mardi 13 novembre 2018

Interview de Freehowling


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Freehowling est un jeune groupe de jeunes  (plein d'avenir) qui vient de sortir un Ep (bien chargé, un peu plus d'une demi-heure quand même, hein, c'est déjà pas mal) qui évolue dans un mélange de styles très divers et très variés mais sans aucun rapport avec des trucs douteux genre Mètre gym, Bouba ou encore Sanzoreil . Création de deux frères, c'est justement ces derniers qui ont eut la salve de questions d'une fin d'après midi d'un samedi. Ils se sont penchés dessus et voici leurs réponses! Merci à eux!




1- Salutation à vous, nobles ménestrels ! Comment ça va ? Bon, allez, on y va directement : racontez nous la légende derrière Freehowling. Avec du suspense, des rebondissements et tout le tremblement !

Guillaume et Samuel : Salut à toi!

Guillaume : Sam et moi, qui sommes frères, avons toujours voulu avoir un groupe. On a commencé a y penser tout petit, mais c’est à l’âge de 13 ans qu’on a formé FreeHowling dans le garage de notre meilleur ami d’enfance. On a beaucoup changé de line up, et c’est à partir de mes 15 ans qu’on a commencé à jouer avec Romain à la batterie. C’est à ce moment là qu’on a vraiment essayé de composer nos propres sons, dont Crushed World et Extremist Terrorist. Après un long moment sans bassiste, c’est en 2015 que Nicolas nous a rejoints à la basse.

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2- Quelle est la genèse à l’origine de votre album ‘A frightful piece of hate’ ? Comment en êtes vous arrivé à celui-ci ? Et pourquoi ce nom de groupe ? Quel mystère cache-t-il ?

Guillaume : Alors pour commencer, c’est un EP hahaha! Lorsqu’on a parlé pour la première fois d’enregistrer ce qu’on avait composé, on a d’abord pensé à enregistrer un album. Puis avec le temps on a senti que c’était pas le bon moment. On est un groupe qui évolue beaucoup de musique en musique, et on a bien senti que ces musiques avaient plus leur place dans un premier EP plutôt que dans un premier album. Pour nous le premier album doit être abouti, et on ne se sentait pas encore prêt. Et pour la petite histoire, le CD devait s’appeler à la base A Frightful Hate. Mais après avoir décidé d’en faire un EP, Nico a proposé l’idée d’inscrire la transition d’un album vers un EP dans le titre du cd.

Samuel : Pour le nom du groupe, je voulais quelque chose qui reflétait en partie nos deux personnalités à Guig et moi, vu qu’on nétait que 2 dans le groupe à l’époque. Le nom du groupe vient du fait qu’on a toujours, lui comme moi, des choses à dire sur nos vies, sur le monde qui nous entoure, et on le fera toujours librement sans aucune contrainte. C’est là que m’est venue l’idée du nom de groupe, qui peut se traduire littéralement par Hurlement Libre.

3- Vous mixez des éléments qui ne sont pas vraiment habituellement autant mélangés (sludge, hardcore, death, black et autres à nommer s’il vous plaît). Est-ce une volonté à l’origine ou c’est le fait de la fusion des goûts hétéroclites au sein du groupe ?

Samuel : On na jamais voulu représenter qu’un seul style dans notre musique, vu qu’on écoute plein de styles différents. Donc oui, c’est une volonté de base de mélanger plusieurs styles, je trouve que ça apporte de la diversité au niveau musical.

Guillaume : Je vais reprendre un peu ce qui dit mon frère, on ne s’est jamais vu faire du Hardcore, du Death ou du Thrash, on voulait juste mélanger ce qui nous faisait le plus kiffer dans les groupes qu’on écoutait. On s’influence vraiment d’énormément de styles différents. On peut très bien saigner du reggae, puis après partir sur un fat Mauvais Oeil, en passant par des mangas, des films, des jeux vidéos, tout est bon pour élargir nos influences… Mais en même temps on est ultra sélectifs sur les groupes qu’on écoute. Pour venir nommer d’autres styles comme tu nous l’as demandé, dans cet EP, on s’est réellement inspiré de Doom Metal comme Electric Wizard, de Groove à la Pantera, Sepultura, Machine Head, et aussi de Darkjazz à la Kilimanjaro Darkjazz Ensemble. Les influences Death et Black sont arrivées à peu près en fin de composition, c’est pour ça que t’entends moins ces styles tout au long de l’EP.

4- Vous ne craigniez pas à la base de faire peur à la ménagère de plus de 50 ans ? Et de péter les cervicales des plus de 75 ans ?

