jeudi 15 février 2018

Necrotero /Subterfugio/Distraught/Impending anomalies 'Sublime sounds of agression and brutality 4 way split'

2015 Total noise records - CD

Un beau split de voyage que voici! 4 groupes, du brutal mais 4 visions différentes, le tout de l'Amérique du Sud. On commence par Necrotero qui nous vient du Brésil  avec trois titres au son massif, bien brutaux, quelque part en Krisiun et les vieux Sepultura. Bien qu'ils apprécient la violence et la rapidité, ils distillent quelques passages en rupture total avec le reste, pour mieux reconcentrer le retour de la brutalité à leur suite. La voix est assez particulière mais point dégueux et le groupe assure avec ses titres très percutants.
Enchaîne ensuite Subterfuigio, groupe Bolivien de brutal death, lui aussi aimant la vitesse mais injectant des éléments venant du hardcore dans les jeux de guitares. Dextérité et vélocité ne sont pas opposés à des tempos plus calmes, donnant une épaisseur à leur morceaux, même si le batteur se branche parfois en mode épilepsie. Le groupe ne fait pas non plus dans la dentelle, pour notre plus grand bonheur auditif, non sans une certaine mélodie loin d'être désagréable.
Distraught change la donne, en même temps que le pays. Direction l'Argentine et ses argentins. Le groupe nous offre 4 titres dont une intro, plus longue que les morceaux eux-même (2' contre des titres d'une minute!!). Place à la barbarie au son cru! Grindcore is the way! Après l'intro qui brosse ce qui nous attend, les trois défilent de façon supersonique, ultra brutal, dans une veine porngore grind, au son de garage. Les vocaux valent le détour, ultra gore, le type hésitant, en même temps entre l'ingurgitation et la régurgitation. Brutal et gore, pied au plancher!
Impending anomalies ( groupe éphémère qui a duré deux ans, avec ce split et deux démos...) ferme le split, avec un premier titre de 7'36''. Hein? De quoi? Du progressif? Après une intro sur le morceau très malsaine (si, franchement!), le morceau finit par démarrer vraiment au alentour des deux minutes. Et c'est un putain de rouleau compresseur de brutal death. Mais pas tout le temps! Car le morceau est très riche en structures, parfois assez déconcertantes et on se demande par instant où voulait nous mener le groupe. Les deux autres titres sont dans la même lignée, ayant cette caractéristique des structures assez étranges mais qui le font. La voix est certainement la vraie voix de Shrek car on a affaire à une voix d'ogre. Dommage que ce groupe ne soit que passé car le dernier titre est issu d'un live et donne vraiment envie d'en découdre!
Un split qui ouvre une fenêtre sur des groupes pas manchots et intéressants, à noter dans un coin de sa tête.

MORK 'Eremittens dal'

