le marasme agressif que le groupe propose, car foutrement jouissif. Bon, les 4 titres laissent sur la faim car plus aurait été bien. Mais bon, c'est déjà ça et ça laisse entrevoir un potentiel vraiment excellent. Et un groupe qui va surement poutrer sa race! A découvrir absolument!

mardi 11 septembre 2018

G.Z.P. 'Two guys one brain'

2018 G. Z. P. (en attente d'une sortie physique) Démo 8 titres (ici en attendant: https://gzpgoregrind.bandcamp.com/releases)


                              

Marne la Vallée, ce n'est pas que le spectre douteux et hideux de la souris américaine qui vampirise la culture en masse et de son antre française. Non. Il doit y avoir des choses bien à Marne la Vallée. En tous cas, il y a G. Z. P., un sympathique duo folklorique dont l'un des gars est aussi dans blatte, le guitariste qui offre en même temps sa voix suave sur cette démo.
Quoi que donc qu'est-ce que justement GZP? Hein? Bonne question. Après une intro compilant, à l'oreille, les démons de minuit avec des éléments de films gore (Démons de Lamberto Bava me semble-t-il..., en autre, avec surement Brain Dead et la séquence du cimetière...) offrant une intro d'anthologie, le premier titre démarre et 'The awakening' envoie la purée sans crier gare, après un début me rappelant les anciens Necrophagia, avec un rythme lent, lourd et poisseux et l'on découvre un goregrind de bien belle facture. Et qui a vraiment de la gueule.
Chose vraiment sympathique, bien que des samples servent d'intro à des morceaux, ces derniers sont assez longs disons même progressifs pour le genre (3'26'', 3'35'', 3'50''...) avec un son qui rappelle les vieux Necrophagia (période de Cannibal holocauste, 2001), un peu grumeleux mais putain de chaleureux.
Les intro sont cool car on peut reconnaître des versions originales de films, comme 'Shaun of the dead', dénotant un humour certain de la part du duo mais aussi sûrement une culture assez marquée. Parenthèse terminée, retour à la chronique en elle-même.
Les titres étant longs, ils offrent un panel très intéressant, des variations complètement impromptues mais qui dépotent sévère. Et c'est très sympa ainsi d'avoir des choses aussi variées et originales que des chœurs ('Crawls in your bowels') ou des ralentissements bien poisseux succédant à des phases pied au plancher ou même offrant un certain coté rock mais attention, un rock bien dégueux, bien barré. On sent bien que le duo, Mickey il n'en peut plus.
Même si la base des titres peut être assez semblable, ça ne les empêche point d'aller dans des chemins très différents, les gars usant de subtilités, que ce soit par la musique, les structures en elles-même ou les vocaux, le tout parsemé de samples inattendu, comme par exemple une sirène de pompier (vous savez, celle du premier mercredi du mois...). Et du coup, ça donne de l'épaisseur à des morceaux qui sont quand même bien chargés à la base.
Oui, GZP est violent mais pas nécessairement par un rythme endiablé mais aussi par un choix de tempo souvent plus relâché mais lourd comme une grand-mère obèse sur son fauteuil, qui sent la pisse et se marre. Et souvent les tempos servent à te muscler les cervicales.
La voix est aussi très particulière. Bien gore, avec des remugles dedans, des glaires, elle dégouline directement dans les oreilles, bien grasse (la voix, pas les oreilles...). Et elle offre quelques petites variations de temps à autre, collant à l'ambiance des titres. Pour situer celle-ci, il faut penser à la voix de Will Rhamer de Mortician, en plus gore, déclamant ce qu'il y a déclamer.
GZP c'est sale, de vrais dégueulasses. Et le son est dans cet esprit mais dans un esprit old school, qui colle bien à l'univers du duo, sans pour autant offrir un son merdique, loin de là. Il est suffisamment propre pour capter les subtilités ou les instruments.
Merci à Ré d'avoir contacté Margoth, parce là, on tient un truc de malades, très accrocheurs et à conseiller furieusement aux amateurs de goregrind bien taré.