dimanche 9 décembre 2018

Interview de BLEEDSKIN



Bleedskin est un jeune groupe belge de furieux plein  d'avenir. Fort d'un premier Ep 'The rotten one' qui envoie le pâté et la boucherie avec, le groupe offre un death brut et assez violent. Et comme il a été évoqué une interview avec celui qui s'occupe du groupe en Belgique, autant en profité et essayer d'en savoir plus sur Bleedskin. Merci au groupe d'avoir prit le temps de répondre! (Merci au booker belge pour les photos!!)



1- Bonjour à bous, nobles troubadours de Bleedskin ! Comment allez-vous en ce gris jeudi ? Prêt pour des questions qui pourraient être chiantes ? Bon, commençons par une question récurrente : présentez, dans un esprit jovial et guilleret Bleedskin, en évitant le format encyclopédique (quoique, ce pourrait être marrant...) !

Bleedskin est un groupe de death metal formé en 2016 par Céline (guitare) et Rémy (basse). Peu de temps après leur formation, je les ai rejoins premièrement au chant puis par la suite je me suis mis également à la guitare lead. Il y a quelques mois, éprouvant des difficultés à chanter et jouer de la guitare en même temps sans faire d’erreurs, j’ai demandé à Benjamin qu’il rejoigne le groupe et prenne ma place comme guitariste lead.
Ces derniers mois, nous désespérons de trouver un batteur en nous saoulant dans la cave de Céline.


2- Bleedskin… Quels mystères se cachent derrière ce nom dégageant un coté mystique (après une bonne centaine de cigarettes qui font rire) ? Le choix du nom est-il venu comme on joue aux cartes ou est-il plus un aboutissement d’une progression intellectuelle, résultante d’un acte ayant son importance pour le groupe ?

Le nom du groupe est un peu venu par hasard. Chacun balançait des mots qui pourraient aller ensemble puis, involontairement, l’ancien batteur (Tom) et Céline ont eu la même idée chacun de leur côté et « Bleedskin » en est ressorti. Pas plus compliqué que ça, il n’y a aucune recherche !


3- Vous êtes assez jeunes, plein d’avenir (des scoops à lâcher?), aussi bien en terme d’années de vie que dans l’existence même du groupe, formé en 2016. Alors du coup, ça va être une question à tiroirs celle-ci, concernant pas mal votre Ep.
a)- Vous avez déjà un premier Ep à votre actif (The rotten one), très marqué death années 90 (et la première moitié de cette décennie fantastique). Pourquoi le choix de cette forme de death, à l’opposé des ‘modes’ actuelles du death ? Est-ce par amour du genre ? Une façon de se démarquer ? Parce que vous êtes des rebelles ? Ou c’est venu naturellement, du fait des goûts de chacun en plus d’autres choses fascinantes ?
b)- C’est vrai ?
c)- The rotten One est votre premier Ep. Le choix du titre semble indiqué que ce ne sera pas le seul (et que ça va chier), non ? Y-a-t-il une trame derrière ou est-ce juste des titres pour faire connaître Bleedskin, son death et un peu son œuvre aussi, on ne va pas se mentir ?
d)- A l’écoute, on a un death à la limite du brutal death (je ne ferais pas l’affront de demander les influences, il suffit d’écouter le disque) dont on sent quand même un amour de cannibal corpse dans certaines lignes de guitares (et il y a bien pire en référence…). Cette façon d’être sur le fil du rasoir entre death et brutal death, est-ce un choix réfléchi, quelque chose de naturel ou non, en fait ça s’est fait comme ça ?
e)- Est-ce facile de mettre en concret une musique qui cristallise du death de deux obédiences différentes, tout en restant cohérent et sans tomber dans la facilité (ou le confort, c’est vous qui voyez!) de l’un ou l’autre ? Sans être un peu frustrant ?

Pour le style de ce premier EP, nous n’avons pas vraiment cherché à faire quelque chose en particulier. Au début de la formation, le groupe ne savait pas encore quelle direction prendre et s’influençait beaucoup du old school death et thrash.
Le titre « The Rotten One » ne fait pas référence à une première édition qui serait suivie d’un « The Rotten Two » ou que sais-je, c’est un titre parmi les autres qui servent à faire découvrir le groupe (bien que cet EP ne soit pas à 100% représentatif de ce que nous sommes, étant en pleine évolution).
L’évolution vers quelque chose de plus brutal s’est faite naturellement, bien que ces derniers temps. Il y a vraiment une volonté d’aller vers le brutal death.
Sortir de la facilité est assez compliqué. Parfois on pense tenir un truc, puis on se dit « nan, c’est quand même un peu trop simple ? Ça manque de quelque chose ». Ensuite, on laisse chacun réfléchir au morceau en composition pour voir ce qu’il pourrait y apporter.


4- Les thèmes qui sont abordés dans les titres sont liés aux thèmes consensuels du genre. Est-ce si simple que ça d’écrire des titres qui évoquent des choses aussi joyeuses que les tueurs en série, la torture ou la dépravation des chaires (par hasard) ? Avez-vous une vision à plus long terme vers des thématiques moins explorer dans le death et qui sont peut-être un intérêt personnel pour vous (l’écologie, l’espace, la science, l’histoire ou encore les origamis dans la tradition japonaise de l’ère Heian (mais là, j’ai comme un gros doute…)) et qui serait peut-être intéressantes à explorer ? Ou non, justement, ces thématiques récurrentes dégueulasses, c’est bien mieux car c’est un excellent exutoire ?

Les thématiques abordées dans les paroles sont en effet bien à l’image du genre, on n’a pas cherché à innover de ce côté-là. Cependant, ces derniers temps je lie d’une certaine façon mes problèmes/ mon histoire personnelle à cette boucherie, comme un exutoire.