2017 MORK / Peaceville records - CD Digipack

Voilà un artiste avec des couilles grosses comme des mappemondes! Car en cette époque de folie musicale, celui-ci a choisit d'aller à contre courant.
Mork est un gentil norvégien, chantant dans la langue de Ludvig Holberg, le Molière norvégien. Du coup, à moins de maîtrisé cette langue, d'avoir un pote norvégien ou qui parle cette langue ou un traducteur personnel, le sens des paroles restera assez obscure. Juste que l'on pourra dire que le satanisme, la misanthropie, le paganisme et autres thèmes sont dans le jus du truc. Mork a fondé sson entité en 2004 et nous propose son 3è album. Oui, mais de quoi me direz-vous? Celui qui crie au fond black metal a raison mais pas dans le détail.
Car oui, je le disais, il va à contre courant. On a du true black d'offert, tel qu'il était aux origines du genre mais avec un son vraiment soigné (celui qui vient de dire que C'est un blasphème! sorte et aille se taper toute la vague de base avec le son tout pourri parce que c'est ça le true. Et quand tes oreilles auront saignées, tu reviendras t'asseoir sagement...)
Et ici, du coup, avoir cette approche avec un son moderne mais en gardant cet esprit underground dans l'essence (la batterie sonne terrible!!) offre la joie d'appréhender un courant que l'on avait pu ne pas connaître car trop jeune alors.
Mork joue sur la mélodie et les atmosphères, utilisant des tempos différents, osant des breaks fait pour des passages brise nuque en lenteur mesurée (Forsteinet I bat). Il n'hésite pas à aller là où plus trop de groupes ne vont, hélas.
Cela ne l'empêche pas de balancer des titres vraiment horde de mammouths en rut, pour bien rappeler que ce n'est pas un truc de tafioles que l'on a ici. Quand il en ressent le besoin, le titre est vraiment brutal, sans concession (Eremitens dal), toujours dans cette idée du true black.
Les titres qui ponctuent l'album, au nombre de 10 nous emmène donc dans un voyage temporel vraiment agréable. Mork nous offre un panel d'atmosphères vraiment prenantes, entre deux grosses raclées à coup de bracelet à clous de 160, se faisant plaisir dans sa vision du black.
Le chant est vraiment typique, avec cette voix éraillée comme si il avait bouffé des canettes de bières rouillées entre deux rasades de vodka à 150° (oui, celle-ci fait très mal). De temps à autre (plus à autre que des temps), il offre une légère variation dans la voix, pas piqué des hannetons (oui, là je n'ai pas de blague de merde en rapport avec le black...).
C'est un véritable pèlerinage dans les méandres de la vieille école, en même temps qu'un voyage temporel et émotionnel que nous offre Mork. Car les titres dégagent régulièrement des éléments qui touchent vraiment à l'âme, jouant avec nos émotions (sauf chez les fans de jul, nés sans émotions et qui d'ailleurs ne doivent pas connaître le true black...). Et à mon avis un album essentiel dans le genre, qui le remet sous les feux de la rampe.

MINCER 'The horror is from the macabre'

2016 Inhuman homicide records - CD

Direction l'Italie, avec un duo sautillant, à l'approche musicale très personnelle. Ici, point de true metal, ne serait que par des indices subtiles se dévoilant discrètement: la pochette, le nom et le titre de l'album.
Mincer, pour ceux qui ne connaîtraient point ce duo joyeux, existe depuis 20 ans cette année, toujours dans la voie musicale qui leur sied si bien, le death bien extrême, brutal et qui batifole avec le goregrind bien crade. Et une certaine approche de ce que pourrait être le sens de la vie (ou de la non vie?)
Les douze titres de la rondelle sont relativement longs pour la plupart. Seul l'intro de dépasse pas les 2 minutes et trois autres titres oscillent entre 2 et 3'. Les autres pètent les 3 minutes à l'aise Blaise, allant joyeusement vers un temps progressif (4'20'' pour le poétique Entombed into a grave of hatred).
L'univers personnel des deux gars surnage au milieu des films d'horreurs, des tueurs en série (et  non tueurs de séries, ce qui est différent) et autres festivités. Et cela se retrouve dans les titres, pour le moins explicites (Crusaders of rotting, Born to rot eternally...).
D'un point de vue purement musical, les gars n'ont pas nécessairement choisi un tempo pied au plancher. Certains titres adoptent un rythme plus lent, plus lourd, injectant une atmosphère lourde et macabre, collant vraiment à leur univers. On peut même faire un lien avec Mortician pour le chant, bien que là, il a forniqué avec celui de Tumour, offrant un chant assez caractéristique pas désagréable, dû moins pour les amateurs. Parfois assez dérangeant et ça, c'est cool, vu le registre du duo.
Les titres, même si il pourrait se faire craindre une certaine redondance, s'avère assez différents les uns des autres, même si certains plans se ressemblent un poil parfois. Qu'importe, ça ne dure jamais vraiment longtemps. Certains défouraillent vraiment, même avec la b-a-r, et ne sont pas fait pour faire dans la demi-mesure. Mais la force de Mincer réside justement dans cette approche parfois proche du mid-tempo, qui offre un contraste efficace avec le reste des titres ou du morceau (dans le cas où le tempo varie sur un même morceau).
Les titres longs offre vraiment un râteau (dans la gueule) de variété de structures. Oui ils font du bourrin mais assez intelligemment quand même. On peut être un grand dégueulasse et étoffé son propos.
Dégueulasse... ça me fait penser au son, qui n'est pas top mais c'est voulu, toujours rapport à l'univers coloré des deux ménestrels. Le son s'avère assez très identifiable mais sans non plus allez dans l'excès de la bouillie sonore indigeste. Les gars prennent soin que l'on a vraiment une identification des instruments et des notes.
Cela est résolument un album fait pour les goreux, fait par des dégueulasses festifs et qui le font très bien!