Samuel : Non, on ne craint absolument pas ça, et tant mieux si ça fait grincer des dents n’importe quel type de personne.

5- Derrière ce côté brut très marqué (et un peu sauvageons, hein, vous en conviendrez), vous développez des thèmes sociétales (pour faire simple, ne chipotons pas…). Quels sont les messages ou les visions que vous tenez à partagez et cela s’inscrit-il dans une démarche plus complexe ? Peur-on évoquer les démons de la société ?

Guillaume : Je vois que t'as bien cerné l'EP hahaha. Le message principal de cet opus c'est l'acceptation de soi. On vit dans un monde où toutes les différences sont pointées du doigt, où on te laisse aucune place pour exprimer tes désirs, tes convictions. Un endroit où on a peur des gens sous prétexte qu'ils ne vivent pas comme nous, qu'ils ne mangent pas comme nous, et toutes ces conneries là. Je voulais que le message soit saisissant, et que tous ceux qui vivent les mêmes galères que nous s'y reconnaissent. Qu'ils comprennent qu'ils ne sont pas tout seul.

6- Est-ce plus une vision que vous souhaitez partager, un constat ou est-ce vraiment un moyen de propager un message engagé ? Ou ne serait pas ironique en fait et en réalité, vous êtes des petits chenapans, comme le disait si bien Darry Cowl ? Freehowling ne serait-il pas une synthèse de constats de choses qui ne vont pas du tout, mais alors pas du tout et qu’il faut un moment arrêter les conneries ?

Guillaume : Y a une idée, une utopie derrière FreeHowling, mais avant de pouvoir exposer nos idées il faut montrer ce qui ne va pas. Pour faire réagir les gens. Dans cet EP j'ai fait le choix de ne pas proposer beaucoup de pistes de réflexion, mais plutôt de plonger les gens, y compris nous-mêmes, dans leur propre merde. Donc on est plus sur un EP de dénonciation, au contraire les paroles que j'écris actuellement s'inscrivent vraiment dans une optique philosophique, et sur des pistes réelles de réflexion personnelle ou collective.

7- On va revenir plus sur la musique en elle-même. Les morceaux sont denses, avec des synthèses de différents courants. Avez-vous suivi un feeling ou est-ce plus un schéma construit, mûrement réfléchi pour offrir un impact plus important ?

Guillaume : Pour cet EP c'était du feeling total. On navait pas encore la maturité requise pour concevoir un opus directement dans notre tête. On a composé en fonction de ce qu'on voulait entendre!

Samuel : Par contre tu peux entendre que sur Master of Thought et Freedom on est sur quelque chose de bien plus construit. C'est tout simplement les 2 derniers morceaux qu'on a composés avant d'aller enregistrer.

8- Les titres ne sont pas forcément violents par la rapidité ou la brutalité mais parfois par un ensemble d’éléments (dissonances, break…). Est-ce aussi un choix délibéré, parce que vous aimez bien vous compliquer la vie ou c’est plus venu naturellement ? Ou non, en fait, vous aimez foutre le bordel dans votre musique et sur scène, pour bien faire chier les rageux ?

Samuel : D'un côté c'était voulu, parce qu'on kiffe tout ce qui est Crowbar, Meshuggah, Botch. Mais en même temps c'est venu plutôt naturellement. Notre style lorsqu'on composait l'EP était plus simple, rentre dedans et on ne cherchait pas réellement à faire de détour. A l'exception de Master en particulier, où on voulait créer un morceau bien plus déconstruit que le reste.

9- Votre pochette, qui montre des silhouettes avec des lunettes de soleil, me renvoie aux piliers de la créations (nuage de poussières spatiales, pour faire vraiment très simple). Est-ce juste moi qui suit parti en couille ou non, c’est très subtile et vous avez par cette pochette un message genre création musicale, en toute liberté ?

Guillaume : On est des grands fan de psychédélique et j'adore me questionner sur l'univers, son fonctionnement, ses mystères et bien sûr sa beauté. C'était logique pour nous de partir vers un artwork qui faisait penser à des nébuleuses ou autre gaz cosmiques hahaha. On voulait également qu'il soit sombre dans les couleurs, afin de faire un parallèle avec les thèmes abordés dans l'EP. Mais on navait pas particulièrement pensé aux piliers de la création, même si j'adore la comparaison.

10- Tiens, d’ailleurs, en parlant liberté, ‘Freedom’ est clairement un titre très abouti, à la fois cohérent et différent des autres titres de l’album. On peut peut-être parler d’un titre ambitieux, non ? Quelle est la source de l’existence de ce titre ? Le fait d’aller partout musicalement dans le titre, passant de phases violentes à des phases très posées est un moyen d’exprimer votre liberté ?

