mardi 21 novembre 2017

MISERATION 'Tragedy has spoken'

2012 LIFEFORCE Records - Cd digipack

La Suède et ses montagnes, sa neige et pour se réchauffer, tu fais soit du black, soit du death. Dernier album en date, de 2012, le groupe ne fait pas dans la tendresse, avec un death très direct, limite brutal, même si il distille par moment des mélodies ou des dissonances étranges.
Le propos reste quand même très bestiale, avec les 42 minutes de cet album de 10 titres fait pour détruire les cerveaux.
Le son est juste énorme. Genre tu trouves une baleine bleue dans le bocal de ton poisson à la palce de ton Bubulle. Et putain, que c'est bon! Techniquement, pourquoi faire simple. Migraines de doigts, vélocité et violence dominent sans partage. Et ça le fait vraiment. Dès le premier titre, on est pris au piège et ça charge frontalement.
Même si on retrouve ici et là des moments de pure félicités mélodiques, ces derniers ne font pas redescendre la pression et le soufflet. Que nenni, pas du tout! L'ajout d'autres instruments, amenés de manières impromptu parfois créée des atmosphères parfois oniriques (brièvement) ou plus souvent un putain de malaise. C'est malsain à souhait parfois mais ça colle vraiment à la musique que distille le groupe.
Le chant est très variable, d'une voix death vers parfois un registre plus 'posé' (mais jamais longtemps ni dans la finesse). Lorsque que le chanteur s'essaie à la voix claire, mélodique, il faut avouer qu'il gère et que ça fait son effet au milieu de ce déferlement de brutalité!
Ils ne sont pas fous mais complètement tarés je pense.
Mais la densité dans les morceaux avec les éléments structurels qu'ils ont pondu fais qu'on les aime bien ces tarés.
Pas de temps mort dans l'album. Malgré des titres pouvant être longs, ils vont quand même à l'essentiel: pilonner les masses en règles! Comme je l'ai dit, ça bourrine! Les rythmiques sont vraiment bestiales, sans concession, allant parfois lorgner vers le brutal death, au niveau des structures. Les fans d’accélération de guitares trouveront aussi leur bonheur, des riffs ultra speed domine, venant soudainement donner plus de violence! Rhaaaaa!!! Que c'est un bon album ça!

HYPEREMESIS 'Mince gore'

2017 Bunch Greenade - CDr (limité à 10 copies... bon courage aux explorateurs!!)

Haaaaaa, le Canada et son folklore... Tant de finesse, de subtilités... Mais pas là. Nan. Pas là.Faut pas déconner non plus. Je vous avais promis du violent, en voilà!!!
Tout est donné dans le titre de cet album, un hymne à l'underground. 30 titres, pas moins, pour quand même 38 minutes de sauvagerie qui déchire vraiment. Du très bon, un mélange entre goregrind à la LDOH, de la harshnoise et surtout, de la grosse brutalité sans faille. Pour vous donner une idée, imaginez un double fist mais nasal. Voilà ce qui vous attend.
Après une intro assez courte, le premier titre enchaîne et là, on prend une claque car le duo prend soin du son. Ce n'est pas parce que c'est du gore violent que le son doit être pourri. C'est très massif, avec un petit coté sale. On pourrait parler de dirty gore grind sans honte. Le son est assez saturé sur les basses, donnant un impact imparable aux titres. D'ailleurs, on pense à faire un lien avec Mortician pour le son et un peu les vocaux, bien que foutrement gore. Et que les paroles, on s'en branle, il n'y en a pas. La voix sert aussi d'instrument, en adéquation avec le reste.
Alors, oui, je vois des voix qui vont s'élever :"Ouais, c'est pas de la musique! Et gnagnagnagna!" Sans crainte on pourra leur répondre :"Et Jul, c'en est peut-être?".
Plus sérieusement, même si les titres passent vite du fait de leur relative concision, cela n'empêche pas le duo de les faire différents les uns des autres, de par la guitare ou le jeu de la batterie, avec des rythmes certes rapides mais assez amenant de la variété (mais pas à la Claude François ou Céline Dion... Non, ici môssieu c'est du sérieux.
Et l'on se prend à chercher (et trouver ) des petites variations sympas, donnant du corps au propos (qui, d'un point de vue technique n'existe pas je le rappelle, comme il n'y a pas vraiment de paroles...).
A partir du 18ème titre, le son change avec une approche très live, là non plus pas dégueulasse du tout, donnant une autre idée de la folie de ces deux sympathiques troubadours bucherons.
Qu'importe, ça va vite, ça bourrine, c'est gore avec un son très agréable. Je ne peux que conseiller aux amateurs de brutalités goreuses d'y aller les yeux fermés et les oreilles ouvertes.