mardi 13 février 2018

LASTWARN

2017 LASTWARN - EP autoproduit (décembre 2017)

On enchaîne directement avec les collègues de DOILS, car ce groupe est lui aussi d'Angers. Coïncidence? Sûrement. Ou pas. On saura.
Ce jeune groupe, formé en 2016, nous balance directement, comme ça, sans prévenir, une démo sur CD, sous forme de Ep. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça le fait.
Le groupe évolue dans un thrash assez mélodique (et aussi qui renvoie à une période que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître (C. Aznavour, philosophe sur RFM)), mais pas trop quand même, il est assez agressif, qui n'est pas sans m'évoquer le groupe Hongrois Remorse, évoluant aussi dans ce registre. Pourquoi ça me l'évoque? Hein?! Pourquoi? Hahaha! Ha oui, c'est à moi de le dire. Et bien parce que les deux se ressemble pas mal, dans les entrailles de leur musique (mais pour les paroles, ne compter pas sur moi, je ne maîtrise point le hongrois)...
Le groupe propose à nos oreilles aguerries de quoi batifoler au son des 4 titres de la démo, le groupe ayant eut l'excellente idée de nommer ses titres. Donc on va vous raconter la rondelle par les titres. Ça vous va (De toute façon, je m'en fous, je fais comme je veux...)? Bon je ne parlerais pas des solos que l'on retrouve sur tous les titres (car c'est mélodique pour rappelle).
Burning out: Après une courte intro où le chanteur semble rire de nous, le morceau part sur les chapeaux de roue (mmmmh, drôle de comparaison)... Bien que le groupe soit dans un registre assez mélodique, le morceau est très carré, avec une rythmique foutrement soutenue. Le chant est une bonne surprise, car assez agressif (oui, alors j'en profite pour parler d'un problème semblant récurrent: c'est quoi cette manie de foutre une voix claire ultra mélodique limite fiotte sur des morceaux qui défouraillent?) et qui fait ressentir la colère qui semble habiter le groupe. La technique est aussi au rendes-vous et ça nous offre un premier titre très accrocheur.
Dust and blood: le morceau s'ouvre sur une rythmique de marteau pilon. Puis le tempo se calme pour poser la voix qui est quand même, au final, assez chargée de graviers ou de sable. Elle est un poil rugueuse d'aucun dirait. Le morceau est plus posé que le premier, avec une approche plus vicieuse (car non sans dégager une certaine violence au travers de la mélodie qui est plus marquée. On retrouve aussi sur la fin la section rythmique énervée du début, histoire de reprendre pied et de préparer le terrain pour le troisième titre.
Sweat and die: Rythmique assez martiale sur ce titre. Le morceau est plus catchy (oui correcteur, vas-y, souligne de rouge catchy) que le précédent. On a aussi affaire au titre le plus long, amenant un passage où le chant se rapproche d'un chant scandé. La rythmique martiale est ce qui mène le morceau. C'est assez soutenu et c'est celui, avec You're freak, qui m'évoque le plus Remorse.
You're freak: Rythmique typique du thrash en ouverture. Morceau assez rapide là encore, avec des brefs passages proche d'une raclée en règle. Ce morceau doit être fait pour taper du pied. Assez rouleau compresseur dans l'âme, seul le solo laisse un peu de répit pour respirer.
Une bien chouette découverte! Leur thrash est excellent, près à parier qu'il est calibré pour la scène où il doit prendre une tournure plus brutale. Le son est aussi à l'honneur: massif, très propre, avec une production qu'elle est bien! Les quatre titres sont une bonne mise en bouche. Aller sur leur bandcamp découvrir les titres ou acheter leur la démo.