Guillaume : Alors le titre Freedom nest pas venu lors de la conception du morceau, donc il n’y a pas réellement de lien à faire avec la "liberté artistique". Même si au final on voulait se lâcher et vraiment représenter la patte psychédélique qu'on adore sincèrement.
Donc ouais il est quelque part plus ambitieux dans l'idée même de sa conception, mais il nétait pas destiné à être le morceau le plus ambitieux de l'EP.
Quant à la source de l'existence de ce morceau, on cherchait vraiment à faire parler nos influences Doom et Sludge, pour faire un morceau gras et puissant.

Samuel : C'était un morceau qu'on a vraiment conçu pour s'amuser. D'où les phases violentes et ensuite plus ambiantes et posées. C'était un lien évident qu'on pouvait faire entre ces deux univers qu'on adore vraiment.

11- Que pensent vos proches de Freehowling ? Certains sont-ils terrifiés ou quittent-ils une pièce lorsque vous y pénétrez, le regard suspicieux, en vous dévisageant ?

Samuel : En règle générale ils kiffent plutôt bien, mais bon c'est un peu normal vu que c'est des proches... Hahaha.

Guillaume : Sinon on est content de voir qu'on a un crew qui est présent, et qui nous supporte vraiment pour ce qu'on entreprend.

12- A côté de Freehowling, d’autres projets ? Des hobbys incroyables ? Des passions secrètes (qui ne le seront plus du coup …) ?

Guillaume : Notre hobby c'est la musique. La majorité de ce qu'on kiffe faire mon frère et moi, on le fait déjà à travers FreeHowling. On souhaite faire plein de choses en parallèle, mais ça aura toujours pour vocation d'être cohérent avec le groupe. Après on est tous des grands fans de mangas, comics, jeux vidéos, films... Je ne sais pas si on peut parler de passions secrètes pour le coup hahaha.

13- Quels sont les projets pour Freehowling maintenant ? Tourner à fond et faire péter les décibels ?

Guillaume : T'as tout compris hahaha. On va tourner le plus possible durant la fin d'année 2018 et surtout durant l'année 2019. Un ou deux projets qui arriveront prochainement suite à notre release party le 16 novembre! Puis on est déjà sur la composition de l'EP n°2.

14- Vous exercez quelles activités professionnelles ? C’est pas un peu chaud parfois pour organiser le tout (privé – groupe – boulots) ou non, vous vous en foutez, z’êtes pétés de thune et n’en avez rien à foutre du coup, parce que c’est plus simple ?

Guillaume : Comme beaucoup de groupes c'est toujours compliqué de gérer ces trois phases là de nos vies, mais on fait tout pour se donner le temps qu'il faut pour FreeHowling. On a de l'ambition et on compte bien avancer.

15- Je vous remercie du temps pris à répondre à mes questions. C’est à vous de conclure !

FreeHowling : Merci à toi pour cette interview, puis merci à tous ceux qui nous supportent. Notre EP " A Frightful Piece of Hate " est disponible sur Spotify, Deezer, iTunes, Napster et YouTube. On a aussi un Bandcamp et un Big Cartel pour ceux qui veulent se le procurer!
Peace out

dimanche 11 novembre 2018

GOD SYNDROME 'Controverse'