dimanche 19 novembre 2017

ALL BORDERS KILL 'Nuclear dancing'

2017 All Borders Kill - Démo cd
On change de registre avec cette chronique. Venant de Montpellier, avec un tiers de Zoldier Noiz à l'intérieur, découvrez et prenez une claque avec ce groupe qui officie dans un registre punk metal mais punk avec une tendance crust quand même.
3 titres, juste ça. Mais alors qui dynamitent tout! Urgence des morceaux oblige, pas de place à la délicatesse. Ici, c'est juste pour tout défoncer, sans compromis. Trois titres sans concessions, fortement jouissif!
Le son est juste top, ça aussi c'est clair. Pas de compromis non plus ici avec les instruments, tous bien présent. Alors oui, c'est vraiment à cheval entre le punk, que l'on retrouve dans le chant et certaines lignes de guitares, mais un punk vers les extrêmes, lorgnant vers le crust et le metal où il y a le reste, mais un metal sérieux, pas de un metal calme. La rencontre des deux est explosive, violente et fait vraiment plaisir!
Sur la démo, on perd un peu de la folie en live mais qu'importe, car ça reste juste jouissif!

ARMOR 'Je n'ai pas les yeux des hommes'

2017 Custom West records

Mathieu Clobert est un artiste belge qui officiait sous son nom de 2010 à 2016. Et puis, zou, folie, il se créé l'identité Armor. Et sort un ep, du nom de 'Je n'ai pas les yeux des hommes'. Puis, il trouve mon mail et me contacte, complètement dans un accès de folie, pour soumettre son projet à mes oreilles et avoir une chronique. Quel courage, quelle abnégation!!!
La forme du projet est clairement la chose la plus abordable, musicalement, que j'ai eu à écouter. Dans une veine pop-rock, où la pop domine pas mal, Armor assure déjà sur une chose: l'aspect rock se retrouve dans le son (excellent!!!!) qui est assez brut (dans le registre) et puissant quand même. Citer des artistes pop pour situer l'auditeurs ne sera point possible, n'ayant franchement aucun repère pour cela. Le coté rock, il faut lorgner vers Noir Désir, Luke ou encore Saez. Les paroles sont en français, ce qui aide bien pour comprendre le sens des paroles, qui au-delà d'un premier abord consensuel, s'avère être réfléchie à ce qu'il me semble (face à ce que peuvent apporter les artistes radiophoniques). On ressent une certaine envie de tout défoncer, d'exploser ce monde aseptisé.
4 titres et une outro composent cet EP qui s'avère pas mal foutu. Les sonorités que l'artiste utilise sont assez accrocheuses, avec un coté industriel pas dégueulasse, bien au contraire.
Les titres alternent des passages très pop, c'est indéniable, tranquille, histoire de poser son constat. Mais lorsque ce sont les phases rock qui prennent le dessus, c'est beaucoup plus intense, proche d'une agressivité, jusque dans le chant qui est plus rugueux, va-t-on dire. Et c'est cet aspect qui me plait le plus. Parce qu'au fil des 4 titres, on a bien l'impression que le coté rock va prendre le dessus (l'outro renforce vraiment cette impression) et franchement, ça serait foutrement accrocheur.
Ce qui m'ennuie un peu, c'est qu'il n'y ait pas plus de titres. car il y en clairement une envie d'en découdre qui couve, certes dans une voie rock, mais putain, si l'évolution se fait dans un registre plus rock, on aura quelque chose de vraiment sympa à découvrir.
Et oui, dans les phases rock, le son est plus énergique et Armor y va même en poussant plus loin ses possibilités vocales. Certes, on est loin de tout ce qui est blast beat, descente de manches, shred et autres délicatesses sonores. Mais je dois bien avouer que c'est vraiment plaisant, ça change du grind ou du death mais ça change en étant intéressant. Les plus ouverts ou les amateurs de rock devraient pouvoir adhérer à la cause d'Armor.