           

5- La pochette aussi est assez atypique, par rapport aux pochettes habituelles. Elle renvoie vers ce death évoqué et des groupes comme Sepultura (période Mordid Visions) ou Sadistik Exekution (à cause du squelette en bas à gauche qui semble faire un doigt…) (et à Despondency qui évoquait un peu la même chose sur leurs premiers méfaits). Ne serait-ce pas en même temps un cri d’amour et un hommage à cette période finalement ? Ne seriez-vous pas, en réalité, des amateurs éclairés du genre (ce qui change de ‘fans’ de métal qui se la pète en concert et qui ne connaissent que 3 groupes… y’a des coups de pelle qui se perdent, j’vous jure…) ?

Le style de l’artwork de la pochette de « The Rotten One » est effectivement un petit clin d’œil à notre amour pour les fondateurs du genre, pour tous ces vieux sans qui notre musique ne serait pas.

6- Certaines de vos influences transpirent dans la musique que vous distillez. Pourriez-vous parler un peu des influences cachées, de ces groupes que l’on peut aimer et qui sont moins connus et qui pourtant, bordel de dieu, ça envoie le pâté, la terrine et le hachoir en même temps ?

Pour les influences, on ne va pas se cacher, Cannibal Corpse et Slayer sont probablement les plus importantes dans la création des compos du groupe. Ensuite, ça se diversifie en fonction des goûts de chacun. De Six Feet Under à Trivium, de Dying Fetus à Kraanium en passant par Arch Enemy,… Il y en a tellement, on pourrait en parler pendant des heures.


7- La scène extrême en Belgique à de nobles et connus représentants portant haut les couleurs de la fureur (au hasard : Aborted, Agathocles, Ancient rite, Enthroned, Leng t’che…). J’ai bien conscience que la vision française de la Belgique est biaisée (ne serait-ce que par les différences structurelles de nos pays respectifs). Est-ce facile de se faire connaître dans un chaudron où sa grouille autant ? Existe-t-il une forme d’entraide ou c’est plus compliqué que ça, car il y a aussi l’aspect de la langue qui ajoute une complication ?

Et bien c’est très simple, en Belgique c’est la merde. C’est très compliqué de se faire aider, si ce n’est que par quelques passionnés qui font ça par plaisir. Il faut savoir se faire remarquer en dehors de notre pays si on veut espérer « décoller ».

8- Une question rien que pour Céline. La présence féminine se développe dans la scène (de façon globale) mais pas encore de manière vraiment significative (et on ne parlera des concerts...) Comment vois-tu le rapport aux femmes dans la scène et quels retours as-tu au fait que tu joues dans un groupe ? Quelle est ta vision de la situation ? Trouves-tu que oui, ça s’améliore mais pas assez ou non, ça reste trop marginal ?


Je trouve ça justement intéressant de voir de plus en plus de femmes sur scène car, on ne va pas se mentir, le metal est majoritairement composé d’hommes que ce soit sur scène ou dans le public. Etant donné que je suis une fille dans un groupe de death, les gens me reconnaissent plus facilement ou me demande si c’est bien moi « la fille dans BleedSkin ? » et ensuite ils me disent soit que c’est cool ou qu’ils nous ont déjà vu en concert, ….
Je suis de temps en temps mal à l’aise quand on me reconnaît moi alors que le reste du groupe est juste à côté haha mais sinon, ça me fait toujours plaisir parce que je n’ai jamais eu de retours négatifs sur le fait d’être une fille dans un groupe, au contraire !
On voit effectivement plus de filles dans des groupes de métal du style symphonique, folk, … mais ça reste assez rare dans le death.


9- Que faites-vous en marge du groupe ? Des métiers ou études fascinants ? Pas trop compliqué de gérer les deux fronts (sans compter la vie privée…) ?

Céline est toujours aux études (éduc spécialisé), les autres travaillent (rien de bien passionnant ici). C’est parfois compliqué car il faut s’organiser en fonction des horaires de tous qui peuvent parfois être variables en fonction des semaines.

10- Comment vos proches et amis voient-ils Bleedskin et votre musique ? Ont-ils peurs, genre ‘Oh mon dieu, ils sont fous ! Vite, appelle le diacre, chérie !’ (oui, dans mon esprit, c’est comme ça…) ou non, en fait, ils sont un bon regard en marge qui aide à progresser ? Ou autre ?

On a le soutien de la plupart de nos proches. Certains n’aiment pas spécialement, mais ils nous soutiennent malgré ça pour faire plaisir. Le père de Céline est probablement celui qui montre la plus grosse forme de soutien ; il se veut être le booker du groupe.

11- Et d’un point de vue personnel, quels sont vos goûts, en matière culturelle, en plus de la musique (cinéma, littérature, passions…) ? Avez-vous des choses étonnantes à dévoiler, qui me feront dire ‘Ah oui, quand même...’ mais sans tricher ? Des hobbys étranges (collectionner des morceaux de confettis, fabriquer des briquets en coton…) ?

Logan : Si ce n’est que ma collection de porte-clés ou mon amour de la couture, je suis principalement dans la musique. J’ai également fait toutes mes études en art, ce qui représente une grosse partie de ma personnalité également.

Benjamin : pour ma part, j’ai grandi avec la musique, ayant commencé très jeune, c’est à peu près la seule chose que j’ai connus, par après je me suis un peu intéressé aux jeux videos et la culture qu’il y avait autour, même si j’ai un peu abandonné tout ça aujourd’hui, et sinon je suis un grand fan de nouvelles technologies, j’adore essayer tous ces gadgets, qu’ils aient un rapport avec la musique ou non.. et sinon, mais je pense que c’est le cas de beaucoup dans la scène.. la passion de la bière bien sûr !

Céline : J’ai eu l’occasion de faire plusieurs sports étant plus jeune. Aujourd’hui, je consacre beaucoup de temps à la musique et au groupe mais rien ne m’empêche de temps en temps de jouer à des jeux vidéos.