2016 MAZZAR RECORDS - Album numérique via bandcamp

                                  God Syndrome - Controverse

God symdrome, formé en 2011, est un groupe de 4 jeunes (mais pas trop quand même, on va dire 35/40 ans), les cheveux dans le vent, nous venant de Russie, plus précisément de Samarra, ville de plus d'un million d'habitant, dans l'Oblast, région fédérale située dans l'Oural, au nord de la frontière avec le Kazakhstan (instant culture et géographie: check!).
Après un premier Ep en 2013, le groupe sort cet album en 2016 (plus un single cette année). Et si je parle de ce groupe, c'est que celui-ci est venu vers Margoth et que juste ça, c'est cool!
Bon, parlons un peu musique maintenant, étant un peu le but de la chose, n'est-il pas?
Après une intro instrumentale pas dégueux du tout, le groupe enchaîne directement. Sur quoi? Ha, ben ils sont russes. Donc... un death mélodique assez brut quand même, mélangeant death suédois et death polonais (d'où le coté brut sûrement...). Et qui, du coup, se détache du lot des autres groupes russes cultivant leur différence avec fougue et fierté. Et God Syndrome revendique donc un death mélodique extrême. Voyons donc ça.
11 titres suivent l'intro (l'album tire presque 1 heure quand même (57'55'' exactement), avec donc un death d'excellente facture, très accrocheur et qui cultive tout le long de l'opus ce mélange des deux écoles. Et même si il y a un coté mélodique, c'est quand même relativement bourrin.
Car les titres sont rapides (les types ont clairement une dextérité de folie, pas comme moi avec mes doigts carrés...) alternant des passages plus mélodiques par l'utilisation de passages atmosphériques parfois assez sombres voire limite occulte, mais sans jamais perdre un point essentiel: il faut que ce soit relativement bourrin.
Alors oui, évidemment, les mélodies tiennent une place importantes dans les titres que développe le groupes, avec des solos de guitares et tout le tremblement de l'école suédoise, ce qui n'est pas gênant en soit, le tout étant imbriqué dans des volutes musicales intéressantes ou avec une rythmique très rapide.
Mais le groupe cultive aussi des titres très variés, offrant une gamme de rythmique assez hallucinante, allant de nature martiale à d'autres bien lourdes, en passant par des passages très posées mais assez sombres (voire anxiogène). Si les mélodies sont légions, cela n'empêche pas de véritables murailles de guitares ou une soudaine accélération lorgnant vers le brutal death, parfois en limite par instant de déraper vers une voix plus... grind. Et bordel, qu'ils sont efficaces ces gaillards!
Un autre point, qui me plaît beaucoup, est un coté émotionnel qu'ils arrivent à dégager de leur musique. Et transporte ainsi l'auditeur vers leur monde mais alors sans la moindre douceur, hein, c'est du death quand même, faut pas déconner. Et ils jouent ce coté émotionnel par des mélodies ou d'autres points d'accroches plus subtiles ('the last option' avec son solo digne des années 80 au top du métal avec une jonction plus bourrine mais néanmoins légère...)
Et à l'écoute, il est évident que le coté extrême y est. Pas le moindre doute là-dessus. Quand le groupe part dans des phases genre charge de mammouths obsédés sexuels chaud patate en rut, ça ne rigole plus dans les chaumières, parce que, justement, ça fait mal (et c'est ça qui est bon, évidemment).
Je parle depuis le début de la musique mais j'oublie d'évoquer le chant. Et celui-ci n'est pas là pour faire de la décoration. Pavel offre un chant guttural pas loin du chant d'ogre, où l'on sent bien les glaires titiller la luette. Et ce chant, même si typé death, est bien contrôlé, puisque Pavel l'adapte au contexte musical, offrant ainsi des 'pauses' dans la brutalité.
Excellent découverte du groupe par la curiosité de Pavel. Donc, merci à toi Pavel, parce que je viens de découvrir un groupe foutrement accrocheur dont je conseille l'audition des œuvres. Et suivra prochainement l'interview du combo dans la foulée!

samedi 3 novembre 2018

NOITATALID 'Furies in the steppes from Russia'