mercredi 1 novembre 2017

WITH THE DEAD 'Love from With the dead'

2017 Rise Above records - CD 


Joie et bonheur de savoir quoi qu'est-ce: https://youtu.be/gJK7AEocCP8

En ce jour des morts, quoi de mieux qu'un peu de musique pour se mettre en joie? Et bien, jour de chance, j'ai ce qu'il vous faut!!! Voici les types les plus joyeux du jour, les guillerets With The Dead.
Et coté joie, c'est intense! 7 titres pour 65 minutes... Ah ben vous allez en manger de la joie!!
Derrière ce groupe on retrouve un certain Tim Bagshaw et un certain Lee Dorian. Donc, globalement, on sent que ça va pas être trop joyeux et le rythme risque d'être... assez lent. Et surtout d'une folle gaieté. Je vous l'ai dit non?
D'entrée de jeu, outre un son vraiment massif et puissant, bien lourd, on découvre, après une intro quelque peu rugueuse, un doom stoner où l'équilibre des deux genres se fait à l'idéal. D'un coté, la lenteur du doom, la lourdeur vraiment caractéristique, sans être étouffante et de l'autre, le stoner, avec une certaine chaleur dans le chant (mais en restant doom quand même hein, on ne va pas faire trop festif) et cette 'profondeur' que l'on croirait venu de loin, tout là bas (tend ton doigts à l'extérieur, vers un point perdu de l'horizon).
Si le son accroche d'entrée de jeu (malgré la lourdeur, il y a un coté chaleureux assez étonnant), c'est surtout la construction des morceaux et le rythme assez tranquille (voire vraiment lent mais toujours avec cette lourdeur) qui attrape vraiment pour ne plus nous lâcher. Bon, il faut dire qu'avec les deux gars cités, on est entre de très bonnes mains pour le genre.
Les titres prennent leur temps. Même un vieux en déambulateur va plus vite. Certes c'est lent mais cette lenteur a la vertu de leur laisser explorer leur univers et de faire ce qu'ils veulent, sans se trahir eux-même. Ils peuvent prendre un aspect fleuve mais sans être chiant, allant jusqu'au vice de la limite du sludge parfois mais sans jamais la franchir, restant sur cette lame de rasoir, en maîtrisant vraiment leur sujet.
Coté bonne humeur, ce n'est pas trop à l'ordre du jour. Les titres respirent une certaine noirceur mélancolique, pas dégueulasse, avec un sens très nette de la mélodie et de savoir poser l'élément qu'il faut au moment opportun. La section rythmique est d''une grosse importance, ainsi que cette envie de laminer mais d'une façon peut conventionnelle. Et ça fonctionne.
Le chant aussi vaut le détour. Clair mais quelque part entre un chant déclamatoire et incantatoire. On est assez proche de litanies, participant à l'ambiance particulière de l'album.
Et tout cet ensemble nous mène dans un voyage intense à sa façon, nous éloignant de nos ennuis quotidien à l'écoute de cet album. Les fans de doom doivent vraiment avoir cet album. Obligé.

samedi 28 octobre 2017

WILDSPEAKER 'Spreading Adder'