Rémy : J’adore le cinéma ! En particulier les thrillers. C’est bien simple, tapez sur Google « top 1000 films thrillers », je les ai tous vus ! Je suis également un grand fan des chefs-d’œuvre de Tarantino.


12- Quels groupes conseilleriez-vous à écouter pour découvrir un truc de folie ? Et quel(s) groupe(s) vaut-il mieux éviter parce que franchement, hein, entre nous… ?

Pour Benjamin, sans réfléchir Trivium pour ceux qui ne connaîtraient pas (honte à eux), et sinon pour parler d’une scène plus death (voir deathcore) thy art is murder ou whitechapel.
En ce qui me concerne, difficile de conseiller « quelques groupe » dans le vide car ça dépend des goûts de chacun. Je pourrais vous dire Parasitic Ejaculation, Archspire ou encore Negator par exemple, mais ils sont tous très différents et tout le monde n’apprécierait pas leurs douces mélodies.

13- Merci à vous d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. C’est à vous de conclure ! Faites-vous plaisir !

De rien frr, au plaisir !
Hey mercè !


samedi 1 décembre 2018

Interview GOD SYNDROME





GOD SYNDROME est un groupe russe venant de Sibérie, de la ville de Samara, dans l'extrême sud de la région. Proposant un death mélodique avec des aspects très extrêmes, en échangeant avec le groupe, on a trouvé que ce serait cool une interview pour faire la lumière sur ce groupe. Barrière de langue oblige, celle-ci est en anglais. Pavel s'y est consacré et nous livre des informations intéressantes. Merci à lui du temps prit et de la rapidité de réponse.
Résultat de recherche d'images pour "logo god syndrome"Si vous êtes moyen (ou pire) en anglais, faites péter un dico, faire venir un pote traducteur ou essayer un traducteur. Ou tout autre moyen probable ou improbable.


L’image contient peut-être : 4 personnes, personnes debout, chaussures et intérieur


  1. Hello ! How are you ? Present us your band, God Syndrome, in a short story.

Hi! My name’s Pavel. I am vocalist, and together we are God Syndrome band from Russia. We play death metal on the verge of melodic death. We started in 2011.

  1. How does God Syndrome is born ? Who was the first of thinking to make God Syndrome alive ?

Until 2011 we had been playing in different bands, even in some common projects and we’ve been friends for a long time. The band was born at the moment when two guitar players – Sergey and Vitaly decided to cooperate. Afterwards, Alexander Krut joined the band as a drummer, and Dmitry took the bass player’s place. Vitaly left the band in 2017 and from that moment we continue to play as a quartet.

  1. Why did you do that choice of your name ? What is the symbolized behind the name of your band ?

At first, the band was called “Hatesway”, and the band’s lineup changed multiple times, but after all the current band members got together, we all decided to choose another name. Maybe it was a track title actually, but we liked it and we decided to choose it as our new name. We were just reflecting on this, and for us God Syndrome is a definition of the deepest egoism, dishonesty, and a total Machiavellian lust for power. Just take it as a diagnosis or a stigma of caste of the “chosen ones”.

  1. Usually as we know that the Russian’s bands have a particular musical gender that for you in Russia is absolutely normal.You ,at the opposite have choose a mix between Sweedish Death , Polish brutal death . Is that a way for you to dismaguish from Russian’s metal bands ?

Well, I think, if we would be trying to reach for something “original”, “distinguishing” or something like that, at the end of the day our music would have sucked. So many bands are telling nowadays that they are so original and ingenious, but to be honest, the usually play shitty music. Only the few truly find something that no one had heard before, but it’s always a result of a natural creative process. We just wanted to play some melodeath and we had no task to “distinguish” ourselves from other bands on the Russian scene. But we knew what we should do to reach this –do everything well and You’ll get noticed anyway.

  1. What are the themes that you approach in the tracks?Is that a link with the symbolized of God Syndrome?Is that a way to express yourself with the way that you live in Russia ?(censorship…) ?

Of course, the lyrics are connected with the band’s name, as long as it is our basic concept. But that does not mean, that we are restrained by this idea. We try to touch many different themes, and it is facilitated by fact, that there is more than one lyricist in the band – Sergei and Dmitry also offer their lyrics. One may write more or less lyrics, but it doesn’t really matter. Religion, philosophy, psychology, mythology, politics and social life – all of this brings us an inexhaustible source for creation. And these are the things that are understood by any reflective person on Earth.

  1. How does your music has developped since your beginnings in 2011? Have you decided to be more brutal since your beginnings ?


If You can find our very first demo tracks, You’ll hear absolutely Swedish melodeath tone. But death metal can be so different, and we love all the best that the genre’s development gave us, so after the band was formed and the first experiments in search of our own style were made we had approached the debut album recording with a clear understanding that we won’t stick to only one death metal school. We always present our music as a symbiosis of the Swedish, Polish and American death metal, and it is (in our opinion) most precise definition of the music we play. We were influenced by so many bands, and our listeners prove it by their feedback. We observe the opinions of our listeners and we notice that people sharing their impression usually name the bands with which our music brings associations. And the list of such bands is constantly growing that gives us confidence that we are on the right way. What would You say to a guy who says that he has heard a band from Russia that sounds like Behemoth, Vader, Arch Enemy, Hypocrisy, Kataklysm, Hate, Decapitated, Dimmu Borgir, and vocalist reminds of Deicide, Septic Flesh, Graveworm and even Obituary? You would say: “No way, man, go get some cold shower, ahahaha”. Friends, let’s not forget that these genre borders are such a thin lines, and if a band uses a classical thrash metal riff, You can already associate it with a dozen of thrash metal acts.:) By the way, write us on Facebook, what does God Syndrome remind to You? It would be interesting to know.

  1. You live in Samara at the South of Siberia . Is it easy for the band ? Does it exists many bands in Samara ? Is that very different from bands coming from Moscow ?