2018 NOITATALID


Originaire de la ville de Ilyinsky pogost, à l'est de Moscou, le groupe est constitué de trois frères amoureux de death à l'américaine, mais attention, le brutal death. Hein, pas le truc mou du genou.
Bon, ceux qui connaissent un peu les groupes russes savent que c'est à part généralement. Et ici, c'est justement le cas.
On va commencer par le son, pas trop puissant (faut monter un peu le volume) mais qui a un coté chaleureux et un peu oldschool, avec un son gras, où les basses sont bien marquées. Voilà, ça c'est plus ou moins fait.
Noitatalid évolue dans un registre brutal death avec de petites incursions dans le grind. Et cet album est leur premier et la fratrie y va franco de port.
Musicalement, c'est très dense, avec une dominance de rythmiques pour bien te niquer les cervicales et dégueulasser les murs de ton lieu de vie. Ici, le propos n'est pas à la rigolade mais plutôt vers le fracassage en règle.
Après une intro d'un vent soufflant dans une plaine en pleine nuit annonçant un avis de tempête, celle-ci arrive dès le second titre, 'Lie and win' et sa rythmique de base très martial au début. Avant d'exploser direct à la kalachnikov. C'est direct et très brut de décoffrage, collant avec le choix du son qui est une des marques du groupe. D'ailleurs, ce type de rythmique carré et martial se retrouvent souvent dans les titres, associés à la basse qui court à ce moment là.
Les titres sont assez expéditifs, voire franchement et vont à l'essentiel, la violence. En elle-même, la musique est assez conventionnel pour le registre, sans être lénifiante car le groupe amène des phases variées qui enrichissent celle-ci, tout en ajoutant des putains de mélodies qui se gravent au fer rouge dans la cervelle, à grands coups de pieds.
Les 10 titres suivant l'intro (oui, le dernier est une courte outro) sont très efficaces, poussant loin parfois la violence mais par des brides parfois très syncopées ou par un contraste de phases brutes et d'autres plus martiales et plus posées.
Là où le groupe montre qu'il est un groupe russe est avec le chant. Ce dernier est très atypique et se partage entre deux façons très dominantes: soit un chant presque parlé mais assez anxiogène soit plus vers un chant growlé (ou du moins à mi-chemin entre le growl et le premier chant, les deux étant vraiment atypiques mais foutrement efficaces), se rapprochant à ce moment là de phases proches du grind. De rares incursions de chants claires sont là, très ponctuelles, histoire de bien foutre le bordel pour expliquer le chant. C'est malin ça, tiens!
Les titres, de prime abord assez simples, sont en fait plus retors que ça, cachant des aspects qui se découvrent après plusieurs écoutes, donnant idée de la folie semblant habiter les frangins. Et certains vont presque vers d'autres courant comme le deathcore, avec des rythmiques typiques du style avant de bifurquer brutalement vers le death bien énervé ('White buttock').
Le titre le plus long de l'album n'a pas de paroles et se nomme d'ailleurs 'Voiceless'. Preuve que les russes sont dans un monde à part du notre, le titre est certainement le plus dense et le plus compliqué de la galette. On varie d'un brutal death à un deathcore instrumental, avec des incursions presque hardcore mais en gardant un référentiel au brutal death/grind tout le long du morceau, offrant des passages assez massifs.
Groupe totalement inconnu pour moi, malgré le son qui manque de puissance, cet album est une découverte, le groupe ayant vraiment une identité propre qui, j'en suis sur, va être peaufinée, pour nous emmener dans leur monde de violence personnelle. Je conseille honnêtement de jeter une oreille dessus et de vous méfiez car des titres vont se graver dans votre tête.

REVOLVE 'Sin cara'

2018 REVOLVE - Cd digipack - Ep


Revolve nous vient de la riante ville de Rambouillet, le groupe évolue dans un metal progressif dont je ne saurais foutrement pas vous donner de références. Âgé de 4 ans, le quatuor nous propose cet Ep pour nous distiller sa came.
Dès le premier titre, 'Artemisia', le groupe prépare le terrain vers quelque chose d'assez original. Ce titre qui ouvre pour les trois autres de l'Ep est un véritable piège, avec sa mélodie et ses chœurs qui te choppent traîtreusement et te font l'aimer. Ce titre renferme aussi ce que l'on va retrouver sur les 3 autres titres, plus conventionnels dans leur construction, tout en gardant des éléments surprises.
Et ça commence par des tempos, à dominance posée, mais qui n'hésite pas parfois à être plus rapide, suivant l'atmosphère que développe le morceau. Car oui, il y a clairement de sacrées atmosphères qui parsèment cet Ep, en plus de certaines touches subtiles qui renvoient vers le jazz. Et cela n'empêche pas la groupe d'aller vers des pointes d'agressivités, comme les quelques cavalcades qui se trouvent sur 'Checkpoint 19', renforcées par le chant de Pierre qui se module, passant d'un chant presque hardcore à un chant clair qui fait mouche, sans compter une ritournelle qui reste dans la tête, cette foutue mélodie et ce hoho-hohoo-hoho qui est un véritable piège pour le cerveau, car se gravant dans la mémoire (et honnêtement, il y a bien pire qui existe...) pour évoluer dans un registre allant titiller d'autres sphères plus exotiques.
Chacun des titres renferment un truc en plus des autres, qui lui donne une saveur particulière, par la musique parfois très alambiquée (et les références à d'autres styles musicaux) associé à la voix de Pierre qui pose une présence qui, si elle n'avait pas cet impact, ne pourrait pas opérer la magie qui s'y trouve. Quelque soit l'approche que Revolve choisit, elle est toujours bien réfléchie, prouvant que le quatuor n'est pas un groupe de débutants et sait très bien ce qu'il veut et ce qu'il sait faire. Et lui permet de quitter les sentiers battues et de proposer quelque chose qui va au-delà des barrières mentales que l'on peut mettre entre différentes musiques.
D'ailleurs, les intros ouvrant les titres servent à dépeindre un début d'univers qui se teinte ensuite via la musique et la construction des morceaux, nous livrant un univers assez dense où la voix y a aussi un rôle clé (bordel, Pierre racle assez large dans les chants!), tout en restant cohérent.
Un autre élément que j'apprécie est la présence de la basse, bien vrombissante, donnant encore plus d'épaisseur aux titres.
Et c'est justement l'une des forces de cet Ep, en plus d'apporter quelque chose d'abouti et qui piège l'auditeur, car il est bien de rappeler qu'à la base, le metal progressif ce n'est pas trop mon truc mais qu'avec des œuvres comme celle-ci, c'est bien que certaines me fassent mentir.