DECOMPOSING SERENITY / DISGORGEMENT OF INTESTINAL LYMPHATIC SUPPURATION

2016 INHUMAN HOMICIDE RECORDS - CD

Voici le retour de la tendresse, de la douceur, des fleurs et des licornes. Le tout mort et décomposé. Avec l'odeur en prime!
Quel bien beau split, tout en finesse, qui propose deux groupes tout aussi sympathique et gai l'un que l'autre.
Sur les 13 premiers titres, on a droit à la partie de Decomposing Serenity, entité vétérante (depuis 1995!!) que l'on ne présente plus. Sauf si ça ne vous parle pas. Il s'agit d'un jeune ménestrel du Brunei qui après un passage dans le pays des animaux bizarres (l'Australie), s'est établi dans le Nevada et évoluant dans le goregrind le plus extrême, non sans une certaine touche de musicalité.
DS nous offre un florilège de son meilleur, avec des titres bien dégueulasse dans les vocaux (mais pas le son, qui est franchement très bon, comme à son habitude). Ça va vite (d'ailleurs, si tu es en voiture avec ce disque, une rumeur dit qu'un radar devant lequel tu rouleras se suicidera - info à prendre avec des pincettes), ça bastonne et ce n'est pas vraiment un disque pour un dîner aux chandelles (sauf si c'est au cimetière, avec plat à volonté... là, peut-être que...).
On retrouve la folie du gars, avec des titres qui sont ultra bourrins, avec cette bonne vieille batterie électronique qui est réglée sur le mode épilepsie. Niveau guitare ben le gars se fait vraiment plaisir, évoquant parfois le grindnoise à la Final Exit. Bon, ça ne trépane pas un maximum mais putain, c'est bon car c'est idéal pour s'aérer la tête.
Les fans de Metallica trouveront aussi une reprise pas piquée des hannetons mais plutôt des asticots avec un Fade to black des plus convaincant et tout en concision! Assez peu d'intro venant de films cette fois, la plupart allant directement au fond du pot de lard.
Suit ensuite, dès le 14è titre (excellente transition, non?) Disgorgement of intestinal lymphatic suppuration que nous renommerons pour l'occasion DOILS, tout aussi connu pour vous que DS. Non? Bon, il s'agit d'un trio d'Angers qui joue lui aussi du goregrind mais avec un son nettement plus gore, plus gras, existant depuis 11 ans cette année.
De prime abord, ça pourrait en rebuter plus d'un(e) car oui, je l'avoue, il faut quand même être un poil habitué à ces genres musicaux si raffiné si l'on prend le temps de s'y poser un peu. Alors oui, ce son pourrait poser problème éventuellement à des porteurs de prothèses auditives (larsen tout ça tout ça...). Mais au-delà de cet aspect, le groupe explore néanmoins son univers à lui, bien dégueulasse, en plus du fait que l'on a un duo guitare batterie, en plus du chanteur.
Les titres dont aussi dans le concis voire l'expéditif (Cadaveric porphyria et ses 0'34''). Et aussi pose une énigme à la limite du mysticisme: comment le batteur fait-il? Parce que oui, ça va vraiment très vite. Et sur les photos, il semble constitué normalement...
Mon regret est quand même le son qui gagnerait a être moins brouillon pour gagner en puissance et développer la violence de leur vision du goregrind. Néanmoins, leur vision de la musique reste bien agréable (pour les amateurs du genre cela dit) et fait ce qu'il faut pour te pulvériser la tête. Check!
Un split qui devrait ravir les grindfreaks et les amateurs d'exploration des extrêmes musicaux.

COMPLETE FAILURE 'Crossburner'