Well, You now get a 2 out of 5 (it’s a lowest mark in Russian educational system) for geography Samara is an industrial city, 9th by population out of 1113 cities in Russia, and it is situated in central Russia. Not so far from Moscow – only 13 hours by car. And Siberia is far away from us, as well as Southern Russia, where people from Samara travel to have a seaside vacation (2 days driving by car). There aren’t many metal bands in Samara. Guys from the IRV band are active and we had shared the stage with them several times. A lot of stoner, punk and groove bands, but en masse there’s no huge scene and everything is pretty messed up. And it usually doesn’t depend of a region. There are lots of bands in Moscow, but very few of them are good. On the other hand You can surprisingly find an awesome band somewhere in Siberia.

  1. If there’s tell us about them?Is it esay for a Russian band to be knew outside the Russia ? Have you ever turned in Europe ? I mean France ? Spain ? Italy ? UK ? Geographicaly for God Syndrome is that easy to be in contact with the nearest countries ?

We can get exposure with the help of the internet. That’s why we try to promote our Facebook and Instagram. We hadn’t toured in Europe before but we hope that next year we’ll make it. We plan to find a booking agency in Europe to see what they can offer. We are ready to go, but there’s only a financial issue. Most promoters just offer to buy a slot in a tour with a famous headliner, but we do not earn our living by music and it’s not that easy for us to pay 6-8 thousand euros only to pay for the slot. We’ll keep searching for promoters, that would consider our band worth inviting and help us with organizing tour, and we’ll show how extreme metal is made in Russia.

  1. How does your friends and family have reacted with God Syndrome’s music ? Does they hate you or at the opposite they are your biggest fans ?

Many of our friends support us – they visit our concerts and buy merchandise and cds. I wish I could say that our families support us too, but unfortunately I can’t. Actually, they just put up with the fact that we play in a band and we don’t want to give it up.

  1. Is that easy to reconcile God Syndrome with your jobs (I mean that in Europe we allways thinks that living in Russia is strict because of the dictatorship )? What are you doing in life ?

I work on a cardboard factory. Sergey is a sound engineer, he makes advertisement clips, audio performances, creates sounds for video games. Dmitry is an inhouse lawyer, Alexander is a building materials salesman. Once my colleagues found out that I was going with my band to play gigs in nearby countries – Kazakhstan and Kyrgyzstan. They invited me in the office and told me that I will be fired and they will report to Putin personally. Ahahaha, just a joke Actually, my boss unexpectedly gave me some money as a help. Nobody even understands, what is “death metal”, but usually colleagues show interest and even visit our concerts. Dictatorship in Russia? Didn’t heard about this.

  1. Does God Syndrome is a way to express yourself? How do you perceive your country ?
God Syndrome is our labor of love. That’s something that every man should have. We have families and day jobs, but day job is only a way to earn living and take care of the family. Maybe every musician dream of earning their living by music. We all have different views on Russia and life on Russia. I personally love Russia, because it’s my motherland. But many people here can just spit into my face and show their hatred. Those who say that Russia is the greatest place on earth are wrong. Those who say that Russia is miserable and has nothing good for life – are wrong too. We all are adult and every man should understand that everything has it’s pros and contras. Recently I had a conversation with a fourteen year old lad from Iran. He told me that he loves Arch Enemy and heavy metal, but metal is prohibited in Iran. People there aren’t allowed to play metal, to listen to metal, to wear bands t’shirts… Does he obliged to hate his country for this? But he doesn’t. And tell me, where in the world the people who hate their own country gain respect?

  1. What are your influences and your personnal tastes ? Does it influenced you in your music ?

I’ve already mentioned the influences before. It’s mostly death metal and other extreme metal. We also love old-school stuff like classic hard rock and heavy metal. Dmitry loves Motorhead, Sergey besides Slayer, Kreator and Vader also likes Serge Tankian and former SOAD guitar player’s band Scars on Broadway. Krut loves old Sepultura, Slayer, old-school death metal, street punk. Right now I’m listening to some kind of a chill-out stuff))) I also love something atmospheric like ambient, new age, dungeon synth and black metal.

  1. We are French. Could you tell us a band that you recommend to discover ?

A few days ago a band from Siberia (from the city of Krasnoyarsk) came to Samara. They are really killer band. They had a day-off after the gig, so we invited them to our studio. We had a great time, talking about music and drinking some beer. You should definitely check them out and give them a listen. Their name is Ultar.

  1. Thanks a lot to you God Syndrome !!! The last words are for you !! Say everything you wants !
Thank You for the interest to Russian bands! Thank You for supporting God Syndrome. Invite us for a gig and we’ll burn the European stages down with our death metal!

jeudi 22 novembre 2018

UNDER THE BLACK SHORES 'Emergence'