vendredi 2 novembre 2018

OVER NEMESIS 'Wink'

2018 Music Records - CD digipack


Over Nemesis... que donc voilà un nom bien mystérieux (ce qui est pas mal un lendemain de jour des morts, le mystère et qu'en plus, il y a des silhouettes effacées sur la pochette...). Et aussi qui livre des secrets (pas si secrets que ça au final...). C'est donc un trio composé des deux boss de Music Records qui sont de même sang (Jean-François, le père, à la batterie et Valentin, le fils, guitare et basse et qui partagent la même passion. Bordel, c'est cool!), accompagnés d'un troisième larron au chant et guitare. C'est aussi un projet qui tient à cœur Jeff, condensant son adolescence dans ce disque/projet.
D'emblée, dès les premières notes et le carillon de l'église, on sens que ça va être assez à part au regard des autres groupes de chez Music Records. On part d'office dans une veine sludge avec des relents stoner et un coté Black Label Society pour le coté gras. Alors, ici, on aura point de furie black, pas de hargne death mais plus de la subtilité et des repères musicaux qui ne parleront peut-être pas à tous. Qu'importe.
Les 10 titres de l'album sont très posés et vont taper direct dans le coté émotionnel de la musique et une certaine mélancolie, du genre de celle du passé. Ce qui offre quelque chose de vraiment abouti et de foutrement attachant.
Commençons par le son, très particulier, très chaleureux et gras. Et que, bordel, c'est bon ça (oui, il y aura souvent le mot bordel dans cette chronique...). Et qui m'évoque ce que pouvait proposer le groupe Goblin, connu pour ses bandes musicales pour des réalisateurs comme Dario Argento et autres réalisateurs de genre comme G. Romero, dans les années 70/80. Et cette ambiance assez particulière que dégage le disque. Et qui offre une sorte de bon dans le passé. Sans compter sur les titres eux-même, qui sont clairement des références. Les jeunes de moins de 20 ans seront surement largués au niveau références.
Et les instruments sont à l'unisson de cet aspect, offrant une unité musicale cohérente, même lorsque que le piano/clavier se fait entendre. Bordel, ça renvoie direct à des films comme Suspiria (bordel, le début du titre 'Inside'!), l'Autre enfer ou Zombie... Et du coup, ça titille mon esprit, étant un amateur de ce genre de film, en autre raison.
Les guitares ne sont pas en retrait mais laisse aussi la place à la basse, vraiment appuyée, et qui elle-aussi me fait penser à Goblin. Rien ne se noie derrière un autre instrument, car une attention a été aussi porté à cet aspect.
Et en gardant ça en tête, on peut aller plus loin dans l'album. Car celui-ci est peuplé d'ambiances et d'atmosphères, ouvrant les portes d'un univers peut-être pas trop joyeux mais émouvant, où la mélancolie et la nostalgie se côtoie, sans non plus renier le fait que l'on est en 2018.
Car oui, cet album s'y inscrit aussi très bien. La construction des morceaux en premier lieu, qui offrent une synthèse entre ce passé évoqué et la musique actuelle, justement au travers de ce coté sludge/stoner (mais où l'on peut oublier la fumette, ce serait une erreur pour entrer dedans...). Et aussi lié au metal, par des passages aux rythmiques assez puissantes, soutenues (mais sans partir en couille et tout gâcher, faut pas déconner non plus).
Les morceaux peuvent être assez catchy par moments, offrant un coté énergique bien venu, voire même, soyons fous, groovy! Et bordel, ça fonctionne super bien! Car cette variété détruit toute crainte de linéarité! Il y a beaucoup de variation de rythmes ou de thèmes, enrichissant déjà un projet bien mûri.
Le chant est aussi foutrement essentiel dans cette alchimie offerte. Car Nicolas, le chanteur justement, offre un chant au panel assez large mais qui s'adapte aux atmosphères ou aux parties qui sont parfois assez alambiquées. Il arrive à dégager à lui seul une puissance lorsque son chant est plus rugueux, offrant avec son chant clair un contraste bien efficace.
Le sludge groovy inscrit sur la rondelle est vraiment prenant. Est-ce au fait que cela me renvoie à une partie de mon adolescence, par un pouvoir secret de Jeff? peut-être... Mais c'est aussi par la construction des morceaux et l'alchimie certaine qui règne sur cet album.
Mais le concept va plus loin, car même le visuel semble renvoyer vers des références culturelles, comme les titres. Et bordel, c'est fort ça! Ce serait bien que Jeff se livre à l'occasion sur ce disque qui est un pan d'histoire d'une personne. Et ça pourrait éclairer sur moult aspect de l'oeuvre.
Je parlais de mélancolie mais c'est aussi un album porteur d'espoirs comme on peut le ressentir sur 'Light of hopes', avec son alternance de chants et ce qui est justement l'ADN de l'album. Et du coup, parler de l'album comme dans une chronique classique est foutrement plus compliqué, du fait des aspects énumérés depuis les premières lignes. Car en survolant un peu cette chro, bordel, ça l'est un peu justement car c'est assez difficile se détacher de ce ressenti qui renvoie vers l'émotionnel et ma nostalgie personnelle. Mais tout ça, on s'en tape. Car c'est vraiment un putain de bon album, à découvrir absolument.