2017 Season of Mist - CD

                                      
Cela fait un petit moment que je n'ai point poser de chronique ou autre chose ici.Pour différentes raisons, qui n'ont pas d'importances ici (sauf qu'il y a l'idée du site, que je me démerde seul à faire, avec un autre site et du coup, faut que je capte tout...). Et donc, pour briser ce long silence d'hiver, que de mieux que ce petit disque, plein de tendresse?
Alors je vous propose cette rondelle qui nous vient de Pittsburgh (oui, la même ville où fut tourner la nuit des morts-vivants en 1968) qui, en 14 titres, va juste vous pulvériser, mais en prenant régulièrement plaisir à vous piétiner.
Et oui, les 4 gentils garçons du groupe balancent sans prévenir un grind bien violent mais en y ajoutant un distilla bien sympathique qui lorgne vers le doom/sludge dans les fameuses phases de piétinement.
Du coup, ça nous offre un disque avec des titres parfois longs pour le genre mais apportant cette variation de piétinement, renforcer par le chant très typé hardcore (ce qui renforce quand même un poil la violence).
Et ce coté je te défonce direct s'ouvre par un premier titre qui embraye direct, sans la moindre intro, avec une rythmique digne d'un acteur porno parkinsonien qui besogne. mais qui révèle aussi ce qui attend l'auditeur avec un passage très lent, ce fameux piétinement (par une horde d'éléphants en rut je pense) qui lorgne bigrement vers les sphères doom/sludge des plus festives.
La base du disque reste néanmoins ce bon vieux grind des familles, très indentifiable dès la première salve de notes.
Paradoxalement, les morceaux les plus intéressants sont les plus longs, offrant ce contraste parfois bien oppressant grind - doom/sludge, avec toujours ce chant hardcore. Suicide screed of total invincibility (4'155'') offre justement cet esprit, que dis-je, cette vision atypique qui permet au groupe de pouvoir expérimenter (quoique, c'est plus de l'exploration aguerrie) et d'apréhender la violence sous un angle différent et qui donne au groupe cette touche d'originalité qui lui permet de se détacher du lot. Son opposé est le très grind (1'11) Soft white and paid for, rapide, brutal et incisif. Et avec ces deux titres on a les deux extrêmes du disque, avec un juste milieu réparti sur le reste de la galette.
Coté son, la basse claque sa grand-mère! Le groupe laisse tout loisir à chacun de s'exprimer et ça aussi c'est cool.
Un disque point mal du tout, qui fait bien le travail. c'et déjà ça non?

mardi 9 janvier 2018

Interview EYESTRAL

EYESTRAL



Jeune groupe tout pimpant, abonné au haut débit (vachement plus rapide) musical, à réflexion interne profonde mais aussi d'un premier LP qui dépote bien, dans un relent thrash progressif et non, comme on pourrait le croire, à une position sexuelle pour ceux qui sont attirés par les billards. Ant (guitare et chant) s'est plié au joie des questions parfois frôlant le métaphysique.
Prosternez-vous après avoir lu de sages paroles de ce grand  monsieur (j'estime sa taille entre 2,19 et 3,45 m, 100% sans garantie) normand.



1- Bonjour à vous, jeunes troubadours ! Pouvez-vous présenter succinctement Eyestral, sa vie, son œuvre, vous, le tout en 5 brefs tomes de 5428 pages ?

Ant Majora : Salut à toi ! Eyestral c’est un groupe de Metal fondé il y a 5 ans par moi (Guitariste et chanteur) et par David autre guitariste du groupe. Nous avons trouvé un batteur du nom de Baptiste Collay et un bassiste, Valentin Chouaf. En 2014 nous avons enregistré une première démo 4 titres, puis début 2016 notre premier EP « Beware the Rat King ». Fin 2016 Valentin a quitté le groupe et Nicolas Di Costanzo et venu le remplacer. Ensuite en 2017 nous avons commencé l’élaboration de « Beyond » notre premier LP, qui est sorti en fin d’année. Par la suite Baptiste nous a quitté et a été remplacé par Hugo Blanguernon aux fûts. C’est un groupe avec des influences diverses comme le thrash, le death, le prog, le rock… En fait nous ne nous fixons pas de limites et essayons de proposer quelque chose d’original et qui nous plait.

2- Eyestral… Bon je crois comprendre que c’est la fusion des mots Eye et Astral. Alors, une question soudaine, mystique sûrement, vient de crever la trame de mon esprit : n’y aurait-il pas derrière ça un concept assez poussé, genre métaphysique, paranormal ?

Ant : Ouais, c’est bien le mélange du mot Eye et Astral. Nous cherchions un nom original qui puisse se retenir facilement et qu’on puisse aussi nous retrouver facilement, car il y a beaucoup de groupes qui portent le même nom ce qui pousse à la confusion. Concernant un certain concept il n’y en a pas vraiment, je suis intéressé par le paranormal au sens large, mais ça n’as pas influencé sur le nom. Le seul lien serait que quand je suis dans un état second et que je ferme les yeux, je vois des yeux et visages partout (rires) !

3- Les titres que vous proposez à nos oreilles gourmandes abordent divers thèmes. Bien qu’ils semblent tourner autour du même axe, l’un d’eux (Cryptozoological quest) est à part. Amateurs de cytozoologie ? Juste pour le fun ? Qu’y-a-t-il derrière tout ça ? Avez-vous l’envie de partager un savoir, une passion ?