2018 UNDER THE BLACK SHORES - Ep



UTBS est un groupe parisien formé en 2016, œuvrant dans un registre heavy speed true metal mélodique deathcore/djent et propose ici leur premier méfait pour se nettoyer les cages à miel.
Proposant 5 titres en 22 minutes, dès le début du premier titre ('Erratic'), on sent que ça va chier et que ça va être beaucoup plus complexe que ça en à l'air. Après une ouverture en sample avec une ligne de guitare à la heavy speed, ça part direct dans un mixe hardcore burné / métal pour déraper rapidement dans une forme de deathcore mêlé de djent. Mais voilà, sur cette bonne base, le groupe ne s'arrête pas là.
Les 5 garnements derrière UTBS vont plus loin. Beaucoup plus loin. Déjà, la base instrumentale est simple: basse, guitare et batterie. Ce qui permet d'offrir deux chants différents, l'un typé death affamé, l'autre plutôt hardcore énervé, offrant un condensé de violence et de colère vraiment pas refréné. Et le credo du groupe est clairement de poutrer un max, en fistant papy avec mamie et son déambulateur, à sec, sans la moindre tendresse. Car ça fait cet effet.
En effet, sur la base déjà pas simple de deathcore mêlé de djent, le groupe y ajoute de gros breakdown bien violents, qui permet, dans la joie et la bonne humeur, de se déboîter la tête. A cela, le groupe continue dans la logique pure avec des éléments purement hardcore, bien furieux. Le résultat donne déjà, comme ça, un ensemble massif, hyper agressif, un peu comme si on avait l'idée d'aller se balader à poil dans un enclos avec des pitbulls sous stéroïdes affamés et enragés.
UTBS offre quand même quelque chose de cohérents, bien construit et de putain technique. Bordel, il y a des migraines de doigts à l'intérieur. Et même si le groupe est clairement violent, il distille des passages plus calmes, en contraste avec le reste, permettant d'amener des phases de plomb qui offre des breaks de malades (et ce fameux déboitage de tête...). C'est extrêmement dense, offrant un véritable holocauste sonore où il n'y a pas de prise pour une échappatoire. Et quand tu crois que c'est enfin fini de complexifier la chose, le groupe te fait l'effet double dose.
Car le groupe ajoute de ci de là des fulgurances, par des solos évoquant le fruit d'un accouplement entre un thrash débridé et un heavy sous acide. Et ça encore, ça pourrait rester sobre. Car un autre aspect ressort de leur musique: il y a un aspect black metal qui apparaît parfois, renforçant la violence mais amenant ainsi une certaine noirceur ('Erratic'), par une ligne de guitare vicieuse. Et comme le groupe contrôle ce qu'il fait, on a vraiment quelque chose de très accrocheur, sans coté brouillon, malgré la brutalité continue des titres.
On retrouve aussi des éléments plutôt techno dans des aspects utilisés pour offrir une atmosphère où l'on souhaiterait ne point y vivre ou pour offrir un support à une trame sonore qui n'aurait pas le même impact sans.
Le groupe offre même des passages lorgnant vers le jazz ('The crystal cracked') ou d'autres sphères musicales, offrant une complexité s'ouvrant sur d'autres voies.
Le chant est aussi l'un des aspect brutaux de l'Ep. Celui-ci est partagé entre deux chanteurs aux vocaux différents mais qui se complètent même lorsqu'ils se font opposition dans une dualité efficace. Ces chants servent clairement à amplifier la colère complètement lâchée sur l'Ep mais foutrement bien gérée. Et lorsque les deux sont de concert sur un même passage, on retrouve ce coté malaise malsain qui se dessine parfois, sans être un point négatif, bien au contraire collant justement à ce qu'offre UTBS.
La production est juste un truc de malades où tout est fait proprement, clairement (la basse qui claque, la batterie sous acide...), avec un mixage où tous les éléments ont leur place.
UTBS est clairement un groupe pour les amateurs d'extrême moderne mais qui aiment bien quand c'est complexe, car en quelques écoutes, des éléments restent cachés, attendant d'autres écoutes pour apparaître au grand jour. Ce groupe défonce tout et croyez moi, ça colle même un sourire (vicieux) à mamie.

samedi 17 novembre 2018

BLEEDSKIN 'The rotten one'

2018 BLEEDSKIN - Ep



Bleedskin est un groupe belge formé en 2016, composé de 3 garçons plein d'avenir et d'une dame, elle aussi pleine d'avenir, partageant une folie envie de développer un bon gros boogie-woogie death qui tache et qui nous propose leur premier effort, logiquement intitulé 'The rotten one'.
Ce premier Ep nous plonge direct dans 20 minutes de death lorgnant vers le brutal death au travers de 5 titres à la rythmique en béton (et donc, pas en carton, même renforcé).
Il faut regarder derrière votre épaule pour situer leur death, qui évoque celui des années 90, malsain, brutal et efficace, non celui suédois, mélo.
Alors, il ne faut pas se référer à la pochette (non dénuée d'humour avec ce squelette qui nous fait un doigt, crâne souriant...) mais qui me fait penser aux covers des démos d'alors et qui est bien dans l'esprit du death underground de cette période. On sent déja que le groupe baigne bien dans son domaine. Terminons ici l'égarement sur la pochette pour parler plus concrètement de la bête. Comme il n'y a que 5 titres, je vais les éplucher un peu, et ce sans couteau ni économe (ok, j'arrête mes blagues de merde).
Globalement, ça envoie du steak (avec le boucher et ses couteaux), renvoyant vers un death assumé qui fleure bon le death sure des années 90.
One love one kill ouvre l'Ep avec une rythmique directement brutale et martiale et annonce la couleur: ça va être tout noir heu brutal. Le titre adopte donc un coté massif, très carré avec des parties faites pour mosher ou se péter les cervicales, avec des breaks qui ne sont pas là pour décorer. On comprend vite que le groupe est à la limite du brutal death, que ce soit par les parties speedées à fond ou le chant guttural, très proche d'un ogre en rut (si si, imaginez la chose!). Belle entrée en matière.
The rotten one enchaîne derrière, adoptant globalement un rythme plus lent, apportant de la lourdeur avec des riffs efficaces mais sans renier l'aspect brut qui apparaît sur le premier titre. L'ambiance y est plus pesante voire même poisseuse. Le titre nous renvoie vraiment vers le death des années 90, avec des groupes comme Cancer ou Cadaverous condition, suivant notre angle de perception. Le tempo plus posé offre un coté plus martial pas dégueux du tout. Même le chant adapte un rythme plus lent mais sans non plus tombé dans la guimauve facile.
Le troisième titre, 'Unfrozen' commence comme le précédent sur un rythme assez lourd mais le groupe prépare rapidement une transition vers un rythme plus rapide, avec une accélération progressive bien pensée.Il s'agit du titre le plus court où le groupe adopte ensuite un rythme plus soutenu avec un break qui permet de continuer à se séparer la tête du reste du corps par à-coups. 
The corpse taker entame sa présence par une mélodie ciselée tout en finesse, dégageant une certaine mélancolie avant un démarrage en trombe appuyé par le chant, ouvrant un titre dense et direct, pas nécessairement pied au plancher mais avec un rythme soutenu. Un titre qui fait taper du pied et secouer sa tête. A peu près à la moitié des 5 minutes le titre aborde un passage vraiment brut, qui, même si la rythmique peut varier, celle-ci reste très marquée. Ce titre est plein de changement de rythmes, ayant en ligne de mire ce rappel de mélancolie (avec la mélodie du départ clôturant le titre.
Bleedskin clôture cet Ep et dès le début, on sent que ça va être un titre assez rapide. Même le chant adopte quelques rugosités bien agressive avant un développement de rythme soutenu, gardant cet aspect martial que l'on retrouve sur l'ensemble de l'Ep. Il s'agit du titre qui me semble le plus rapide, avec des relents cannibalesque dans les mélodies de guitares. Certes le titre est assez rapide mais il dégage aussi un coté groovy inattendu, surprenant mais bien vu.
Ce premier Ep a un son à l'ancienne, comme j'aime même si la batterie peut sembler un peu trop en avant (mais bien percutante), couvrant un poil trop la basse, heureusement elle aussi présente car apportant vraiment un élément au charme de Bleedskin. Le chant est efficace, Logan n'hésitant pas à adapté celui-ci au besoin de la mélodie ou du rythme  Même si le son n'est pas parfait, il est néanmoins fort respectable, associé à la musique que développe le groupe. Et puis ce coté rugueux est plaisant. Pour un premier Ep, il est clair que le groupe assure et fait montre d'un gros potentiel qui va chier sur scène et dans les futures productions, déployant sa violence de diverse manière et non pas uniquement avec la seule rythmique. Et accessoirement te faisant lever le poing vengeur.