dimanche 28 octobre 2018

HELLIXXIR 'A dull light around'

2018 MUSIC RECORDS - CD digipack


Venant tout droit de Grenoble, en Isère, voici les guerriers de Hellixxir, un combo formé en 2001 et qui nous livre sa quatrième offrande sous forme de compilation ou plutôt de rétrospective musicale depuis 2003.
Quoi que donc qu'est-ce alors que ce groupe au nom mystérieux et un brin occulte? Ha! Bonne et excellente question! Hellixxir est donc un groupe de 5 gars (à ce jour) qui, devant le choix cornélien de choisir en thrash et black a choisit le thrash black, tout simplement. Mais avant d'en arriver là, il y a eu évolution. Et va essayer d'expliquer ça toi...
La forme que développe le groupe est assez furieuse, avec une essence rageuse, relativement rapide. Mais l'intérêt de cette rondelle magique est de partir de ce qu'est Hellixxir en 2018 pour explorer à rebours l'évolution du groupe avec 3 titres live de 2017, un de 2013, un de 2010, les deux en live 3 titres respectivement de 2010, 2009 et 2008, un autre titre live de 2008 puis un titre de 2006 et enfin 1 de 2003. Bordel, ça en fait des chiffres.
Du coup, on découvre une évolution pour le moins intéressante, même si les bases du combo semblent avoir toujours été là, en balayant aussi le passage de différents chanteurs ou même une tentative de claviers. En partant des origines et en revenant vers notre belle époque merveilleuse (ou pas, selon le point de vue...), on part d'un thrash très mélodique, voire presque une sorte de heavy mais très accrocheur par sa ligne mélodique et, justement, le chant. L'aspect thrash est déjà marqué, avec un petit quelque chose. C'était en 2003, avec Stars.
Le seau en 2006 nous livre, avec Parasyte 2K, un titre plus agressif, avec un thrash plus couillu, presque incisif, toujours avec le chanteur de 2003 où le contraste avec la voix est très captivant, en plus d'une voix qui se pose comme un commentateur.
Mr Hyde, en 2008, en live, se rapproche déjà plus de la forme de 2008, avec un chanteur à la voix plus agressive. Leur thrash est alors plus gras, restant très accrocheurs. Constant fear, toujours en 2008, reste thrash mais avec une certaine atmosphère et toujours ce mélange mélodie accrocheuse et voix agressive qui fait le truc. Avec ces deux titres, on a des marques de ce qu'est le groupe. Notons la basse qui claque le cul à sa mère avec une serviette.
2009, Your god is nothing, est un titre court qui évoque un peu l'industriel (et m'évoque Laïbach), tout en ambiance très sombre, proche peut-être d'une certaine forme de black indus à la cool. Et cet aspect est l'un des aspects actuels.
Corrupted harmony 1.0, en 2010, introduit un clavier (qui n'existe plus) et l'aspect thrash devient plus bestial, avec des relents black qui apparaissent, par le biais d'une mélodie. Ce titre est un instrumental. Ce titre nous emmène ailleurs lors de ses passages presque atmosphériques.
Bloody Mary, un live de 2013, enfonce le clou. Le chant est très thrash, regardant vers les vieux Sepultura, pour situer (Morbid visions...), avec une rythmique très marqué, assez martial. Le titre est de putain de massif, toujours avec du black qui est insidieusement injecté dans leur musique.
Les 3 derniers titres en remontant (qui sont les 3 premiers de la rondelle, faut suivre...), à savoir Blood writtings, XXX et Birth of the evil, enregistrés en 2017 sont clairement thrash black, comme dit au début. C'est furieux, intense, sans renier la mélodie mais en gardant l'aspect brut et bestial du black. Le mixe thrash black fait carrément mouche et c'est bien ce résultat qui me branche le plus. Le thrash n'est pas en retrait mais se mêle à la furie du black, prouvant que le groupe a trouvé sa voie, agressive et efficace.
Ce genre de compilation est bien cool, permettant de découvrir un peu l'évolution d'un groupe sur le temps (galère du choix des titres pour le groupe...) et un peu de son âme au final. Bon après, Hellixxir en 2018, franchement, ça bute bien!