Ant : Cryptozoological Quest est une musique à part, comme les autres sauf les 3 Beyond (Sight, Comprehension et Acceptance) qui sont des musiques concept, le reste des titres n’ont pas de rapport ensemble. Concernant Cryptozoological Quest oui c’est en hommage à la cryptozoologie qui m’intéresse beaucoup. J’aime la nature et les animaux et la zoologie m’a toujours intéressé. Dans la chanson les paroles traite plus du côté mystérieux effrayants de la chose que les cas les plus populaires comme le Bigfoot ou Nessie… elle indique qu’il ne faut pas toujours se fier aux témoignages, vidéos… mêmes si ils sont réalistes. En fait c’est un domaine très vaste et qui se rapporte bien au monde du Metal je trouve.

4- a) Vous avez choisi en style un thrash qui touche le nostalgique avec des rémanences des vieux Megadeth et de Death, avec pour complexifier ce qui n’est pas déjà simple, d’ajouter du grand Varié avec une voie progressive. Pourquoi ? Vos mains le savent-ils ? Un peu plus sérieusement, comment est née cette vision de la musique de migraines pour doigts et de luxations neuronales ?

Ant : A la base quand nous avons formé le groupe des groupes comme Coroner, Slayer ou effectivement Death était des influences, je voulais un groupe dans cette veine. C’est déjà une musique assez technique de base, et quand j’ai rencontré David nous avons mis nos influences en commun et cela a en quelque sorte créé notre style de musique. Nous ne cherchons pas à complexifié la musique nous jouons ce que nous aimons. La musique progressive est quelque chose que nous aimons donc il est logique qu’elle rentre dans nos influences, mais comme dis précédemment nous ne nous limitons pas, j’aime le blues, jazz, punk, musique de films… Après je trouve que nous ne faisons pas exactement du Thrash et pas non plus exactement du Prog. Je pense que nous avons une petite personnalité ! L’aspect primordial de notre groupe est que nous voulons toujours nous dépassé en tant que musiciens mais aussi nous faire plaisir, on jam souvent en répète par exemple, c’est toujours fun.



5- La voix de Ant est vraiment particulière : éraillée et entre celle des vieux Megadeth et celle de Chuck (Death) ? Est-ce un choix d’assimilation, une technique que tu trouves cool, ou non, pas du tout. Je suis un gros con car c’est ta voix normale ? Techniquement, comment en es-tu venu à cette voix et pourquoi ce choix ?

Ant : Quand j’ai commencé à chanter au lycée mes influences vocales qui sont toujours restées les mêmes sont James Hetfield, King Diamond, Axl Rose, Blackie Lawless et effectivement Chuck Schuldiner et Dave Mustaine. J’adore ces voix puissantes et heavy à la fois, ces chanteurs qui changent leur voix. Je ne suis pas trop influencé par les chanteurs de Metal extrême à vrai dire. Pour en venir à cette voix je me suis tout simplement entrainer en chantant des covers de groupes que j’aime, j’espère encore progresser vocalement. Sinon je vais te dire un petit secret, ce que tu entends sur l’album est ma voix normale (rires).

5 bis- Quels sont vos goûts personnels en matières de musiques ? Des surprises ? Genre Gloomy Grim, Necrophagia, Gérard Darmont… ?

Ant : Comme dit précédemment nous essayons d’être les plus ouverts possibles, moi j’aime beaucoup les BO de films des années 70/80/90 comme Dune, Conan le Barbare, Batman Returns… aussi de jeux vidéo Megadrive et Super Famicom que j’aime beaucoup. En surprise j’écoute Mojo Priest de Steven Seagal (oui l’acteur), un excellent album de Blues !

6- Le visuel de votre album est très beau et annonce la couleur, avec de l’occultisme à plein nez. N’y aurait-il pas un clin d’œil à cinéma de genre et des films comme Oui-jà, Poltergeist, Ring et peut-être le verre une référence à Manitou ? Adeptes du cinéma de genre ? Car même les intros renvoient à ce type de films … Un petit mot sur l’artiste derrière ?