GRUSTERROR 'Medieval torture for traders'

2017 GRUSTERROR - CD digipack



Grusterror est un groupe marseillais formé en 2014. Issu d'une probable rencontre entre 3 types qui ne juraient chacun que par un style ('Seul le black est le meilleur style', 'N'imp' quoi! T'es con! C'est le grind qui dépote sa mère', 'Tsss... hé les filles, y'a que le crust qui est vrai') et qui ont décidé de faire du coup de la musique. Hop, une démo (2014), un premier cd/Ep (2015) et le petit dernier qui nous intéresse ici en 2017. Etant de Marseille, ils auraient pu dérapé vers un truc rap moelleux ou r'n'b radio mais, hé hé, non, heureusement (de toute façon, je n'aurais point trouvé ce disque alors...).
D'entrée de jeu, c'est du massif et du bourrin, comme les fines oreilles aguerries aux sons énervés apprécient. En une demi heure (31 minutes plus précisément), Grusterror mettra tous le monde d'accord. D'une entrée en matière très grind, on enchaîne rapidement sur un consensus radical et extrême étant le mélange parfait entre black brutal, grind et crust. Il n'y a pas de compromis fait, c'est juste une synthèse efficace et 3 styles extrêmes. Point.
Les 13 titres que nous propose le trio avec cet objet sont accrocheurs et rappelle ce qu'est la définition de métal extrême. Le groupe le plus proche de ce compromis auquel je peux rapprocher le groupe est Edicius, groupe nancéen appuyant sa musique sur le black brutal et un grind débridé.
Grusterror y ajoute un crust abrasif qui donne, certes de l'épaisseur, mais aussi un coté nihiliste qui se retrouve dans les paroles ou la thématique du groupe.
Les titres sont assez expéditifs, voire complètement ('medieval torture for traders', hop, une minute pliée!), avec un coté brut très direct, sans la moindre fioriture. Si la musique en elle-même concentre l'aspect grind et black, le crust y apparaît par petite touche, ce concentrant plus dans les paroles et l'esprit flottant sur ce petit brûlot intense.
Cela n'empêche pas le trio d'y injecté un peu d'humour mais un humour incisif, rendant plus accessible le rejet de la société dans laquelle on évolue. Une preuve? Ben je dirais 'essorage' sans problème et ses 12'38'' qui concentre un cycle d'essorage de machine, après un bon nettoyage de la planète. Ce titre commence d'ailleurs bien avec un début de cycle qui embraye sur un concentré black/grind avant un passage de cycle complet avant de repartir sur une seconde partie reprenant des codes de la première tout en étant différente (bon, le tout ne dépasse pas 1'50'' hors essorage).
Le chant est très typé black, sans doute possible, renvoyant vers un chant plutôt true black qui n'a pas vocation à faire sourire.
Et malgré tout ça, cette brutalité et la vitesse d'exécution des titres, Grusterror offre aussi des subtilités comme des passages moins rapides, plus poisseux, voire des choses entre black et southern rock malsain, tout en gardant cet esprit qui imbibe la rondelle ('last surf'). Car une des force du groupe est aussi aller vers des inclusions brèves d'éléments en décalage mais qui, avec le fond, font mouche et diversifie quelque peu ce qu'il propose.
Le son est bon, gardant un coté raw, limite sale mais très propre pourtant, collant bien à l'esprit du groupe.
Une excellent découverte pour moi d'un groupe que je recommande parce qu'il butte sévère!

mardi 13 novembre 2018

Interview de Freehowling


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Freehowling est un jeune groupe de jeunes  (plein d'avenir) qui vient de sortir un Ep (bien chargé, un peu plus d'une demi-heure quand même, hein, c'est déjà pas mal) qui évolue dans un mélange de styles très divers et très variés mais sans aucun rapport avec des trucs douteux genre Mètre gym, Bouba ou encore Sanzoreil . Création de deux frères, c'est justement ces derniers qui ont eut la salve de questions d'une fin d'après midi d'un samedi. Ils se sont penchés dessus et voici leurs réponses! Merci à eux!