2017 Prosthetic records - CD digipack

Joie de vivre et bonheur ici: https://youtu.be/4ll-YlUTMg0

Wildspeaker est aussi un jeune groupe intéressant, venant de Dallas où il me semble, à l'écoute de leur album, que la vie là-bas, ce doit être un sacré tas de merde. Ou cette ville est la plus chiante du monde, à cause de son univers impitoyable (ou pitoyable?). Alors pour les amateurs, ce groupe est un groupe à chanteuse. Mais pas du tout à la Nightwish ou je ne sais quoi d'autre. ici, c'est du sérieux. Du bon gros sérieux. Il suffit de voir la pochette, sobre, sombre et d'une rare subtilité.
Wildspeaker offre une musique assez caractéristique, bien éloignée de ce que l'on tendrait à connaitre. Intense, sombre, limite idéal pour un enterrement (genre rapide l'enterrement...), le groupe balance quelque chose que l'on pourrait nommer black sudge hardcore avec relent crust. Rien que ça.
L'aspect black sludge marque directement l'oreille et notre attention. Tour à tour rapide puis lent, très lourd, l'ensemble dépote vraiment, même dans les phases les plus engluées dans le sludge. Pour donner une idée du truc, ce n'est pas possible. Il faut vraiment écouter ce mélange improbable.
L'aspect hardcore de l'objet se retrouve à la fois dans la musique, lors de passages caractéristiques mais aussi dans la voix, sur laquelle je vais revenir plus loin.
Les titres sont indifféremments longs ou courts, ce n'est pas là une importance dans la musique du groupe. Les longs peuvent être à la fois  lents et très rapides et les titres courts, intense et furieux mais lourds. Le groupe aime mêler ces aspects à priori contradictoires dans une musique qui s'apparente au fur et à mesure de l'écoute d'une expérience et d'un voyage dans les méandres de ce qu'il y a de plus sombre dans notre société et de régurgiter le constat. Une sorte d'éructation contestataire quoi.
Le groupe utilise pour ce savoir faire tout ce qu'il peut, au travers de larsens, de breaks, de dissonances, de vélocité, de dextérité... Tout en prenant soin de garder l'ambiance délétère sombre créée dès les premières notes de l'album. c'est à la fois un mur qui s'écroule sur nous comme un kidnapping dans un monde sombre (et accessoirement, cet album peut être une bonne bande sonore pour écrire ou dessiner). Il n'en demeure pas moins que l'impact du groupe touche à l'âme et confère dans certains passages au sublime en injectant une mélodie aérienne soudaine.
La voix, elle, est donc celle d'une dame, Natalie. Et elle est très loin des standards en règle dans le genre. Très plaintive, à la fois black et hardcore, tout en ayant cette spécificité vocale lié au sludge, la décrire n'est point aisé pour moi. Mais elle est bien présente, aspect essentiel du groupe. Parfois lente, déclamante, elle n'hésite pas à aller dans la rapidité, se percher dans un mixe black sludge assez détonant. Et participe clairement aux ambiances qui font l'identité d'un album fort riche et que les amateurs d'extrêmes devraient au moins écouter.

WORMWITCH 'Strike mortal soil'

2017 Prosthetic Records - CD digipack


Douceur et volupté ici même: https://youtu.be/24v_bUwCJJU

Jeune groupe de Vancouver, plein de fougue et de colère, Wormwitch laisse dans son sillage ce genre d'album, petit condensé énervé assez furieux, 10 morsures pour 39 minutes d'agression sonore pure.
Après une intro fort sobre, tout en mélancolie et douceur ('As above') arrive la première déflagration qui inaugure la violence du disque. Avec une base black bien marqué, le quator s'est dit: "Tiens, si on y ajoutait du crust, histoire de faire plus violent?" Et ils l'ont fait. Ce qui n'est pas con non plus, au regard des origines du black.
Le résultat donne un véritable brûlot qui respire l'énergie mais très intense. Mais le groupe installe aussi des plages beaucoup plus calmes, apportant une lourdeur très malsaine, assez typique de variante black dépressive. Et ce mélange de hargne, d'énergie et de noirceur presque introspective assumé offre une vision fortement intéressante et accrocheuse à leur musique.
Le groupe ne choisit pas toujours un rythme soutenu, aimant apporter lors des passages évoqués précédemment, une lenteur voulue qui lie l'ensemble à une certaine ambiance malsaine. Le chant s' y adapte aussi, souvent typé black mais parfois clair et alors plutôt incantatoire. L'ensemble n'en demeure pas moins catchy voir rouleau compresseur avec cet aspect crust évoqué. Un des titres qui en donne un bon exemple est 'Relentless death', titre rapide à mi-chemin entre black et crust justement.
On retrouve beaucoup d'éléments disséminés dans les titres, dont certains sont très crsut'n'roll, nous livrant une forme sonore fortement appréciable et un mélange fortement addictif, à l'instar de 'Cerulean Abyss' passant sans vergogne du black au crust en une fraction de seconde, par une transition subtile et qui fait taper du pied ou te déboîter les cervicales.
Et à l'écoute de l'album, d'accord, ce ne sont pas des titres qui vont rester en tête, mais bien des fragments de bravoures ou ciselés qui impressionnent la mémoire, jouant sur l'attachement que l'on a pour cet album. Va-t-on s'en plaindre au final?