Ant : Oui, il y a un clin d’œil au cinéma derrière ce concept et surtout le cinéma de Lynch comme Twin Peaks qui nous a beaucoup influencé, Lost Highway, Eraserhead… On adore le cinéma de genre, les vieux films d’horreur dégueulasses… Aussi des films assez expérimentaux comme Begotten qui est assez dérangeant (rires). En fait seulement les 3 Chansons Beyond sont un concept. C’est l’histoire d’Allan et sa fiancée Marie qui ont emménagés dans une magnifique demeure. Allan, travaillant à son domicile, se retrouve confronté à des problèmes d’origine surnaturels lorsqu’il est seul. Les problèmes s’aggravent de manières exponentiel lorsque le jeune homme se met à recevoir des vhs chaque jour, jusqu’à modifier entièrement le principe de réalité. Après une enquête au plus profond de lui-même, il découvrira qu’il n’est pas inconnu à cette entité et qu’il aurait pu même la créer. Donc ouais il y a un petit aspect cinématographique que nous retrouvons dans notre musique.

7- Comment est-ce une répétition chez Eyestral ? Travail, travail, travail, p’tite bière, travail… ? Est-ce là que viennent vos idées de structures ? Et quid des thèmes : qui est derrière ? Combat de cartes Pokémon pour le choix ou choix collégial ?

Ant : Les répétes chez Eyestral c’est du travail qu’autre chose. On aime faire la fête mais après (rires). Pour les idées musicales on essaie de faire ça plutôt chez nous individuellement je pense que c’est là que vienne les meilleurs riffs et structures, on a le temps de bien réfléchir à la question. Pour la composition c’est moi et David qui s’en chargeons après pour l’arrangement nous voyons cela tous ensemble. Pour les thèmes des musiques on parle de trucs qui nous plaisent.
8- a) Avez-vous d’autres projets/groupes dans la besace ou non, c’est déjà très prenant, en plus avec vos métiers… ? D’ailleurs, vous faites quoi ? Est-ce simple à concilier musique et boulot (plus vie privée) ? Rêvez-vous de journée de 60 heures ? C’est quoi ces questions à la con ?

Ant : Oui, perso, j’ai deux autres groupes Ménos, groupe de Metal progressif influencé par Meshuggah et Tool qui va sortir un album en 2018. Je suis aussi dans SubStanS groupe de Thrash/Death qui va aussi sortir un album en 2018, donc je ne chôme pas. Il faut avoir un emploi du temps assez structuré car ça prend beaucoup de temps, mais j’aime la musique donc ça me va !
b) Que pensent vos proches de tout ça ? Des fans ? Ils s’inquiètent de votre passion mystique ? Doutent-ils de vos capacités mentales (mais pas intellectuelles, y’a qu’à écouter la musique…) ?

Ant : Mes proches sont encouragent, c’est positif. Les fans aussi adorent ce que nous faisons. C’est vrai qu’au premier abord ça peut paraître assez barré ce que nous faisons, mais une fois qu’ils connaissent, ils adorent. Pour les capacités mentales, nous avons tous fait des séances d’isolement en hôpital psychiatrique car nous n’aimons pas les mesures en 4/4 (rires).

9- Arrivez-vous à faire facilement pas mal de concerts ou est-ce un peu compliqué ? Si ça vous tente, en été, mon balcon est cool pour un concert intimiste…

Ant : Pour les concerts, oui on arrive à en faire régulièrement même si c’est parfois compliqué de trouver des plans intéressant par moment. Pour 2018 nous sommes en train de prévoir une tournée française et étrangère dans les pays limitrophes (Angleterre, Belgique, Allemagne…). C’est du travail, mais on est toujours motivés.

10- Avez-vous des hobbys étranges ? Genre lécher des pierres de sagesse, faire des origamis de riz… ?

Ant : Par exemple comme cité plus haut le cinéma (années 70/80/90 surtout), les séries Z aussi, les nanards c’est marrant ! Le jeu vidéo surtout le rétrogaming que j’adore, et après on en a d’autres mais ça serait vraiment pas bien d’en parler (rires).

11- Bon je vous laisse sur ces lignes, vous remerciant d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. A vous de conclure !!

Ant : Merci à toi pour l’interview. N’hésitez pas à aller liker notre page FB pour vous tenir au courant des dernières news. Notre album Beyond est en vente sur le site de Music-Records (https://store.music-records.fr/cd/15776-eyestra-beyond-prevente-9790225420493.html) et sur toutes les platformes de streaming (Spotify, Deezer…). On se retrouve en 2018 pour les concerts.

A bientôt tout le monde !