1- Salutation à vous, nobles ménestrels ! Comment ça va ? Bon, allez, on y va directement : racontez nous la légende derrière Freehowling. Avec du suspense, des rebondissements et tout le tremblement !

Guillaume et Samuel : Salut à toi!

Guillaume : Sam et moi, qui sommes frères, avons toujours voulu avoir un groupe. On a commencé a y penser tout petit, mais c’est à l’âge de 13 ans qu’on a formé FreeHowling dans le garage de notre meilleur ami d’enfance. On a beaucoup changé de line up, et c’est à partir de mes 15 ans qu’on a commencé à jouer avec Romain à la batterie. C’est à ce moment là qu’on a vraiment essayé de composer nos propres sons, dont Crushed World et Extremist Terrorist. Après un long moment sans bassiste, c’est en 2015 que Nicolas nous a rejoints à la basse.

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2- Quelle est la genèse à l’origine de votre album ‘A frightful piece of hate’ ? Comment en êtes vous arrivé à celui-ci ? Et pourquoi ce nom de groupe ? Quel mystère cache-t-il ?

Guillaume : Alors pour commencer, c’est un EP hahaha! Lorsqu’on a parlé pour la première fois d’enregistrer ce qu’on avait composé, on a d’abord pensé à enregistrer un album. Puis avec le temps on a senti que c’était pas le bon moment. On est un groupe qui évolue beaucoup de musique en musique, et on a bien senti que ces musiques avaient plus leur place dans un premier EP plutôt que dans un premier album. Pour nous le premier album doit être abouti, et on ne se sentait pas encore prêt. Et pour la petite histoire, le CD devait s’appeler à la base A Frightful Hate. Mais après avoir décidé d’en faire un EP, Nico a proposé l’idée d’inscrire la transition d’un album vers un EP dans le titre du cd.

Samuel : Pour le nom du groupe, je voulais quelque chose qui reflétait en partie nos deux personnalités à Guig et moi, vu qu’on nétait que 2 dans le groupe à l’époque. Le nom du groupe vient du fait qu’on a toujours, lui comme moi, des choses à dire sur nos vies, sur le monde qui nous entoure, et on le fera toujours librement sans aucune contrainte. C’est là que m’est venue l’idée du nom de groupe, qui peut se traduire littéralement par Hurlement Libre.

3- Vous mixez des éléments qui ne sont pas vraiment habituellement autant mélangés (sludge, hardcore, death, black et autres à nommer s’il vous plaît). Est-ce une volonté à l’origine ou c’est le fait de la fusion des goûts hétéroclites au sein du groupe ?

Samuel : On na jamais voulu représenter qu’un seul style dans notre musique, vu qu’on écoute plein de styles différents. Donc oui, c’est une volonté de base de mélanger plusieurs styles, je trouve que ça apporte de la diversité au niveau musical.

Guillaume : Je vais reprendre un peu ce qui dit mon frère, on ne s’est jamais vu faire du Hardcore, du Death ou du Thrash, on voulait juste mélanger ce qui nous faisait le plus kiffer dans les groupes qu’on écoutait. On s’influence vraiment d’énormément de styles différents. On peut très bien saigner du reggae, puis après partir sur un fat Mauvais Oeil, en passant par des mangas, des films, des jeux vidéos, tout est bon pour élargir nos influences… Mais en même temps on est ultra sélectifs sur les groupes qu’on écoute. Pour venir nommer d’autres styles comme tu nous l’as demandé, dans cet EP, on s’est réellement inspiré de Doom Metal comme Electric Wizard, de Groove à la Pantera, Sepultura, Machine Head, et aussi de Darkjazz à la Kilimanjaro Darkjazz Ensemble. Les influences Death et Black sont arrivées à peu près en fin de composition, c’est pour ça que t’entends moins ces styles tout au long de l’EP.

4- Vous ne craigniez pas à la base de faire peur à la ménagère de plus de 50 ans ? Et de péter les cervicales des plus de 75 ans ?

Samuel : Non, on ne craint absolument pas ça, et tant mieux si ça fait grincer des dents n’importe quel type de personne.

5- Derrière ce côté brut très marqué (et un peu sauvageons, hein, vous en conviendrez), vous développez des thèmes sociétales (pour faire simple, ne chipotons pas…). Quels sont les messages ou les visions que vous tenez à partagez et cela s’inscrit-il dans une démarche plus complexe ? Peur-on évoquer les démons de la société ?

Guillaume : Je vois que t'as bien cerné l'EP hahaha. Le message principal de cet opus c'est l'acceptation de soi. On vit dans un monde où toutes les différences sont pointées du doigt, où on te laisse aucune place pour exprimer tes désirs, tes convictions. Un endroit où on a peur des gens sous prétexte qu'ils ne vivent pas comme nous, qu'ils ne mangent pas comme nous, et toutes ces conneries là. Je voulais que le message soit saisissant, et que tous ceux qui vivent les mêmes galères que nous s'y reconnaissent. Qu'ils comprennent qu'ils ne sont pas tout seul.

6- Est-ce plus une vision que vous souhaitez partager, un constat ou est-ce vraiment un moyen de propager un message engagé ? Ou ne serait pas ironique en fait et en réalité, vous êtes des petits chenapans, comme le disait si bien Darry Cowl ? Freehowling ne serait-il pas une synthèse de constats de choses qui ne vont pas du tout, mais alors pas du tout et qu’il faut un moment arrêter les conneries ?

Guillaume : Y a une idée, une utopie derrière FreeHowling, mais avant de pouvoir exposer nos idées il faut montrer ce qui ne va pas. Pour faire réagir les gens. Dans cet EP j'ai fait le choix de ne pas proposer beaucoup de pistes de réflexion, mais plutôt de plonger les gens, y compris nous-mêmes, dans leur propre merde. Donc on est plus sur un EP de dénonciation, au contraire les paroles que j'écris actuellement s'inscrivent vraiment dans une optique philosophique, et sur des pistes réelles de réflexion personnelle ou collective.