BLACK JUJU INC. 'Crosses and crossroads'

2018 MUSIC RECORDS - CD digipack

Black Juju Inc. est un groupe formé en 2006, avec un premier album suivit d'un Ep dans la foulée à son actif. Et ceci est donc le second album, qui me permet de découvrir le groupe dont je voyais souvent le nom ici et là, sans trop savoir de quoi il en retourne vraiment.
Alors, je ne ferais pas de mystères. On a ici un groupe qui propose quelque chose qui change vraiment des registres conventionnels, en allant prendre des choses que l'on aurait pas vraiment idée d'associer entre elles. Alors, en gros, il y a du doom, parfois gras, de la cold wave et du metal, assez lourd avec un coté groovy. Dit comme ça, c'est vrai que ça peut être un poil déconcertant. Et le nomme Cold wave Metal.
Et du coup, sur des rythmes assez lourds, on se retrouve avec beaucoup d'ambiances, d'atmosphères et cela dans un registre assez sombre (un peu comme le temps aujourd'hui, mais en plus cool quand même), loin de celui d'un cirque de clowns.
Aux détours de morceaux, on comprend l’appellation Cold wave metal prend tout son sens quand on se retrouve avec un tranche qui ressemble à du Depeche mode (oui, alors, en cold wave, moi, je suis très limité en référence...), nettement marqué sur 'Attractive'. Et ce titre donne vraiment l'exemple type de ce que propose BJI (flemme de tout réécrire), où une rythmique lourde, dominé par un doom marqué, fornique joyeusement avec de la cold wave, tout en dégageant un coté très groovy.
Les titres sont ainsi dans une même lignée, mais sans pour autant se ressembler, car le groupe injecte aussi d'autres éléments, expérimentant des choses assez détonantes ou surprenantes, qui dérivent parfois vers une sorte de metal du désert, genre ZZ Top avec des couilles plus grosses.
On peut ainsi se retrouver avec un relent de thrash (voir death, comme ah! tiens! 'Dead') mais assez lent, présent dans la basse ou une ligne de guitare, accompagné d'une batterie lente mais pourtant marqué. On retrouve systématiquement un rythme assez lourd, pas trop rapide mais qui pourtant, grand mystère du groupe, dégage de l'énergie. Bordel, comment font-ils?
Les huit titres issus des esprits des cinq membres du groupes emmènent ainsi la personne qui se penche sur leur album vers des sphères et des univers propres au groupe. Car mine de rien, ce groupe a du bagage et son expérience (en plus de celles de  chacun des gars) transpire dans les titres, et amène a des passages parfois presque cinématographique, quand un titre ne serait pas idéal pour un road trip ('Outside').
Si la musique est importante, le chant l'est tout autant. Et ce dernier est aussi une des caractéristique du groupe. D'ailleurs il serait différent (de même que le timbre de la voix) que l'alchimie ne se ferait pas. Car le Yoyo s'avère à l'aise dans des registre entre cold wave, doom et voix plus rocailleuse (le gars a des graviers dans la voix, qui est assez chaleureuse du coup...).
Je vais aussi évoquer un élément essentiel du groupe: la basse. Celle-ci est très présente, très audible et participe vraiment à la magie qu'offre le groupe. Sur certains titres, elle claque sa race, comme dirait la vieille d'une pub.
Ce groupe, en live, doit avoir une dimension à part, nous mener plus loin dans leur univers. Car on est peut être pas loin d'un voyage mystique proposé par leur album.
Le dernier titre de celui-ci est une reprise acoustique de Prong, 'Rude awakening' dont je ne ferais pas de comparaison, ne connait que peu Prong (genre entendu deux ou trois titres au plus...) mais qui dégage un coté chanson western autour d'un feu de camp.
Bonne découverte pour moi!