7- On va revenir plus sur la musique en elle-même. Les morceaux sont denses, avec des synthèses de différents courants. Avez-vous suivi un feeling ou est-ce plus un schéma construit, mûrement réfléchi pour offrir un impact plus important ?

Guillaume : Pour cet EP c'était du feeling total. On navait pas encore la maturité requise pour concevoir un opus directement dans notre tête. On a composé en fonction de ce qu'on voulait entendre!

Samuel : Par contre tu peux entendre que sur Master of Thought et Freedom on est sur quelque chose de bien plus construit. C'est tout simplement les 2 derniers morceaux qu'on a composés avant d'aller enregistrer.

8- Les titres ne sont pas forcément violents par la rapidité ou la brutalité mais parfois par un ensemble d’éléments (dissonances, break…). Est-ce aussi un choix délibéré, parce que vous aimez bien vous compliquer la vie ou c’est plus venu naturellement ? Ou non, en fait, vous aimez foutre le bordel dans votre musique et sur scène, pour bien faire chier les rageux ?

Samuel : D'un côté c'était voulu, parce qu'on kiffe tout ce qui est Crowbar, Meshuggah, Botch. Mais en même temps c'est venu plutôt naturellement. Notre style lorsqu'on composait l'EP était plus simple, rentre dedans et on ne cherchait pas réellement à faire de détour. A l'exception de Master en particulier, où on voulait créer un morceau bien plus déconstruit que le reste.

9- Votre pochette, qui montre des silhouettes avec des lunettes de soleil, me renvoie aux piliers de la créations (nuage de poussières spatiales, pour faire vraiment très simple). Est-ce juste moi qui suit parti en couille ou non, c’est très subtile et vous avez par cette pochette un message genre création musicale, en toute liberté ?

Guillaume : On est des grands fan de psychédélique et j'adore me questionner sur l'univers, son fonctionnement, ses mystères et bien sûr sa beauté. C'était logique pour nous de partir vers un artwork qui faisait penser à des nébuleuses ou autre gaz cosmiques hahaha. On voulait également qu'il soit sombre dans les couleurs, afin de faire un parallèle avec les thèmes abordés dans l'EP. Mais on navait pas particulièrement pensé aux piliers de la création, même si j'adore la comparaison.

10- Tiens, d’ailleurs, en parlant liberté, ‘Freedom’ est clairement un titre très abouti, à la fois cohérent et différent des autres titres de l’album. On peut peut-être parler d’un titre ambitieux, non ? Quelle est la source de l’existence de ce titre ? Le fait d’aller partout musicalement dans le titre, passant de phases violentes à des phases très posées est un moyen d’exprimer votre liberté ?

Guillaume : Alors le titre Freedom nest pas venu lors de la conception du morceau, donc il n’y a pas réellement de lien à faire avec la "liberté artistique". Même si au final on voulait se lâcher et vraiment représenter la patte psychédélique qu'on adore sincèrement.
Donc ouais il est quelque part plus ambitieux dans l'idée même de sa conception, mais il nétait pas destiné à être le morceau le plus ambitieux de l'EP.
Quant à la source de l'existence de ce morceau, on cherchait vraiment à faire parler nos influences Doom et Sludge, pour faire un morceau gras et puissant.

Samuel : C'était un morceau qu'on a vraiment conçu pour s'amuser. D'où les phases violentes et ensuite plus ambiantes et posées. C'était un lien évident qu'on pouvait faire entre ces deux univers qu'on adore vraiment.

11- Que pensent vos proches de Freehowling ? Certains sont-ils terrifiés ou quittent-ils une pièce lorsque vous y pénétrez, le regard suspicieux, en vous dévisageant ?

Samuel : En règle générale ils kiffent plutôt bien, mais bon c'est un peu normal vu que c'est des proches... Hahaha.

Guillaume : Sinon on est content de voir qu'on a un crew qui est présent, et qui nous supporte vraiment pour ce qu'on entreprend.

12- A côté de Freehowling, d’autres projets ? Des hobbys incroyables ? Des passions secrètes (qui ne le seront plus du coup …) ?

Guillaume : Notre hobby c'est la musique. La majorité de ce qu'on kiffe faire mon frère et moi, on le fait déjà à travers FreeHowling. On souhaite faire plein de choses en parallèle, mais ça aura toujours pour vocation d'être cohérent avec le groupe. Après on est tous des grands fans de mangas, comics, jeux vidéos, films... Je ne sais pas si on peut parler de passions secrètes pour le coup hahaha.

13- Quels sont les projets pour Freehowling maintenant ? Tourner à fond et faire péter les décibels ?

Guillaume : T'as tout compris hahaha. On va tourner le plus possible durant la fin d'année 2018 et surtout durant l'année 2019. Un ou deux projets qui arriveront prochainement suite à notre release party le 16 novembre! Puis on est déjà sur la composition de l'EP n°2.

14- Vous exercez quelles activités professionnelles ? C’est pas un peu chaud parfois pour organiser le tout (privé – groupe – boulots) ou non, vous vous en foutez, z’êtes pétés de thune et n’en avez rien à foutre du coup, parce que c’est plus simple ?

Guillaume : Comme beaucoup de groupes c'est toujours compliqué de gérer ces trois phases là de nos vies, mais on fait tout pour se donner le temps qu'il faut pour FreeHowling. On a de l'ambition et on compte bien avancer.

15- Je vous remercie du temps pris à répondre à mes questions. C’est à vous de conclure !

FreeHowling : Merci à toi pour cette interview, puis merci à tous ceux qui nous supportent. Notre EP " A Frightful Piece of Hate " est disponible sur Spotify, Deezer, iTunes, Napster et YouTube. On a aussi un Bandcamp et un Big Cartel pour ceux qui veulent se le procurer!
Peace out